"Partout des livres. Sur les étagères et sur le petit espace au-dessus des rangées de livres, et par terre, sous les chaises, des livres que j'ai lus, des livres que je n'ai pas lus…" (Edna O'Brien – Fille de la campagne)
J’ai laissé filer le temps et nous voici en 2026. Alors bonne année à tous ceux qui continuent de suivre ce petit blog dont le nombre d’abonnés ne cesse de s’accroitre !:-) J’ai oublié mon anniblog en novembre, mais sachez qu’il s’agit du 650e billet à paraître.
Crédit photo Eventry, le reste est ma création !
Je ne vais pas vous faire un soporifique bilan avec tout plein de chiffres. Je fais plus ça ! Juste un bilan synthétique. Je n’ai pas lu 3 millions de livres comme une fusée, non, pas du tout. Juste 38 et globalement des pavés dont un de plus de mille pages, le fameux Prince des marées de Pat Conroy.
☘️Tout d’abord, côté irlandais, j’ai lu 13 livres, dont Un dimanche du souvenir de Darragh McKeon, en version numérique, qui ne figure donc pas sur la photo. Plutôt pas mal puisque c’est supérieur à l’an dernier (10). J’ai acheté tous les livres, parfois je les ai trimballé partout…
Littérature irlandaise lue cette année
Je n’ai assisté qu’à une seule rencontre littéraire irlandaise (malheureusement on ne fait pas toujours ce qu’on voudrait), mais quelle rencontre ! Paul Lynch venu parler de son incroyable roman Le chant du prophète à la librairie Mille Pages de Vincennes le 7 janvier. Le livre le plus marquant de mon année.
Je suis allée à Caen et j’ai un peu par hasard assisté à quelques conférences du festival Epoque mais j’ai bien davantage visité la très jolie ville.
Le 16 juin, invitation par l’ambassade d’Irlande en France à fêter le Bloomsday. C’était chouette ! 🙂
Voici à présent mes meilleures lectures de l’année ! Toutes sont chroniquées en version longues ou courtes. Parfois en chroniquant je n’ai pas indiqué coup de coeur, mais avec le temps, je sais que ça l’est, car ce sont des livres dont je me souviens fortement, ce qui fait la différence avec un livre moins bon.
Côté voyage, j’ai pas mal vadrouillé : en France, en Italie, en Belgique et en Irlande (x2). Loin des coins blindés par le sur-tourisme, même si parfois ce fût compliqué (Oups, Quimper et Concarneau !). Si Milan est justement blindée pour la visite de la cathédrale (où il faut réserver en ligne son heure), et que la foule s’agglutine dans la galerie Vittorio Emanuele II, j’ai pu profiter de beaucoup de musées fantastiques en toute tranquillité.
Dans le registre voyage, 2026 commence en force pour moi puisque je prépare depuis novembre, un voyage arctique en Suède et Norvège essentiellement, un peu en Finlande, bref, direction la Laponie. Un rêve, après celui de visiter l’Islande (réalisé en 2018) et l’île de Lewis & Harris (2017). Un périple de huit jours et un équipement hors normes. L’angoisse aussi des tempêtes de neige qui empêche les avions de décoller ou d’atterrir et donc des vols annulés… C’est arrivé la semaine dernière – les risques du voyage. Je suis plongée dans la culture lapone : j’ai terminé il y a peu le polar d‘Olivier Truc, Le dernier Lapon que j’ai apprécié pour le côté documentaire, un peu moins pour l’intrigue et dont le dénouement est plutôt un peu décevant et anodin. Par ailleurs, je n’ai pas compris pourquoi l’auteur, qui est pourtant journaliste, utilise le terme « Lapon » qui est péjoratif, assez souvent, en alternance avec celui de « Sami ». A priori ce n’est pas une histoire de personnage qui s’exprime.
Bien entendu, je me suis concoctée une très petite PAL ambiance Laponie ou Scandinavie, faute de trouver suffisamment de romans dédiés à la culture lapone. Je suis preneuse de références littéraires lapones….
Avant ce projet, j’ai le « London Calling » en janvier et sans doute une virée dans la capitale belge en évitant l’Eurostar.
Encore une bonne année et merci pour vos visites en hausse très nette.
Je concocte le traditionnel billet des sorties irlandaises… la liste parution est en piste sur Babelio, avec déjà quatre livres. A suivre…
Voici en photo les livres que j’ai lus et pas encore chroniqués ! C’est un retard bien trop important pour faire une chronique dédiée et détaillée sur chaque bouquin ! Manque de motivation, de temps surtout. Je manque aussi de temps pour sortir, me rendre aux rencontres littéraires… ça me manque beaucoup. Bref, pas évident de tout concilier mais je m’accroche. Ce blog n’est pas prêt de fermer ses portes !! 🙂
Donc voici un retour vite fait sur mes lectures hétéroclites des dernières semaines, un bon moyen de savoir ce qu’il m’en reste, au demeurant…
J’ai lu pour la première fois l’autrice Kaouther Admini, avec La joie ennemie, récit autobiographique où elle tente de retrouver ses souvenirs quand l’Algérie des années 90 est tombée aux mains du FIS et du GIA, au moment où son père qui s’est engagé des années auparavant pour l’armée algérienne afin de financer ses études de doctorat, décide de retourner au pays au plus mauvais moment. Pour retrouver ses souvenirs, l’autrice se fait enfermer le temps d’une nuit à l’Institut du monde arabe, après une tentative avortée quelques années plus tôt dans un autre musée. Elle retrouve en parallèle l’artiste algérienne Baya à travers ses tableaux. J’ai beaucoup aimé la partie autobiographique et historique sur l’Algérie des années 90 et bien moins accroché sur la thématique de Baya, que j’ai trouvée vraiment plaquée au reste sans lien logique visible., On devine vaguement la couleur et la vie impulsées par ses tableaux qui s’oppose à l’obscurité et l’obscurantisme voulu par les islamistes, qui pourrissent toujours la vie aujourd’hui sur Terre, une vermine à éradiquer sans concession ni discussion, car on ne négocie pas avec des fanatiques, des cinglés frustrés, qui veulent rayer les femmes de la vie sur Terre, entre autres. Il faut s’en débarrasser, c’est tout. Et l’on sait bien, qu’en Algérie, c’est le voisin, le crevard hypocrite et bien pétochard finalement, qui a agit dans l’ombre pour massacrer. Ces gens n’ont pas disparu, ils sont toujours là, tapis dans l’ombre… Ni pardon ni oubli, on les pourchassera toujours en France. En Algérie, hum, le pouvoir en place… on sait ce qu’il vaut….
