Littérature irlandaise : parutions printemps 2026

J’avoue : je n’ai lu que deux romans de littérature irlandaise de la cuvée automnale 2025 et hivernale 2026. Les parutions de l’automne m’ont laissée un peu perplexe, d’ailleurs il faut que je vous parle de Lundi, c’est loin, d’Oisin McKenna. En attendant, j’ai enfin matière à évoquer un peu la littérature irlandaise parue ce printemps dont une bonne partie est dans ma liseuse grâce à ma bibliothèque de quartier. A côté de cela, comme je prévois un périple littéraire en Angleterre cet été, je relis quelques classiques. Je suis en plein dans Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë que j’avais lu à 15 ans, mais sans aucun souvenirs. C’était peut-être un peu trop entortillée comme lecture à cet âge. Il s’agit de tout sauf d’un roman d’amour. Je ne suis pas loin de tomber folle avec ces personnages tous plus barrés les uns que les autres ! 🙂 Bref, je suis tellement en retard avec toutes mes lectures à chroniquer, il fait chaud, très chaud déjà 32 degrés aujourd’hui, donc une petite chronique sur les parutions de littérature irlandaise à mettre dans son sac de plage cet été, c’est parfait pour aujourd’hui.

Enthousiaste de voir paraître un nouveau Colin Barrett : Le mal du pays

Traduit par Charles Bonnot et Zacharie Boissau

« Un jeune homme mitraillé dans une ferme alors qu’il tentait de voler de l’essence. Un adolescent qui se réfugie dans un pub après avoir tué le chat de sa mère. Un jeune espoir du football aux rêves brisés, de retour au pays… Autant de nouvelles ancrées dans l’ouest de Irlande qui racontent des vies cabossées, au bord de la rupture, mais traversées par ce qui sauve : notre part irréductible d’humanité.
Par son attention aux marges, son humour tendre, Colin Barrett dialogue aussi bien avec Raymond Carver qu’avec l’univers cinématographique des frères Coen et s’impose comme l’une des voix majeures de la littérature
irlandaise contemporaine. »

J’ai beaucoup aimé les nouvelles de l’auteur ainsi que son roman, même s’il y avait un petit goût d’inachevé pour celui-ci, donc c’est une bonne nouvelle de voir si vite une nouvelle parution en France.

Ensuite, une nouvelle autrice traduite (ce n’est pas ce qu’il manque, il n’y a plus que des petits nouveaux qui arrivent dans l’Hexagone 🙂 ) : Catherine Prasifka: Celle que tu vois


Traduit par Laetitia Devaux

« Tu as sept ans le jour où un ordinateur est installé dans ton salon. C’est la promesse de divertissement sans limites. Tu es fascinée. Mais à mesure que tu grandis et que tu t’enfonces dans l’immensité d’Internet, ton malaise devient palpable. À l’adolescence, alors que tu découvres ton propre corps et les premières amours, certaines images te donnent la nausée. Tu t’efforces de jouer le jeu, de te conformer à ce que les autres attendent de toi. Jusqu’à te perdre et ne plus ressentir que le vide. À la fois violent et tendre, Celle que tu vois est un roman initiatique saisissant sur l’estime de soi et le rapport au corps à l’ère numérique. Catherine Prasifka fait le portrait troublant de justesse d’une génération qui grandit avec les écrans, celui de la fraîcheur adolescente qui s’y abîme, mais finit par triompher. »

Un nouveau Kevin Barry, auteur que je n’ai encore jamais lu (oui, ça arrive !) avec Les amours en fuite : « 1891, l’hiver approche à Butte, dans le Montana, ville peuplée d’Irlandais, de Croates, d’Argentins en exil au milieu des montagnes américaines. Le jeune Tom Rourke boit du whisky, se bagarre, compose des ballades mélancoliques et écrit des lettres d’amour dans les tavernes pour aider les cœurs solitaires à trouver une femme. Sa vie ne semble aller nulle part jusqu’à ce qu’il rencontre Polly Gillespie, fraîchement arrivée en ville pour rencontrer pour la première fois son futur mari, un capitaine. Après un regard de passion fulgurant, Tom et Polly n’ont pas d’autre issue que de voler un cheval, mettre le feu à la ville et s’enfuir vers l’ouest. Mais une bande de tueurs à gages cornouaillais, sans foi ni loi, part à leur poursuite… »

Traduit par Carine Chircherau

Voici les retour d’Anna McPartlin, (jamais lue non plus car ses précédents romans avaient des titres un peu déprimants, sur la maladie et la mort, j’ai passé mon chemin). La voici dans un tout autre registre avec Les silencieuses : « Comté de Kerry, 1980 : l’assassinat d’un innocent fait vaciller l’Irlande tout entière. Le portrait palpitant d’une époque et d’un pays. Par un matin glacé de janvier 1980, sur une plage battue par les vents du Kerry, on découvre le corps d’un nouveau-né abandonné au creux d’une dune. La première à arriver sur les lieux est Mary Shea, jeune garda de la police locale. Très vite, l’affaire prend une ampleur nationale : une équipe d’enquêteurs de Dublin est dépêchée sur place. Mais dans le Kerry, les secrets se taisent et les langues ne se délient pas facilement. Seule Mary, qui connaît mieux que quiconque les usages de sa ville, parvient à convaincre certaines femmes de témoigner. Impressionné, l’inspecteur Matt Foley, chargé de l’enquête la plus décisive de sa carrière, demande que Mary l’assiste. À mesure que l’investigation avance, les certitudes s’effritent. Dans cette petite ville où règnent les non-dits, où chaque foyer semble abriter une part d’ombre et chaque habitant dissimuler une vérité, une question obsède Mary : qui a pu commettre l’impensable ? »

Cela m’a l’air très tentant !!

Traduit par Valérie Le Plouhinec

Enfin, très léger aperçu de la rentrée littéraire avec, enfin, Adrian Ducan qui fait son entrée sur la scène littéraire française avec Le géomètre Lobachevski. J’en reparle en temps voulu.

