Toute la semaine, ce fut insultes, mépris, leçon de morale,de la part de ceux qui prétendent sauver la démocratie mais qui finalement semblent, pour la plupart, de bien piètres démocrates quand on a une idée différente de la leur pour le second tour des présidentielles : l’abstention ou le vote blanc.
Le summum a été atteint quand on découvre dans son fil d’actualité sur Facebook, le partage d’un dessin de publié sur la page FB de Charlie Hebdo (ou plutôt feu Charlie Hebdo, parce qu’on sait tous que Charlie est mort) :

Je suis capable d’accepter les idées des autres, je ne porte pas de jugement sur ceux qui ont voté Macron au 1er tour. En revanche je n’apprécie pas de me faire insulter et traiter de con(n)e parce qu’on ne veut voter ni pour leur chouchou ni pour Le Pen. Si Le Pen gagne, ce ne sera pas la faute des abstentionnistes mais des gouvernements successifs, de ceux qui ont autorisé ce parti néo-facho-nazi d’avoir droit de cité ; les médias qui l’ont présenté comme un parti conventionnel, dédiabolisé à longueur d’années. Et ceux qui ont voté pour lui AU 1ER TOUR. C’est étrange comme on ne leur tombe pas dessus à bras raccourcis, d’ailleurs…
Ce sera la faute de Hollande, Valls et toute la clique soi-disant de « gauche » qui ont appliqué une politique de droite, fait une primaire de Polichinelle, lâché leur élu (Hamon) pour aller voter pour l’ultra-libéral Macron, qui tourne sa veste à longueur de temps et dont le programme est tout sauf franchement clair.
Libre à eux de penser que c’est un démocrate, moi j’en étais encore moins persuadée ce matin en entendant France Info annoncer qu’il n’envisageait aucune alliance et voulait les pleins pouvoirs. Le petit roi avant même d’être arrivé sur le trône. Ce mec imbu de sa petite personne me fait autant vomir que Le Pen. Au-delà même de ses idées louches.
Mais je ne porte pas de jugement sur ceux qui voteront pour lui. Libre à chacun de voter (ou non) en son âme et conscience. Je ne vote plus contre mes idées et on ne peut obliger personne à le faire, sauf dans les systèmes totalitaires, quand il existe encore des élections – de fantoches. Mais je refuse de me faire insulter avec ce genre de dessin et par ceux qui partagent ce genre de dessin sur leur profil, vivent des livres et par ce même biais traitent leurs lecteurs de cons ! C’est vraiment la classe ! Je leur laisse leur grosse tête et leur morale à deux centimes d’euros. Au moins qu’ils aient la décence, l’intelligence d’activer des paramètres de confidentialité. J’ai juste envie de leur donner un miroir pour qu’ils se regardent. Et un parachute pour atterrir.
Je me suis promis de ne plus acheter de livres avec leur nom dessus. Et encore moins de les chroniquer. De faire du ménage dans mes étagères. J’ai plein de belles choses à y caser, ce sera l’occasion d’y faire de la place. Et de remplacer certaines VF par la VO pour quelques uns.
Leur exultation de joie aux résultats du second tour, je les entends déjà. Je sais déjà que quel que soit le résultat, pour moi, ce sera des larmes, contenues ou non. Et de la rage. La rage, la colère qui ne me quitte pas devant l’état de décadence de la France. La rage devant l’intolérance. La rage devant l’hypocrisie. En tout état de cause, la pérénisation de l’hypocrisie du système électoral en France, ce sera sans moi. En 2002 j’étais dans la rue et j’ai voté Chirac. En 2012 j’ai voté Hollande et j’étais gonflée à bloc d’espoir. Or on s’est moqué de mon vote pendant 15 ans. Les politicards élus s’en sont torché comme avec un PQ. Donc cette fois c’est moi qui leur rend leur PQ plein de merde et laisse le Macron sauver le pays, puisqu’il se présente comme tel. Et c’est mon DROIT le plus strict.
Derrière, il y a les législatives et quel que soit le résultat des présidentielles, j’espère que les deux candidats se prendront un râteau (laissez-moi rêver, et rappelez-vous que c’est le PS qui a fait des législatives un quinquennat pour éviter les cohabitations…).
La prochaine fois, plus de politique, mais des belles choses, de vraies belles choses. Je suis en retard dans mes chroniques, j’ai été très gâtée et j’ai aussi du retard dans mes lectures, mais la littérature est le refuge qu’il nous reste. Quoi qu’il advienne. Voilà, j’ai dit ce que j’avais sur la patate.

Edit du 6 mai : chronique vue 286 fois, ce qui me fait halluciner !
En tout état de cause, demain je ne participe pas au concours de pourriture. Ce n’est pas la peine de nous ressortir tous les trucs qu’on connaît déjà sur qui est le FN et l’extrême-droite comme si nous étions des abrutis irresponsables. Qui a visité les camps de concentration de Pologne ? Je l’ai fait. J’en suis ressortie comme on peut en ressortir quand on est concerné par l’histoire passée… Je suis fière d’être une petite fille de résistant. Résister c’est désobéir devant la tromperie, le mensonge, le chantage et l’immondice. Résister ce n’est pas voter contre ses idées.
Le seul vote utile est celui qui représente mes idées. Aucun candidat du second tour ne les représente. Je n’y suis pour rien. Je les renvoie dos à dos ainsi que toute la politique mise en place en France pendant des années, l’épouvantail Le Pen dont on se sert constamment pour jouer avec la peur et obliger la majorité des électeurs à voter en dépit de ce qu’ils soutiennent. C’est n’importe quoi. Ca me fait pleurer.
Il est un peu tard pour avoir peur, le piège va se refermer de part et d’autre. Je suis dedans, comme les autres. Mais je n’aurais pas participé à cette mascarade dégoûtante.





