J’ai lu un récit encore autobiographique, libérien cette fois : La maison de Sugar Beach, d’Helen Cooper (traduit par Mathilde Fontanet). Du coup, j’ai appris l’histoire du Libéria, Etat crée par les Américains qui ont affranchi des esclaves, métis pour la plupart (c’est bien pratique pour couvrir le maitre qui a violé son esclave), qui se sont approprié de façon violente un territoires occupé par une population indigène. Les Congos (cette nouvelle population) vit dans une belle opulence pendant que la population indigène vit dans la pauvreté. Mais en avril 1980, tout bascule : ce sera une succession de coups d’Etat, de violences et d’atrocités, comme en connait encore aujourd’hui ce pays d’une grande pauvreté, où les richesses sont accaparées par les factions au pouvoir. Récit très instructif, quête d’identité, même si j’ai trouvé que l’autrice manquait d’analyse sur le pourquoi la situation a viré. Elle raconte également sa vie avec sa soeur de coeur, une gamine recueillie par ses parents pour lui tenir compagnie. Ce livre a obtenu le Grand Prix des Lectrices ELLE 212.
J’ai lu Naufrage, de Vincent Delecroix : histoire vraie qui date de novembre 2021 toujours en cours d’enquête. Pourquoi une garde côte a un jour refusé de porter secours à des migrants en train de se noyer en tentant de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni. J’ai aimé car tout n’est pas en noir et blanc.Un long monologue qui nous plonge dans la tête de cette femme. L’auteur soulève d’une part la faute professionnelle de cette garde côte interrogée par ses collègues de la gendarmerie mais interroge également un système, une cadence qui fait que l’usure finit par surgir et fait commettre l’irréparable.
J’ai lu Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé, Prix Goncourt 2004 qui est un immense coup de coeur. Un récit épique sur plusieurs générations sous le soleil des Pouilles. C’est savoureux, dramatique, drôle, on rit, on pleure, on ne s’ennuie pas une minute, on le trouve trop court ! Foncez si vous ne l’avez pas encore lu !
En Irlande, j’ai emmené avec moi Jeunes loups de Colin Barrett, (traduit par Bernard Cohen)recueil de nouvelles très réussies, antérieures à son roman et que j’ai d’ailleurs préféré à ce dernier, avec lequel j’avais pourtant passé un bon moment. Il scrute au plus près la jeunesse irlandaise désabusée, provocatrice, délinquante, violente, gouailleuse, qui vit de la débrouille. Les filles ne sont pas des mauviettes en plus. Elle sont sapées faut voir comment LOL (hum et en plus c’est très réaliste !) mais attention, elles en ont dans la culotte, comme on dit ! Il y a des moments d’humour (souvent noir).
Côté littérature irlandaise, j’ai aussi lu Pose ta tête sur mon coeur sombre d’Anne Enright, traduit par Mathilde Bach, sortie en octobre et passé totalement inaperçu. Une fille de poète et sa mère en récit alterné. Une naissance fortuite due à une erreur de jeunesse et une erreur d’orientation sexuelle. Une jeune femme en quête de repères et d’identité. J’ai aimé l’humour d’Anne Enright, son écriture sans détour qui appelle une bite, une bite, son effronterie. Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris mais j’ai beaucoup souri. Une histoire de femmes libres qui montre aussi le côté moins reluisant de la chose, le ce qu’il en coûte.
Enfin, j’ai lu La petit dernière de Fatima Daas, récit autobiographique de la quête sur son identité sexuelle dans une famille algérienne et musulmane pratiquante. Je me suis pas mal ennuyée à cause de la forme qui ressemble à du slam et des répétitions induites, ça tourne pas mal en rond même si le sujet est bien traité.
Voilà je suis contente, je vais pouvoir ranger mes livres dans la bibliothèques et c’est une bonne pioche tous ces livres, globalement ! 🙂 Je termine actuellement un roman de Silvia Avallone (Italie)
Je reviens très bientôt pour vous parler d’un projet qui me tient à coeur et qui me ramène vers ma passion pour la littérature venue du froid (ceux qui me suivent depuis longtemps sont au courant) et la petite Pile à Lire que je me suis concoctée pour les semaines à venir. J’espère réaliser un nouveau rêve en février, je croise les doigts pour qu’il n’y ait pas d’embûches et je me pince encore pour être sûre que je ne rêve pas. 🙂
Ce soir, c’est Halloween, fête popularisée en France via les Etats-Unis. Il s’agit finalement d’un retour aux origines puisque c’est une fête celte, celle de Sam(h)ain, dont Halloween est un dérivé. Halloween a été introduite par les émigrés irlandais et écossais aux USA dans les années de la Grande Famine (1845) mais n’est devenue populaire que dans les années 20. Si en Irlande, on creusait des navets, c’est aux Etats-Unis qu’on a remplacé le navet par la fameuse citrouille.
Sam(h)ain, en gaélique irlandais, autrement dit « fin d’été » (cela se prononce « sow-ihn ») était fêté au début de l’automne, donc, l’époque où l’on fait des réserves pour affronter les jours sombres. En gaule, on connaît cette fête sous le nom de Samonios. On ne peut pas dire qu’en France ce soit vraiment fêté à part peut-être en Bretagne, et encore… Mais en Irlande, pas question de passer outre Oiche Shamhna, la nuit de la fin de l’été ! Au-delà des bonbons et déguisements en vente, c’est tout un art ! Il suffit de se promener dans les rues de n’importe quelle ville ou village pour pouvoir admirer les décorations des jardins, maisons, pas de porte, vitrine ! L’imagination n’est pas en reste…
Voici quelques photos prises cette semaine, au hasard de mes pérégrinations, dans les rues de Dublin, Dun Laoghaire ou encore Greystones. Et ce n’est qu’un petit échantillon !
cette sorcière vous propose des lectures pour Halloween
Ma préférée !
Meme Sweeny s’est mis au diapason !
Et puis, au delà des décorations, de la récolte des bonbons par les petits et du fameux gâteau Barmbrack, ce week-end ce sera des défilés dans toutes les grandes villes, au moins : le plus connu est sans doute celui de Galway, mais Cork, Limerick ou Dublin ne sont pas reste….
Pas trop présente dans le coin depuis la dernière chronique mais comme les fois précédentes, cela ne veut pas dire que je n’ai pas lu. J’ai même dévoré. Nouveau départ en Irlande dans quelques jours, donc c’est maintenant ou jamais pour faire une retour sur mes dernières lectures irlandaises !
J’ai lu Le garçon venu de la mer de Garrett Carr (traduit par Pierre Bondil) et j’ai beaucoup aimé ce roman qui prend son temps . Il y a-t-il une mode du roman irlandais qui se passe dans le Donegal ? C’est par ailleurs la question que je me pose ! A la fois saga familiale et roman d’apprentissage et roman de la mer, nous suivons la vie d’une famille sur deux générations. Tout débute quand en 1973, un bébé est retrouvé dans un tonneau sur la plage par un pêcheur d’une petite bourgade du Donegal. Cet événement bouscule le quotidien tranquille des habitants. Qui est ce gamin, d’où vient-il ? Christine et Ambrose décident de l’adopter, ce qui provoque un brin de jalousie de leur fils aîné. Ils l’appelleront Brendan, comme le Saint surnommé « le navigateur » ou le prophète de l’Irlande….
