Cet été-là

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Traduit par Bruno Boudard

4e de couverture : « Nous sommes à Rathmoye, petite ville d’Irlande, dans les années 1950. Lors des obsèques de la vieille et riche Mrs Connulty, Ellie, seconde épouse du fermier Dillahan, aperçoit aux abords de l’église un drôle de personnage qui photographie l’événement. Les endeuillés, le cortège, le cimetière… Florian Kilderry attire les regards, suscite la curiosité des indiscrets, mais lui n’a d’yeux que pour Ellie. L’amour s’empare d’eux. Ellie crois qu’elle va rompre avec la monotonie de sa vie, avec la tendresse sans relief et pourtant sincère de son époux. Mais Florian, jeune homme depuis peu orphelin, ne songe qu’à quitter l’Irlande. Il n’est que de passage…
Cet été-là est sans doute l’un des plus beaux romans de William Trevor, avec En lisant Tourgueniev. »

William Trevor prend le temps de poser le décor de son roman : pendant une centaine de pages, il ne se passe rien, mis à part l’irruption de Florian Kilderry dans la vie monotone des habitants d’un petit village irlandais. Florian n’a rien fait de mal, juste pris des photos lors des obsèques d’une dame bien riche, Mrs Connulty, qui laisse deux orphelins, de grands enfants qui continueront à tenir la pension sans elle. Grâce à Miss Connulty, on sent rapidement que les cancans vont bon train dans ce trou perdu où les villageois ont une vie morne, avec des habitudes bien ancrées. Dès le début je n’ai pas aimé cette Miss Connulty : c’est bien la commère de l’histoire, celle qui brode alors qu’elle n’a pas vu grand chose, si ce n’est Florian marcher à côté d’Ellie Dillahan, une orpheline épousée par un fermier veuf dont elle était la domestique. Pendant tout le roman, on frissone pour cette pauvre Ellie à cause de cette bonne femme…
Parce qu’effectivement, Ellie aura une aventure, celle d’un été, avec Florian, elle qui a épousé un fermier non pas par amour, mais parce que c’était une opportunité : qui voudrait d’une orpheline ? Cet homme est doux et attentionné, donc Ellie n’est pas malheureuse. Elle a juste la vie très monotone d’une fermière. Florian va bouleverser tout cela .

Au début, on se méfie aussi de Florian, puisqu’on sait par avance, contrairement à Ellie, qu’il va quitter définitivement l’Irlande. Né d’une mère catholique italienne et d’un père irlandais protestant, on se demande si, finalement Miss Connulty a raison, si c’est un « oiseau de mauvais augure ». Mais « comment peut-on traiter quelqu’un d’oiseau de mauvais augure, quand on ne le connaît pas ou qu’on ne sait rien de lui ?« .

William Trevor, après avoir soigneusement planté le décor et brossé un portrait non dégrossi de ses personnages, amène le lecteur à voir au-delà des apparences et laisse le trio amoureux dévoiler ses blessures. Chacun d’entre eux est hanté par les fantômes de leur passé respectif.

Les personnages sont attachants. Ellie et Florian sont réellement amoureux mais la rupture, cette épée de Damoclès qui pèse sur tout le roman (avec comme pendant le risque du scandale), ne finira pas tout à fait comme on aurait pu s’y attendre au début du roman, même si elle a bien lieu : pas de tragédie déchirante, pas de pathos mais plutôt un sentiment de tranquillité retrouvée.

J’apprécie le style très lent et tranquille de William Trevor, son souci du détail et, surtout, toute la poésie de sa plume.

Je confirme la réputation qui suit William Trevor depuis 1958 : c’est un très grand écrivain irlandais !
Originaire des environs de Cork, il est protestant et vit à Londres depuis 1954. L’Italie semble le fasciner car elle hante nombre de ses romans, dont celui-ci, qui pourtant qui sent bon la campagne irlandaise.

Merci aux éditions Phébus pour le livre.

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Coups du sort

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Traduit par Renée Kérisit


« Vivre loin des troubles qui déchiraient l’Irlande au début du siècle, telle semblait être la destinée de la famille Quinton : l’acte sauvage et gratuit de soldats aveuglés  par la haine détruira cette harmonie pour trois génération ».

Ce roman n’est plus édité en France (mais on le trouve dans les bonnes bibliothèques ou d’occasion) et c’est vraiment dommage : sans doute le meilleur que j’ai lu de William Trevor.

Somptueusement écrit, envoûtant à souhait, un zeste gothique avec une demeure bourgeoise qui vire à la ruine, il raconte l’histoire de Willie, (fils d’une Anglaise ayant épousé un Irlandais, comme ce fut aussi le cas de sa grand-mère), de sa cousine Marianne et d’Imelda (je ne peux pas vous dire qui c’est sous peine de « spoiler »)….