Il y a d’ailleurs pas mal d’auteurs irlandais ce week-end au festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo. J’y serai bien allée si le programme par jour avait été disponible en temps voulu, mais ce fut seulement 15 jours avant l’ouverture. Sympa pour ceux qui viennent de loin, qui doivent réserver un billet de TGV, un hébergement etc…. Bref, même pas en rêve donc. J’ai passé un week-end à Londres et je me suis régalée en rapportant de très jolis livres sur le Boomsbury Group et Jane Austen aussi, j’ai vu une magnifique expo gratuite « Fairy Tales » à la British Library (et refait mon stock Fortnum & Mason). 🙂 J’ai aussi visité la Bibliothèque nationale de Finlande, et la bibliothèque de lecture publique d’Helsinki, visité le musée des Beaux Arts, et tant d’autres choses. J’en parlerai peut-être un peu plus, on verra. quelle magnifique ville que la capitale finlandaise, une merveille. Fi ! les festivals littéraires français…

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Un pays de neige et de cendres – Petra Rautiainen

Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli

« En 1944, au milieu des étendues sauvages de Laponie, un jeune soldat finlandais, Olavi Heiskanen, officie comme traducteur dans un camp de prisonniers dirigé par les Allemands. La cruauté fait partie du quotidien, détenus et gardiens luttent pour préserver leur humanité.
Enontekiö, 1947. La journaliste et photographe Inkeri Lindqvist s’installe dans la ville pour écrire sur la reconstruction de la région. Mais elle cherche avant tout, et en toute discrétion, à élucider le mystère qui entoure la disparition de son mari durant la guerre. Alors qu’Olavi et Inkeri cohabitent, la journaliste découvre peu à peu ce que tout un peuple a subi dans l’indifférence la plus totale. Et dans la nuit polaire, l’Histoire s’apprête à révéler, sous le soleil de minuit, ses plus sombres secrets. »

Ce fut ma première lecture finlandaise, avant mon départ pour les étendues blanches de Laponie. Je voulais en savoir davantage sur l’histoire de la Finlande pendant la Seconde Guerre mondiale. L’autrice est passionnée du peuple sami est rédige(ait) une thèse sur le sujet. Je me disais que ça pouvait matcher entre nous. Me voici donc partie entre les années de la guerre et les années 90.

Oups ! Je crois qu’on m’a perdue en route. Ce livre est étonnant : tout en suggestion comme si le lecteur savait implicitement de quoi ont parle. Sauf que non, justement. On arrive dans un camp de prisonniers où il y a tout sauf des juifs. Il s’agit d’une cohabitation forcée entre Allemands, Finlandais, Polonais, Sames. On ne sait pas trop qui parle au début, pendant les années de guerre, ni franchement pourquoi il est là. Ce n’est pas un détenu qui s’exprime. Qu’est-ce qui va sa passer ? Bonne question.

On part ensuite dans les années 90 où une journaliste recherche son époux disparu et s’installe à Enontekio, en Laponie pour officiellement faire un reportage sur la reconstruction de la région. Le reste, on le devine au fur et à mesure. Elle sympathise avec une étrange gamine à qui elle apprend la photographie mais celle-ci devient rapidement méfiante et agressive à son égard. Pourquoi ? Encore une question.

Le roman alterne ces deux périodes. Cela ne me pose pas de problème d’habitude à condition que ce soit bien ficelé, qu’un fil ténu entretienne votre curiosité. Ici, on ne voit pas vraiment où veut en venir l’autrice. Les personnages sont bizarres. Taiseux. On sait qu’il y en a un qui cache quelque chose que personne ne doit découvrir.

A force de devinettes, on perd son lecteur. La chance est que c’est un roman court d’environ 300 pages, donc on s’accroche. Et on finit plutôt perplexe. Ou comment écrire sur le passé de la Finlande sans jamais l’évoquer explicitement. Lourde ambiance mais ça ne fait pas tout. Bref, je n’ai pas appris grand chose, contrairement à ce qu’annonce à grand renfort de mots la quatrième de couverture.

Déroutant. J’en attendais davantage. Il s’agit d’un premier roman. Il y en a une deuxième, La mémoire des mers, annoncé comme « une ode à la nature et à la protection marine au large de la Norvège et de la Laponie ».

Avez-vous lu cette autrice ?

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Personne ne meurt à Longyearbyen – Morgan Audic

Je continue mes chroniques sur les livres lus pour mon périple en Laponie, même s’ils ne se passent pas tous strictement en Laponie mais en tout état de cause en pays nordiques. Les voyages, c’est bien car quand on est grand lecteur, cela oblige à découvrir des auteurs qu’on ne connaissait pas ! Du moins, j’essaie toujours de faire concorder mes lectures avec ma destination de voyage – c’est plus ou moins facile selon ladite destination.

L’auteur n’a rien de nordique puisqu’il est malouin, enseignant en histoire dans un lycée. L’histoire nous emmène dans un coin d’Europe méconnu : l’archipel du Svalbard (où se trouve le Spitzberg), bien au nord de la Norvège, le dernier archipel avant le Pôle Nord où se trouve Longyearbyen, la dernière ville avant le Pôle Nord, justement ! La narration mêle deux histoires parallèles dans deux endroits différents. Une chercheuse en biologie arctique est retrouvée morte dans l’archipel. Plus au sud, dans les îles Lofoten, un ex-journaliste est retrouvée sans vie.

Bizarrement, au tout début, je n’ai pas compris qu’il s’agissait de deux personnes différentes, je pensais qu’il s’agissait d’une seule femme parfois appelée avec un diminutif : Asa / Agneta. Tout laisse à croire que l’étudiante a été dévorée par un ours polaire, le Svalbard abritant le plus grand nombre d’ours polaires de la planète. Pourtant Lottie Svandic, enquêtrice volontairement mutée dans ce coin perdu, va rapidement douter. Les ours s’attaquent à l’homme seulement s’ils ont peur ou faim. Quant à Nils Madsen, reporter de guerre, ses compétences de grand reporter lui permettront de démontrer que sa (ex)-compagne et collègue ne s’est pas suicidée.

