44 Scotland Street

9782264047595

Traduit par Elisabeth Kern

4e de couverture : « Quand la jeune Pat pousse la porte du 44 Scotland Street, elle espère prendre un nouveau départ. Entre son colocataire, un beau gosse insupportable et terriblement séduisant, et son excentrique voisine de palier, Domenica, la voilà entraînée dans une nouvelle vie au coeur de l’Edimbourg bohême. Son travail à la galerie Something Special s’annonce pourtant un peu morne. Sauf que Pat découvre au fond de l’obscur endroit un tableau qui pourrait bien valoir son pesant d’or et transformer sa vie ! D’abord publiées sous la forme d’un roman-feuilleton, ces chroniques d’Alexander McCall Smith brossent avec humour et tendresse la société d’Edimbourg et composent, entre chassés-croisés amoureux et intrigues haletantes, une savoureuse galerie de portraits. »

 Ce livre relève d’un défi : celui dans lequel s’est involontairement trouvé embringué Alexander McCall Smith qui, ayant discuté avec Armistead Maupin, auteur des Chroniques de San Francisco, regrettait que les journaux quotidiens ne publient plus des romans-feuilletons, comme du temps de Dickens. Ce propos est tombé dans l’oreille du comité de rédaction du journal The Scotman qui demanda à McCall de relever le « challenge ». Il s’agit de raconter une histoire par jour ayant pour toile de fond Edimbourg et ses habitants. D’où la structure en feuilleton de ce roman, qui peut dérouter certains lecteurs parce que l’on saute d’un personnage à l’autre, d’une intrigue à l’autre. Pourtant, tout se tient et le récit se fait de plus en plus prenant car les personnages sont particulièrement attachants et les traits d’esprit de l’auteur bien pimentés.

La jeune Pat, la vingtaine, en deuxième année sabbatique, va habiter en colocation chez un insupportable bellâtre,Bruce, agent immobilier de son état – incompétent – un zeste mégalomane dont elle tombe cependant sous le charme (ouais, hein, pauvre fille !). Sa meilleure confidente et conseillère est l’excentrique voisine Dominica MacDonald. En année sabbatique, il lui faut tout de même gagner un tout petit peu sa croûte. Elle trouve un semblant de travail chez Mattew, un galeriste qui vit sous la houlette de papa qui survient à ses besoins. Une galerie qui a quelque chose de spécial donc – comme l’indique son nom –  mais où l’aventure commence vraiment là parce qu’elle cache dans son bazar de tableaux au rebus un Peploe. Mais est-ce vraiment un Peploe ?. Du coup le tableau se voit renommer « Peploe ? » Comment, vous ne savez pas qui est Peploe ? Mais un peintre écossais de la fin du  XIXe fort célèbre dont les toiles représentent Mull vue d’Iona, à moins que ce ne soit l’inverse…
Mais voilà que cet abruti de Bruce en fait un lot de tombola… que quelq’un gagne pour le revendre à son tour. Et c’est là qu’intervient… Ian Rankin !!

On ne peut pas vraiment en dire davantage sur l’intrigue. Mais ce roman révèle bien de surprises, tant sur les personnages que sur le fond du décor édimbourgien. D’ailleurs, il paraît qu’à Edimbourg, il y a des voies de chemins de fer cachées en sous sol (j’ai pensé à Harry Potter, est-ce un clin d’oeil à l’auteur écossaise à succès ?). C’est sans doute aussi le seul endroit au monde où l’on rencontre un colley noir qui pue, répondant au prénom de Cyril et au sourire étincelant…
Une lecture très divertissante cette chronique de vie écossaise, où Alexander McCall Smith réussit avec brio à faire vivre son petit monde, avec humour et tendresse.

J’oubliais, il y a aussi une histoire de kilt, qui révèlera la question qui nous taraude toutes…: ).

Publié dans Littérature écossaise | Tagué , , | Laisser un commentaire

Le braconnier du lac perdu

5108o3hkFqL

Traduit par Jean-René Dastugue

 4e de couverture : « Depuis qu’il a quitté la police, Fin MacLeod vit sur son île natale des Hébrides, à l’ouest de l’Ecosse. Engagé pour pourchasser les braconniers qui pillent les eaux sauvages des domaines de pêche, il retrouve Whistler, son ami de jeunesse. Le plus brillant des enfants de Lewis. Le plus loyal aussi qui, par deux fois, lui a sauvé la vie. Promis au plus bel avenir, il a pourtant refusé de quitter l’île où il vit comme un vagabond ; sauvage, asocial, privé de la garde de sa fille unique. Et d’entre tous, il est le plus redoutable des braconniers« …

Dernier volume de la trilogie des Hébrides, L’île des chasseurs d’oiseaux et L’homme de Lewis, qui m’avait enthousiasmée,  je l’ai trouvé différent, reposant davantage sur le ressort de l’intrigue qui vous tient en haleine jusqu’au bout. En effet, la partie « documentaire » omniprésente auparavant s’efface ici, mais on n’en voyage pas moins : Peter May, sait à merveille vous couper de votre univers – en tout cas, ça a été mon cas  ! A vous les courses poursuites dans la tourbière un jour d’orage, à la poursuite de l’ami d’enfance de Fin MacLeod, Whistler, un ami qui finit par devenir aussi le vôtre. Une terrible histoire d’amour aussi.