Le lecteur traverse l’histoire irlandaise sans aucune date mais beaucoup d’indices et croise même à un moment donné Michael Collins, le grand leader ayant arraché la plus grande partie du pays au joug britannique. Le roman est construit sur une alternance de points de vue et de manière chronologique. C’est Willie qui prend la parole en 1983 et qui s’adresse à une personne féminine dont on ignore l’identité. Puis c’est au tour de Marianne de s’exprimer et là le puzzle commence à prendre forme. Le meilleur étant évidemment pour la fin !

William Trevor rétablit une vérité oubliée. J’ai vraiment apprécié ces personnages hors normes, loin des caricatures et du clivage traditionnel irlandais.
Je maintiens le suspense…
En tout cas, c’est un coup de coeur, qui d’ailleurs a obtenu le Whitbread Award du meilleur roman en 1983.

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Le silence du jardin

 

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 Traduit par Katia Holmes

Dans un manoir perdu sur une île dans le sud de l’Irlande au début du XXe siècle, vivent des anglo-irlandais. Ils s’entendent bien avec les Irlandais et adorent balancer des vannes sur les Anglais. Sarah Pollexfen, parente pauvre de la famille, est employée comme gouvernante pour s’occuper des trois enfants du clan Rolleston, orphelins de mère. Puis elle rentre chez elle, au presbytère près de Bandon, sinistre et froid. Pendant des années elle rêve des années idylliques qu’elle a passé à Carriglas (le nom du manoir) et n’a qu’une envie : y retourner. Ce qui se produira 25 ans après sa première arrivée. Entre temps, la Première Guerre mondiale est passée par là, les enfants ne sont plus des enfants mais sont devenus orphelins (père tué lors des combats). Le manoir part à vaux-l’eau.

C’est tout à fait volontairement que je n’en dis pas plus sur cette histoire qui m’a frappée par ses personnages hors normes et par la manière dont elle est traitée, avec justesse, humanité mais aussi sans concession.
Une bonne touche de suspense, quelques fantômes qui traînent dans les placards, du tragique mais aussi de l’humour, et ça vous en bouche un coin pour un moment !
Si vous aimez les romans « Big House », je vous conseille vivement de tester celles à la sauce trevorienne, ça vous changera et ça vous étonnera ! J’ai lu ce roman en V.O. également et c’est encore plus savoureux.

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Lucy

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 Traduit par Caroline Martinez

4e de couverture : « Une gamine refuse de suivre ses parents à l’heure où la famille décide de s’exiler hors d’Irlande. Elle disparaît, on la recherche en vain, tout le monde la croit morte… jusqu’au jour où elle s’en revient dans la maison vide, désertée par ses habitants d’hier. Lucy ne tarde pas à comprendre qu’elle a voulu, en quelque sorte, cette vie d’orpheline : qu’une force secrète en elle refuse ce que les autres appellent le bonheur… Dans  la lignée mélancolique d’En lisant Tourgeniev, un très grand Trevor. »

Je confirme la dernière partie de la dernière phrase de la 4e de couverture : du très grand Trevor ! Par contre, je modère la thématique de refus du bonheur par Lucy . Ce n’est d’ailleurs pas le sujet essentiel du roman ou du moins pas que cela !

Lucy est une petite anglo-irlandaise, qui comme toutes les familles de la « Protestant Ascendancy » d’Irlande, vit dans une belle demeure. Seulement, dans les années 20, les choses sont compliquées en Irlande : la guerre d’indépendance fait rage, puis la guerre civile. Alors, autant dire qu’il ne fait pas bon du tout être anglo-irlandais ! Les parents de Lucy ne se sentant plus en sécurité alors que les belles demeures comme la leur sont incendiées, que le capitaine Gault, le père de Lucy a blessé à l’épaule une activiste nationaliste s’étant introduit sur son domaine, dans le but de faire la même chose que chez ses voisins, ils décident de quitter ce pays qu’il aime tant mais qui leur est si hostile. Mais Lucy, du haut de ses 8 ans en a décidé autrement : elle veut rester. Très attachée à la maison et à ce qui est aussi son pays au même titre que les Irlandais catholiques, elle se cache, ne mesurant pourtant pas toutes les conséquences de son acte. Lorsqu’elle revient dans la demeure de ses parents, ceux-ci sont partis, pensant qu’elle s’est suicidée ! Mais elle retrouve les fidèles domestique, Henry et Bridget, qui lui serviront de parents de substitution et veilleront tendrement sur elle, même adulte, jusqu’à ce que la vieillesse les emporte.

