Retour sur les lectures de mai et juin

Non, je n’ai pas abandonné le blog : j’étais juste partie en vacances en Irlande ! 🙂 Et avant cela, tellement fatiguée, que je n’avais pas le courage de prendre le clavier pour gribouiller quelques chroniques. Donc voilà, après une dizaine de jours sur mon île préférée, à vadrouiller sous un soleil de plomb (oui, oui, il a fait 27 degrés et j’ai pris le coup de soleil du siècle, jusqu’à être obligée d’aller en parapharmacie me chercher un apaisant pour ne pas continuer à cuire gentiment la nuit !), je suis en pleine forme. Je vous raconterai un bout de mes – folles – escapades mouture 2025 à travers le sud-est irlandais.

Je tenais malgré tout à faire un retour sur mes lectures des deux derniers mois, pas du tout irlandaises pour une fois. En mai, je suis allée passer un week-end à Caen pour assister au festival Epoque (c’était le prétexte pour un week-end détente et j’ai découvert une ville fort sympathique !) C’est à cette occasion que j’ai assisté à une rencontre avec François-Henri Désérable pour un récit autobiographique d’un auteur-voyageur :

Chagrin d’un chant inachevé – Sur la route de Che Guevara. L’auteur sait parfaitement séduire son public : on a beaucoup ri en l’écoutant et j’ai acheté le bouquin dans la foulée. Il raconte sa virée avec un pote en Amérique du Sud de Buenos Air à Caracas, sur les traces d’Ernesto Guevara, avant qu’il ne devienne le Che. Son ami, finalement admissible à un grand concours va l’abandonner en chemin et il va continuer seul. Ce récit est un bonheur, une évasion dont j’avais besoin, même si l’Amérique du Sud ne m’attire pas spécialement, à part la pointe du Chili et de l’Argentine. 🙂 Voilà François-Henri qui balance quelques livres dans son sac à dos, en bon littéraire, dont Voyage à motocyclette d’Ernesto avant le Che. La seule contrainte de son voyage, sa motivation même, est d’emprunter le chemin du fameux futur révolutionnaire. Je vous rassure, on ne va pas parler de révolution ni de politique, mais de la réalité d’un voyage à travers l’Amérique du Sud, réécrit avec le prisme et le recul de la mémoire. Comme il l’a évoqué, ce n’est pas ce qui se passe bien qui donne matière à écriture, mais ce qui se passe moins bien voire mal ! Le tout est également truffé de références littéraires, dont le fameux Usage du monde de Nicolas Bouvier mais pas seulement (j’avoue pour ma part que ma rencontre avec Nicolas Bouvier n’avait pas été convaincante dans son récit « irlandais »).

Contre toute attente, mais largement influencée par une Insta-pote, j’ai lu La nuit ravagée de Jean-Baptiste Del Amo qui a fait le buzz sur les réseaux. Ce n’est pas tous les jours que je me laisse convaincre par un buzz, un peu trop buzz pour être totalement convaincant. Cela faisait des années que je n’avais pas lu un roman d’horreur, car oui, il s’agit bien d’un roman d’horreur ! Si au début cela m’a amusée, je me suis ensuite trouvée empêtrée dans une espèce de gloubiboulga à la moitié du livre, au point de penser à un moment l’abandonner

Ce roman est une petite brique mais franchement, il aurait mérité d’être raccourci et la fin m’a vraiment profondément ennuyée. C’est avant tout un roman hommage aux années 90, à Stephen King, à l’apogée du gore cinématographique,etc. On y retrouve moult références qui nous font sourire, mais pour moi, ça s’est arrêté là.

J’ai lu Jacaranda de Gaël Faye : évidemment un bijou. Si j’avais beaucoup aimé Petit Pays, j’ai trouvé celui-ci encore plus réussi mais encore plus horrible ! Vraiment, il y a des passages très difficiles émotionnellement, mais il faut le lire. C’est horrible, mais c’est malheureusement la vérité sur ce pays et le génocide qui y a été perpétré. On le vit de l’intérieur.

J’ai lu Illaria ou la conquête de la désobéissance, de l’autrice franco-italo-anglaise Gabriella Zalapi, qui nous plonge dans l’Italie des années 1980, de Rome à Trieste en passant par Bologne. Une fuite en avant vécu à travers les yeux d’une enfant de huit ans. Un écriture minimaliste mais qui fait mouche, des non-dits qui mettent en avant ce qu’il se passe, qui n’est jamais cité. Un côté thriller. Une belle réussite doublement primée (Prix Fémina des lycéens ; Prix Roman des étudiants France Culture).

J’ai lu L’art de voyager sans billet de Jack London, qui est un recueil de nouvelles : à mon grand étonnement, moi qui adore cet auteur, cela n »a pas fonctionné, je me suis ennuyée, parfois je n’ai rien compris à ce que je lisais. Fatigue ? Pas dans le « mood » ? Je lui redonnerai sa chance plus tard.

Enfin, j’ai lu il y a un moment (en avril) Eva dort de l’Italienne Francesca Melandri qui est un pur chef-d’oeuvre. La narratrice part sur les traces de son père adoptif et traverse toute l’Italie en train, depuis le Tyrol du Sud. Je suis allée lors d’une brève incursion pendant un voyage en Autriche dans cette région, mais sans me douter de la douloureuse histoire qui se cachait derrière. Ce roman m’a tellement donné envie de visiter cette région, riche en histoire et multiculturelle. Le Tyrol du Sud est à lui seul le personnage de ce roman. Ou comment l’Histoire, dont Mussolini, a ostracisé ses habitants germanophones, ont tenté de les italianiser de force en faisant venir pour ce faire des Italiens du Sud, pauvres. J’ai acheté le troisième roman de l’autrice qui a visiblement des textes très documentés et très fouillés. Sa plume est en outre bien agréable à lire. L’une de mes plus belles découvertes de l’année, pourtant il est paru depuis un moment.

Voilà pour le petit résumé. En attendant la rentrée littéraire et je ne veux absolument pas qu’on me parle de rentré littéraire maintenant, ça me fait fuir, je dévore l’énorme roman de Pat Conroy : Le prince de marées . Je me régale, en lecture commune, d’ailleurs. Je pense qu’il va me faire la fin de mes vacances. Et en Irlande, j’ai commencé sur ma liseuse, Yaak Valley, Montana, de Smith Henderson : dans le registre sombre, on ne fait pas mieux ! Je vous reparle peut-être bientôt de ces deux lectures.

En attendant, je vous souhaite un bel été avec cette magnifique glace irlandaise
(appelée « 99 » :-), qui valait vraiment le détour aussi.

N’hésitez pas à me faire savoir quelles sont vos lectures de l’été !

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About Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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6 Responses to Retour sur les lectures de mai et juin

  1. Illaria ou la conquête de la désobéissance me tente 🙂
    Et bon retour 🙂

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  2. Avatar de Ingannmic Ingannmic dit :

    Je rêve d’aller en Irlande mais je suis à chaque fois retenue par mon conjoint qui craint le climat, je vais pouvoir lui dire que le réchauffement climatique a visiblement gagné la verte Erin…
    J’ai lu parmi les titres que tu présentes Ilaria, que j’ai beaucoup aimé, et je note « Eva dort » car « Tous, sauf moi », de la même auteure, a été un gros coup de cœur..

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  3. Avatar de alexmotamots alexmotamots dit :

    Tes vacances en Irlande t’ont redonné du peps.

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