La princesse des glaces

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Traduit par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Erica est écrivain. Un jour, de retour dans son village natal, elle apprend la mort d’Alex, la fille qui l’avait tant impressionnée quand elle était gamine. Elle avait été sa meilleure amie avant qu’Alex rompe tout contact sans explications. Alex a été retrouvée dans sa baignoire, les veines tranchées. Pourtant, personne ne croit au suicide. L’inspecteur Patrick Hedström est chargé de l’enquête. Quelle n’est pas sa surprise de tomber sur Erica au cours de son enquête : c’est la fille dont il était amoureux quand il était ado ! Une dimension qui va s’ajouter aux écheveaux de l’énigme à démêler, et pas qu’un peu !

Les deux personnages sont au point mort dans leur vie sentimentale : Patrick est tout juste divorcé et sans enfant ; Erica vit quasiment recluse chez elle, soumise aux contraintes éditoriales de son prochain roman. Ses parents sont décédés et elle est en discorde avec sa soeur Anna concernant le devenir de la maison familiale. Paradoxalement, le meurtre d’Alex va redonner un sens à la vie de Patrick et d’Erica, tous deux lancés dans une enquête sur le voisinage mais aussi sur eux mêmes.

Cela fait des années que j’entends parler de Camilla Läckberg et de ce polar en particulier. Mais, comme Millenium, je n’arrivais pas à m’y « coller », parce que sans doute on en parlait trop. J’en attendais donc beaucoup, compte tenu des éloges entendues. J’ai bien apprécié le début, avec l’univers de l’écrivain en proie au doute de soi et des contraintes liées à la publication éditoriale :
« Personnellement, elle devait chaque fois faire un énorme effort pour s’installer devant son ordinateur. Pas par paresse, mais à cause d’une terreur profondément ancrée d’avoir perdu sa capacité depuis la dernière fois qu’elle avait écrit. »
« Le retard qu’elle avait pris avec son livre la stressait énormément (…) et elle se dit qu’elle allait soulager un peu sa conscience et écrire un moment. »
Erica est un personnage très attachant car l’image de l’écrivain est ici complètement démythifiée : c’est une personne comme une autre, même quelqu’un qui doute beaucoup de ses capacités – sauf en matière de cuisine ! De plus, c’est une gaffeuse. Elle empiète allégrement sur les plates-bandes de Patrick et le lui dit sans vraiment prendre conscience des conséquences de ses actes pour l’enquête.
Patrick est un gros nounours amoureux, qui n’arrête pas de se tortiller comme un ver de terre à la moindre émotion. Il n’arrête pas de se faire asticoter par sa collègue à cause de sa relation avec Erica. Les deux tourtereaux tombent en effet rapidement dans les bras l’un de l’autre (enfin, plutôt dans le lit!). Bon, c’était sympa, c’était amusant, mais à force de tirer trop sur la corde sentimentale, Camilla Läckberg en fait une caricature de couple « guimauve » à la limite de la crédibilité. Ce fut ma première déception ! Dommage parce que l’idée du couple écrivain-flic était plutôt amusante !

Concernant l’intrigue à proprement parler, elle est très emberlificotée et il faut aller jusqu’au bout du bout du livre pour avoir une résolution qui finalement laisse un peu perplexe. L’intrigue n’est pas un prétexte à la description de la société suédoise etc. (comme chez l’Islandais Indridasson ou chez Mons Kallentoft, pour citer un autre Suédois) : elle est bien au coeur de la narration et nous fait croiser foule de personnages. Camilla Läckberg revient sur le passé des personnages pour révéler des secrets de famille bien salaces et des ego surdimensionnés. Si l’intrigue m’a tenue en haleine, en fin de compte, je l’ai trouvée peu fouillée. C’est un lavage de linge de famille peu reluisant, mais pas vraiment davantage. Ce fut ma deuxième déception. Rien d’innovant là-dedans.

L’histoire se lit facilement par son style alerte et moderne. Mon oeil a néanmoins heurté une drôle de phrase : « Patrick se tortillait comme un ver de terre sur sa chaise ». Je ne sais pas si c’est moi, mais ça prête à confusion… C’est une broutille parce que le texte est bien traduit (= on oublie que le texte qu’on a sous les yeux n’est pas le texte original), mais ça m’a fait sourire !

