Comme l’an dernier et comme l’année d’avant j’ai demandé mon accréditation pour aller au salon du livre de Paris. « Accréditation » est un bien grand mot parce qu’en réalité c’est une demande d’entrée gratuite.
Eh bien, « l’équipe du Livre Paris » (ça a changé de nom, mais on ne peut pas dire que ça change grand chose !) me dit cordialement d’aller me rhabiller, pour parler poliment dans un charmant mail complètement impersonnel que nous sommes plusieurs blogueurs littéraires à avoir reçu (j’apprécie le terme « cordialement » complètement inapproprié et bien hypocrite, tout à fait à l’image du reste) :
« Cher(e) M***
Nous avons le regret de vous informer que votre dossier n° **** n’a pas été validé. Cependant, si vous le souhaitez, il vous sera possible d’accéder au Salon avec un tarif préférentiel (6€ au lieu de 12€). Présentez ce courriel à l’accueil Presse du Salon afin de de bénéficier du tarif préférentiel.
Pour toute question vous pouvez écrire à accreditationpresse@facondedepenser.com, en précisant votre n° de dossier.Cordialement,
L’équipe de Livre Paris »

On me propose de me pointer avec cette m***de à la caisse pour avoir une réduction. Je m’en vais dès que j’ai fini ce coup de gueule leur dire ma façondepenser, justement.
Je suis de la vieille école, je compte parfois encore en francs. Donc pour rentrer au salon du Livre Paris, il faut payer plein pot : 84 francs pour aller acheter des bouquins ! (ou 42 francs si on est étudiant ou blogueur-gros-lecteur sans amour propre)…
Je me demande vraiment si l’équipe de Livre Paris réfléchit 3 secondes à la politique qu’elle met en place et qui ne berne personne.
Je me demande si les organisateurs aiment vraiment les livres et les lecteurs ! Je pense plutôt qu’ils aiment uniquement le fric (et en avoir toujours plus)…
Faire rentrer le max de fric dans les caisses quitte à prendre les lecteurs pour des dindons de la farce. J’appelle ça se tirer une balle dans le pied par une politique basée sur une logique mercantile à outrance au lieu d’être avant tout une vraie manifestation culturelle dédiée à la promotion de la lecture : pas de lecteurs, pas de salon (pour paraphraser le slogan des auteurs en colère : « pas d’auteurs, pas de livres »).
Le lecteur n’a pas besoin d’eux. On a même de moins en moins besoin d’eux pour rencontrer des écrivains, assister à des débats. Mon QG préféré depuis quelques temps, c’est d’ailleurs le Centre culturel irlandais de Paris qui organise de chouettes rencontres littéraires gratuites dont on ressort des étoiles plein les yeux. C’est aussi le Salon du livre et de la presse de jeunesse de Seine-Saint-Denis qui ne crache pas sur les blogueurs littéraires et leur donne une entrée gratis facilement et sans contrepartie. Certains sont mêmes invités pour l’organisation de débat (je l’ai vu cette année) pour faire part de leur expérience de lecteur etc. Une toute autre politique que celle de Livre Paris : un vraie politique culturelle.
Je lis entre 50 et 60 livres par an et je ne suis pas assez bête pour aller payer 12€ une entrée dans un salon du livre (ni même m’estimer très satisfaite qu’on fasse semblant de me faire une remise exceptionnelle à 6€).
Il y a deux ans, j’avais obtenu une accréditation sans problème. Cela fait maintenant deux ans que ce salon du livre se fout de notre gueule de lecteur.
EDIT du 12/03 : j’oubliais de préciser que côté association culturelle professionnelle, le tarif proposé par les organisateurs du salon est de 8,50€. Ce qui confirme ce que je dis plus haut.
Pas de lecteurs, pas de salon .














Traduit par Marina Boraso

(de gauche à droite, on reconnait : Joseph O’Connor, Anne Enright, Colm Toibin, Dermot Bolger, Roddy Doyle, Jennifer Johnston et Hugo Hamiton : ne sont-ils pas mignons ? 🙂 )

