
J’ai longtemps tourné autour de ce roman, alors qu’il était publié en grand format, puis en livre de poche…. La version en livre de poche ne donne aucune information sur le sujet traité. J’ai déjà lu Les brumes de Capellan d’Olivier Norek, qui ne m’avait pas laissé un souvenir inoubliable, donc j’étais pas franchement d’un enthousiasme dingue pour lire Les guerriers de l’hiver, dont le contenu avait l’air de vouloir garder tout son secret. Puis je suis tombée sur un article. J’ai vu « Finande »… Je plie de nouveau mes bagages pour la Finlande dans 14 jours pour visiter la capitale après avoir vu une partie du nord du pays, complètement submergé de neige, avec des températures qui vont bien avec le climat arctique. Et pourtant, la vie ne s’arrête pas pour autant, les hommes se sont adaptés. Il ne m’en n’a pas pas fallu plus pour me décider !!!
C’est l’histoire d’une guerre oubliée, d’une guerre effacée par les tenants du pouvoir soviétique: la guerre d’Hiver. C’est une guerre qui débute le 30 novembre 1939, dure en gros trois mois et demi, quelque chose comme cela. C’est une guerre qui reste tellement d’actualité quand on voit qui sont les dirigeants des deux pays les plus puissants au monde, qui se ferait bien l’Europe et les petits pays pour leur quatre heures… Là, c’est
Staline s’est imaginé qu’il n’allait faire qu’une bouchée de ce petit pays face au géant soviétique. En 1939, la Finlande c’est en gros 3 895 000 habitants, celle de l’URSS 170 500 000. C’est 340 000 soldats finlandais contre 760 000 Soviétiques. Pourtant, il a oublié beaucoup de paramètres…
Des Finlandais soudain pris de cours mais Staline a oublié de prendre en compte la puissance de leur sisu. Ils n’ont rien, pas beaucoup d’armes mais des biens et des terres à sauver. Ce sont des paysans, forcément, quand on voit l’étendue de la nature finlandaise, pays couvert à 90% de forêts et de lacs. Un pays où les hommes ont l’habitude du froid… pas forcément les soldats russes contrairement à ce qu’on pourrait croire. Oui, ce ne sont pas des Sibériens. Une année particulièrement froide, avec -40 / -50 degrés. Et puis il y a Simo Häyhä, surnommé plus tard « La Mort Blanche », un jeune finlandais qui sait « lire » la forêt comme personne, tire le gibier avec une précision remarquable. Il ignore alors ce que sa nation lui devra. On découvre un héros oublié, inconnu de nous, peut-être pas en Finlande, mais je ne suis pas sûre.
J’ai dévoré ce bouquin. C’est une fresque, une épopée qui nous immerge dans le froid, les étendues glacées entourées de forêts. On se cache avec les soldats finlandais, parfois on ne comprends rien à ce que font les Russes, à quelles décisions absurdes ils obeissent. Le ton est donné : on ne saura pas pourquoi soudain la guerre débute. On verra des hommes tomber, ignorant quel camp leur a tiré dessus. Puis il y a le gouvernement français, Daladier… qui franchement s’en fout comme de l’an 40 de la Finlande, alors que le futur montrera que la France aura besoin d’aide. Bref, on ne sort pas grandi… 🙂 On ne sait pas vraiment non plus pourquoi Staline, veut soudainement envahir la Finlande. On te tombe pas dans le politique (heureusement, car ça serait ennuyeux). On est avec des hommes Lambda.
C’est un roman émouvant, peut-être encore plus quand on connait un peu la Finlande et qu’on a tâté son climat, comme un touriste, c’est-à-dire de façon relativement confortable mais qu’on sait que la vie dans ces contrées ne tient qu’à un fil. On sait ce que c’est -30 degrés. On sait qu’on peut ne pas souffrir du froid si on est bien couvert et en mouvement. Mais dès que tu arrêtes de bouger, même cinq minutes tu sens tes doigts de pied qui se font la malle. Je passe sur l’équipement, car c’est vraiment long sur tout ce qu’il faut mettre pour ne pas clamser en trois secondes. Alors, imaginez des paysans devenus soldats par la force de choses, immobiles pendants des heures pour ne pas être repérés, pour tenter d’avoir l’ennemi. Il y a une scène particulièrement émouvante avec notre Simo qui deviendra une légende nationale.


Nord de la Finlande (Laponie), un matin de février 2026 (C)
C’est aussi un roman hyper-documenté où j’ai appris beaucoup de choses. C’est exactement ce que j’aime en littérature. Olivier Norek a franchi un cap avec ce livre multi-primé et traduit récemment en Finlande : ça m’a fait penser au « level » franchi par Paul Lynch avec Le chant du prophète. Complètement différent du précédent que j’avais lu et des polars dont il avait l’habitude, puisque justement ce n’est pas un polar.
Un coup de coeur. A découvrir absolument !

j’avais adoré ce roman, lu – que dis-je? – dévoré l’espace d’un week-end. Norek a fait un sacré boulot de documentation et ça se sent. j’en suis ressortie encore plus admirative de ces gens qui se battent quand tout prête à croire qu’ils seront écrasés. cela nous rappelle un peu l’actualité…
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Oui, exactement !
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Pas un coup de coeur, mais une lecture qui m’a appris l’existence de cette guerre oubliée.
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C’est déjà ça !😊
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