Bref, une lecture bien partie au début mais qui finalement m’a un peu déçue. J’attendais beaucoup plus d’originalité et d’innovation, depuis le temps que j’entendais parler de ce livre. C’est dommage parce que l’idée de l’héroïne écrivain est vraiment sympa. Je ne me suis pas franchement ennuyée mais j’ai fini par me lasser un peu tout de même. A côté, Mons Kallentoft est beaucoup plus distrayant (et Arnaldur Indridason aussi, pour citer un écrivain islandais).

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Les anges aquatiques

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 Traduit par Frédéric Fourreau

A la fin de La Cinquième Saison, je me posais la question de savoir s’il y aurait une suite aux aventures de l’inspectrice Malin Fors. Alors, qu’elle ne fut pas ma joie quand, aux hasards des pérégrinations Internet, je suis tombée sur ce sixième volume, paru il y a peu. Un bon gros pavé de presque
500 pages, qui prend bien de la place sur les étagères…

Le problème récurrent avec une publication tous les un an et demi, c’est qu’on ne sait plus exactement où on a laissé les personnages. Et avec Malin, « l’enquêtrice le plus brillante de toute la police de Linköping [qui] possède un don rare de foutre en l’air sa vie privée et s’attirer des ennuis », il y a presque de quoi être inquiet : aurait-elle fait des siennes même entre deux volumes ? Bon, heureusement, pour les mémoires de linotte, la situation personnelle des personnages est brièvement récapitulé dans chaque volume. Ce qui n’empêche pas qu’il faut absolument lire les livres dans l’ordre parce que, justement, la vie des personnages occupent une dimension primordiale chez Mons Kallentoft. Elle influe sur la manière dont ils mènent une enquête dans l’équipe de police, sur la manière dont ils ressentent les choses, surtout pour Malin, femme ultra-sensible, dotée d’une sorte de sixième sens.

Patrick et Cecilia Andergren sont retrouvés sauvagement assassinés dans le jacuzzi de leur luxueuse villa du quartier de Hjulsbro à Linköping. Leur fille, Ella, cinq ans, reste introuvable. En fouillant la maison, l’équipe de Malin découvre le portrait de la gamine : type asiatique. En creusant davantage, Malin apprend qu’Ella est a été adoptée et qu’elle est d’origine vietnamienne…. tout comme Tess, la fille de Karin, de la police scientifique. Et hop, cette affaire d’enfants adoptées va embarquer Malin dans une nouvelle enquête qui la tient à coeur, d’autant que blessée lors de la précédente aventure, elle ne pourra plus avoir d’enfants. Ce qui n’est pas franchement du goût de Peter, son dernier compagnon. Alors pour faire face à l’horreur, à l’inadmissible et aux blessures personnelles, la tequila est aussi de retour dans la vie de Malin.

Autant vous dire qu’il ne se passe finalement pas grand chose dans ce polar dimension roman noir, ou plutôt que si vous cherchez un thriller, passer votre chemin. L’enquête prend son temps, piétine à souhait et pourtant, on ne lâche pas ce bon gros pavé très bien documenté sur la société suédoise contemporaine (pas étonnant, Mons Kallentoft est aussi journaliste !). La disparition de la gamine adoptée est l’occasion d’évoquer le scandale du trafic d’enfants entre le Vietnam et la Suède, jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert : celui des enfants volés à leur famille, un enfant contre un cochon… La Suède a rompu ses accords en matière d’adoption avec le Vietnam, mais pas le Danemark. L’occasion pour Malin de décharger sa haine des Danois, un pays de  racistes par excellence selon elle, puisqu’il a fermé ses frontières. Pour elle, Copenhague est « une ville de brique et d’immondices. De gaz d’échappement, de fumée de cigarette et de couenne de porc ». Et si Mons Kallentoft évoque par la voix de son héroïne, de manière récurrente, le cochon, le porc, ce n’est pas un hasard.

Malin est toujours aussi peu lisse (et donc d’autant plus crédible), mais les autres aussi, notamment Karin, que l’on découvre sous un autre jour. Personnage pétri de contradictions, et jusqu’à beaucoup de violence dans ce volume, on se dit que parfois elle exagère vraiment trop, qu’il faut qu’elle se calme sérieusement. A tel point qu’on se demande si ce ne sera pas là, vraiment, sa dernière enquête – mais il y a des scènes pas piquées des hannetons, qui valent le détour !

J’allais oublier que les morts parlent toujours mais on se demande pourquoi parce qu’ils ne donnent pas vraiment d’indices supplémentaires au lecteur, contrairement aux autres volumes, où la touche fantastique était franchement assumée et apportait une touche d’originalité. L’auteur devrait laisser tomber l’idée des morts qui parlent si ce n’est pas rien en faire, parce que l’idée qu’il y a derrière agace un peu.