J’ai absolument adoré ce roman de la veine « Big house », que je mets sur le même pied d’estale que Coup du sort : William Trevor vous emporte dans un univers irlandais sans doute moins connu que celui de l’Irlande catholique et nationaliste. Le personnage de Lucy, femme au caractère bien trempé mais d’une extrême douceur est très attachant, même si on peut lui reprocher son inertie et son refus d’épouser celui qu’elle apprécie et inversement : une sorte d’auto-flagelation, de punition en raison de sa mauvaise conscience, qui lui fera rater sa vie sentimentale. Cependant, Lucy n’est pas malheureuse  car en dépit d’énormes sacrifices, elle a obtenu ce qu’elle voulait : rester en Irlande, rester sur sa terre et dans sa maison. Elle le fera jusqu’au bout, émouvante dans sa solitude et regrettant d’être, femme vieillissante désignée comme la « dame protestante », parce que dans l’Irlande d’aujourd’hui (le roman se termine à l’ère de l’Internet), « une Protestante, c’est une relique attardée, respectée pour ce quelle était, mais qui n’avait pas sa place ».

Dans ce magnifique roman, William Trevor amène une réflexion sur l’extrêmisme, dépoussiérant l’Histoire de l’île d’émeraude, et amenant sur le devant de la scène une thématique que je ressens comme encore assez taboue : la chasse à l’anglo-irlandais, dans une Irlande nationaliste prise au piège de la violence. Cependant, il est également important de remettre les choses dans leur contexte : celui de la provocation de part et d’autre, ayant eu pour résultats des milliers de morts, dont bons nombre d’innocents, des deux côtés.

Grâce à William Trevor, je ne regarderai plus jamais les belles demeures irlandaises sauvées du massacre de la même manière !

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La colline des chagrins

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Traduit par Daniel Lemoine

4e de couverture : « Alors que Flip Balfour, la fille d’un banquier d’Édimbourg, vient de disparaître, un minuscule cercueil en bois est retrouvé sur la propriété familiale. Pendant que Rebus s’intéresse à des cercueils identiques exposés au Museum of Scotland, la constable Siobhan Clarke planche sur les énigmes proposées par un mystérieux Quizmaster, contact de Flip sur Internet. La police s’interroge : quel est le lien entre Quizmaster et d’autres meurtres commis dans la région entre 1972 et 1995 ? Aux prises avec ses démons personnels, Rebus joue contre sa hiérarchie avec une obstination quasi suicidaire. La ville d’Édimbourg, sa beauté ténébreuse, son histoire – en particulier celle de la chirurgie – et son passé sanglant lui disputent le premier rôle. »

J’ai dévoré les 630 pages de ce polar. Encore une fois, l’intrigue n’est qu’un prétexte pour plonger le lecteur dans l’histoire d’Edimbourg et ses environs. Ce fut pour moi un immense plaisir, surtout lorsqu’au même moment, j’étais dans la ville. J’ai même appris qu’il existait un circuit spécial « Inspecteur Rebus » sur place car la plupart des lieux que Rankin décrit dans ses romans existent (évidemment !). Pas difficile pour qui a arpenté les trottoirs de la petite capitale écossaise en bon touriste, de s’y retrouver :
« Rebus sourit et regarda les deux côtés de la rue. C’était le coeur historique d’Edimbourg. Un hôtel près des feux tricolores, une boutique de lainages de l’autre côté de la chaussée. Un fabricant de kilts à moins de cinquante mètres. Cadeaux, sablés, carafes à whisky. La maison de John Knox, tassée contre ses voisines, presque invisible dans une ombre maussade. Il y avait eu une époque où Edimbourg se résumait à Old Town : colonne vertébrale étroite reliant le château à Holyrood, venelles pentues d’un côté et de l’autre, semblables à des côtes difformes. Puis, comme la ville devenait de plus en plus surpeuplée et insalubre, on avait construit New Town, dont l’élégance géorgienne était destinée à snober Old Town et ceux qui n’avaient pas les moyens de déménager. Philippa Balfour avait choisi la nouvelle ville tandis que David Constello s’était installée au coeur de la vieille et Rebus trouvait cela très intéressant. » Quand on sait que Charlotte Square est le quartier ultra-chic d’Edimbourg qui abrite notamment des banques, on comprend pourquoi la jeune Philippa habitait ici… David, quant à lui, est d’un milieu beaucoup plus modeste, et d’origine irlandaise.