Le début est un peu emberlificoté, surtout quand on ne comprend pas d’emblée qu’il se passe dans deux lieux différents dans les coins perdus de l’Arctique, mais c’est finalement rapidement assez clair ! 🙂

L’intrigue n’est qu’un prétexte. Une fois de plus, j’ai adoré ce polar pour son côté documentaire. Il ne se passe jamais rien au Svalbard ? C’est effectivement ce qu’on pourrait croire. L’auteur nous donne pourtant une petite leçon d’histoire géo-politique. J’ai complété par un reportage sur Arte TV complètement intéressant, que je vous conseille vivement après cette lecture. Si le territoire du Svalbard est en majorité norvégien de nos jours, il possède des enclaves… russes dépeuplées aujourd’hui. Autrefois l’archipel possédait encore des colonies russes habitées qui ont été finalement en majorité désertées progressivement à la fin de la Guerre Froide. Il en reste actuellement une, l’enclave de Pyramiden où la Russie exploitait un gisement de charbon jusqu’à la fin des années 90, devenue une colonie fantôme peuplée seulement de quelques gardes russes qui maintiennent l’illusion. Du moins c’est ce qu’on croit. Complété avec le documentaire Arte, vous apprendrez que les Russes sont en train de repeupler les colonies, tant l’archipel est un point stratégique. Les villageois des deux nations tentent actuellement de maintenir des relations cordiales, en dépit de l’actualité internationale tendue.

Concernant le polar, je ne peux pas évidemment, dévoiler l’intrigue mais l’aspect documentaire et les projections suggérées pour l’avenir donnent un coup de massue à l’image de coin de la planète tranquille. Utilisation des animaux marins à des fins d’espionnage, réserve mondiale de semences dans le sous-sol de Longyearbyen que le réchauffement climatique met en péril quand la couche terrestre censée ne jamais fondre se met à dégeler (c’est tout à fait réel et pas de la fiction). Ce n’est peut-être pas des ours dont il faut se méfier.

J’ai une pensée pour tous les touristes fortunés qui font des croisières de luxe pour observer les cétacés ! 🙂

Prix Quai du Polar 2024 bien mérité.

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NB: j’ai décidé de ne plus acheter un seul livre neuf. Je ne me procurerai plus que des livres en achat d’occasion ou en bibliothèque. On mange sur notre dos de lecteur mais on nous contingente les accès au Festival du Livre de Paris, qu’on devrait rebaptiser Le Pince-Cul du Livre de Paris – organisé par le Syndicat National de l’Edition (SNE) je le rappelle. Bolloré peut racheter toute l’édition française et limoger tout le monde de cet univers d’hypocrites. Profitez pour acheter des livres d’occasion car ça fait déjà un moment qu’on est dans le viseur, nous, les lecteurs, pour nous faire payer une taxe  sur ce type d’achat. Vraiment ils sont dégoûtants. Beurk, beurk.

Oups, je file faire mon sac pour le pays le plus heureux du monde ! 🙂

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Et voilà tout – Maren Uthaug

Traduit du danois par Jean-Baptiste Coursaud

Un roman dont la quatrième de couverture m’a attirée comme un aimant : « Risten est une petite fille du cercle polaire. Née tout au nord de la Norvège, chez les Sames, elle vit désormais au Danemark avec son père et sa belle-mère. » Je ne la dévoile pas en entier car elle en dit un peu trop.

J’ai déjà lu Là où sont les oiseaux de Maren Uthaug, un été il y a deux ans. Je ne l’ai pas chroniqué et je n’en ai aucun souvenir précis, en tout cas pas désagréable ni un coup de coeur sinon je m’en souviendrais parfaitement. Quand j’ai acheté Et voilà tout, j’avais complètement oublié que j’avais déjà lu cette autrice, ce qui est rare !

Mauren Uthaug est née d’une mère norvégienne et d’un père same et ce livre date de 2013 et a été publié en 2017 en France chez Actes Sud sous le titre La petite fille et le monde secret . Donc il s’agit d’une réédition, comme souvent chez Gallmeister.

Si vous ne connaissez rien à la culture same du Finnemark (Laponie norvégienne), c’est un excellent roman pour apprendre pas mal de choses sur les croyances et les modes de vie. Mais pas seulement. L’autrice aborde le thème du déracinement, de la xénophobie et de l’assimilation forcée dont on été victime les Sames.

La mère de Risten est same, une femme fantasque et libre qui tombe enceinte d’un Norvégien du sud, Knut. Ce n’est pas vraiment une histoire d’amour entre eux, plutôt l’histoire d’un soir qui a dérapé. Finalement Knut quitte la mère de Risten pour une Danoise et part vivre avec elle à Copenhague. Il emmène sa fille Risten avec lui, âgée alors de sept ans, mi-same, mi-norvégienne, qui n’a jamais vécu ailleurs que dans le nord de la Norvège.Elle était très attachée à sa grand-mère maternelle, Ahkku. Ahkku lui transmet en cachette toutes les croyances ancestrales : comment se protéger des sous-terriens (l’équivalent des créatures vivant dans le Tir Na Nog irlandais finalement) avec un bijou ou un objet en argent et de se méfier des aurores boréales. Elle lui explique bien qu’il s’agit d’un secret qui ne doit être dévoilé à personne.

On suit l’apprentissage de la vie des yeux d’une gamine déracinée, d’une culture autochtone complètement inconnue des Danois (elle fait tout en cachette mais quand même, parfois sa belle-mère s’interroge sur son comportement) puis d’une adolescente assimilée qui finit par perdre l’usage du same du Nord et voit son prénom modifié en « Kristen ». Le pire, c’est qua sa belle-mère pense le faire pour son bien. Sa belle-mère est gentille, mais elle agit sans réfléchir et ne se rend pas compte que parfois ses agissements sont liés à des préjugés, elle comme la société qui l ‘entoure. Une gamine qui tente d’effacer ses origine dès qu’elle ouvre la bouche, car elle prononce mal certains sons danois (comme le « R » dur »), finit pour cela par éviter de prononcer certains mots avec ce son avant de finir, par la force de l’habitude parler la langue comme une native.

Son meilleur pote n’est pas un Danois mais un viêt-namien que sa belle-mère a plus ou moins adopté pour lui permettre de vivre dans de meilleures conditions. Avec lui, elle fait quatre cents coups. Il y avait quand même un côté un peu too much dans ce domaine. En tout cas, elle lui transmet sa culture same sans qu’il en ait conscience, ni elle.

