
Une chronique double sur une série ado dont j’ai englouti les deux volumes dans la semaine.
Lou et Sonia se rencontrent sur internet, par le biais d’un forum qui publie des fanzines. Elles sont toutes les deux en classe de première. Lou est passionnée par le dessin et Sonia rêve de devenir écrivain. Leurs caractères sont diamétralement opposés : Lou est timide, discrète, renfermée ; au lycée, elle est moquée par les autres élèves, elle prend des antidépresseurs pour tenir le coup ; Sonia est exubérante, coquette, s’intéresse à la gente masculine et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Toutes les deux sont de brillantes élèves. Sonia est première littéraire par choix ; Lou est dans la filière scientifique, non pas par goût pour les sciences, mais poussée par sa mère qui estime que c’est ce qui ouvre le plus de voies. Celle-ci la tanne pour qu’elle fasse ensuite une prépa. Sonia est encouragée par son prof de français, un type hors norme pour un prof, qui l’encourage dans l’écriture. Sonia est un peu délaissée par ses parents.
Sur le forum « Trame », dédié aux fanzines, les deux adolescentes décident rapidement d’associer leurs talents et de lancer un blog pour y publier des strips. Lou dessine, Sonia écrit les textes de Trames jumelles qui raconte les anecdotes de leur vie quotidienne en BD. Elles relayent le blog sur les réseaux sociaux pour se faire connaître. Lou et Sonia finissent par prendre la décision de se rencontrer dans la vie réelle, non tout à fait sans appréhension. Si elles se sont un peu confiées sur leur vie respective et leur problème, finalement, elles ne se connaissent pas : leur amitié repose sur leur passion artistique.
Dans le premier volume, Nos âmes jumelles, nous suivons Lou et Sonia pendant une année scolaire en première ; puis Nos âmes rebelles enchaîne sur l’année suivante jusqu’aux résultats du bac. Chaque chapitre s’ouvre sur quelques lignes que les jeunes femmes s’adressent des années plus tard, et qui laissent deviner ce que leur a apporté leur amitié. Le lecteur suit donc la vie des deux adolescentes au lycée, en famille, avec leurs copains, leur premières fois, et puis (un peu) leur progrès en tant qu’artiste.
On s’attache aux personnages, c’est indéniable. Mais au fil de ma lecture j’ai été partagée par deux sentiments contradictoires : une petite voix me disait que c’était plaisant et une autre qu’il manquait un petit quelque chose. J’ai mis un petit moment à déterminer le pourquoi de mon sentiment mitigé : eh bien finalement, c’est parce que tout arrive un peu trop facilement à ces deux nénettes. Elles sont tout de suite repérée par l’administratrice du site à cause de leurs textes et dessins ; elles sont bonnes élèves (certes leurs parents sont un peu à l’ouest mais ce ne sont pas des cas sociaux non plus ! ) ; elles ont des déboires sentimentaux (comme tous les ados) ; [attention spoiler, mais j’ai pas le choix] : elles réussissent les doigts dans le nez le bac avec chacune une mention ; Sonia intègre la Sorbonne mentionnée comme la meilleure fac de lettres (ça fait un peu cliché!) ; Lou réussit la sélection drastique des Gobelins, la sacro-sainte école de l’image ; on pourrait penser qu’elles vont devoir chercher un logement type CROUS ou moyennant finances pour leurs études supérieures : eh bien non ! Comble de la chance, la grand-mère de Sonia lègue à sa petite-fille son grand appart à Paris… ; côté artistique, Lou a sympathisé avec sa mangaka favorite au salon d’Angoulême et celle-ci propose de donner le lien du blog à son éditeur et l’éditeur finit par les contacter…
En fin de compte, la seule déconvenue de Lou et Sonia sera que l’éditeur va leur dire qu’il y a du potentiel mais qu’il y a encore du boulot avant que BD soit publiable. L’occasion d’un troisième volume sans doute !
Quelques thématiques sont abordées : évidemment l’amitié et la création artistique (mais la difficulté de la création artistique justement gagnerait à être accentuée) mais aussi l’homosexualité, le harcèlement, l’identité numérique…
En résumé c’est une histoire d’amitié sympathique, mais l’ensemble manque de péripéties, d’un peu de piment et de suspense pour être totalement crédible. J’aurais voulu aussi que l’aspect création artistique soit davantage au premier plan : par moments, on part vraiment très loin de ça…
Une série ado qui ronronne trop à mon goût, avec des héroïnes nées sous la bonne étoile.

Je me suis dit que, finalement, un bon moyen de vous faire découvrir le tome 1 des 




Un roman qui respire la bonne humeur !