Reste une bonne analyse du désespoir humain jusqu’à l’aveuglement. De l’agence d’adoption à l’agence du crime organisé au nom du fric.

Un volume plus réussi que La Cinquième Saison : je me suis régalée malgré mes quelques réserves.

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La 5e saison

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Traduit par Lucile Clauss et Emmanuel Curtil

4e de couverture : « Le printemps vient de commencer à Linköping. La célèbre inspecteur Malin Fors vit avec Peter, ne boit plus et envisage de faire un enfant. Mais ce calme est de courte durée. Très vite, les saisons se détraquent et la petite ville suédoise perd toute sérénité. Une femme atrocement mutilée est retrouvée au coeur de la forêt. Ses blessures rappellent l’affaire « Murvall ». Maria Murvall, murée dans le silence depuis qu’elle a été agressée avec une rare sauvagerie. Malin n’avait jamais pu l’oublier et s’était jurée de découvrir un jour quel monstre l’avait plongée dans cet état. Les cadavres se succèdent. Malin doit faire vite. Maria est-elle une pièce de cet horrible puzzle ? Qu’est-ce qui relie la mort de ces femmes ? Et surtout, quel être humain est capable d’une telle brutalité ? »

J’attendais avec une grande impatience la sortie du 5e volume des aventures de Malin Force, l’inspectrice suédoise tellement imparfaite (apparemment celui qui a écrit la 4e de couv ne connaît pas le féminin du mot inspecteur, soit dit en passant, ce qui est bien dommage car les romans de Mons Kallentoft sont des romans féministes !).

Eh bien j’ai été déçue ! Je dirai que je me suis même plutôt ennuyée, ce qui est un comble au regard du talent de cet écrivain suédois, qui a vraiment su créer un univers littéraire original, avec un zeste de fantastique. Certes Malin est toujours aussi attachante et toujours aussi indécise sur la voie à suivre concernant sa vie personnelle, mais l’intrigue s’enlise. Pendant 400 pages, on a l’impression de redites. Et finalement, la fin s’avère assez banale. Une petite visite dans une cité suédoise s’avère néanmoins intéressante. Karim, le boss de Malin, d’origine étrangère, envisage même de « terminer l’écriture de son livre sur la question de l’immigration en Suède ». Mais bon, cela ne va pas plus loin. Un peu de mafia russe, quelques hommes publics corrompus et le tour est joué. Cependant, Mons semble ici dénoncer la violence faite aux femmes à travers les crimes atroces sur lesquels il revient, à travers l’affaire Maria Murvall (on ne peut comprendre qu’en ayant lu Ete). Mais en même temps, à la lecture, il y a comme une pièce manquante.

Le seul vrai frisson ressenti concerne le devenir de Malin à la fin de ce volume…. Je me suis vraiment demandé si l’écrivain allait réserver le même sort à son héroïne que Henning Mankell à son inspecteur.

Malgré ma déception, sans doute me jetterai-je encore sur la suite des aventures de Malin, si Mons Kallentoft est décidé à les écrire. Et je vous encourage toujours à lire les précédents volumes qui sont un vrai régal !

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Printemps

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Traduit par Frédéric Fourreau

4e de couverture : « C’est l’affolement en ville. Une bombe vient d’exploser en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère, Hanna Vigerö. Pour les enquêteurs, les pistes sont multiples. Acte terroriste ? Guerre des gangs ? L’investigation piétine. Et si l’attentat visait en fait la famille Vigerö ? Pour Malin Fors, il s’agirait d’une affaire plus personnelle. Malin aussi a ses problèmes. Elle lutte pour ne pas replonger dans l’alcool, sa mère vient de mourir. Et quand son père rentre de Ténérife, le secret que lui cachaient ses parents depuis toutes ces années fait enfin surface. »

Le sentiment que laisse ce quatrième opus (après Hiver, Ete et Automne) est qu’il est sans doute le meilleur de la série.

L’intrigue se déroule en mai 2010 et la Suède est touchée de plein fouet par la crise économique. Mons Kallentoft règle leur compte aux banques, au Monde du Fric, aux rapaces de la finance, aux tradeurs peu scrupuleux qui jouent avec l’argent des citoyens de tous les pays du monde.

