
660e chronique sur le blog ! 🙂
« Londres 2019. La ville est en effervescence : une baleine est coincée dans la Tamise, devenant en quelques jours le sujet de conversation de tout le pays, puis du monde entier. Cette présence fascinante agit tel un révélateur dans la vie de Maggie, Ed, Phil, Rosaleen et les autres. Chacun se trouve à un moment charnière, où il doit prendre en main son destin ou s’en remettre à lui. »
Avant de me rendre à Londres il y a quelques semaines, j’ai lu ce premier roman paru en France de l’Irlandais Oisin McKenna, roman dont on a pas mal entendu parler à la rentrée littéraire de l’automne.
Nous plongeons dans un Londres bizarroïde où même le climat part en vrille : en pleine canicule. Maggie est en couple avec Ed dont elle est enceinte. Une grossesse surprise pousse le couple à quitter son infâme location insalubre pour aller vivre à quarante kilomètres, en banlieue de Londres, où résident leurs parents, c’est du moins le projet envisagé. Maggie effectue son dernier jour dans le café où elle travaille, pendant qu’Ed, coursier, croise par hasard un pote d’enfance, Callum, un junkie, en pleine crise de panique. Ce qu’ignore Maggie, c’est qu’Ed aime aussi les hommes, aime davantage les hommes, peut-être autant les femmes que les hommes, il n’est pas sûr. Il est un homosexuel refoulé, à moins que qu’il soit un bisexuel refoulé. Maggie a un ami proche : Phil, qui, lui, est un homosexuel qui s’assume. C’est le frère de Callum. Ed connait aussi Phil et ensemble ils partagent un secret d’enfance entre garçons (je vais le dire comme ça). Leur mère a un cancer mais seul Callum est dans la confidence. Et puis il y a ce truc qui s’est passé dans les toilettes où est allé Ed, mais pas de chance, il y a croisé Phil. Maggie se souvient aussi d’une soirée où elle avait été un peu loin avec une amie.
La quatrième de couverture avait l’air assez sympa… Le début était sympa, avec un bon dynamisme. La baleine coincée dans la Tamise qui est sur le devant de la scène au début du roman disparaît un peu trop franchement de l’histoire ensuite, [SPOILER] l’auteur finit par s’en débarrasser en la faisant mourir. La vérité de ce roman c’est qu’il n’est pas question de baleine et encore moins de baleine qui est le déclencheur de prise de décision de jeunes adultes, le sujet c’est plutôt leur vie de jeunes adultes queer qui se prennent la tête avec leur orientation sexuelle.
J’avoue : j’ai failli ne pas terminer ce roman. Je me suis ennuyée mais alors : beaucoup. Il n’est pas vraiment question de leur vie sociale, comme j’ai pu le lire parfois, c’est vraiment discret, mais de leur sexualité, avec parfois des scènes assez crues, parce qu’il y a une histoire de viol. Ce roman m’a fait penser à ceux de Sally Rooney : même génération de personnages, beaucoup de cul, pas beaucoup d’analyse à mon goût, des préoccupations dans lesquelles je ne me retrouve pas (ce n’est pas un histoire de génération). Je ne me sens pas concernée par leurs problèmes d’orientation sexuelle etc, ce qui ne veut pas dire que je ne les comprends pas.
Mon horizon d’attente était un peu plus dans le social économique et dans l’écologie : la vie de jeunes adultes de la classe moyenne dans l’Angleterre des années 2020, dans un Londres où tu crames ta vie dans le loyer. Pourquoi une baleine s’est échouée dans la Tamise ? Je me suis aussi demandé pourquoi ce roman d’un auteur irlandais se passait à Londres. Peut-être aurait-il pu se passer à Dublin.
Ce roman plaira sans doute aux fans de Sally Rooney.