Cependant, un peu trop lisse pour être tout à fait honnête, Philippa se livrait à de drôles de jeux sur Internet. Siobhan, collaboratrice de Rebus, se lance sur la piste d’un mystérieux Quizmaster, soupçonné du meurtre. Elle finit par atterrir sur la mythique colline d’Arthur’s Seat, sur les hauteurs d’Edimbourg. Une mystérieuse poupée est retrouvée dans la petite ville de Falls, ainsi que des cercueils… Or sous le sommet d’Arthur’s Seat, on a retrouvé « en 1836 (…) dix-sept petits cercueils en bois, contenant chacun une figurine sculptée (…). Leur origine n’a jamais été expliquée de façon certaine ; ils ont été associés à la sorcellerie ou aux victimes de William Burke et William Hare«  (source Wikipedia).

Avis aux amateurs ! J’adore la manière dont Ian Rankin mêle réalités historiques, mythes et fiction, lie présent et passé. On apprend toujours quelque chose en lisant ses romans.

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Arthur’s Seat ou comment devenir limite hystérique quand on est lectrice de Rankin et qu’on reconnaît cette colline 🙂

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus :

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer (lu)
  3. Rebus et le loup-garou de Londres (lu)
  4. Piège pour un élu (lu)
  5. Le Carnet noir (lu)
  6. Causes mortelles (lu)
  7. Ainsi saigne-t-il (lu)
  8. L’Ombre du tueur (lu)
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins (lu)
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
  15. Fleshmarket Close
  16. L’appel des morts
  17. Exit Music
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Ainsi saigne-t-il

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Traduit par Isabelle Maillet

4e de couverture : « La police a pris en chasse deux adolescents qui prétendent avoir enlevé la fille du maire d’Edimbourg. Acculés, ils se jettent d’un pont sous les yeux de l’inspecteur John Rebus. Hanté par cette image, Rebus tente de retrouver la jeune fille disparue et d’en savoir plus sur les deux jeunes gens. C’est alors que survient un second suicide, spectaculaire et encore plus suspect…
Une enquête qui conduit l’inspecteur Rebus au coeur de la machine politique écossaise et de la raison d’Etat. »

Autant dire que l’intrigue est assez complexe mais en fait, on s’en fiche. Tout l’intérêt des aventures de Rebus étant de traîner avec lui en Ecosse, et surtout, comme ici, à Edimbourg qu’il connaît comme sa poche. Rappelez-vous aussi que notre inspecteur est un coureur de jupons… Aux dernières nouvelles, il était avec le Docteur Patience, dont il squattait l’appart. Mais déjà, ça sentait le roussi. Eh bien, il est maintenant de nouveau célibataire et a troqué sa nénette contre quelques bouteilles de whisky et tournées de pubs monstrueuses. Sans doute pour oublier, entre autres, qu’on lui colle comme supérieur hiérarchique direct, Gil Templer, une autre de ses ex… Le superintendant (« le Pequenot ») décide même de lui octroyer des vacances d’office car, à fourrer son nez partout, Rebus met en danger le commissariat lui-même, du moins les boeufs-carottes de tous poils. Seulement Rebus ne fait évidemment jamais ce qu’on lui conseille !

D’autant que les cadavres tombent comme des petits pains dans cet épisode et qu’en plus ce sont des suicides ! Un conseiller de District à l’attitude étrange et c’est tout un réseau de manipulations à grande échelle que démonte Rebus, ou comment la cupidité poussent certains à n’avoir d’yeux que pour le fric, jusqu’à se prendre eux-mêmes les pieds dans les mailles du filet.

« Vous avez une idée de l’échelle des fraudes perpétrées sur le continent européen ? Un plan de formation bidon pour des pilotes de ligne à Naples a rapporté dix-sept millions de livres. Des productions agricoles et des animaux font la navette de part et d’autres des frontières et une taxe est prélevée à chaque passage. »

Autant dire que le coeur de cette fiction résonne avec certaines actualités récentes… (Ce roman a pourtant été écrit en 1995).

Avis aux amateurs de bons polars et de répliques qui font mouche, parce que Rankin a le don de l’humour noir grinçant aussi bien que de l’humour tout court ! J’ai juste regretté que les fameuses répliques qu’on n’oublie pas, soient moins présentes dans ce volume.

Mais n’oubliez pas que ce qui déglingue Rebus, « c’est de faire la tournée des bars pendant quarante-huit heures ». Donc, voilà, sans doute n’était-t-il pas au mieux de sa forme. Mais une lecture jubilatoire malgré tout !