Puis arrive l’âge adulte. Mère d’un garçon métisse (je ne dis rien de plus), Risten devenue Kristen retourne dans son village natal avec son fils pour revoir sa mère. Mais voilà elle ne parle plus same, sa mère n’est pas vraiment celle dont elle se souvenait, la grand-mère a tiré sa révérence depuis longtemps et elle découvre un secret de famille !

Un roman qui parlera à tous ceux qui n’ont pas grandi où ils sont nés. Une plume pleine d’humour, d’impertinence et de tendresse qui m’a pourtant parfois perdue en chemin et dont je n’ai pas compris les détails récurrents un peu scatologiques ou scènes de sexe crues qui n’apportent rien de spécial à l’histoire.

Une plongée l’univers des Sames du Finnemark : dépaysant et instructif. Et si vous ne savez pas qui sont les Kvènes, autre peuple vivant au Finnemark, originaire de la Finlande, eh bien vous en apprendrez tout autant.

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Festival du livre Paris ou l’Absurdité

Je sais pas si vous comptez vous rendre au Festival du livre Paris. J’avoue que, bien que cela coïncide avec la vieille de mon départ en Finlande,  je pensais y aller le samedi. C’était dans un coin de ma tête. Comme je ne suis pas H24 sur les réseaux, je n’ai rien vu venir,  je ne me suis nullement doutée de la débilité du système mis en place par les organisateurs : le coup 👊 m’est tombé sur le crâne 💀 samedi quand je suis allée sur leur site pour voir la programmation. Et là je découvre qu’il faut obligatoirement réserver des créneaux d’entrée !!!! 😵‍💫🥴

A 15 jours de l’ouverture tous sont complets sauf 13h et 15h. Bref, délirant. Déçue, et colère. Prix d’entrée 6€. En faisant quelques recherches supplémentaires je découvre le must du foutage de gueule:  demain ils ouvrent les vannes pour des créneaux *les mêmes * pour un prix d’entrée à…. 10€ !!!! Ouais, allez on se grattent sous les poils des bras et on rigole !!!!😂🤮🫩 Les histoires des créneaux avancée étant soi-disant pour notre bien-être. 🫢🫣😜

Prendrait-on les lecteurs pour des pigeons ??? Allez je vous mets un pingouin 🐧…

Entre jongler pour les conférences, les dédicaces et les créneaux d’entrée… tin, faut avoir la foi du Blaireau.

On avait déjà les souvenirs des plans B pour rentrer à Livre Paris qui nous prenait déjà pour des abrutis. Rien ne s’est amélioré,  c’est pire. Ça faisait des années que je n’étais pas retournée au  salon du livre à Paris, alors que je suis en région parisienne. Je crois que ce n’est pas près de  se produire à nouveau.

Bref, adios rebelles irlandaises, je ne pourrais pas assister à la rencontre, ni aux expériences de traduction. 

Festival du Livre Paris, je ne serai pas la bécasse qui va se prendre le cerveau pour rentrer dans votre Arnaque. A croire que vous ne voulez pas de lecteurs bien que ceux qui ont le moins de caractère ou de sens critique se laisseront berner. C’est bien le problème.  Ceux qui n’achètent pas un livre de l’année parce qu’ils fonctionnent SP  iront gratos. Le monde  – du Livre – va mal, on a une petite idée du pourquoi !!!  🙈

Vivement le  Festival America. La vie littéraire parisienne devient morne ces dernières années. C’est souvent en province qu’on s’amuse le plus.

Voilà, je voulais écrire ce que je pense du système qui rend fou.😅

Edit : de l’état du merdier ce matin 7 avril 8h00 : plus de place le samedi matin et tout est passé à 10€, comme je l’avais écrit.  Un salon sans lecteurs ou presque !!!

Même ChatGpt est déprimé !😅

Bref, quand on ne laisse pas rentrer ceux qui font vivre le Livre en fixant des quotas d’entrée et que personne ne s’en inquiète (je ne vois aucun auteur, aucune maison d’édition, aucune librairie, ni aucun organisme monter au créneau), cela ne donne pas envie de les soutenir et de n’acheter que des livres d’occasion… Je savais déjà pourquoi j’ai arrêté d’accepter de recevoir des SP (la plupart du temps, c’est tellement opportuniste que ça ne prend pas le temps de jeter un oeil au blog pour voir si ça correspond à tes goûts, et souvent quand on accepte, on n’a même pas un merci derrière, ce qui paraît la base). Bref, voilà pour une certaine mentalité française bien dans son jus. Heureusement je vais aller voir ailleurs avec joie et bonne humeur. Quand ils seront tous seuls avec eux-mêmes, ce sera trop tard.

PETITION déjà en ligne pour exiger la gratuité pour les – de 25 ans :

https://www.change.org/p/festival-du-livre-de-paris-le-retour-de-la-gratuit%C3%A9-pour-les-25-ans?redirect_reason=guest_user

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Les guerriers de l’hiver – Olivier Norek

J’ai longtemps tourné autour de ce roman, alors qu’il était publié en grand format, puis en livre de poche…. La version en livre de poche ne donne aucune information sur le sujet traité. J’ai déjà lu Les brumes de Capellan d’Olivier Norek, qui ne m’avait pas laissé un souvenir inoubliable, donc j’étais pas franchement d’un enthousiasme dingue pour lire Les guerriers de l’hiver, dont le contenu avait l’air de vouloir garder tout son secret. Puis je suis tombée sur un article. J’ai vu « Finande »… Je plie de nouveau mes bagages pour la Finlande dans 14 jours pour visiter la capitale après avoir vu une partie du nord du pays, complètement submergé de neige, avec des températures qui vont bien avec le climat arctique. Et pourtant, la vie ne s’arrête pas pour autant, les hommes se sont adaptés. Il ne m’en n’a pas pas fallu plus pour me décider !!!