Un attentat devant une banque de la petite ville provinciale de Linköping tue deux fillettes de six ans. La population est en émoi et presse la police de retrouver les responsables. Les hypothèses sont nombreuses mais la piste islamiste est rapidement écartée (n’en déplaise à certains). Une mystérieuse organisation, le Front de Libération de l’Economie, totalement inconnue jusque-là, est vite suspectée du pire.

Mais comme toujours, dans les romans de Mons Kallentoft, la réalité est encore plus complexe qu’il n’y paraît. Et c’est avec brio que l’écrivain démonte les rouages d’une intrigue qui ne laisse au lecteur aucun répit. Peu à peu de nouveaux personnages de l’ombre apparaissent, marionnettes du Mal personnifié : l’Argent, représenté sous les traits d’un vieillard aveugle et mourant mais qui a passé sa vie à martyriser jusqu’à ses enfants pour en faire des machines de guerre.
L’auteur reprend ici un thème qu’il affectionne particulièrement : l’enfance maltraitée, le tout dans une logique implacable.

Ce que j’apprécie aussi particulièrement dans cette série, c’est l’imperfection des héros et la complexité des personnages. Les romans de Mons Kallentoft vont au-delà des apparences et explications simplistes, dans un monde contemporain toujours plus complexe et ici sur une toile de fond d’une actualité brûlante. C’est aussi, paradoxalement, un univers au bord du fantastique, avec les narrateurs omniscients que sont les victimes décédées.

Le seul tout petit bémol que l’on peut reprocher à l’auteur ici,  c’est que la vie personnelle de Malin qui s’achève un peu trop sur une happy end, qui détonne d’autant plus avec le reste du récit. Mais bon, c’est le Printemps…

A lire absolument !

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Automne

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Traduit par Max Stadler et Lucile Clauss

4e de couverture : « Jerry Petersson est un riche avocat parvenu. Tout le monde le déteste. Aussi, quand on retrouve son cadavre dans les douves du château qu’il vient d’acheter, personne n’est étonné. Malin mène l’enquête, qui l’amène sur l’île de Ténérife. Un dépaysement dont elle a bien besoin. Rien ne va plus chez elle. C’est l’automne à Linköping. Il pleut, le temps est maussade et froid. Malin, maintenant bien connue du public français, est toujours aussi fragile. Elle devra affronter ses vieux démons et sa solitude pour se lancer aux trousses du tueur. « 

Tout d’abord je ne peux que déplorer la quatrième de couverture qui donne une idée fausse du livre. Malins à Ténérife ? Oui mais tellement rapidement que ça ne compte pas. Tout le monde déteste Jerry Petersson ? Non seulement quelques individus qui ont leurs raisons, notamment le patriarche d’une vieille famille de la noblesse suédoise dont le fils a vendu le château à ce nouveau riche parvenu. Bref…

Voici donc le troisième volume des aventures de l’inspectrice Malins Fors et de son équipe que j’ai retrouvées avec plaisir. Et toujours la construction du polar sur la base du déréglement saisonnier : la petite ville de Linköping subit un déluge. Et ça ne s’arrange pas dans la vie de Malin, qui a tendance aimer beaucoup trop la téquila et à lever la main un peu vite (et c’est la raison pour laquelle il faut lire les histoires dans l’ordre car la cause de sa dépression est à trouver dans Eté).

Ici Mons Kallentoft explore le thème de la maltraitance, démontre avec brio l’enchaînement de la violence  et les raisons qui poussent les coupables (et victimes) à agir comme ils le font. Et c’est là un des tours de force de l’écrivain. Dans ses romans, pas de scènes sanguinolentes, mais des explications qui se font jour au fur et à mesure. Tout cela dans un style qui lui est propre et que j’ai encore jamais vu ailleurs : les morts sont omniscients, commentent les scènes et parfois expliquent les faits. Par ailleurs, les narrateurs changent sans que l’on en soit prévenu, mais pourtant cela ne perturbe pas la lecture. Enfin, les coupables qui sont aussi des victimes, sont des gens comme les autres, ou presque…

Seul bémol du livre : j’ai trouvé que la vie privée de Malin prenait trop le dessus pendant une bonne partie du roman, ce qui fait que l’on a tendance à oublier l’intrigue : une énigme policière, avec deux cadavres. Heureusement, dans le dernier tiers du livre, celle-ci reprend le dessus.
Par contre, j’ai adoré l’ambiance vieux château suédois perdu dans la forêt ! Et aussi la fin !

Un opus sans doute moins captivant que les deux précédents (Hiver et Eté) mais à découvrir tout de même !