Ce petit garçon ne parle pas beaucoup mais il intrigue pas mal les habitants. On le sent différent. Du moins au début. Comment s’intégrer dans une société aussi fermée que celle de ce bout du monde ? Un monde de pêcheurs. Son comportement est étrange et interpelle. Il bénit tous ceux qui lui demandent. Puis, on le trouve souvent avec des marginaux. En toile de fonde de cette histoire, on trouve une pêche irlandaise qui se transforme, des normes européennes qui bouleverse la vie des marins, des achats de bateau plus gros, des endettements et des ratages. Le manque d’argent qui pousse les femmes à aller travailler à l’usine de poisson. J’ai aimé m’immerger dans la vie de cette famille irlandaise, ses histoires et secrets de famille. J’ai aimé vivre dans cette communauté du bout de l’Irlande dans un monde qui se transforme, pas forcément pour le meilleur. Une vague allusion au problème écologique que pose la pêche moderne que j’aurais voulu plus approfondi, mais je comprends que ce n’est pas le sujet des années 80-90. Si vous aimez le Donegal et l’océan, ce roman vous plaira. Les parents adoptifs portent des prénoms peu communs, en Irlande, c’est aussi une remarque que je me suis faite. La plume de l’auteur est magnifique, à la fois douce et âpre.
Incipit : « Nous étions un peuple résilient, nous avions grandi face à l’Atlantique. Quelques milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui s’accrochaient à la côte et essayaient de ne pas se faire mouiller. Notre ville n’était pas juste notre ville, c’est une logique et un destin. Nous n’ignorions pas qu’il y avait des lieux plus cléments et agréables, nous les voyions à la télévision, mais ils semblaient mièvres en comparaison. Chacune des mouettes du soir tournoyait au-dessus des chalutiers qui rentraient au port, et le soleil d’un orange ardaent s’enfonçait dans la mer, nous permettant de comprendre notre place sur cette terre ronde. Nous aimions ce sentiment, nous le savourions, mais nous ne nous étendions pas dessus. Les vents de l’Atlantique avaient chassé nos mots, et nous avions appris à nous en passer. »
Ensuite j’ai dévoré Pauvre de Katriona O’Sullivan, (traduit par Simon Baril). Ce n’est pas un roman, c’est le parcours de vie de l’autrice. Je savais que ce ne serait pas dans le registre misérabiliste qui fait chouiner car publier par une éditrice qui me déçoit rarement par le choix de ses textes, pour ne pas dire jamais, mais je n’ai pas lu tout son catalogue ! 🙂 Katriona à Birmingham avec des parents à la fois, junkies et alcooliques, qui vivent d’allocs dans une HLM pourri, entourée de leurs nombreux enfants dont ils sont évidemment incapables de s’occuper, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne les aiment pas, mais c’est un peu « spécial ». Quand on vit dans un tel univers, il est difficile de savoir qu’il existe une autre vie, avec d’autres repères. L’autrice décrit sa vie sans fard mais sans voyeurisme non plus. Si à l’âge de six ans, elle sauve son père d’une overdose, ce qui le sauvera, elle, c’est d’avoir croisé une personne en Irlande et une rage pour s’en sortir, en dépit d’un chemin qui est encore semé d’embûches, parce que le système des sociétés dans lesquelles on vit ne laisse que peu de chance à ceux qui ne sont pas issus d’une classe favorisée. Katriona O’Sullivan ne mâche pas ses mots sur le système éducatif irlandais. Si t’es riche, tu iras à Trinty même si tu es stupide. Si tu es intelligent mais pauvre, ce sera une bataille acharnée pour t’en sortir. Tous ceux qui n’ont pas eu un parcours tout tracé peuvent se reconnaître dans ses mots, même en France où l’apologie des maths fait sa loi et celle des écoles internationales et autres lycées « côtés » font le tri pour l’accès à l’université aujourd’hui et aux formations prestigieuses. Ensuite Katriona O’Sullivan explique très bien qu’elle était elle-même son propre obstacle. Le syndrome de l’imposteur, le manque de confiance en soi, le sentiment de trahir sa classe sociale. J’ai aimé son style sans fioriture. J’ai pensé au parcours d’Emilie Pine ou d’Annie Ernaux (qui vient tout de même d’un milieu social un chouia au-dessus). L’autrice est aujourd’hui maître de conférences et docteur en psychologie. Je me suis retrouvée en train de chialer comme une petite fille sur les pages de la remise du diplôme du doctorat par Mary Robinson présidente de la République d’Irlande. Ce n’était sans doute pas le but de l’autrice de me faire pleurer sur cette page mais l’aboutissement d’un parcours dingue. 🙂
« Il y avait quelque chose dans son imagination, dans sa manière de me regarder – j’ai senti qu’elle me voyait vraiment. Pas une gosse de junkies. Pas une fille-mère. Pas une mère indigne. Pas une femme de ménage. Moi. Mary Robinson me regardait moi. La vraie Katriona. Celle que moi-même je n’avais fait qu’entrapercevoir. Elle regardait la gamine qui s’était accrochée, celle qui, ne pouvant pas manger à sa faim, avait quand même lu, dansé, chanté. C’était comme si elle pouvait voir toutes les étapes que j’avais franchies pour parvenir ici – comme si elle voyait mon âme. » (…) « Rien n’a changé depuis mon enfance. Je vois des gens comme moi qui luttent encore pour joindre les deux bouts, essayant de survivre en tirant parti au mieux du système. Je sais que j’ai eu de la chance – j’ai atterri dans une ville en plein essor, à une époque où l’on finançait des programmes destinés à sortir les gens de la pauvreté. Et je n’ignore pas que, dès la fin du boom économique, on s’est empressé de réduire ces programmes à peau de chagrin ou de les supprimer carrément. Le gouffre entre les riches et les pauvres grandit ; aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile pour les pauvres d’accéder à l’éducation de que j’ai reçue. Les gens comme moi doivent de nouveau se montrer extrêmement reconnaissant si on daigne mettre à leur portée le moindre marchepied. La plupart des services dont j’ai pu profiter ont disparu.«
J’ai enfin lu la « mythique » BD Croke Park, 21 novembre 1920 : dimanche sanglant à Dublin de l’auteur français Sylvain Gâche et du dessinateur Richard Guérineau. Cet album nous replonge parfaitement dans l’ambiance irlandaise des années 20 et de ses agents infiltrés. On retrouve Michael Collins. La fin est particulièrement violente, comme on s’en doute, mais les auteurs nous la font revivre vraiment, dans toute son injustice. Je n’ai pas eu le temps que faire quelques photos des images où on retrouve Dublin bien dessiné, même la fameuse Pepper Pot Church ! Seul bémol et je ne sais pas si c’est fait exprès, mais tous les personnages se ressemblent les uns les autres. Cela ne gêne pas la lecture mais ça m’a perturbée. A un moment j’ai cru voir Michael Collins, mais c’était un autre qui lui ressemblait comme une goutte d’eau. Pourtant, il est bien dans la BD aussi.
Mis à part, une belle restitution du premier Bloody Sunday A lire !
J’ai lu également trois autres bouquins pas du tout irlandais dont je vous parlerai la prochaine fois.
En attendant, j’ai hâte d’aller prendre un peu de repos dans mon pays préféré, pour cette période d’Halloween.
Bientôt octobre et je n’ai toujours pas publié mon désormais mythique billet concernant la rentrée littéraire irlandaise, alors que je suis en train de dévorer mon deuxième bouquin : l’excellent Pauvre de Katriona O’Sullivan.
