Lectures irlandaises, avril et mai 2025 : Fils prodigues   de Colin Barrett et Juno & Legs de Karl Geary

Petit retour sur mes deux lectures irlandaises des semaines passées avec deux auteurs que je n’avais jamais lus : Colin Barrett qui publie son premier roman, Fils prodigues   (traduit par Charles Bonnot), après un recueil de nouvelles (Jeunes loups) et Karl  Geary, avec Juno et Legs (traduit par Céline Leroy) dont c’est le deuxième roman.

Eh bien ma foi, ce sont deux belles découvertes ! Leur point commun (involontaire dans mon enchaînement de lectures irlandaises ) : la jeunesse cabossée.

Fils prodigues se déroule dans le comté de Mayo où deux frères « caïds » embarquent un petit dealer de quartier plus jeune pour se venger. Le gamin s’appelle Doll (tout un programme !) et ils décident de le cacher dans une ferme isolée, chez un mec, Dev, qui travaille parfois pour eux, sans vraiment savoir comment il en est arrivé là. Celui-ci a perdu sa mère et sa seule compagnie est un chien. Il détonne complètement dans l’univers de la magouille et du deal. C’est un gars fragile et sensible. Doll, le môme, le trouve étrange, il joue les durs à cuire mais il faut dire que son horizon est bouché, il se la joue adulte avec sa copine et même sa mère qui s’arrache les cheveux avec le frère aîné Cillian English (visez-moi le nom de famille !) qui décidément n’en rate pas une et entraîne toute la famille cabossée dans une nouvelle embrouille. Un lien va se tisser entre Dev et Doll. On ne peut pas dire qu’ils deviennent amis, mais finalement, ils arrivent à se comprendre. Un roman sombre et lumineux à la fois par la solidarité entre les personnages et des femmes courage. Seul défaut : j’ai trouvé la fin un peu expédiée, j’attendais davantage et du coup elle m’a laissé sur ma faim. Mais c’est un roman à lire !

Juno et Legs,  c’est l’histoire de deux mômes des environs de Dublin, dans les années 80 et on les suit jusque dans les années 90, j’imagine, car ce n’est pas écrit.  On fait la connaissance de Juno alors qu’elle a 14 ans et va au collège, tenu par d’infâmes religieux.  Sa mère se débrouille avec une machine à coudre Singer et le père dilapide le peu d’argent dans la boisson. Au collège,  Juno fait la connaissance de Legs, qui n’arrête ps d’être puni et convoqué par le religieux à la tête de l’établissement. Le courant passe entre les deux ados et ils enchaînent les quatre cents coups, jusqu’au jour où un drame survient qui fera basculer la vie de Legs en particulier. Et pas de pot, Juno perd sa mère pour un accident stupide.

Un roman qui ne manque pas de rebondissements et le lecteur se prend des coups durs ! Une narration en élipses qui met en relief les non-dits. L’histoire est divisée en deux parties. La deuxième nous plonge dans un Dublin underground, on traine dans une cave à vins (oui !) aux personnages hauts en couleurs, entre alcooliques, drogues, LGBT et SDF, artistes autoproclamés, un monde de la fange insoupçonné. L’histoire d’une chute. Et d’une maladie terrible dont le nom n’est jamais prononcé. Malgré tous les coups durs, qui ne manquent pas, Juno et Legs vont se soutenir. A nous d’imaginer la fin. Juno trouve un abri au milieu des livres, son truc à elle, en plus de l’alcool. J’avoue que la deuxième partie n’en fini pas d’en finir sur les dernières pages. Je n’ai pas compris  non plus pourquoi les deux ados n’évoluent pas du tout dans leur façon de s’exprimer : en tout cas je trouve que la Juno de 14 ans s’exprime comme une adulte (qui jure comme un chartier aussi !),  qu’il y avait un décalage qui fait perdre en crédibilité au personnage.  Mais c’est un roman addictif !

Et vous, quelles sont vos dernières lectures irlandaises ?

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About Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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6 Responses to Lectures irlandaises, avril et mai 2025 : Fils prodigues   de Colin Barrett et Juno & Legs de Karl Geary

  1. Avatar de Ingannmic Ingannmic dit :

    J’ai repéré récemment ces Fils prodigues, je note ton bémol à propos de la fin.. du coup je réalise que ma dernière lecture irlandaise remonte à presque un an, avec l’audacieux Mr Swift, de John Boyne, que je n’ai pas vraiment aimé…

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    • Avatar de Maeve Maeve dit :

      Moi non plus, je n’ai pas aimé ce roman de John Boyne contrairement aux autres. Il y a tellement mieux à lire. Je ne peux que te conseiller de lire le dernier Paul Lynch et les Jan Carson, pour les parutions les plus récentes. Pour ces deux là, je les ai globalement appréciés, mais ce ne sont pas mes préférés du moment, effectivement. 😉

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  2. Avatar de Kathel Kathel dit :

    J’avais repéré Juno et Legs, mais à te lire, je préférerais peut-être le roman de Colin Barrett. Et les deux ont des livres précédents qui se trouvent à la bibli, je n’ai plus qu’à choisir !
    Ma dernière lecture irlandaise est Parfois le silence est une prière de Billy O’Callaghan : pas commenté, j’ai été un brin déçue, les personnages ne m’ont pas trop touchée.

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    • Avatar de Maeve Maeve dit :

      J’ai aussi « Parfois le silence est une prière  » dans ma PAL depuis sa sortie il y a au moins 2 ans.🫢 Mais je fais un blocage sur le titre qui a quelque chose de déprimant ! Ma prochaine lecture sera le dernier Donal Ryan paru en France et que j’ai déjà lu à moitié en VO. Il date de 2020 et boudiou on est franchement en retard car il en a écrit au moins 2 ou 3 autres. Et je pensais que c’était le dernier qui sortait en VF. Et puis changement de traductrice et ça, ça m’inquiète !

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  3. Avatar de alexmotamots alexmotamots dit :

    J’ai apprécié Juno et Legs pour tout ce qui n’était jamais dit.

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