C’est l’histoire d’une guerre oubliée, d’une guerre effacée par les tenants du pouvoir soviétique: la guerre d’Hiver. C’est une guerre qui débute le 30 novembre 1939, dure en gros trois mois et demi, quelque chose comme cela. C’est une guerre qui reste tellement d’actualité quand on voit qui sont les dirigeants des deux pays les plus puissants au monde, qui se ferait bien l’Europe et les petits pays pour leur quatre heures… Là, c’est

Staline s’est imaginé qu’il n’allait faire qu’une bouchée de ce petit pays face au géant soviétique. En 1939, la Finlande c’est en gros 3 895 000 habitants, celle de l’URSS 170 500 000. C’est 340 000 soldats finlandais contre 760 000 Soviétiques. Pourtant, il a oublié beaucoup de paramètres…

Des Finlandais soudain pris de cours mais Staline a oublié de prendre en compte la puissance de leur sisu. Ils n’ont rien, pas beaucoup d’armes mais des biens et des terres à sauver. Ce sont des paysans, forcément, quand on voit l’étendue de la nature finlandaise, pays couvert à 90% de forêts et de lacs. Un pays où les hommes ont l’habitude du froid… pas forcément les soldats russes contrairement à ce qu’on pourrait croire. Oui, ce ne sont pas des Sibériens. Une année particulièrement froide, avec -40 / -50 degrés. Et puis il y a Simo Häyhä, surnommé plus tard « La Mort Blanche », un jeune finlandais qui sait « lire » la forêt comme personne, tire le gibier avec une précision remarquable. Il ignore alors ce que sa nation lui devra. On découvre un héros oublié, inconnu de nous, peut-être pas en Finlande, mais je ne suis pas sûre.

J’ai dévoré ce bouquin. C’est une fresque, une épopée qui nous immerge dans le froid, les étendues glacées entourées de forêts. On se cache avec les soldats finlandais, parfois on ne comprends rien à ce que font les Russes, à quelles décisions absurdes ils obeissent. Le ton est donné : on ne saura pas pourquoi soudain la guerre débute. On verra des hommes tomber, ignorant quel camp leur a tiré dessus. Puis il y a le gouvernement français, Daladier… qui franchement s’en fout comme de l’an 40 de la Finlande, alors que le futur montrera que la France aura besoin d’aide. Bref, on ne sort pas grandi… 🙂 On ne sait pas vraiment non plus pourquoi Staline, veut soudainement envahir la Finlande. On te tombe pas dans le politique (heureusement, car ça serait ennuyeux). On est avec des hommes Lambda.

C’est un roman émouvant, peut-être encore plus quand on connait un peu la Finlande et qu’on a tâté son climat, comme un touriste, c’est-à-dire de façon relativement confortable mais qu’on sait que la vie dans ces contrées ne tient qu’à un fil. On sait ce que c’est -30 degrés. On sait qu’on peut ne pas souffrir du froid si on est bien couvert et en mouvement. Mais dès que tu arrêtes de bouger, même cinq minutes tu sens tes doigts de pied qui se font la malle. Je passe sur l’équipement, car c’est vraiment long sur tout ce qu’il faut mettre pour ne pas clamser en trois secondes. Alors, imaginez des paysans devenus soldats par la force de choses, immobiles pendants des heures pour ne pas être repérés, pour tenter d’avoir l’ennemi. Il y a une scène particulièrement émouvante avec notre Simo qui deviendra une légende nationale.

Nord de la Finlande (Laponie), un matin de février 2026 (C)

C’est aussi un roman hyper-documenté où j’ai appris beaucoup de choses. C’est exactement ce que j’aime en littérature. Olivier Norek a franchi un cap avec ce livre multi-primé et traduit récemment en Finlande : ça m’a fait penser au « level » franchi par Paul Lynch avec Le chant du prophète. Complètement différent du précédent que j’avais lu et des polars dont il avait l’habitude, puisque justement ce n’est pas un polar.

Un coup de coeur. A découvrir absolument !

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Echoués sur le rivage – Sheila Armstrong

Traduit par Laetitia Devaux

Tout arrive, même ma première lecture irlandaise de l’année ! 🙂

Encore une nouvelle autrice qui arrive dans le monde francophone, le titre original (Falling animals) m’a fait me souvenir que j’ai dû voir le bouquin en Irlande mais depuis il y a en un autre qui est publié How to Gut a Fish, un recueil de nouvelles à paraître en France aussi.

Sheila Armstrong est originaire de Sligo, que je connais bien et vit aujourd’hui à Dublin. Elle a écrit ce roman pendant les années de confinement.

Je ne sais pas trop comment parler de ce livre qui m’a étonnée et que j’ai beaucoup aimé, bien que la fin m’ait laissée un peu sur ma faim, finalement – pff! que de [f] !😅

Nous sommes dans une petite station balnéaire du nord-ouest de l’Irlande, envahie par les touristes l’été mais morne le reste du temps: il ne se passe pas grand chose de génialement intéressant, tout le monde connaît tout le monde et peut-être épie tout le monde. Seulement voilà, c’est en pleine saison touristique que Frank, le collecteur est chargé de récupérer un phoque mort sur le rivage avant que la foule des baigneurs n’arrive : la routine ou presque parce qu’il y a un élément du décor qu’il ne remarque pas et qui pourtant va agiter la vie des habitants. Heureusement que chaque village a sa commère à la fenêtre….

L’autrice pose déjà le décor avec soin: « au commencement, il y a un phoque sans yeux » que les grandes marées ont repoussé sur le rivage, la plage à marée haute, est réduite à un croissant, les toits des caravanes sur la falaise scintillent au soleil, on sent les bourrasques de vent qui nous envoient le sable dans les yeux, et l’épave d’un bateau se découvre alors que la mer se retire. Frank ramasse la bestiole qu’il embarque dans sa camionnette blanche en faisant attention de ne pas s’enliser dans le sable. Dans son rétroviseur, la plage évolue au gré de la marée. « L’homme assit dans les dunes a l’air serein, les jambes croisées à hauteur des chevilles ». Le village en forme de spirale de coquillage est encore plongé dans l’ombre. « Au centre, il y a un café, un pub et un petit supermarché ».