Donc c’est parti, allez chercher un thé chaud, un bon scone plein de confiture et de beurre salé, un plaid et un petit carnet pour prendre des notes ! 🙂
Pas mal de nouveaux venus en traduction française, j’avoue. Tout d’abord Le garçon venu de la mer de Garrett Carr (traduit par Pierre Bondil) qui m’a beaucoup plu et ce sera ma prochaine chronique. Il y a juste le prix du livre (éditions Gallemeister) qui ne m’a pas fait rire : 24,90€… 25, pour être clair. Comment voulez-vous que ça ne plombe pas la vente de livres ?
Extrait de la présentation éditeur : » Irlande 1973. Un bébé trouvé sur la plage d’une petite ville de la côte ouest est adopté par un pêcheur local et sa femme. Très vite, l’enfant fascine. Au fil des années, « le garçon venu de la mer » continuer à captiver les habitants, à l’exception de son frère, dont l’aversion ne cesse de grandir. Mais qui pourrait vraiment comprendre ce garçon ? Dans ce petit coin du Donegal, chacun doit grandir et trouver sa place, au sein d’un monde qui évolue à toute allure. »
Deuxième nouvelle venue en traduction française, comme je le disais plus haut : Katriona O’Sullivan, avec Pauvre(traduit par Simon Baril) qui nous raconte son parcours de vie, sans misérabilisme mais sans éclipser toutes les difficultés qu’elle a rencontrées dans sa vie, le cercle infernal dans lequel on est enfermé quand on est pauvre et en plus enfant de junkies et d’alcooliques. Franchement, c’est très bien écrit je trouve. J’y reviendrai lors d’une prochaine chronique (aussi). La confiance en l’éditeur a fait le reste, me concernant. Extrait de la présentation éditeur : « Troisième d’une fraterie de cinq enfants, élevés dans la plus grande précarite par des parents toxicomanes, Katriona O’Sullivan avait peu de chances de faire un jour des études et encore moins d’enseigner à l’université. Son extraordinaire parcours, elle le raconte sans fard dans ce livre qui, chemin faisant, révèle une écrivaine. » Ca me fait penser au livre d’Emilie Pine ou encore au parcours de Nuala O’Faolain. Pour moi, dans les temps chaotiques que nous vivons actuellement, je trouve que c’est un histoire à mettre dans toutes les mains.
Ensuite un très connu écrivain irlandais qui m’a un peu déçue par le passé, même si j’avais bien aimé le dernier paru en poche et que je n’ai pas encore lu le précédent : John Boyne, Les éléments (traduit par Sophie Aslanides). Cette histoires ou plutôt ces histoires, sont publiées en trois volumes en Irlande, d’après ce que j’ai vu cet été. Ici, c’est un énorme pavé one shot . Extrait de la présentation éditeur : « D’une mère en fuite sur une île à un jeune prodige des terrains de football en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes, et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale. »
Autre nouvel auteur découvert par le plus grand des hasard de la navigation Internet : Mark O’Connell, Sur le fil de la violence (traduit par ?)
Extrait de la présentation éditeur : « En 1982, dans une Irlande secouée par les attentats, le chômage et les grèves de la faim, Malcolm Macarthur se retrouve, à l’âge de 37 ans, dans une impasse financière. Ce dandy intellectuel qui ne se sort jamais sans son noeud de papillon est pris de panique à l’idée de devoir travailler pour gagner sa vie. Il échafaude alors un plan improbable : braquer une banque. Pour ce faire, il a besoin d’une voiture et d’une arme. Pour se les procurer, il assassine sauvagement une infirmière et un jeune fermier. Mark O’Connell a longtemps été hanté par l’histoire de ce double meurtre. Alors que Macarthur a purgé ses trente ans d’emprisonnement, le voilà libéré et de retour à Dublin. Afin de percer les mystères qui entourent encore ces crimes brutaux et inexplicables, Mark O’Connell décide de le rencontrer. L’auteur se retrouve ainsi confronté à son propre récit : que signifie écrire sur un meurtrier ? » Mark O’Connell est journaliste, ce livre a obtenu un prix en Irlande. Je ne sais pas trop quoi en penser, en lisant la 4e de couverture. 🙂
Une réédition (enrichie?) et peut-être une nouvelle traduction (par Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup) d’un recueil de nouvelles que j’ai vu en poche (mais épuisé) Edna O’Brien : L’objet d’amour (à paraître en novembre). Extrait de la présentation éditeur : « Edna O’Brien, à la fin de sa vie, confiait « My short stories are better than my novels ». À l’entendre, ses nouvelles seraient meilleures que ses romans. Il est certain que les trente et un textes de L’Objet d’amour, sélectionnés parmi la centaine publiée pendant plus de soixante ans d’écriture, sont magistraux. Fête irlandaise, qui inaugure le recueil, date de 1962 : Mary, dix-sept ans, s’éloigne à vélo de sa ferme familiale dans un élan de liberté pour se rendre à sa première fête au village. L’humour avec lequel la jeune autrice de trente-deux ans (Edna O’Brien est née en 1930) décrit la manière dont les attentes de sa protagoniste, qui repartira à pied au petit matin, seront déçues, son évocation vive et nuancée de cette petite société rurale et la finesse de ses notations font déjà autorité.«
Et pour terminer, une parution en poche (dont je n’ai jamais vu le grand format : Emma Donoghue, La fille que j’ai embrassée (traduit par Chloé Royer). J’avais été déçue par son précédent ouvrage, Les combattantes, que j’ai trouvé très ras des pâquerettes. Présentation éditeur :« L’histoire vraie du premier amour d’Anne Lister, femme de lettres et exploratrice anglaise. King’s Manor, pensionnat pour jeunes filles, 1805. Depuis l’arrivée de la » nouvelle « , les certitudes d’Eliza Raine ont volé en éclats. Ainsi il est possible de se comporter sans souci des règles, des conventions… Rebelle et un peu garçonne, Anne Lister est tout ce qu’Eliza n’est pas : une exploratrice, une future femme de lettres. Et pourtant… À l’abri de leur soupente, l’orpheline au sang mêlé se sent de jour en jour plus proche de cette » amie » si extravertie. Trop, sans doute, pour l’Angleterre corsetée de la Régence, où les femmes comme elles doivent affronter tous les interdits… »
Par ailleurs, je ne sais plus si j’en avais parlé, mais j’ai trouvé (et acheté d’occasion) le dernier volume paru en France des aventures du Docteur Quirke, médecin légiste et personnage récurrent de John Banville qui a commencé à publier le début de ses aventures il y a bien une quinzaine d’années maintenant, sous le pseudo Benjamin Black. Ce printemps est paru sans que personne ne relaie cet événement, Le printemps basque d’April Latimer (traduit par Michèke Albaret Maatscht). Je vais me faire une joie de le dévorer et me replonger dans les notes écrites ici, car il s’agit du personnage d’un volume précédent, dont aucun ne m’a déçue, si je me souviens bien. Extrait de la présentation éditeur : « Le docteur Quirke, médecin légiste dublinois, est en vacances avec son épouse, la désarmante Evelyn, au Pays basque espagnol. Incapable de s’adonner au farnienten il se livre à l’études des autochtones. Lorsqu’il aperçoit un visage familier, celui d’une femme portée disparue et supposée morte depuis bien longtemps, il se demande si son imagination ne lui joue pas des tours. » C’est toujours une joie pour moi de voir paraître des volumes de cette série, même si je trouve que ça lambine beaucoup entre chaque parution française. 🙂
Voilà de quoi tenir jusqu’à Noël !
