
Toujours très en retard dans mes chroniques… , je ne pense pas que cela s’arrange dans l’immédiat car je suis en escale chez moi le temps de refaire mon sac pour repartir après un incroyable séjour irlandais qui avait des airs d’Europe du Sud. C’est inquiétant pour le climat mais j’ai échappé en partie à la troisième canicule en France.
Bon, retour de lecture sur le dernier opus paru en France des aventures du docteur Quirke, avec Le printemps d’April Latimer de John Banville, dont les premiers volumes de ses aventures ont été publiés sous son pseudonyme de Benjamin Black. Vous trouverez toutes les chroniques des précédents tomes sur le blog. Le souci que j’ai eu, c’est que chaque volume est tellement espacé dans le temps, que je ne me souviens plus exactement ce qui s’est passé. En ce sens, le blog est utile : 🙂 Je crois que le précédent volume date d’il y a neuf ans. Pourtant, c’est toujours avec autant de plaisir que je retrouve l’univers du docteur Quirke, médecin légiste, personnage qui évolue tout comme sa vie. Ici, on retrouve April Latimer, une amie de sa fille Phoebe, personnage principal de La disparition d’April Latimer – publié en France en… 2013 !
Pour mémoire, Quirke est le personnage pas du tout parfait qui a le don de se mettre dans le pétrin. Dans le dernier opus lu, Vengeance, (2017 !) il doit son salut à sa fille et il tombe sous le charme d’une belle femme comparée à un liseron. Ancien alcoolique, il est également accroc aux femmes. On peut citer Isabel Galloway, troquée pour une Française dans Mort en été, On retrouve une petite allusion au docteur Quirke et à son acolyte le détective en chef Hackett dans Neige à Ballyglass House où l’on retrouve aussi l’inspecteur Saint John Strafford qui mène l’enquête. Cette série contamine donc les autres romans de Banville qui a priori n’ont rien à voir (mais si, en arrière plan !)
Avec Le printemps d’April Latimer, John Banville fait voyager son cher docteur Quirke en Espagne, au pays Basque, où il passe des vacances avec sa nouvelle épouse Evelyn (tiens, tiens !). Il passe ses journées à scruter les gens, les autochtones, jusqu’au jour où il se blesse avec un ciseau à ongles en voulant ouvrir des huîtres et se retrouve à l’hôpital… :-). Là, ce n’est pas sa blessure qui l’inquiète mais de voir apparaître une morte : April Latimer, qui se fait appeler Docteur Angela Lawless (LOL). Le soleil cogne fort en Espagne, mais quand même…
Petit résumé sur le personnage d’April Latimer: interne en médecine, issue de la haute bourgeoisie irlandaise, rebelle, elle n’entend pas rentrer dans le moule qu’on lui réserve. On lui impute une relation amoureuse avec un jeune homme Noir. Sa famille l’abandonne. Un jour, elle disparaît et on retrouve du sang sur son matelas. Elle n’est pas retrouvée, considérée comme décédée. Son frère se suicide à Howth Head (je ne dis volontairement pas pourquoi sous peine de spolier).
Le printemps basqye d’April Latimer est donc un cold case. Incapable de rester sans rien faire, Quirke contacte sa fille à Dubli lui apprend la nouvelle et lui demande de venir confirmer ce qu’il a vu. Elle n’est pas ravie et décide d’en parler à William Latimer, l’oncle d’April, qui vit à Blackrock. Celui-ci est ministre de la défense et pas ravi, ravi…
« Il était de notoriété publique que ç’avait été son objectif depuis son entrée en politique. Les Latimer formaient un clan belliqueux qui avait enfilé les habits de la respectabilité bourgeoise après l’indépendance. Aujourd’hui encore, Bill Latimer était connu pour ses positions de républicain intransigeant qui, à dire vrai, lui réussissaient extrêmement bien. »
Phoebe comprend rapidement sa bévue mais il est trop tard pour revenir en arrière. Qu’est-ce qui va se passer pour la famille Latimer si on retrouve April vivante ? C’est ce qui fait peur à son oncle, personnalité publique. La fille de Quirke informe alors Hackett. Puis Strafford est mis au courant par celui-ci. De son côté, William Latimer se sentant en danger évoque le sujet avec le secrétaire général du gouvernement, Ned Gallagher, tête de l’administration et l’un des hommes les plus puissants du pays.
« La requête de Bill Latimer pouvait l’amener à comparaître devant un tribunal, lui valoir de la prison, bon sang, Latimer n’avait rien dit franchement, n’avait pas fourni de directives précises – il était bien trop finaud pour ça -, mais il n’y avait aucun doute sur ce qu’il voulait. Et quel choix avait Gallagher à part s’exécuter ? Si cette fichue nièce de Latimer devait revenir d’entre les morts et cracher le morceau – eh bien Latimer et lui-même se retrouveraient dans le pétrin, un très très sale pétrin. »
L’histoire finit donc par monter en mayonnaise, limite devient une affaire d’Etat et ne repose que sur des suppositions et rien d’avéré quand tout ce met en branle. Un type est engagé par Latimer et Gallagher pour faire le sale boulot. Il y a un twist et la fin est tragique.
Banville a bien évidemment le sens du récit et cette fin n’en est pas une. Les personnages se font des films, surtout Latimer et Gallagher. L’histoire vire un chouilla au thriller psychologique.
J’adore sa fresque irlandaise qui commence dans les années cinquante et se déroule dans le temps. Nous sommes maintenant dans les années soixante, ce n’est pas écrit mais les amateurs d’histoire irlandaise contemporaine le devinent. Une fois encore, j’ai adoré me balader dans le Dublin de cette époque, le Shelbourne où Phoebe rencontre Bill Latimer, hôtel emblématique de Dublin, témoin historique de bien des événements. (NB : actuellement il est en travaux, alors ne réservez pas un nuit – très chère – là, mais vous pouvez aller y boire un verre, y savourer un afternoon tea comme les Dublinois, c’est ouvert à tous).
Ma plus grande difficulté a été de me souvenir de ce qui s’était passé les fois précédentes, mais comme je l’ai dit, j’ai fini par consulter le blog et ce fut bien utile ! J’ai adoré retrouver les personnages récurrents, devenus comme de vieux amis qu’on n’a pas vus depuis longtemps ! 🙂 . Dommage que Quirke ce soit quand même bien assagi par rapport à précédemment, c’est plutôt sa fille qui fait le boulot maintenant…
Une fois de plus, hâte de voir ce qui va se passer la prochaine fois. Ce volume a été publié en Irlande en 2021 et traduit en France en 2025. Peut-être la suite est-elle déjà disponible en VO. En tout cas, ce volume est maintenant disponible en format poche chez 10/18.
Ce roman sera un peu compliqué à lire mais pas non plus incompréhensible pour ceux qui n’auront pas lu les précédents volumes.
Voici l’ordre chronologique à suivre :
Les disparus de Dublin (mon préféré)
La double vie de Laura Swan
La disparition d’April Latimer
Mort en été
Vengeance
Le printemps basque d’April Latimer
Bonnes lectures d’été ! J’ai fait le tour des librairies irlandaises, il y a pas mal de nouveautés, j’espère à paraître en France !