Le « plot » qui est resté ancré dans mon cerveau pendant tout le bouquin, même si on nous fait passer par des chemins déviés, c’est : qui est cet homme? De quoi est-il mort? Pourquoi est-il là ? Si la rumeur s’est propagée dans le village, c’est au pub que l’événement prend de l’envergure : on y ajoute son grain personnel ! Vous la sentez l’Irlande? 🙂 « On a eu vent d’un accident sur la plage ce matin, mais sans grand détails, alors on écoute de récit d’Oona, on le savoure, on le commente. On décrit la posture de l’homme, ses vêtements bien pliés, ce visage terriblement bleuté. (…) Le mort n’est pas de la région, s’accordent-ils tout à dire ; sinon Oona l’aurait identifié; »

Ca aurait pu être un polar, je partais presque sur une histoire de ce genre mais je savais que ce ne serait pas le cas car le livre n’était pas dans une collection « polar » de chez Albin-Michel. 🙂 Peut-être cela aurait pu être aussi un recueil de nouvelles, où chaque histoire est reliée à une autre par un fil ténu pour raconter l’histoire d’un village, des habitant en passant par l’histoire de certains éléments du décor. Finalement, c’est peut-être un peu tout ça, le mystère du décès de cet homme passe au second plan sans totalement disparaître pour sonder les histoires individuelles et leur trauma personnel qui font ressurgir d’autres morts derrière celui retrouvé sur la plage.

Dans ce roman en trois parties, l’autrice met tour à tour sur le devant de la scène dix-huit personnages, dans une histoire qui plonge ses racines sur plusieurs années et nous embarque parfois en dehors du pays. Le tout dernier est dédié aux disparus en mer.

La forme m’a fait carrément penser au roman de Donal Ryan, Le coeur qui tourne, qui fait parler vingt-et-un personnages d’un village irlandais. C’est même assez troublant bien que l’histoire et le style soient différents.

J’ai passé un bon moment dans ce village de la région de Sligo, qui me renvoyait aussi à mes propres souvenirs de plages irlandaises de cet été du côté de Waterford.

L’autrice sera le 31 mars à 19h30 au Centre culturel irlandais pour présenter son roman. C’est gratuit mais n’oubliez pas de vous inscrire si vous voulez y aller (en anglais, of course).

J’espère arriver à vous parler des parutions irlandaises des prochains mois, mais pour l’instant, c’est un peu plat : juste Kevin Barry et Anna McPartlin en vue.

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Les vainqueurs – Roy Jacobsen

Traduit du norvégien par Alain Gnaedig

En attente des résultats du premier tour des municipales, j’ai décidé de prendre la – conséquente – pile de livres lus ces derniers mois entassés sur mon bureau pour écrire quelques chroniques pour lutter contre le stress – du résultat électoral, avec une liste de fachos qu’on n’a jamais vus, jamais, même pas eu un tract, tellement courageux qu’ils sont à se confronter à la réalité de ce qu’on pense d’eux : descendants de collabos et autres nazillons prêt à tout mais derrière l’isoloir, en hypocrites. Bref, les livres sont toujours une bonne compagnie pour oublier la Bêtise à l’état pur, qui semble vouloir gouverner une partie de la planète. Mon refuge de vacances était juste une merveille inoubliable. Je ferai peut-être une petite chronique sur le sujet si j’ai le temps.

Avant de partir, j’ai lu beaucoup de littérature nordique. Ce fut l’occasion de ma troisième rencontre avec le regretté Roy Jacobsen : après Les invincibles et Mer blanche, lus et chroniqués ici il y a quelques années, j’ai englouti Les vainqueurs, qui m’a occupée quasiment un mois entier avec ses 773 pages écrites en police de petit caractère et paragraphe compacts. Cela en valait la peine, franchement !

Le roman se divise en deux parties : « Le chant de Marta » et « Gamin ». L’histoire commence par la bêtise de trois gamins, Gunnar, Randi et Martha qui font sauter « le Géant » avec de la dynamite volée à leur père, ignorant tout du désastre qu’ils viennent de commettre envers les pêcheurs du coin.

Le Norvégien Roy Jacobsen est féru de saga familiale, souvent en plusieurs opus. Ici c’est un seul volume qui nous emmène sur la côte du Helgeland, un coin perdu du nord de la Norvège en 1927. Nous suivons une famille nombreuses dont le père, Johan trime pour nourrir la famille dans le pays le plus pauvre d’Europe, partageant son temps entre la pêche, la culture des terres et la construction de la voie de chemin de fer. Seulement, il arrive un moment où cela ne suffit plus, où la pêche devient moins abondante, où la famille s’agrandit avec la « Gitane » qui arrive avec ses propres enfants. Johan envoie alors sa fille comme domestique chez une riche famille à Oslo.

Nous parcourons cinquante ans d’Histoire norvégienne, de la vie ouvrière du père, à l’irruption de la Seconde Guerre mondiale, de la découverte du pétrole qui fera basculer la position du pays sur la scène européenne, mais tout cela en arrière plan très discret. C’est peut-être ce que j’ai regretté dans cette histoire, je pensais avoir un fond historique plus présent. Néanmoins, si j’ai eu un petit coup de mou au milieu du roman où j’ai trouvé que c’était un peu trop délayé, que ça trainait en longueur, j’ai globalement beaucoup apprécié cette lecture.

On est plongé dans la vie compliquée de cette famille aux nombreux personnages mais pour autant on n’est pas complètement perdu. Tout y est, de la sensation du froid, à l’odeur du bois, la force du vent, l’air iodé de l’océan…. Et des histoires dans l’histoire qui sont difficilement énumérables.

La deuxième partie m’a perturbée pendant un temps car j’ai mis un petit moment à identifier qui s’exprimait. C’était un peu le polar dans le roman. J’ai pas mal souri des bêtises de Rogern, de ses expériences de vie et de celle de sa fratrie dans un monde où tout s’accélère. Le gamin, gamin de cité nouvellement sortie de terre dans les environs d’Oslo, ignore tout de la région d’origine de sa mère. Jusqu’au jour où il y va avec sa famille. J’ai pas mal souri du regard truculent que le gamin qui grandit porte sur son pays et la société dans laquelle il vit, de ses histoires à l’école. J’ai franchement ri quand j’ai vu revenir son frère qui voulait reprendre la ferme du grand-père dans le Nord dans les années 70, changer radicalement d’avis dix ans plus tard pour se lancer dans le nouvel Eldorado norvégien des années 90.