J’en profite aussi pour remercier tous ceux qui passent dans le coin, car j’ai déjà battu la fréquentation bloguesque de l’année dernière. Un pic de 200 visites en une journée, ça ne passe pas inaperçu.
Tout d’abord très soulagée d’avoir retrouvé l’accès au blog après une semaine de bataille avec le Support WordPress pour prouver que c’était bien moi et une interruption d’accès pour le moins étrange : la semaine dernière, je me connecte comme d’habitude sur Jetpack, je tape mon identifiant et mon mot de passe sans le moindre problème, je tape ma chronique et voulant me reconnecter sur mon ordinateur pour rectifier la mise en page : le CAUCHEMAR ABSOLU. Mot de passe non reconnu alors qu’il n’a pas changé, identifiant non reconnu, alors que je n’en ai pas changé ! Il a fallu une semaine pour que je récupère un accès via un mic-mac en donnant une partie des coordonnées bancaires de ma dernière transaction bancaire (ce qui m’a obligée à éplucher mes relevés de compte bancaire puisque je paie une fois par an ! ) On vit dans un monde de fous qui nous oblige à prouver qui nous sommes. Donc voilà ça m’a bien saoulée mais je ne les ai pas lâchés (il n’y a que pour débiter ta carte bancaire qu’on ne te demande pas grand chose !) Bref….
Donc je vais pouvoir vous parler de ma première lecture de la rentrée littéraire après une petite virée à la librairie Millespages à Vincennes qui est bien pratique pour mes envies frénétiques de lecture ! Il s’agit de : Le livre de Kells de Sorj Chalandon
Bien évidemment avec un titre pareil, n’importe quel amateur de littérature irlandaise sera intrigué. De plus, j’aime bien les romans de Sorj Chalandon, donc c’était sans hésitation avec en plus ce truc qui m’intriguait entre le titre, le narrateur et l’histoire, tout en sachant que l’histoire ne se passait pas en Irlande mais sur les trottoirs parisiens.
Il s’agit d’un roman, c’est-à-dire d’une oeuvre de fiction, mais ici avec une dimension autobiographique. On ne va pas chercher à savoir laquelle, on ne saura pas et ce n’est pas le sujet. On est dans le « mentir vrai » on va dire.
Kells, c’est un adolescent émancipé avant l’âge, qui quitte Lyon et la violence de son père en mars 1970, renonce à sa scolarité alors qu’il est pas loin du bac, pour se lancer dans l’aventure, avec dans sa poche Guignol, La Nausée de Sartre et une carte postale représentant le Livre de Kells, envoyée par son meilleur pote, lors d’un voyage en Irlande. Après avoir envisagé de rejoindre Ibiza puis Katmandou, ses rêves vont rapidement tourner courts devant la réalité de la rue.
Sorj Chalandon raconte la dureté du « dehors » et de la société française à cette époque. Ce dernier point est super intéressant car on n’en parle nulle part, on ne l’ apprend pas dans les livres d’Histoire, les parents ne l’évoquent pas vraiment. On découvre des mondes undergrounds : celui des SDF et celui des partis d’extrême gauche de l’époque qui se font la guéguerre entre eux en plus de faire la guerre aux bourgeois, aux flics, aux fachos des groupuscules comme Ordre Nouveau, Nouvelle Action Française qui ont précédé le Front National et autre Rassemblement National. On plonge en particulier dans l’univers des maoïste, pour qui cogner c’est la vie. Ne savent pas s’exprimer autrement.
J’y ai trouvé un écho avec l’époque actuelle et son absurdité : un gouvernement français qui est sourd et veut faire payer les Français alors que le vote des élections législatives de juillet 2024 après que Macron a dissolu l’Assemblée nationale n’a pas été respecté, puis l’immense déception de voir les partis de gauche se bouffer entre eux, incapables de se mettre d’accord rapidement pour nommer un potentiel candidat au poste de Premier Ministre. Et pendant ce temps, l’extrême gauche et l’extrême droite rassemblent les foules de crétins de base. Rappelons que le 10 septembre, des individus autoproclamés justiciers ont décidé de bloquer le pays mais sans expliquer comment. C’est ballot ! Leur méthode de mafioso : tentative de manipulation de l’opinion via les réseaux en boostant leurs posts pour être sûrs d’avoir de la visibilité : niveau d’échange dans les commentaires dignes d’handicapés mentaux : à mourir de rire. On sait à peu près qui traîne là-dedans : entre fachos, crevards, bricolos, et autres fouteurs de merde professionnels (Sud Rails !). Pas les salariés. Pas les commerçants. Pourquoi on devrait laisser notre paye et prendre le risque de se faire virer ? Ceux qui prônent le blocage n’auront de compte à rendre qu’à eux-mêmes bien souvent !!!! Qu’ils se confinent dans leur frigo, qu’ils arrêtent la carte bancaire, qu’ils fassent des grèves de la faim, arrêtent d’acheter (c’est ce que j’ai lu dans certains commentaires) je ne vois pas trop ce que ça va empêcher. Pourquoi ne vont-ils pas à Matignon ou à l’Elysée ? Le tout sachant que, d’ici demain soir, on n’aura plus de gouvernement puisque Macron a bien compris qu’il valait mieux leur couper l’herbe sous le pied. En tout cas, gare au glandu qui voudra décider pour les autres par la force !!! Les rassemblements en after work et le week-end pour protester contre l’austérité, c’est aussi la solution la plus festive ! Mais les Français n’ont aucun sens de l’humour…. Je me rappelle des concerts de klaxon à Dublin par les routiers protestant contre une réforme ! Toute la rue en riait. Ca fait son petit effet.
Oups, j’ai fait une grosse digression, mais finalement, on retrouve la violence évoquée par Chalandon dans son roman. L’extrême gauche se trompe de cible, violente pour être violente. Usante. L’ambiance avant la fin est cataclysmique. mais une petite lumière pointe derrière la porte ouverte avec l’entrée de Kells à Libération.
Kells est attachant par sa naïveté. Il est sauvé de la rue par des maoïstes alors que le bourgeois se détourne dégouté et le quidam Lambda joue à l’aveugle. Les maos sont sans nuances. Il faudra à Kells une certaine maturité d’esprit, un peu de culture et de lectures, de l’observation pour se rendre compte, quelques années après, qu’il existe un entre-deux qui n’empêche pas de défendre l’immigré ou l’ouvrier malmené.Que les mots sont plus fort que les poings.