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus :

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer (lu)
  3. Rebus et le loup-garou de Londres (lu)
  4. Piège pour un élu (lu)
  5. Le Carnet noir (lu)
  6. Causes mortelles (lu)
  7. Ainsi saigne-t-il (lu)
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
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  16. L’appel des morts
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Causes mortelles

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Traduit par Michèle Witta

4e de couverture : « Le festival théâtral d’Édimbourg bat son plein. Mais l’inspecteur John Rebus n’a pas le cœur à se mêler à la liesse générale: on a découvert, dans les couloirs de la vieille ville souterraine, le cadavre d’un jeune homme. Il a été torturé et assassiné selon la méthode utilisée par l’IRA pour punir les traîtres. Or la victime semble avoir été plutôt liée aux nationalistes écossais. Les feux d’artifice du festival risquent d’être particulièrement explosifs cette année… »

J’étais un peu inquiète en commençant cette histoire car Le Carnet noir m’avait laissé avec un avis mitigé…. mais je dois dire que celui-ci c’est du grand Rebus et du grand Rankin (le dernier inspirant le premier) !  Nous voilà de nouveau en train d’arpenter les rues sinueuse d’Edimbourg, les rues que peu de touristes prennent le temps de visiter car elles sont à peines visibles, puisque enterrées – ou presque. C’est là qu’est découvert Billy Cunningham, mort d’un « pack de six » (comprendre 6 balles tirées façon IRA). Un cadavre d’autant plus embarrassant qu’il s’agit du fils de l’abominable Gerald Cafferty, dit « le Gros Gerry », le mafiso de la ville, que Rebus avait mis à l’ombre à la fin du Carnet noir et qui depuis jure de lui faire la peau à la première occasion.

Rebus, toujours dans les bons plans de sa hiérarchie, est obligé d’intégrer la Brigade criminelle écossaise, rebaptisée par lui-même (attention chastes yeux fermez vous !)  la « Brigade des Connards d’Enculés » : de la poésie à la Rebus ! Accueilli comme un chien dans un jeu de quilles, on l’envoie se promener façon catapulte une journée à Belfast pour rencontrer un collègue de la RUC…

Le flic nord-irlandais qui accueille Rebus lui rappelle, au cas où il ne s’en souviendrait pas que « vous, les Ecossais vous vous êtes installés ici au XVIIIe siècle en chassant les catholiques » et qu’en plus il confond la RUC avec l’UDR. Dans la RUC, il y a des catholiques. Les « jaffas »,ce ne sont pas des oranges, mais le surnom donné aux orangistes. Autant dire qu’on s’éclate un max avec le fond historique de l’intrigue dans ce tome-là. Bref, Rebus rentre en Ecosse avec tout un tas de filons sur les groupuscules protestants/loyalistes extrêmistes et mafieux, du Bouclier d’Ecosse, au Temple du rite écossais en passant par l’Armée du Tartan… Lui, qui a fait ses armes en Irlande du Nord, en sort avec plein de pistes fumantes, mais qu’il garde pour lui afin de mener l’enquête seul, notamment dans une infâme cité d’Edimbourg, la Garibaldi, surnommée le Gourbi par ses habitants : tout un programme…

Si vous ne savez pas qui est Cuchullain de la Main Rouge, lisez ce livre ! Côté humour, le lecteur n’est pas en reste. On retrouve là toute la verve de Ian Rankin à son meilleur niveau ! J’ai donc passé un très bon moment avec mon copain Rebus, et appris de nouvelles insultes, telles que « FKB » ou « FTP » (l’une étant de faction catho/nationaliste et l’autre son pendant protestant-loyaliste)…Plus sérieusement, j’ai beaucoup apprécié la documentation de l’auteur sur les milices paramilitaires et l’analyse sociale qu’il en fait, dans les bas fonds d’Edimbourg. On visite des coins de la ville où les touristes n’iront jamais et qui n’ont rien à envier aux « quartiers » des villes françaises. Rankin plonge au-delà des apparences du festival attractif d’Edimbourg pour creuser un peu plus en profondeur. Au-delà des problèmes communautaires, que ce soit en Irlande du Nord ou en Ecosse, il y a avant tout des problèmes de chômages, de drogue, de misère et de grosses mains qui manipulent des pantins qui s’ennuient.

Le seul bémol concerne l’édition française version poche qui m’a mise en pétard : faute d’orthographe dans une page au début, impression très mauvaise avec carrément des morceaux de mots qui manquent, des mots coupés sans tirets et j’en passe : désolant !!!  (mon édition date du 10 août 2010, il serait temps à l’éditeur de rectifier le tir !) et encore une quatrième de couv qui présente Rankin comme l’un des auteurs majeurs du polar anglais » : de quoi s’étrangler !