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Eté

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Traduit par Max Stadler et Lucile Clauss

4e de couverture : « C’est l’été le plus chaud que Linköping ait jamais connu. La forêt qui borde la ville s embrase, les nuages de fumée planent dans le ciel obscurci et menacent les citadins. Les incendies n empêchent pas un pervers sexuel particulièrement sordide et cruel de faire régner la terreur dans la ville. L’enfer brûlant des flammes crée une sorte de solidarité parmi les gens, alors que la peur et l’angoisse face aux meurtres horribles du tueur font émerger des soupçons et des préjugés envers celles et ceux qui semblent différents. L’horreur devient totale, quand la propre fille de Malin Fors -l’enquêtrice des romans de Kallentoft et de Hiver – se fait enlever. Chaque minute compte, et Malin n a plus que son instinct de policier et de mère pour l’aider à sauver l’être qui lui est le plus cher au monde. »

Si vous ne connaissez pas encore Mons Kallentoft, un conseil, jetez-vous sur ce nouvel écrivain suédois qui écrit des polars très bien, originaux et très bien ficelés. 12154Eté est le deuxième traduit en français.

Déjà, la Suède sous la canicule, ce n’est pas quelque chose de banal ! Ce n’est pas l’image d’Epinal que l’on attend. Et, à mon humble avis, ce n’est pas un hasard car ce livre est tout sauf un roman policier avec des idées toutes faites. Sur fond de dérèglement climatique et de pervers sexuel en goguette dans une ville brûlante, Mons Kallentoft prend la peine  de peindre le tableau de la société suédoise contemporaine. Ce n’est pas vraiment une peinture glorieuse, mais elle n’est pas pour autant en noir et blanc.

Le lecteur assiste à des méthodes policières peu orthodoxe de la part de ce Zeké aux préjugés tenaces. Très agaçant ce type souvent. Cependant, il n’est pas totalement méchant. Juste ignare. Même le monstrueux psychopathe qui tue les jeunes filles a une part d’humanité. Mais franchement, on n’a pas envie de croiser son chemin, c’est moi qui vous le dit !

Mons Kallentoft démonte les mécanismes qui ont amené cette personne à devenir ce qu’elle est : une meurtrière perverse, une désaxée.

Malin, l’héroïne commissaire de police n’est pas une wonder woman, juste une citoyenne suédoise ordinaire, un zeste alcoolique parfois les soirs de cafard solitaire, puisqu’elle est seule dans la vie avec sa fille à élever. Elle se console parfois de ce vide avec un collègue journaliste, voire son ex-mari…

L’enquête qu’elle mène la conduit sur de fausses pistes, le prétexte pour l’auteur d’évoquer les préjugés sur les immigrés en Suède et sur le monde lesbien. Cependant, le rythme est haletant, malgré les fausses pistes et le suspense va crescendo. Malgré la canicule suédoise, le lecteur frissonne par moment, surtout à la fin, avec des mises en scène d’une grande noirceur.

Autre originalité : dans ce roman, les victimes décédées, devenues des « anges d’été »,  parlent ! Les personnages en vie ne les entendent pas. Mais elles dévoilent au lecteur leur point de vue et ce qui s’est passé,quand elles s’en souviennent.  Mais le romancier a la bonté de ne pas faire de toutes les victimes des décédés…

On passe un excellent moment avec ce roman policier intelligent.

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Hiver

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Traduit par Max Stadler et Lucile Clauss

4e de couverture : « Mardi 31 janvier, 7 h 22. Il fait encore nuit à Ostergotland. Cet hiver est l’un des plus froids que l’on ait connus en Suède. Ce matin-là, Malin Fors et ses collègues de la criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, pendu à une branche d’arbre. Mais comment diable cet homme a-t-il atterri ici ? Meurtre ? Suicide ? Et d’où viennent ces étranges blessures qui recouvrent son corps ? D’indice en indice, de nouveaux personnages apparaissent : les trois frères d’une certaine Maria, suspectés de viol ; Joakim et Markus, deux adolescents pas très nets ; Valkyria et Rickard Skoglôf, deux marginaux adeptes de cultes vikings. Les policiers sont perplexes. Pour la première fois en France, le public est invité à faire la connaissance de la célèbre Malin Fors, qui compte déjà des millions de fans en Scandinavie. »

Que dire de plus si ce n’est que ce livre est tout simplement génial !
Le secret est bien gardé, jusqu’au bout. Et c’est du solide. Jusqu’au bout le lecteur, comme la commissaire Mal Fors et son acolyte Zakarias Martinsson (dit « Zeke ») doutent devant les différentes pistes qui s’offrent à eux : le meurtre de « Bengt le Ballon » est-il l’oeuvre de petites graines de racailles en puissance ne supportant pas les personnes obèses ? Mais voilà également que le meurtre ressemble absolument à un rite du solciste d’hiver des adeptes des Ases, dieux ancestraux vikings. Et la famille Murvall, marginale « brut de décoffrage » est-elle simplement coupable de port d’armes illégal et de braconnage ? Tout se tient et tout est possible.