le corps d’un homme est retrouvé au sommet de Croagh Patrick, la montagne sacrée irlandaise, la veille où les pélerins affluent pour la gravir. La ville de Wesport est en émoi. Deirdre McNeill, une universitaire spécialiste des civilisations anciennes est appelée à la rescousse. Deirdre McNeill est l’héroïne de la série qui se compose de Ogham, Runes, Rouge ivoire. Je suis impatiente de découvrir les aventures de cette Irlandaise…
Il criait mon nom sur une table de la librairie, je ne pouvais pas l’abandonner… 🙂 Ce sera le premier roman que je lis de l’auteur, dont j’ai vu tous les films.
« un livre où les caractères et les paysages, les tempêtes et les tragédies du coeur sont évoqués de main de maître. Walter Macken aime et connaît les gens dont il parle. Son métier de comédien et ses qualités de dramaturge ajoutent au talent du romancier. Les lecteurs de ce roman qui connut un très large succès seront surtout frappés par la puissance de la mer. C’est elle qui fait vivre et mourir ces pêcheurs qui ne peuvent s’éloigner d’elle » (extrait de la présentation éditeur)
qui se passe en réalité sur une île norvégienne. Parfait pour larguer doublement les amarres et se mettre en retrait de ce monde de fous furieux, avec un zeste de fantastique, tendance folklore nordique si j’ai bien compris.
qui se passe en 1878 et évoque une partie de l’histoire des Indiens cheyennes, chassés des Grandes Plaines et parqués en territoire indien (aujourd’hui dans l’Etat de l’Oklahoma), jusqu’au jour où trois cents d’entre-eux décident de se révolter et de retourner vivre sur leur terre sacrée des Blacks Hills. L’histoire des Indiens d’Amérique ne m’est pas indifférente. J’avais d’ailleurs ramené de mon passage au dernier Festival America, un classique américain :
qui se passe en 1886 en Arizona, où le chef apache Toriano s’enfuit de sa réserve et part semer la terreur chez les colons. 🙂
L’histoire d’une jeune pipelette qui devient brutalement muette suite à la disparition de sa soeur, puis de son frère. Elle raconte alors l’histoire de sa famille hors norme, du moins, si j’ai bien compris, on est propulsé dans son cerveau qui raconte son histoire, façon puzzle. A lire tranquillement dans son lit pour être bien concentré…



Comment je suis devenue célèbre en restant chez moi ! – Caitlin Moran
Traduit par Marie Hermet
Cela commence d’abord par une introduction : « Vous savez comment après avoir lu des tas de livres, vous commencez à penser que… qu’il est peut-être temps d’en écrire un vous aussi ? »
A treize ans, la narratrice estime qu’il est temps de se donner sa chance, » de passer de lectrice à écrivain ». Seulement, le chemin fut semé d’embûches :
« Voici tout ce que je ne savais pas lorsque j’ai commencé à écrire mon livre – ce livre-ci – en juillet 1988.
1) On ne peut pas écrire un livre en un jour. Ca m’a fichu un coup terrible parce qu’à l’époque, j’étais persuadée que c’était possible. (…) J’ai fini par terminer le livre au cours de l’été 1990, deux ans plus tard. C’est parce que j’avais fini par comprendre ceci :
2) Pour un auteur, il est très utile de savoir comment l’histoire se termine avant de commencer à écrire. Et aussi de savoir avec qui ça se passe. Il est bon de connaître les personnages et d’autres détails (…).
Il est très important de lire l’introduction du livre pour comprendre la suite. Et je souligne que la narratrice, dans cette introduction parle de « ce livre-ci ». A quinze ans, elle a fini par l’achever, se faire éditer. Ainsi est-elle devenue « lectrice et écrivain ».
La suite, c’est le livre écrit par cette gamine de quinze ans à l’époque : The Chronicles of Narmo, le titre original du livre, publié en 1992. On va suivre pendant un an la vie d’une famille nombreuse : 5 gamins, dont un bébé malicieux, 2 chiens, 1 chat – et deux parents.
Un jour Morag Narmo explique à sa mère que le lycée c’est « contraignant, limitatif et pas très sympa ». Après moult réflexions, où la mère se voit déjà en néo-hippie, les parents décident de tenter l’expérience de l’école à domicile. Sauf que dans cette tribu de « Gonk » turbulents, les choses virent rapidement au chaos.
Caitlin Moran peint avec un humour décapant quelques anecdotes de son adolescence à la maison. Elle a écrit son premier roman à l’âge de quinze ans et il n’est pas trop difficile de faire le rapprochement avec le livre que nous lisons ni même avec le personnage de Morag Narmo.
On peut dire que la couverture et la quatrième de couverture de l’édition française ménagent bien la surprise et que l’horizon d’attente du lecteur peut être un peu perturbé – sauf si vous aimez les (bonnes) surprises, comme moi !
Le format du livre, aux coins arrondis suggère un carnet d’écriture. Il fallait y penser.
Cependant, la couverture de la première publication du livre en 1992 est plus suggestive sur le contenu réel :
Une lecture distrayante qui plaira à ceux qui cherchent quelque chose d’original ou une lecture à plusieurs niveaux. J’ai bien aimé : c’est très dialogué, c’est truffé d’humour, c’est déjanté à la sauce britannique. On a parfois l’impression que ça vire au cartoon car les aventures de cette famille nombreuse et turbulente partent inexorablement en vrille. La vie avec une tribu de Gonk n’est pas un long fleuve tranquille, mais cela développe l’imagination.
Pour les écrits d’une adolescente de quinze ans, c’est impressionnant.
Il n’y a plus qu’à espérer que ce livre sache aiguiser l’imagination des écrivains en herbe qui se cachent derrière les jeunes lecteurs à qui est destiné l’ouvrage (à partir de 12 ans ; moi je dirai un peu plus tard quand même…). Une lecture à plusieurs niveaux en tout cas.
Pour en savoir plus sur Caitlin Moran, qui est, entre autres, journaliste et critique littéraire au Times, c’est ICI.
Merci à Flammarion Jeunesse.
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