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus :

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer (lu)
  3. Rebus et le loup-garou de Londres (lu)
  4. Piège pour un élu (lu)
  5. Le Carnet noir (lu)
  6. Causes mortelles (lu)
  7. Ainsi saigne-t-il
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
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  16. L’appel des morts
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Le carnet noir

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4e de couverture : « John Rebus était en train de lire la Bible dans son salon de massage préféré, lorsque tout a commencé : un type qui croit malin de venir se vider de son sang à la boucherie Sanzau ; un collègue qui se fait défoncer le crâne à la sortie d’un restau tenu par deux fanas d’Elvis ; et puis cette vieille affaire d’incendie à déterrer – cadavres compris – où se trouve impliqué Aengus le Noir, le fils terrible du roi de la bière locale. Le rapport entre tout ça ? Il se trouve sans doute dans ce satané carnet noir. Encore faut-il pouvoir le déchiffrer… ».

Ce livre des aventures de l’inspecteur écossais Rebus, personnage haut en couleurs, n’est pas le premier de la série – ni le premier que je lis, puisque je suis devenu addict depuis l’été dernier – mais le premier traduit en France : mystère des traductions de livres dans ce pays !

Je dois avouer que j’ai eu très peur au début et pendant une bonne centaine de pages où je me suis plutôt ennuyée : un peu trop de personnages qui se croisent qu’on finit par se perdre sur l’identité des uns et des autres et surtout sur le pourquoi du comment ils sont là. Mais, étant donné ma très grand confiance en Ian Rankin, j’ai persévéré et j’en fus bien récompensée : une histoire qui finit par se « caler », le suspense qui finit par monter avec des rebondissements tout à fait inattendus qui nous font avaler les pages au triple galop !

Et puis, cette série, c’est aussi le personnage de John Rebus avec sa vie perso rocambolesque. Ceux qui ont déjà lu les autres titres le savent que Rebus est un homme volage et l’ont vu aux bras de compagnes variées. Ici, Patience Atikson, déjà présente dans Piège pour un élu, est… à bout de patience ! Et il y a aussi un « Rebus n°2 » : à savoir le frère de John, j’ai nommé Michaël, ancienne racaille qui tente de se reconvertir en squattant l’appart de son frère, lequel est loué à des étudiants depuis que Rebus n°1 a emménagé avec Patience. Mais voilà, comme il y a de l’eau dans le gaz avec elle, Rebus va devoir réinvestir son quartier, lui qui avait plutôt l’habitude de vivre tout seul en célibataire, ça va le changer…
On retrouve aussi Brian Holmes, le « bras droit » et ami de Rebus : non seulement il s’est fait largué (décidément, cet épisode est dur pour les hommes !!), mais en plus, voulant jouer les enquêteurs solitaires à la manière de son modèle (Rebus, évidemment!), il se retrouve à l’hosto : il est donc assez absent de l’histoire…
Bon, je ne peux pas trop dévoiler l’intrigue : la quatrième de couv en dit bien assez !

Si dans L’Etrangleur d’Edimbourg, Rebus et le loup-garou de Londres, j’avais beaucoup apprécié les promenades et les regards sur la capitale écossaise, l’Ecosse ou la comparaison culturelle entre Ecossais et Anglais, je dois avouer qu’ici ils sont pratiquement absents : à peine quelques allusions au Fife, à Cardenden en particulier, où Rebus est né et a grandi (comme son auteur!). C’est vraiment dommage, parce que c’est aussi tout ce qui fait la saveur des polars de Ian Rankin. Reste cependant un humour décapant !
Juste un truc encore : ici le super-intendant Watson, dans les autres volumes a un surnom traduit en français par « le Paysan » qui, je trouve, sonnait assez bien. Ici il devient carrément le Péquenot ! (aheum, beaucoup plus péjoratif, beaucoup TROP péjoratif, sachant qu’en V.O. il est Watson The Farmer !!).

Et une légère bricole sur la quatrième de couverture de l’édition de poche française  où l’on nous dit que « Ian Rankin est devenu en quelques années l’un des grands du nouveau polar anglais » !!! Re-Aheum !!!! Chercher l’erreur !!!! Rankin est tout ce qu’il y a d’Ecossais…

Un bon moment à passer donc, même si personnellement, je ne trouve pas que ce soit le meilleur de la série !

