Voici venue l’heure de la rentrée littéraire irlandaise qu’il est grand temps de présenter et même un peu plus car j’ai dégoté un polar d’Irlande du Nord passé sous tous les radars des réseaux et qui pourtant récolte de bons avis de lecture.
Cette fois encore, beaucoup de nouveaux auteurs traduits en français et qui souvent n’en sont pas à leur premier ouvrage. C’est le cas d’Adrian Duncan qu’on peut dorénavant lire dans la langue de Molière avec Le géomètre Lobachevski (traduit par Marie Hermet) paru chez le jeune éditeur Les Grand Vents.

Présentation éditeur : « Dans l’Irlande des années 1950, un géomètre soviétique est envoyé dans les Midlands pour cartographier les immenses tourbières destinées à l’industrialisation. Chargé de mesurer un sol qui se dérobe sans cesse, Nikolai Lobachevski voit ses certitudes vaciller : ni ses théorèmes ni les injonctions du régime ne parviennent à ordonner ce paysage instable. Quand une lettre l’enjoint de rentrer en URSS, il choisit la fuite et se réfugie sur une île de l’estuaire du Shannon, où il se fait passer pour un autre et partage le travail de récolte d’algues avec les habitants. Au fil des saisons, le contact avec cette communauté marginale, la mémoire des violences politiques et la présence obsédante du paysage l’obligent à reconsidérer sa foi dans les systèmes – mathématiques, industriels, idéologiques – face à un réel qui échappe à toute mise en équations. Roman d’exil et de métamorphose intérieure, Le géomètre Lobachevski déploie une prose méditative, d’une grande précision sensorielle, qui fait des bogs irlandais le théâtre d’une réflexion saisissante sur la modernité et ses impasses. »
L’auteur présentera son roman le 24 septembre au Centre culturel Irlandais (réservation conseillée sur leur site)
Le troisième roman de Paul Murray, La piqûre d’abeille (traduit par Pierre Demarty) et qui a obtenu l’Irish Book Awards 2023, est encore un beau bébé de quelques kilos 🙂 et est fort attrayant, déjà parce que c’est un auteur qui a beaucoup d’humour. Il a présenté son roman jeudi dernier, toujours au CCI. Le roman est aussi en lice pour pas mal de prix en France.

Présentation éditeur : Ça ne tourne plus vraiment rond dans la famille Barnes. Dickie, dont le garage automobile est sur le point de péricliter, passe ses journées dans les bois à construire un bunker avec un survivaliste. Imelda, sa femme, ancienne reine de beauté, met ses bijoux en vente sur eBay. Cass, leur fille, brillante élève, semble déterminée à saccager son avenir dans une beuverie effrénée. Enfin, PJ, le cadet, passionné de sciences naturelles comme de jeux vidéo, s’apprête à fuguer pour retrouver un mystérieux inconnu…A quel moment le cours des choses a-t-il déraillé ? Faut-il remonter jusqu’à cette piqûre d’abeille qui a fait virer le mariage d’Imelda au cauchemar ? En donnant voix à chacun des membres de cette famille, Paul Murray reconstitue le puzzle d’un passé qui palpite encore, et interroge ce qui fait tenir – ou exploser – un foyer. Un portrait aussi profond que désopilant de l’Irlande et de notre monde en lutte contre le déclin socio-économique et le dérèglement climatique.
Comme il se doit, je me suis jetée sur le roman de Colum McCann, Ce qui nous frôle à la surface (traduit par Charles Bonnot), que j’espère en terminer la lecture avant le Festival America ou du moins bien avancer dans ma lecture.

Présentation éditeur : Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l’inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d’Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l’occasion d’embarquer sur l’un des bateaux chargés des réparations.
Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu’il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine. Tandis que le bateau remonte la côte d’Afrique de l’Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu’ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d’ébranler leur existence respective…
J’ai découvert cet auteur, que je classe parmi les auteurs irlandais car s’il est né en Belgique d’une mère belge, son père est irlandais : les éditions du Panthéon publie Il rêvait de danser sous la pluie de Christopher O’Donnell.

Présentation éditeur : Dans un village irlandais, les proches d’Harold McBride se réunissent pour lui rendre un dernier hommage. Les mots échangés, les regards et les silences font peu à peu émerger la figure du défunt. Pour Jonathan, son petit-fils, ce retour réveille des souvenirs et des questions longtemps tenues à distance.. Entre Boston et la maison familiale, il avance avec ses doutes : une rupture brutale, un avenir incertain, et ce besoin de comprendre ce qui l’ancre aux siens. Sa sœur, ses parents et ses amis l’entourent, mais rien n’efface le vertige. En Irlande, il retrouve un espace pour respirer, écrire et se confronter à lui-même.
Les rencontres et les paysages de la verte Erin l’aident à apprivoiser l’absence et à redéfinir ce qui compte. Un roman qui interroge la perte, l’héritage et les liens qui façonnent une vie.
Bouquin passé sous tous les radars et pourtant publié en avril, la nouvelle enquête d’investigation de Patrick Radden Keefe (auteur de l’excellent Ne dis rien), que j’ai découvert par hasard comme auteur invité au Festival America et qui sera présent au Centre culturel irlandais vendredi 25 septembre en association avec le festival pour présenter Le fils de l’oligarque (traduit par Anne-Sylvie Homassel). Entre parenthèses, il a publié nombre d’ouvrages depuis, dont London Falling en 2025.

Présentation éditeur on ne peut plus brève : « Une nouvelle enquête fascinante sur la mort mystérieuse d’un prétendu fils d’oligarque russe à Londres.Quand le meilleur journaliste actuel, Patrick Radden Keefe, nous fait découvrir les recoins les plus sombres de Londres, où le clinquant côtoie le sordide. »
Enfin, un thriller en provenance de Belfast avec l’auteur nord irlandais Richard O’Rawe : Braquage à Belfast publié chez Gallimard Noir sans que personne n’en ai entendu parler. Ca me tue… (sans jeu de mots !). Le sujet me fait penser à Sam Millar, et l’auteur est également lBelfastois militant républicain irlandais, donc ça vaut l’expérience ! Il a d’ailleurs déjà écrit plusieurs livres sur les Troubles et deux romans policiers dont celui-ci est le premier traduit en français.

Présentation éditeur : « Pour braquer la National Bank à Belfast, James O’Hare, alias « Ructions », a minutieusement élaboré son plan. Sa méthode ? Le tiger kidnapping, qui consiste à enlever des proches d’une personne pour la contraindre à commettre un crime. La stratégie idéale pour réussir le casse du siècle. À moins que la jalousie, les vieilles rancunes et l’IRA ne viennent gripper cette mécanique parfaitement huilée. »
Retrouvez la liste des parutions irlandaises de l’année sur la liste que je crée chaque année sur Babelio, que je mets à jour au fil de l’eau. Cliquez ICI pour consulter.