Il y a une scène d’anthologie qui ne me fera plus jamais regarder The Book Of Kells et ses entrelacs de la même façon ! Est-ce que les copistes étaient sous substance ? 🙂
J’ai dévoré la moitié du roman, qui m’a fait sourire dès que je voyais une référence irlandaise – et il y en a beaucoup pendant un bout de chemin, puis plus rien, avant une allusion finale – mais je me suis embourbée sur le dernier tiers. La fin m’a un peu déçue car je l’ai trouvée pas assez achevée, même si j’ai globalement passé un bon moment !
Tout au long de ma lecture, je me suis amusé à noter les références irlandaises – il y en a peut-être d’autres qui auront échappé à ma vigilance : p 15 : « La carte postale que Jacques m’avait envoyée d’irlande » p 47 : la référence à son surnom (que je ne spoile pas) p 58: « Et je ne voulais pas encore libérer le Kells tapi en moi » qui m’a intriguée un moment !!! p 64 : Vous voulez retrouver Kells ? Allez en Irlande. » p 68 : Saoirse p 75 à 77 : moment d’anthologie que je ne spoile pas ! 🙂 p 94 : « J’avais percé le mystère dub dire, tatoué en moi les monstres et la beauté du Book of Kells » p 103 : « Alors, à peine sorti du voyage, j’ai regretté de ne pas pouvoir reprendre le chemin de Kells. Et offrir ma peau à des moines copistes de l’an 800. » p 188 : « Quel est ton rapport avec The Book of Kells ? – Une carte postale, j’ai dit C’est aussi une preuve d’amitié » p 232 : La fille de Ryan p 237 : « Après deux tentatives pour comprendre Finnegans Wake, il m’avait déculpabilisé. Tu es fou ! Entre dans Joyce par Gens de Dublin. Et lui lisait l’Irlandais en version originale. Moi, j’errais au milieu de ses phrases comme un homme ivre. » p 253 : Pub irlandais p 369 :« Ce soir-là, Yann m’a saoulé d’Irlande et de bière noire » Et aussi tout un passage où Yann quitte la France pour rejoindre le combat en Irlande du Nord. [Rah, je pensais que ça se finirait en Irlande du Nord ! 🙂 ]
Un roman d’apprentissage ou comment sortir de la violence – celle du père puis celle des Maos pour devenir un adulte.
Avez-vous lu ce roman ou vous tente-t-il?
Je suis actuellement plongée dans Le garçon venu de la mer de Garrett Carr qui vient de paraître et je vous en parle bientôt. Le traditionnel billet de rentrée littéraire irlandaise est également en cours de préparation (mais y aurait-il pénurie irlandaise en cette rentrée littéraire ?)
Nouvel auteur traduit en français, je me suis donc précipité pour me procurer le roman d’Alan Murrin qui se déroule essentiellement dans le Donegal. Voici enfin la chronique. 🤭
En octobre 1994, Izzy, une habitante d’Ardglas, petite bourgade paumée dans la campagne irlandaise est à la messe. Et là, elle aperçoit la présence de Colette Crowley, poétesse qui avait quitté les lieux pour vivre avec son amant, politicien à Dublin. Pas de pot, il n’a pas quitté son épouse pour autant. Elle : mariée, un enfant. Autant dire que son retour va susciter des gorges chaudes et que la population ne va pas lui faire de cadeau, dans cette Irlande où le divorce n’est pas encore autorisé mais qu’un amendement sur la suppression de cette interdiction inscrite dans la Constitution est sur la sellette par voie référendaire.
Colette loue un cottage à Dolores qui enchaîne les grossesses et supporte un imbuvable époux qui la trompe à gogo. Dolores ne voit cependant pas d’un bon oeil Colette, jalouse de sa liberté, finalement. La poétesse ouvre un atelier d’écriture ouvert à tous. Elle trouve son public, notamment Izzy, dont l’époux est un politicien du hasard, qui a mené à bien la lutte pour la défense de la pêche irlandaise dans la bourgade. Si je me souviens bien, il est au Dail (parlement). Il connaît l’ex-amant de Colette qu’il retrouve de temps à autre au Dail, notamment ce jour en plein dans les festivités de Noël. Izzy et lui ne forme pas le couple parfait, leur foyer est un lieu de disputes permanent, notamment à propos de leurs deux enfants.
J’ai démarré à fond de train cette histoire qui m’a happée dès les premières chapitres. Les personnages sont tous complexes. L’auteur restitue bien la face sombre qui réside dans chacun de nous. On ne peut pas dire que les hommes de ce roman ont le beau rôle : ce sont tous des c***ds, chacun à leur manière. Exception faite de l’époux dd Colette qui ressemble plutôt à une victime à qui on a piqué les lettres qu’il écrit. Le trophée 🏆 du parfait c***d revient sans doute à Donal, l’époux de Dolores. Mais du coup, dans cette histoire, Colette n’est pas un ange non plus. La fin de l’histoire vire au thriller.
Il y a pas mal de personnages secondaires que l’on croise, perd de vue et qui réapparaissent. À un moment, je me suis un peu perdue en route sur la côte à force de voir des points de vue s’entrecroiser. De même, j’aurais voulu que le côté bouleversement législatif imminent soit davantage mis en avant. Évidemment, le référendum de 1995 n’a pas obtenu haut la main la fin de l’interdiction du divorce en Irlande, mais j’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose. Néanmoins, l’ambiance étouffante d’une bourgade du comté reculé et tellement à part (mon avis, par rapport à sa position géographique) est bien restituée. On se prend un coup de poing aussi, avec un twist inattendu et tout ce qui en découle, qui vous met un peu les nerfs !😆
Quelques semaines après avoir terminé le roman, mon impression est en demi-teinte : le droit au divorce, un sujet encore peu traité dans la littérature irlandaise (en tout cas, pas de souvenir de l’avoir trouvé jusqu’à présent), d’où l’intérêt de ce roman, mais il m’a laissée un peu restée sur ma faim.
Pour information, l’interdiction du divorce est encore un problème en Irlande puisque jusqu’en 2019, il y avait des conditions strictes à respecter pour qu’il puisse être prononcé. Et je crois savoir que ce n’est pas encore la panacée même si on avance.
La suppression de l’interdiction du divorce date du 25 novembre 1995 et la loi du 17 juin 1996 a été adoptée à une majorité inférieure à 1%. (Indication de l’auteur à la fin de l’ouvrage)
Retour rapide sur Le prince des marées de Pat Conroy, ce pavé de plus de 1100 pages, qui a occupé mon mois littéraire en juillet en lecture commune, bien que je l’aie commencé un peu avant cette idée.
Traduit par Françoise Cartano
On nous le vend comme un chef-d’œuvre mais pourtant, selon moi, ce n’est pas le roman parfait dont on se souviendra longtemps. C’est un bon page turner au style simple et fluide : on enchaîne les pages mais aussi les intrigues. Et ce dernier point, s’il vous amène à entamer le chapitre suivant avec empressement, est finalement le gros point faible. Aucune réponse, aucune résolution, si ce n’est un traitement « par-dessus la jambe » pour l’un des ressorts majeures de l’intrigue : quel est l’événement qui a traumatisé toute la fratrie Wingo ? Quand j’ai eu la réponse, franchement, je me suis dit que cela apparaissait peu crédible même si aucun détail sordide ne vous est épargné – traumatisme garanti, certes : on se demande pourquoi l’auteur ressort comme par magie des personnages de derrière les fagots, qui ne font finalement qu’une brève et fatale réapparition, mais vous laisse perplexe sur le vide narratif abyssal qui les entoure.
