Trouvailles de reconfinement… et de rentrée littéraire

Même pas eu le temps d’écrire le traditionnel billet de rentrée littéraire ! Mais il n’est jamais tout à fait trop tard pour bien faire, surtout quand on est re-con-finé (re-confit ? re-con-fi-nez, choissisez ce qui vous convient le mieux !) tout le week-end et que le reste du temps on doit aller bosser, comme si de rien n’était.
Bref, devant l’Absurde, on a besoin de lectures, même si là aussi, ça se mérite d’avoir une nouveauté sous la main ! N’empêche, dans cette ambiance surréaliste, le ministère de la culture a décidé à l’arrache dans le milieu de la semaine de donner la possibilité aux libraires indépendants de livrer gratuitement leurs clients. C’est donc avec joie que je me suis rendue sur le site leslibraires.fr pour commander…. le dernier Claire Keegan, Ces petites choses-là, traduit par Jacqueline Odin, aux éditions Sabine Wespieser sorti le 5 novembre et faire par la même occasion travailler une librairie de mon département. Je n’étais pas si rassurée avec le Colissimo livresque (j’ai eu trop de soucis avec Colis Poste), mais tout s’est passé à merveille. J’attendais ce livre depuis de nombreux mois ! Je n’étais même plus certaine qu’il sortirait, vu les circonstances.

« En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.Trois jours avant Noël, il va livrer le couvent voisin. Le bruit court que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de blanchisserie des filles non mariées et qu’elles gagnent beaucoup d’argent en plaçant à l’étranger leurs enfants illégitimes. Même s’il n’est pas homme à accorder de l’importance à la rumeur, Furlong se souvient d’une rencontre fortuite lors d’un précédent passage : en poussant une porte, il avait découvert des pensionnaires vêtues d’horribles uniformes, qui ciraient pieds nus le plancher. Troublé, il avait raconté la scène à son épouse, Eileen, qui sèchement lui avait répondu que de telles choses ne les concernaient pas.Un avis qu’il a bien du mal à suivre par ce froid matin de décembre, lorsqu’il reconnaît, dans la forme recroquevillée et grelottante au fond de la réserve à charbon, une très jeune femme qui y a probablement passé la nuit. Tandis que, dans son foyer et partout en ville, on s’active autour de la crèche et de la chorale, cet homme tranquille et généreux n’écoute que son cœur. »

Autre trouvaille de confinement, islandaise, cette fois : La Lectrice disparue de Sigridur Hagalin Bjornsdottir (l’autrice qui a écrit L’île). Le livre vient de sortir en plein confinement, aux éditions Gaïa, traduit par Eric Boury. J’attends de le recevoir. Commandé le même jour que le livre de Clarie Keegan, dans une autre librairie, réputé envoyé, mais no news. Pas pressée, j’ai des réserves, tellement contente d’avoir pu le commander et qu’on me l’expédie…

« Edda, une jeune Islandaise, disparaît un beau matin, abandonnant son mari et leur bébé. Quand la police découvre qu’elle s’est rendue à New York, son frère Einar part à sa recherche. Ce sauveteur chevronné a l’habitude de pister des disparus, mais il évolue cette fois-ci dans un environnement étranger et sa dyslexie ne lui facilite pas la tâche. Peu à peu il comprend que la disparition de sa sœur est liée à sa vieille obsession pour les textes et que la clé pourrait se trouver dans un livre. Mais lequel ? Naviguant entre l’Islande des années 1990 et le New York contemporain, cette enquête aux allures de thriller décrit le lien spécial qui unit certains êtres et aborde la question de l’influence de l’écrit sur le développement humain, nos interactions avec les autres, et celle de sa possible disparition dans le monde connecté. Subtil, imaginatif et profond. »

Sinon, quelques autres sorties irlandaises, repérées avant même qu’elles soient publiées mais dont je n’ai pas parlé. Le deuxième roman de Mary Costello, La Capture, traduit par Madeleine Nasalik, aux éditions du Seuil. Trouvé d’occasion via Marketplace sur Amazon, et vendu par …. un libraire. Aheum ! Quelle ne fut pas ma surprise quand je pensais commander à un particulier. Le 1er roman de l’autrice ne m’avait pas emballée plus que ça, je ne suis pas sûre que celui-ci le soit davantage, mais je suis curieuse !