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer (lu)
  3. Rebus et le loup-garou de Londres (lu)
  4. Piège pour un élu (lu)
  5. Le Carnet noir (lu)
  6. Causes mortelles
  7. Ainsi saigne-t-il
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
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  16. L’appel des morts
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Piège pour un élu

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 4e de couverture : « Lorsque Gregor Jack, jeune et brillant député, se fait surprendre dans un bordel à l’occasion d’une rafle de police, la presse à scandale est prompte à se déchaîner. Si le sémillant politicien peut compter sur le soutien du Clan, un groupe d’amis qui ne se sont jamais perdus de vue depuis les bancs de l’école, en revanche, Liz, son épouse, une riche héritière, brille par son absence. Ce qui pouvait passer pour une bouderie vire à la tragédie lorsque le cadavre de la jeune femme est retrouvé. Plus aucun doute n’est permis : quelqu’un veut la peau de Jack. L’inspecteur Rebus se retrouve alors plongé dans un univers de faux-semblants, où les paillettes cachent souvent une réalité des plus glauques. Pris entre une hiérarchie calculatrice et des subordonnés entreprenants, il mène l’enquête dans la campagne écossaise, s’ingéniant à faire tomber les masques les uns après les autres. « 

Après avoir balancé son héros dans la jungle londonienne dans Rebus et le Loup-garou de Londres, Ian Rankin lui fait, dans cet épisode, affronter le « Nord ». « Quoi, le Pôle Nord ? », me direz-vous. Non. Quand un Ecossais du Sud dit qu’il va dans le Nord, c’est qu’il va… dans les Highlands, cette vaste étendue montagneuse dont certains lieux, comme le Sutherland, sont les moins peuplés d’Europe.

Suite à une rafle policière dans une maison close d’Edimbourg, un élu, Gregor Jack, se trouve au coeur d’un scandale. Rebus a du fil à retordre, d’autant qu’il aime bien cet homme politique. Pour lui c’est un coup monté. Cela dit, son épouse, Liz, s’avère beaucoup moins sage que lui, aimant la fiesta avec sa « Meute ». Alors que penser lorsqu’elle n’est pas dans la maison de campagne perdue des Highlands où elle est censée être ? Le doute se creuse lorsque son cadavre est retrouvé.
Parallèlement, un universitaire se fait dérober un précieux livre de bibliophile. On sait que Rebus est un lecteur compulsif. On lui demande de mener l’enquête. C’est ainsi que nous suivons notre inspecteur la bavure dans une librairie alléchante, Suey Books, gardée par un matou un brin agressif. Evidemement, on va découvrir que les deux affaires ont un lien…

Dans ce volume, Rebus est secondé dans ses enquêtes par Brian Holmes, le « bleu » qui fait son apparition dans Le fond de l’Enfer : il a pris du galon (il est sergent)  et de l’assurance et s’est maintenant installé avec sa femme bibliothécaire dans la banlieue d’Edimbourg, faute de mieux, au regard du prix de l’immobilier. Les deux font la paire et c’est génial, surtout quand l’élève surpasse le maître. Rebus rappelle au quidam qu’il ne faut pas prénommer son équipier « Sherlock ». Au cas où, par hasard, cher lecteur, cette idée vous viendrait à l’esprit, c’est même pas la peine d’essayer…

Par contre, c’est avec stupéfaction que j’ai découvert ici que notre inspecteur avait encore changé de copine. Il squatte à mi-temps chez  Patience sans être tout à fait prêt à emménager à temps complet. Donc exit la petite copine canadienne du volume précédent. Quel coeur d’artichaut ! D’ailleurs, là, il n’est pas non plus prêt à emménager à temps complet, ça dépendra de ce qu’il adviendra du commissariat de Great London Road… Ca promet pour la suite !

J’ai, une fois de plus, beaucoup apprécié cette aventure de Rebus. L’intrigue prend le dessus cette fois mais le texte est bourré de clins d’oeil.  Notre héros se demande par ailleurs si Liz, la femme du député, n’est pas partie faire une retraite à Iona. Et un petit retour du cri de guerre de Rebus quand on l’embête trop (TAJTM) au tout début en clin d’oeil au précédent épisode. En ce qui concerne l’intrigue a proprement parler, la fin est inattendue et « ouverte ». J’ai franchement rigolé sur le crâne de notre pauvre inspecteur…

Quelques extraits : « Ce n’était pas les gens qui s’installaient à Edimbourg mais la ville qui s’installait chez eux ».

« Rebus était collectionneurs de livres. Enfin, façon de parler. Mettons qu’il achetait plus de livres qu’il n’avait le temps d’en lire, attiré par la couverture, le titre ou les conseils grapillés ici ou là. »  Voilà pourquoi aussi, on aime Rebus !