La seule chose que j’ai regretté à part le délayage à mi-parcours, c’est que le style d’écriture choisi par Roy Jacobsen est franchement peu aéré. Je me suis demandée s’il ne voulait pas étouffer son lecteur. 🙂

Au Finnmark, j’ai repensé à ces pages – qui ne se passent pas en Laponie mais le paysage est similaire, et l’expérience du froid du Grand Nord vous rappelle la rudesse des conditions de vie, dans ces contrées les plus sauvages d’Europe, où la solidarité entre les habitants est primordiale. J’insiste pour dire que si l’on est bien équipé, on ne souffre pas du froid à partir du moment où l’on bouge. C’est l’équipement obligatoire de toute façon pour ne pas mettre sa vie en danger.

Et vous, quels romans nordiques me conseillez-vous ?

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Parutions irlandaises hiver 2026

Enfin, on y voit un peu plus clair dans les dernières parutions littéraires irlandaises ! A vrai dire, je suis tellement occupée par mon prochain voyage que j’ai aussi trainé !
A vrai dire (bis), je suis plus en train de lire des livres en lien avec les pays de mon voyage que de lire de la littérature irlandaise en ce moment. 🙂 Cela va se tasser car mes bagages sont prêts pour un départ imminent !

Voici les petits nouveaux repérés et quasiment que des nouveaux auteurs, à part Joseph O’Connor et Mary Costello. Elle est un peu bizarre cette rentrée littéraire…

Donc voici un nouveau roman de Mary Costello, autrice dont on n’a pas entendu parler depuis longtemps, avec Le voile des illusions.

Traduit par Carine Chichereau

« En 1985 à Dublin, Anna, dix-neuf ans, tombe sous le charme de Peter, un homme plus âgé. Anna est introvertie et naïve, et l’expérience de Peter, son large cercle d’amis et sa soif d’aventure la fascinent. Le désir obsessionnel qu’elle éprouve pour lui la conduit au mariage et, finalement, à subir une trahison dévastatrice. Des années plus tard, quand Anna rencontre Karim, un Algérien au grand coeur, elle tombe amoureuse non seulement de lui, mais aussi de la religion musulmane. Les premiers temps, il lui offre un refuge et un nouvel espoir, mais peu à peu la vie d’Anna commence dangereusement à se rétrécir. Se déroulant sur vingt-cinq ans, ce roman poignant et sobre traite de l’emprise, de la perte de l’innocence, de la honte et des humiliations subies en amour. Mais Le Voile des illusions est aussi le portrait bouleversant d’une femme qui trouvera enfin son salut dans la littérature – seule capable de lui rendre les mots dont elle était privée. »

Il me reste dans ma PAL le deuxième roman de cette autrice, toujours pas lu. J’ai lu le premier il y a un siècle à peu près, sans aucun souvenir… Pas ma priorité pour celui-ci dont le sujet ne m’attire pas plus que cela.

Un petit nouveau qui a l’air d’être un phénomène : Oisin McKenna, avec Lundi, c’est loin

Traduit par Olivier Deparis
Londres, 2019. La ville est en effervescence : une baleine est coincée dans la Tamise, devenant en quelques heures le sujet de conversation de tout le pays, puis du monde entier. Cette présence fascinante agit tel un révélateur dans la vie de Maggie, Ed, Phil, Rosaleen et les autres. Chacun se trouve à un moment charnière, où il doit prendre en main son destin ou s’en remettre à lui. Maggie, trente ans, est enceinte de son compagnon, Ed, mais elle craint de renoncer à sa liberté. Phil n’aime pas son boulot et ne vit que pour les week-ends, leur promesse d’oubli et de fête. Rosaleen, sa mère, doit affronter la maladie et ne sait comment lui en parler. Lundi, c’est loin suit ces personnages attachants le temps d’un été caniculaire.Rien n’arrête l’énergie de la ville, la pulsation de Londres, qui se nourrit des cœurs brisés, des âmes perdues et de l’espoir qui s’entête. Dans ce premier roman addictif comme une série, Oisín McKenna prend le pouls de notre époque.

C’est ce livre qu’on a vu partout sur les réseaux…. Moi, pas eu…. Lol

Joseph O’Connor, avec Les fantômes de Rome continue la fresque historique commencé avec La Maison du père que je n’ai pas lu, donc je passe mon tour…

Traduit par Carine Chichereau

Février 1944. Les forces allemandes occupent Rome depuis six mois. Les combattants alliés ont débarqué à Anzio mais peinent à progresser. La Résistance s’organise autour de la filière d’évasion mise en place en plein coeur du Vatican par Hugh O’Flaherty et ses comparses. En première ligne : la Contessa Giovanna Landini, libre et intrépide, offrant un souffle féminin, flamboyant et plein d’humour à cette aventure haletante, où chaque ruelle cache un piège… et chaque choix peut coûter la vie.
Excellente suite de « Dans la maison de mon père », nommé au Walter Scott Prize et au prix Historia, « Les Fantômes de Rome » confirme l’immense talent de conteur du maître du roman historique, Joseph O’Connor.

Encore un nouvel auteur sur la scène littéraire française : Sean Hewitt avec Cieux, ouvrez-vous. Un roman qui ne se passe pas en Irlande.

Traduit par Aline Azoulay Pavcon.

Dans un village du nord de l’Angleterre, James, jeune homme timide de seize ans, rêve d’une autre vie, au-delà de la communauté rurale dans laquelle il a grandi, et fantasme sur ce qui se trouve hors de sa portée : l’indépendance, la tendresse, le sexe. Un automne, il fait la connaissance de Luke qui vient passer l’année dans la ferme de son oncle. James est immédiatement attiré par ce garçon impulsif, charismatique et troublé. Mais derrière le côté rebelle de Luke se cache une blessure profonde : la nostalgie de l’amour de son père et de la stabilité d’une vie familiale. James va tenter d’attirer son attention par tous les moyens tout en se demandant si Luke pourra jamais l’aimer en retour.

Et encore un petit nouveau avec un roman étrange, – mais j’ai l’impression que c’est la rentrée littéraire irlandaise des romans étranges !- : La Montagne Fantôme de Ronan Hession

Traduit par Charles Roux

Un matin, une montagne surgit inexplicablement, en bordure d’une petite ville paisible. Ce qui n’était qu’un paysage ordinaire se trouve bouleversé : la communauté découvre une nouvelle silhouette à l’horizon, présence mystérieuse, mais aussi vertigineuse absence de réponses. Dans ce roman choral à la douceur poignante, des voix se répondent et s’entremêlent : Ruth et Ocho, dont l’amour s’étiole, le cartographe fasciné qui dresse les contours de l’impossible et Dominic, dont la solitude vacille face à l’inconnu. Chacun tente de donner sens à cette montagne qui ressemble vaguement à un fantôme, miroir étrange de ses propres manques, peurs et désirs.