« Luke O’Brien, professeur de lettres et spécialiste de Joyce auquel il rêve depuis des années de consacrer un livre, est en pleine crise existentielle, en proie à l’angoisse de la page blanche et aux tourments provoqués par une vie amoureuse compliquée. Il a quitté Dublin pour s’installer dans une vieille demeure à la campagne, au bord de la rivière Sullane, sur les terres familiales dont il est le dernier héritier, non loin de sa chère tante Ellen.
Un matin, une jeune voisine frappe à sa porte : Ruth. Coup de foudre. Soudain la vie reprend, s’emballe, s’illumine d’espoirs que Luke croyait à jamais disparus de son existence. Mais lorsqu’il présente la nouvelle élue de son cœur à sa tante Ellen, celle-ci réagit mal. Très mal. Et exige qu’il cesse immédiatement de la fréquenter. Pourquoi ? En cherchant à répondre à cette question, Luke va s’engager sur un chemin intérieur vertigineux.
Portrait de l’artiste en jeune homme égaré à la croisée des chemins, bouleversante histoire d’amour et de fantômes, doublée d’une méditation sur notre place au sein de la nature et du cosmos, La Capture confirme, après Academy Street (Seuil, 2015), l’immense talent de Mary Costello, qui compte désormais parmi les plus importantes figures du paysage littéraire irlandais. »

Et puis John Boyne, dont je dévore actuellement Les fureurs invisibles du coeur, traduit par Sophie Aslanides, paru au Livre de Poche, 850 pages. Un bonheur d’humour qui parle de choses très sérieuses, comme le droit à la différence, la quête d’identité. Un clin d’oeil à de nombreux écrivains irlandais, dont Brendan Behan (plus alcoolo que jamais mais également très vulgaire avec la gente féminine, John Boyne ne l’aimerait-il pas, était-il comme ça, je me pose la question ?). On croise également Edna O’Brien, ou du moins une référence à son oeuvre paru dans les années 60 et qui fait beaucoup causer… Bref, je me régale ! J’en reparle bientôt. En attendant un autre roman a paru en mai ou juin… L’audacieux Monsieur Swift, chez J.C. Lattès dont je n’aime pas la couverture !Sans doute ce qui me fait reculer à l’achat depuis de nombreux mois.

« Dans un hôtel berlinois, Maurice Swift rencontre par hasard le célèbre romancier Erich Ackerman qui lui confie son lourd passé, et lui permet de devenir l’auteur qu’il a toujours rêvé d’être.
Quelques années plus tard, Maurice Swift s’est enfin fait un nom ; il a désormais besoin de nouvelles sources d’inspiration. Peu importe où il trouve ses histoires, à qui elles appartiennent, tant qu’elles contribuent à son ascension vers les sommets.
Des histoires qui le rendront célèbre, mais qui le conduiront aussi à mentir, emprunter, voler. Ou pire encore, qui sait ? »

Autre sortie irlandaise à venir début 2021 : Constellations – Eclats de vie, de Sinéad Gleeson traduit par Cécile Arnaud, à paraître aux éditions de La Table ronde, le 11 février. C’est de la « non fiction » comme on dit maintenant. Je pense que ça ressemble au livre d’Emilie Pine Notes à usage personnel, ou au dernier Maggie O’Farrell I am, I am, I am. A suivre, mais je suis très curieuse de découvrir ce livre !

Je pense aussi que dans le cadre du mois de la littérature libanaise en janvier, je vais peut-être pouvoir parler de Cancion, d’Eduardo Halfon, à paraître aux éditions de La Table ronde, aussi, le 14 janvier. A voir.

En parlant de littérature libanaise, j’ai lu beaucoup de livres en octobre, dont l’excellent Beyrouth 2020, journal d’un effondrement de Charif Madjalani (paru chez Actes Sud en septembre ou octobre) que je vous recommande chaudement. On reparle de littérature libanaise en janvier, de toute façon ! Merci à toutes celles qui me suivent et se sont lancées dans l’aventure, via le blog ou Insta! Merci aux Libanaises qui me filent de tuyaux. A signaler également : un bel article dans le magazine Lire de novembre sur la littérature libanaise.

A propos Maeve

Blogueuse littéraire depuis 2009, lectrice compulsive depuis l'âge de 6 ans ^_^ .
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6 commentaires pour Trouvailles de reconfinement… et de rentrée littéraire

  1. Ou aussi j’ai pensé ne jamais lire L’audacieux Monsieur Swift à cause de la couverture et que j’ai été heureuse de changer d’avis…. J’ai adoré et du coup ai acheté Les fureurs…. Ais pas encore lu 😉

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  2. Ingannmic dit :

    J’avais aussi noté L’étrange Mr Swift, mais il attendra la sortie poche (avec peut-être une couverture plus attrayante, qui sait ?)
    Je ne comprenais pas pourquoi tu évoquais Eduardo Halfon pour le mois libanais, l’ayant moi-même mis dans la liste des auteurs éligibles au mois latino-américain de février, du coup je suis allée lire sa biographie, et j’ai eu mon explication ! J’avais lu Deuils, de cet auteur, mais je suis passée complètement à côté de ce texte que j’ai trouvé confus, trop énigmatique…

    Aimé par 1 personne

    • Maeve dit :

      Moi j’ai adoré les 2 livres que j’ai lus de lui, dont « Deuils ». Pour Boyne, peut-être je le prendrai en ebook ou en poche, ce n’est pas une priorité. Par contre dès que j’ouvre ses livres, je suis aux anges. J’adore !

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  3. Je n’ai pas encore craqué ayant fait le plein de livres récemment, mais j’ai aussi repéré La Lectrice disparue 🙂

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