Quant à savoir pourquoi Savanah, enfermée dans un hôpital psychiatrique à New York, refuse de voir Tom, son frère jumeau, eh bien cela a achevé ma déception face au chef-d’œuvre annoncé.
Cependant, on passe quand même un bon (gros) moment, notamment dans cette île (imaginaire ?) de la Caroline du Sud où l’on vit de la pêche à la crevette 🦐 et l’auteur n’est pas dénué d’humour : il y a des passages savoureux en mode « aventures du Club des Cinq » ; les parents sont complètement fêlés et le père en particulier enchaîne les idées loufoques, ce qui donne des situations cocasses.
Pat Conroy s’est sans doute beaucoup amusé en écrivant ce roman inspiré de son enfance maltraitée.
Tenterez-vous l’expérience de cette lecture ?
Par ailleurs, je viens de terminer La routedela côte de l’Irlandais Alan Murrin. Je vous en parle bientôt. Je suis toujours en mode « je vide ma PAL » et il est hors de question de me parler de rentrée littéraire en août ! 😝
PS : sorry, je tape cette chronique avec mon téléphone, donc la mise en page risque d’être un peu défaillante !
Non, je n’ai pas abandonné le blog : j’étais juste partie en vacances en Irlande ! 🙂 Et avant cela, tellement fatiguée, que je n’avais pas le courage de prendre le clavier pour gribouiller quelques chroniques. Donc voilà, après une dizaine de jours sur mon île préférée, à vadrouiller sous un soleil de plomb (oui, oui, il a fait 27 degrés et j’ai pris le coup de soleil du siècle, jusqu’à être obligée d’aller en parapharmacie me chercher un apaisant pour ne pas continuer à cuire gentiment la nuit !), je suis en pleine forme. Je vous raconterai un bout de mes – folles – escapades mouture 2025 à travers le sud-est irlandais.
Je tenais malgré tout à faire un retour sur mes lectures des deux derniers mois, pas du tout irlandaises pour une fois. En mai, je suis allée passer un week-end à Caen pour assister au festival Epoque (c’était le prétexte pour un week-end détente et j’ai découvert une ville fort sympathique !) C’est à cette occasion que j’ai assisté à une rencontre avec François-Henri Désérable pour un récit autobiographique d’un auteur-voyageur :
Chagrin d’un chant inachevé – Sur la route de Che Guevara. L’auteur sait parfaitement séduire son public : on a beaucoup ri en l’écoutant et j’ai acheté le bouquin dans la foulée. Il raconte sa virée avec un pote en Amérique du Sud de Buenos Air à Caracas, sur les traces d’Ernesto Guevara, avant qu’il ne devienne le Che. Son ami, finalement admissible à un grand concours va l’abandonner en chemin et il va continuer seul. Ce récit est un bonheur, une évasion dont j’avais besoin, même si l’Amérique du Sud ne m’attire pas spécialement, à part la pointe du Chili et de l’Argentine. 🙂 Voilà François-Henri qui balance quelques livres dans son sac à dos, en bon littéraire, dont Voyage à motocyclette d’Ernesto avant le Che. La seule contrainte de son voyage, sa motivation même, est d’emprunter le chemin du fameux futur révolutionnaire. Je vous rassure, on ne va pas parler de révolution ni de politique, mais de la réalité d’un voyage à travers l’Amérique du Sud, réécrit avec le prisme et le recul de la mémoire. Comme il l’a évoqué, ce n’est pas ce qui se passe bien qui donne matière à écriture, mais ce qui se passe moins bien voire mal ! Le tout est également truffé de références littéraires, dont le fameux Usage du monde de Nicolas Bouvier mais pas seulement (j’avoue pour ma part que ma rencontre avec Nicolas Bouvier n’avait pas été convaincante dans son récit « irlandais »).
Contre toute attente, mais largement influencée par une Insta-pote, j’ai lu La nuit ravagée de Jean-Baptiste Del Amo qui a fait le buzz sur les réseaux. Ce n’est pas tous les jours que je me laisse convaincre par un buzz, un peu trop buzz pour être totalement convaincant. Cela faisait des années que je n’avais pas lu un roman d’horreur, car oui, il s’agit bien d’un roman d’horreur ! Si au début cela m’a amusée, je me suis ensuite trouvée empêtrée dans une espèce de gloubiboulga à la moitié du livre, au point de penser à un moment l’abandonner
Ce roman est une petite brique mais franchement, il aurait mérité d’être raccourci et la fin m’a vraiment profondément ennuyée. C’est avant tout un roman hommage aux années 90, à Stephen King, à l’apogée du gore cinématographique,etc. On y retrouve moult références qui nous font sourire, mais pour moi, ça s’est arrêté là.
J’ai lu Jacaranda de Gaël Faye : évidemment un bijou. Si j’avais beaucoup aimé Petit Pays, j’ai trouvé celui-ci encore plus réussi mais encore plus horrible ! Vraiment, il y a des passages très difficiles émotionnellement, mais il faut le lire. C’est horrible, mais c’est malheureusement la vérité sur ce pays et le génocide qui y a été perpétré. On le vit de l’intérieur.
J’ai lu Illaria ou la conquête de la désobéissance, de l’autrice franco-italo-anglaise Gabriella Zalapi, qui nous plonge dans l’Italie des années 1980, de Rome à Trieste en passant par Bologne. Une fuite en avant vécu à travers les yeux d’une enfant de huit ans. Un écriture minimaliste mais qui fait mouche, des non-dits qui mettent en avant ce qu’il se passe, qui n’est jamais cité. Un côté thriller. Une belle réussite doublement primée (Prix Fémina des lycéens ; Prix Roman des étudiants France Culture).
J’ai lu L’art de voyager sans billet de Jack London, qui est un recueil de nouvelles : à mon grand étonnement, moi qui adore cet auteur, cela n »a pas fonctionné, je me suis ennuyée, parfois je n’ai rien compris à ce que je lisais. Fatigue ? Pas dans le « mood » ? Je lui redonnerai sa chance plus tard.
Enfin, j’ai lu il y a un moment (en avril) Eva dort de l’Italienne Francesca Melandri qui est un pur chef-d’oeuvre. La narratrice part sur les traces de son père adoptif et traverse toute l’Italie en train, depuis le Tyrol du Sud. Je suis allée lors d’une brève incursion pendant un voyage en Autriche dans cette région, mais sans me douter de la douloureuse histoire qui se cachait derrière. Ce roman m’a tellement donné envie de visiter cette région, riche en histoire et multiculturelle. Le Tyrol du Sud est à lui seul le personnage de ce roman. Ou comment l’Histoire, dont Mussolini, a ostracisé ses habitants germanophones, ont tenté de les italianiser de force en faisant venir pour ce faire des Italiens du Sud, pauvres. J’ai acheté le troisième roman de l’autrice qui a visiblement des textes très documentés et très fouillés. Sa plume est en outre bien agréable à lire. L’une de mes plus belles découvertes de l’année, pourtant il est paru depuis un moment.