Mons Kallentoft démonte les ficelles d’un meurtre certes, mais aussi sur les événements d’une vie qui font que l’on peut devenir complètement fou, jusqu’à devenir un meurtrier.
Ici l’écrivain suédois fait la part belle à l’enfance maltraitée et aux enfants abandonnés à eux-mêmes. Il pointe du doigt les vrais responsables du désastre qui en découle. Et c’est ce qui est génial chez Kallentoft : même les meurtriers ont une part d’humanité.

Un superbe roman sur l’intolérance également, dont chacun peut faire preuve à un moment ou un autre de sa vie, pour des raisons qui lui sont propres.
Mal Fors, devant le mode de vie des Murvall déclare : « Qu’on puisse vivre comme ça de nos jours en Suède […] complètement en dehors de toute normalité. C’est étrange. Complètement anachronique. »
Et Zeke de répondre : « Les allocations […]. C’est la faute à ses maudites allocations. Je parie que tout le clan bénéficie des allocations chômage et de l’aide sociale, et Dieu sait de quoi encore. Et les allocations familiales pour tout ce troupeau, ça doit se monter à une petite fortune chaque mois » Puis de réfléchir un peu plus : « Dans notre société, il y a plus de marginaux que l’on croit. Ce n’est pas si inhabituel. Rappelle-toi le groupe à Borlange, la secte Knutby, les adeptes de Sheike, la putain de moitié nord de ce pays. Bien sûr qu’il y en a aussi chez nous, et tant qu’ils ne troublent pas l’ordre public, personne ne s’y intéresse. Laisse-les vivre leur vie misérable en paix, les gens normaux aussi ne s’occupent que de leurs propres soucis. Les pauvres, les fous, les immigrés, les handicapés. Tout le monde se fiche d’eux. Sauf quand il s’agit de se prouver à quel point sa propre vie est normale. Et qui sommes-nous pour juger la vie des autres ? Peut-être sont-ils mêmes plus heureux que nous. »

Les personnages de ce roman, en particulier les deux héros’ sont très attachants (même si on a parfois envie de coller des claques à Zeke). Mal Fors aime toujours l’alcool (la tequila a sa préférence) et regarde sa fille devenir une jeune adolescente amoureuse (j’adore ses réactions de « maman-poule »). Une héroïne toujours aussi seule dans la vie, naviguant entre un journaliste un peu pourave et le père de sa fille.

Bref, on passe un superbe moment avec ce roman. Pour moi c’est une des séries policière de l’été à lire ABSOLUMENT !
Vous voilà prévenus !

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Betty

 

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Traduit par Patrick Guelpa

4e de couverture : « Quand j’ai rencontré Betty, j’ai su que ma vie allait basculer. Elle était magnétique et fatale. J’aurais tout donné pour elle. J’ai même accepté de travailler pour son mari. Mais maintenant c’est moi qui suis derrière les barreaux. Aux yeux de tous, je suis coupable de meurtre. Parce que, si l’amour se joue à trois, il y en a toujours un de trop. »

Alors là les gens, je vous dirai tout simplement que ce roman noir de mon chouchou islandais est tout simplement MACHIAVELIQUE !

On se fait avoir comme des « bleus » avec cette lecture. A mi-parcours, vous serez obligés de revenir en arrière en vous demandant si vous n’avez pas raté quelque chose au départ… Indridason joue parfaitement avec les idées toute faites que l’on a dans la tête et qui nous joue des tours pas croyable. La preuve par cette lecture !!!
Pourtant, au tout début, je me suis vraiment demandé où il voulait en venir. En effet, c’est un roman d’une facture toute différente de ce qu’il écrit habituellement. Ici, pas question de l’inspecteur fétiche Erlendur… Cela dit, le temps de quelques lignes, il y a un clin d’oeil puisque nous apprenons que l’histoire de Betty se déroule alors qu’Erlendur est parti sur les traces de l’homme du lac !