Le retour de David Park avec Mariage Fantôme. Décidément, c’est aussi la rentrée littéraire des fantômes ! 🙂

Lorsque George Allenby se retrouve chargé de la création d’un lac sur le domaine d’un imposant manoir irlandais, il a la ferme intention d’en venir à bout aussi vite que possible puis de retourner à Belfast. Officier durant la Grande Guerre, Allenby se débat encore avec ses souvenirs des tranchées, hanté par tout ce qu’il aurait pu faire différemment.
Près d’un siècle plus tard, Alex et Ellie préparent leur mariage sans regarder à la dépense. La cérémonie se tiendra dans un pavillon tout juste rénové, offrant une vue sur le lac aménagé après-guerre. Comme Allenby avant lui, Alex est hanté par les décisions qu’il a prises dans le passé. À l’approche du mariage, il se trouve à un tournant : dire la vérité libérerait sa conscience, mais pourrait aussi lui faire perdre tout ce à quoi il tient, à commencer par Ellie.
Dans cet émouvant récit d’amour et de trahison, David Park révèle toutes les brèches par lesquelles le passé s’infiltre dans le présent, tantôt destructeur et redoutable, tantôt porteur d’espoir et de beauté fragile.

En Irlande, j’avais repéré un nouveau Maggie O’Farrell (Land), un nouveau Sebastian Barry (The Newer World), suite d’Un jour sans fin et d’Un millier de Lune. Je crois savoir aussi que Donal Ryan va sortir un nouveau roman, d’après un post lu quelque part… J’attends avec une impatience de dingue le prochain Jan Carson aussi.

Retrouvez la Liste Babelio dédiée aux nouvelles parutions irlandaises que je mets régulièrement à jour !

Lesquels avez-vous lu ou aimeriez-vous lire ?

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Bonne année 2026 !

J’ai laissé filer le temps et nous voici en 2026. Alors bonne année à tous ceux qui continuent de suivre ce petit blog dont le nombre d’abonnés ne cesse de s’accroitre !:-) J’ai oublié mon anniblog en novembre, mais sachez qu’il s’agit du 650e billet à paraître.

Crédit photo Eventry, le reste est ma création !

Je ne vais pas vous faire un soporifique bilan avec tout plein de chiffres. Je fais plus ça ! Juste un bilan synthétique. Je n’ai pas lu 3 millions de livres comme une fusée, non, pas du tout. Juste 38 et globalement des pavés dont un de plus de mille pages, le fameux Prince des marées de Pat Conroy.

☘️Tout d’abord, côté irlandais, j’ai lu 13 livres, dont Un dimanche du souvenir de Darragh McKeon, en version numérique, qui ne figure donc pas sur la photo. Plutôt pas mal puisque c’est supérieur à l’an dernier (10). J’ai acheté tous les livres, parfois je les ai trimballé partout…

Littérature irlandaise lue cette année

Je n’ai assisté qu’à une seule rencontre littéraire irlandaise (malheureusement on ne fait pas toujours ce qu’on voudrait), mais quelle rencontre ! Paul Lynch venu parler de son incroyable roman Le chant du prophète à la librairie Mille Pages de Vincennes le 7 janvier. Le livre le plus marquant de mon année.

Je suis allée à Caen et j’ai un peu par hasard assisté à quelques conférences du festival Epoque mais j’ai bien davantage visité la très jolie ville.

Le 16 juin, invitation par l’ambassade d’Irlande en France à fêter le Bloomsday. C’était chouette ! 🙂

Voici à présent mes meilleures lectures de l’année ! Toutes sont chroniquées en version longues ou courtes. Parfois en chroniquant je n’ai pas indiqué coup de coeur, mais avec le temps, je sais que ça l’est, car ce sont des livres dont je me souviens fortement, ce qui fait la différence avec un livre moins bon.

Côté voyage, j’ai pas mal vadrouillé : en France, en Italie, en Belgique et en Irlande (x2). Loin des coins blindés par le sur-tourisme, même si parfois ce fût compliqué (Oups, Quimper et Concarneau !). Si Milan est justement blindée pour la visite de la cathédrale (où il faut réserver en ligne son heure), et que la foule s’agglutine dans la galerie Vittorio Emanuele II, j’ai pu profiter de beaucoup de musées fantastiques en toute tranquillité.

Dans le registre voyage, 2026 commence en force pour moi puisque je prépare depuis novembre, un voyage arctique en Suède et Norvège essentiellement, un peu en Finlande, bref, direction la Laponie. Un rêve, après celui de visiter l’Islande (réalisé en 2018) et l’île de Lewis & Harris (2017). Un périple de huit jours et un équipement hors normes. L’angoisse aussi des tempêtes de neige qui empêche les avions de décoller ou d’atterrir et donc des vols annulés… C’est arrivé la semaine dernière – les risques du voyage. Je suis plongée dans la culture lapone : j’ai terminé il y a peu le polar d‘Olivier Truc, Le dernier Lapon que j’ai apprécié pour le côté documentaire, un peu moins pour l’intrigue et dont le dénouement est plutôt un peu décevant et anodin. Par ailleurs, je n’ai pas compris pourquoi l’auteur, qui est pourtant journaliste, utilise le terme « Lapon » qui est péjoratif, assez souvent, en alternance avec celui de « Sami ». A priori ce n’est pas une histoire de personnage qui s’exprime.

Bien entendu, je me suis concoctée une très petite PAL ambiance Laponie ou Scandinavie, faute de trouver suffisamment de romans dédiés à la culture lapone. Je suis preneuse de références littéraires lapones….

Avant ce projet, j’ai le « London Calling » en janvier et sans doute une virée dans la capitale belge en évitant l’Eurostar.

Encore une bonne année et merci pour vos visites en hausse très nette.

Je concocte le traditionnel billet des sorties irlandaises… la liste parution est en piste sur Babelio, avec déjà quatre livres. A suivre…

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