Voilà pour le petit résumé. En attendant la rentrée littéraire et je ne veux absolument pas qu’on me parle de rentré littéraire maintenant, ça me fait fuir, je dévore l’énorme roman de Pat Conroy : Le prince de marées . Je me régale, en lecture commune, d’ailleurs. Je pense qu’il va me faire la fin de mes vacances. Et en Irlande, j’ai commencé sur ma liseuse, Yaak Valley, Montana, de Smith Henderson : dans le registre sombre, on ne fait pas mieux ! Je vous reparle peut-être bientôt de ces deux lectures.
En attendant, je vous souhaite un bel été avec cette magnifique glace irlandaise (appelée « 99 » :-), qui valait vraiment le détour aussi.
N’hésitez pas à me faire savoir quelles sont vos lectures de l’été !
A quelques jours du Bloomsday, le 16 juin prochain, j’ai repris ma lecture du monument mythique de James Joyce, je nomme Ulysse – et tout le monde l’aura deviné avant même que je termine ma phrase. 🙂 J’ai le roman dans sa dernière édition française de 2013, qui est celle d’une nouvelle traduction. J’ai commencé ma lecture en 2021. En 2022, on a fêté les 100 ans de la parution du roman. Pourquoi pas avant ? Je vais enfoncer une porte ouverte en répondant parce que ce roman fait peur. Tellement commenté, réputé illisible par certains, porté au Panthéon par d’autres, glorifié ou rejeté, même par certains Irlandais. D’ailleurs qui a vraiment lu cette oeuvre ? C’est bien le paradoxe de Joyce et de ce livre en particulier : peu de gens alors que tout le monde en parle, qu’il est partout à Dublin. J’étais encombrée par tous les on-dit finalement et peut-être la peur de m’ennuyer. Mais ne peut-on pas parler que de ce qu’on connaît ? J’ai donc décidé de me lancer dans l’aventure, l’expérience classée au niveau mythique. 🙂
Ainsi, en 2021, pendant plusieurs semaines, tous les samedis au matin j’ai lu un chapitre, systématiquement. Et j’ai arrêté en plein dans le chapitre X (Les Rochers Errants), soit la seule fois où je ne suis pas parvenue à en terminer un. Un peu plus de 400 pages lues tout de même. Je crois que tout a commencé en novembre 2015. Juste après les attentats de Paris, je me suis « enfuie » à Dublin encore plus vite, on est allés à la Tour James Joyce de Sandycove sur la côte dublinoise, l’endroit même où commence le roman (ce que je ne savais pas vraiment à l’époque, étant encore dans le brouillard de tout texte mythique pas encore lu, dont on a dit tout et rien sur le sujet). J’avais un peu discuté avec les bénévoles passionnés qui tiennent la tour à disposition du public, car on m’avait été présentée comme française – et je ne compte plus le nombre de fois où on m’a présenté des condoléances en raison des attentats, comme si j’avais perdu quelqu’un dans ma famille, même si comme tout le monde, j’étais ébranlée par ces événements. Quand j’ai dit que je n’avais jamais lu Ulysse mais Portrait de l’artiste en jeune homme, on m’a convaincue de tenter l’expérience (il faut dire qu’elle était tellement sympathique cette dame ! 🙂 ), de lire au moins un chapitre. J’ai presque promis.
Ensuite, pourquoi je n’ai pas repris ma lecture ? Je n’envisageais pas d’arrêter, mais je l’ai retiré le livre de ma table de chevet car il prenait un peu trop de place, remis sur son étagère dans la bibliothèque : erreur fatale. Puis, ma vie a pris un virage en 2023, ce qui fait que j’ai eu un peu moins de place dans mon cerveau pour la prose d’Ulysse. Voilà les deux excuses que je trouve (LOL).
Toutefois, ce qui est génial avec Ulysse et c’est ce dont je m’aperçois aujourd’hui, c’est qu’on peut reprendre sa lecture même après l’avoir arrêté des années avant. J’avais peur de ne plus rien comprendre, mais est-ce qu’il est nécessaire de tout comprendre ? CERTAINEMENT PAS. Otez-vous ça de la tête ! Prenez-le comme une balade à Dublin (car c’est une balade à Dublin de 24 heures). Donc vous pouvez reprendre la promenade quand vous le souhaitez et les personnages que vous rencontrez sont comme des gens avec qui vous discutez d’un peu de tout et sur tous les tons.
Oeuvre baroque s’il en est dans la multiplicité des tons et de la prose – des proses – , forcément, il y a des moments où j’ai eu des baisses de régime dans ma lecture, mais j’adore me revoir Dublin à travers cette oeuvre – bien que la ville qu’a connu Joyce n’est pas à l’identique, on s’en doute. C’est haut en couleurs et en prenant quelques notes, ça donne envie de (re)visiter quelques quartiers ou rues.
Par ailleurs, la chose la plus drôle et dont l’origine est totalement étrangère à Joyce : je vais passer quelques jours à Trieste cet été car je voulais visiter cette région italienne à la frontière de plusieurs mondes, culturels et linguistiques. Cependant, il n’est pas aisé d’aller à Trieste depuis la France sans perdre une journée entière car il n’y a pas de vol direct et en plus il faut perdre quasiment une journée entière dans un aéroport à Rome ou Milan avant d’arriver à bon port. Donc comme j’avais aussi projet de visiter la Slovénie, j’ai décidé de passer la majorité de mon séjour à Ljubljana et rayonner en Slovénie puis passer plusieurs jours à Trieste avant de reprendre mon avion pour Paris en Slovénie. C’est ensuite que je me suis souvenue que avait vécu longuement à Trieste ! Il n’y a aucun guide touristique digne de ce nom sur cette ville, mais j’ai trouvé grâce à la magie de l’autoédition le livre d’un passionné, celui Alden Wilder qui donne une mine d’informations, notamment la vie littéraire, les lieux fréquentés par les écrivains. Au delà de la statue de Joyce sur le Ponte Rosso, on apprend que le Caffè Pirona était le préféré de Joyce où il a travaillé sur Ulysse, car c’est là qu’il a écrit son roman. C’est aussi à Trieste qu’il a fait la connaissance de Svevo qui sera influencé par son oeuvre (La conscience de Zenon) . Il y a aussi le Caffè San Marco, le café littéraire le plus littéraire de la ville et aussi le plus « révolutionnaire » que firent fermer les Autrichiens pendant un moment. Et ensuite je rejoindrai Dublin.
Donc voilà, finalement ma reprise de lecture d’Ulysse tombe à point, et 2025 est l’année où je devrai célébrer pour la première fois Bloomsday en bonne et due forme sauf si on m’attache à une chaise et qu’on me prive d’une demi-journée de liberté, ce dont je doute.
Et vous, avez-vous tenté l’expérience de lire Ulysse ? Qu’est-ce que vous en pensez? Dans quel état d’esprit abordez-vous ce roman ? Ou bien pourquoi en retardez-vous la lecture ?