Mais je ne ne peux absolument pas en dire davantage sur cette histoire étonnante, prenante et dont on sort complètement subjugué par le talent de l’écrivain.

Une lecture qui fait sourire à cause de la supercherie qu’elle contient et malgré une ambiance bien angoissante ! Peut-être qu’on en sort aussi un zeste parano…

Le seul mini (mais alors mini !) bémol que je trouve concerne la traduction : il paraît que le vouvoiement n’existe pas en islandais. Le traducteur a donc choisi du tutoiement dès le début, entre les deux personnages principaux, qui ne se connaissaient pas. Reste qu’en français, ça sonne mal. C’est du moins mon humble avis de lectrice.

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Les nuits de Reykjavik

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Traduit par Eric Boury

Un anorak vert flotte dans une mare. D’habitude, on trouve plutôt des balles de golf dans les anciennes tourbières de Reykjavik, aujourd’hui terrain de jeu des enfants. Mais c’est une macabre découverte que font ce jour-là trois gamins embarqués sur leur radeau. Pourtant, la police a rapidement classé l’affaire sans suite : celle d’un ivrogne qui s’est noyé. C’est ce qui revient en mémoire à Erlendur, un an après le drame.  Son quotidien nocturne dans les rues de la capitale islandaise, ce sont les tapages, les disputes familiales, les accidents de la circulation, les femmes battues, les drames de l’alcoolisme sous toutes ses formes. Pour la police, tous ces drames sociaux passent avant les clochards retrouvés morts. Quant aux femmes battues, on ne peut pas dire qu’elles reçoivent soutien ou secours. Alors les femmes qui disparaissent…

Autant dire que notre Erlendur va y trouver du grain à moudre ! Il s’embarque dans une enquête officieuse et solitaire, lui qui n’est que simple agent de police, même pas inspecteur, encore moins enquêteur. Personne n’en saura rien, même pas Gardar et Marteinn, ses deux collègues de patrouille nocturne.

Erlendur avant Erlendur, ou presque. J’ai vu une chronique intitulée « Erlendur simple flic ».  Oui, en quelque sorte, mais quand même bien plus que ça ! On retrouve notre observateur favori de la société islandaise, celui qui s’attache aux marginaux, à ceux que personne ne considère, même pas la police.   Juste perçus comme des masses alcooliques sans nom. Erlendur lui-même se demande si ce n’est pas « sa passion pour les destins tragiques qui l'[a] conduit à s’engager dans la police ». Nous, lecteur qui le connaissons bien savons que oui (ou du moins pensons le connaître bien, parce qu’Arnaldur Indridason lui-même dit qu’il ne sait pas trop qui est ce type-là !), c’est bien ça. Au point de négliger sa vie privée, qui passe bien après.

Erlendur le solitaire qui « préfèr[e] rester à la maison à lire, à ‘écouter la radio ou de la musique », Erlendur qui se moque des « discours enflammés de Gardar sur les hamburgers et les pizzas » qu’il considère comme des « élucubrations d’allumés ». Erlendur le marginal, finalement, presque double  d’Hannibal, le clochard mort dans la mare tourbeuse. Il va s’interroger sur les motivations qui ont poussé cet homme à rejeter le monde dans lequel il vivait avant. Parce qu’Hannibal n’a pas toujours été solitaire. Il a même une famille. Il a même eu une épouse.

Les personnages que côtoie ici Erlendur sont des gens qui ont eu des accidents sur la route de la vie. Le motif de l’accident hante d’ailleurs ce roman noir. C’est presque obsessionnel. C’est par accident que la boucle d’oreille d’une femme disparue pratiquement au moment de la mort d’Hannibal se retrouve dans le pipeline où il vivait. C’est par accident qu’Erlendur a perdu son frère un jour de tempête dans la région des fjords de l’Est. C’est par accident qu’Hannibal a perdu son épouse. C’est par accident que Gustav fera ce qu’il a fait. Enfin, c’est par accident qu’Erlendur  va être papa et se caser avec Halldora. Un tir de balle de golf raté sur des destinés.

J’ai passé deux jours dans le caisson du pipeline où Hannibal avait trouvé refuge, sur les pas d’Erlendur et d’autres sans domicile fixe. La vie est rude en Islande quand vous vivez dehors. Alors quand on a froid et qu’on n’a pas d’argent, on demande à une âme charitable d’aller vous acheter des réserves d’alcool à 70°C à la pharmacie en guise de gnôle. Ou bien des tickets pour faire des tours de bus et avoir l’impression de voyager !