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer (lu)
  3. Rebus et le loup-garou de Londres (lu)
  4. Piège pour un élu (lu)
  5. Le Carnet noir
  6. Causes mortelles
  7. Ainsi saigne-t-il
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
  15. Fleshmarket Close
  16. L’appel des morts
  17. Exit Music
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Rebus et le loup-garou de Londres

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4e de couverture : « Un tueur en série sème la terreur à Londres. Parce que sa première victime a été retrouvée dans Wolf Street (rue du Loup), parce qu’il laisse une morsure sur le ventre des femmes qu’il assassine, la presse l’a baptisé le Loup-Garou. Désemparée, la police londonienne fait appel à l’inspecteur John Rebus en qui elle voit, depuis l’affaire de L’Etrangleur d’Edimbourg, un expert ès tueurs en série. L’Ecossais plonge alors dans l’univers de la métropole, avec ses métros bondés et -ses quartiers dangereux. Fidèle à lui-même, Rebus ne se fait pas que des amis dans la police londonienne et manque d’ -renvoyé à Édimbourg. Quand une jeune et séduisante psychologue propose de réaliser un profil du tueur, l’occasion est trop belle pour qu’il la refuse. Toujours adepte des méthodes peu orthodoxes il cherche encore à provoquer l’assassin. Celui-ci néanmoins garder une longueur d’avance sur la police: Meurtre après meurtre, le Loup-Garou, rattrapé par sa folie, sombre peu à peu dans une spirale destructrice qui menace d’emporter Rebus et sa jolie – mais pas si innocente – psychologue… « 

Je passe sur la traduction du titre en français un rien bêtifiante (le genre de détail qui fait qu’on se priverait d’un petit bijou si l’on s’en tenait au titre) car Tooth & Nail est sans doute le plus hilarant « Rebus » que j’ai lu jusqu’à présent

Notre inspecteur écossais est envoyé à Londres chez les rosbeefs Anglais qui sont à la hauteur de leur réputation pour l’accueil réservé à tout ce qui ressemble à un Ecossais, un Irlandais, ou tout ce qui ne ressemble pas à un rosbeef Anglais de toute façon. C’est du moins l’expérience de Rebus :  » Londres était très raciste, surtout dans les quartiers sud-est. Un basané qui s’aventure dans certaines cités est sûr d’en ressortir émasculé. Rebus en avait fait personnellement l’expérience, en affrontant la xénophobie de Lamb » : Lamb, c’est la caricature du sale flic qui va l’enquiquiner tout au long de son séjour à Londres, juste comme ça, parce qu’il n’est pas Anglais, que c’est l’homme du Nord. Heureusement que l’inspecteur George Flight est un peu plus sympathique et qu’il formera avec Rebus une paire de flics originale, même si l’Ecossais dépasse parfois les bornes,comme à son habitude, manque plus d’une fois d’être viré de l’enquête et renvoyé à Edimbourg. Mais pour survivre dans cette jungle sans tuer quelques rosbeefs Anglais, Rebus a une formule secrète : « TAJT ! » Hé, hé !
En plus, il y a le problème de l’accent où chacun en rajoute pour faire croire qu’ils ne se comprennent pas entre Anglais et Ecossais (et ça j’ai pu remarquer moi-même le plaisir que les Ecossais ont à dire qu’ils ne comprennent pas les Anglais !)

Dans ce polar, un vrai suspens avec un crime de psychopathe (par moment je me suis mis à penser à Jack l’Eventreur, celui qui sème la terreur dans la ville, même si là ce ne sont pas des prostituées les victimes).

Et puis Rebus a beau détester les rosbeefs Anglais, il trouve l’amour à Londres en la personne d’une Canadienne d’origine… écossaise…

Ian Rankin dresse un portrait de Londres loin des cartes postales et des images d’Epinal. Le hasard a fait que j’étais en train de lire ce polar lorsque les émeutes ont débuté dans la capitale britannique.  Je me suis dit que la réalité dépassait parfois la fiction, que les effets, aussi répréhensibles soient-ils, ont toujours une cause, que rien n’est vraiment gratuit :

« Un pauvre innocent s’était fait tabasser pour s’être aventuré dans une cité où il avait demandé son chemin. Son crime ? Etre noir et avoir mis les pieds dans un quartier blanc ».

Du très bon Rankin.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. L’étrangleur d’Edimbourg  (lu)
  2. Le fond de l’enfer (lu)
  3. Rebus et le loup-garou de Londres (lu)
  4. Piège pour un élu
  5. Le Carnet noir
  6. Causes mortelles
  7. Ainsi saigne-t-il
  8. L’Ombre du tueur
  9. Le Jardin des pendus
  10. La Mort dans l’âme
  11. Du fond des ténèbres
  12. La colline des chagrins
  13. Une dernière chance pour Rebus
  14. Cicatrices
  15. Fleshmarket Close
  16. L’appel des morts
  17. Exit Music
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