J’ai retrouvé l’humour (noir), un rien sarcastique d’Erlendur au grand coeur mais tellement imparfait. Vous ne pourrez jamais faire du golf avec lui, parce qu’il est totalement persuadé que « ce sport [a] été inventé pour distraire les gentlemen anglais et écossais qui n’avaient rien de mieux à faire de leur temps ».

Un excellent moment de lecture  qui plaira à ceux qui se plaignaient de ne plus voir Erlendur dans les tomes précédents. Là, il occupe la scène tourbeuse du crime et pose les germes de sa destinée.

J’ai juste trouvé le roman trop court (mais il ne l’est pas plus que les autres). On est addict à Arnaldur Indridason où on ne l’est pas ! J’en suis et j’assume, alors vivement la suite !

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Le duel

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Traduit par Eric Boury

4e de couverture : « Pendant l’été 1972, Rekjavik est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique.
Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certaines traitements de cette maladie endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, va décider de trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.
Un nouveau roman d’Indridason qu’il est difficile de lâcher tant l’ambiance, l’épaisseur des personnages, la qualité d’écriture et l’intrigue sont prenantes. »

Je dois dire que ce roman vous rend limite cinglé ! En fait il y a plusieurs intrigues : celle de la narration (qui a tué ce pauvre garçon fan de cinéma et pourquoi) et l’identité de Marion Briem. Cette deuxième intrigue a fini par prendre le dessus dans ma lecture, puisque je suis tombée sur un article de presse (via un groupe de fans d’Indridason sur Facebook) qui a insisté sur l’ambiguïté du personnage. Cela a fini par me mettre vraiment le doute, surtout quand, de plus, j’ai lu la quatrième de couverture…

En plus de l’intrigue narrative, on se met donc à traquer les accords grammaticaux dans le texte. Marion explique son nom de famille incongru puisqu’il ne suit pas la règle islandaise (le nom de famille n’existe pas en tant que tel en Islande : on accole –son au prénom du père  si on est de sexe masculin et –dottir si on est une femme). Briem est un vieux nom de famille qui vient de son grand-père maternel (danois). « Les gamins d’Olafsvik m’appelaient l’enfant de la bonne. Athanasius dit que je suis un enfant à problèmes et qu’il vaut donc mieux m’appeler Marion Briem. » Et quand on apprend, de surcroit, que Marion est un prénom mixte en islandais, on n’est pas aidé.

Voici donc pour l’androgynie du personnage principal. On découvre donc ce personnage qui apparaît dans plusieurs volumes précédents, dont La Voix. Cela va sans dire que n’en pouvant plus, à la fin de ma lecture, je suis allée voir ce que je trouvais sur Marion dans ce volume (et je tairai ce qu’il en est, évidemment !). Marion est un personnage décidé mais contradictoire, qui, par exemple, n’hésite pas à accuser les étrangers du meurtre du jeune homme, avant de faire machine arrière devant le tollé soulevé. Durant son passage au sanatorium danois, Marion a lié amitié avec une jeune malade, Katrin, qui a survécu. Et elle ne nous aide pas non plus à savoir qui est vraiment Marion malgré une scène qui met le doute.

Bref, c’est jubilatoire et cela démontre une fois de plus qu’Arnaldur Indridason est un romancier virtuose (et son traducteur, Eric Boury, aussi !). Il s’amuse bien avec le lecteur, ébranle les certitudes acquises dans les précédents volumes (mais quand même, ça m’a fait sourire et il faudrait aller peut-être lire une version en anglais ou en espagnol, pour voir, justement, si dans les précédents volumes, le parti-pris est le même ! Et la question que je me pose est est-ce que dans les volumes précédents, Indridason envisageait déjà ce qu’il a fait de son personnage ici…)

Concernant l’intrigue elle-même, elle relate un fait réel, le duel aux échecs entre un Américain et un Soviétique, en pleine guerre froide. La raison de la mort du jeune homme est passée au crible, l’enquête avance doucement, avec des erreurs qui font faire marche arrière. Le dénouement est inattendu.

Et il faut lire le livre jusqu’à la toute dernière page pour les fans qui se languissent, comme moi, de revoir un jour l’inspecteur Erlendur. Il y a une surprise qui fait sourire (mais qui ne confirme rien par rapport à Etranges rivages puisque l’histoire se déroule antérieurement aux enquêtes de notre inspecteur chouchou !).

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