Peter May soulève tout le poids du passé de ses personnages, gratte le masque bourru de Whistler pour découvrir l’homme trahi et blessé. J’ai eu beaucoup d’empathie pour ce personnage costaud et charismatique, comme un berserk (entendez par là un guerrier nordique, du genre de ceux « qui se fouettaient jusqu’à entrer en transe pour pouvoir combattre sans connaître la peur de la douleur ».)

C’est peut-être le volume qui m’a le plus émue et surprise par ses rebondissements. C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai refermé ce roman sur l’île de Lewis et ses personnages noirs mais attachants, pour qui la vie n’est pas toujours juste. J’espère malgré tout qu’il y aura une suite  – même si ce n’est pas au programme pour l’instant.

Pour en savoir plus sur Peter May et son oeuvre, allez faire un petit tour sur son site ici .

Publié dans Littérature écossaise | Tagué , , | Laisser un commentaire

L’homme de Lewis

41bo4ghbJJL

Traduit par Jean-René Dastugue

4e de couverture : « En rupture de ban avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a détruit son mariage, et il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres… il pense pouvoir retrouver dans ces lieux de l’enfance un sens à sa vie. »


Je m’arrête là pour la citation de la quatrième de couverture, qui en dévoile ensuite trop à mon goût. Sachez juste qu’on retrouve un cadavre dans la tourbe… et que c’est tout un passé qui ressurgit. Evidemment, on pense tout de suite à un cadavre « préhistorique » ou presque, genre viking… comme le pensent au tout début les personnages. Ben non. Sachez par ailleurs que la tourbe ça conserve… même les tatouages.

Le passé qui ressurgit est avant tout celui du père de Marsaili, la copine et amour de toujours de Fin. Mais si le vieux Tormod est atteint de la maladie d’Alzheimer, si ça mémoire immédiate est altérée, il y a des choses qui ne s’oublient jamais et que la maladie ne peut effacer : sa vie d’enfant orphelin est gravé à tout jamais dans son esprit, comme le tatouage sur la peau du cadavre.L’occasion pour l’écrivain de nous promener dans des lieux encore plus paumés que Lewis et de nous embarquer sur les îles voisines : Harris, mais surtout Eriskay.
Et là, on sent le journaliste derrière l’écrivain (parce que oui, Peter May était journaliste avant d’écrire des fictions, mais on pourrait croire qu’il est originaire des Hébrides, tellement il connaît bien ces lieux où il a vécu cinq ans) : ou comment il nous apprend que pendant des décennies, les enfants orphelins ou abandonnés étaient déportés sur les îles Hebrides, surtout s’ils étaient catholiques et que c’est l’oeuvre de l’Eglise catholique elle-même.

Comme dans L’île des chasseur s d’oiseaux, on sent bien que l’intrigue est le support d’une analyse fouillée de la vie des gens aux Hébrides extérieures. Et ça, moi, j’adore ! Et je me suis tout autant régalée avec la description minutieuse, méticuleuse, du paysage, de la lande martyrisée par le vent, on tourne à gauche, on prend le sentier qui monte un peu pour admirer la plage, on redescend vers les maisons etc. En fait, tout simplement, on y est pour de vrai ! Pour avoir visité les îles Orcades, autre archipel d’îles écossaises, où l’on tenait à peine debout un jour de vent d’été, j’ose encore à peine imaginer la vie des gens – même s’ils avaient l’air heureux et en tout cas étaient chaleureux.

 » Le paysage de North Uist était triste et primitif. Des montagnes élancées se perdaient dans les nuages qui cascadaient vers la lande pour s’y étendre en mèches brumeuses. Des carcasses des maisons depuis longtemps abandonnées et dont les pignons sombres se détachaient sur le ciel menaçant. Un pays de tourbe, hostile et inhospitalier, découpé par des lacs fragmentaires et des bras de mer déchiquetés. Partout se dressaient des ruines, témoins des tentatives infructueuses qu’avaient menées hommes et femmes pour dompter la nature. »

756812

 

A côté de cela, le personnage de Fin MacLeod, écorché par la vie, orphelin lui aussi, ayant perdu lui-même son fils dans un accident de voiture à Edimbourg, va tout à fait avec le paysage et il n’en est pas moins attachant. Il n’est plus dans la police mais c’est néanmoins sa curiosité qui va le pousser à résoudre l’histoire énigmatique du cadavre tourbé, quitte à remuer des vérités qui dérangent et à démasquer le coupable… (parce que Fin est un héros cabossé mais un héros quand même !).

On se sent en manque après avoir refermé ce roman noir…

Publié dans Littérature écossaise | Tagué , , | Laisser un commentaire

L’île des chasseurs d’oiseaux

51mNu7fvEmL__SL500_AA300_

Traduit par Jean-René Dastugue

4e de couverture : « Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. »

Plus qu’un simple roman policier, ce livre est à la fois un roman noir et un roman d’amour, mais aussi un thriller ; en tout cas un ouvrage rudement bien documenté sur la vie sur l’Ile de Lewis (Ecosse – mais est-il utile de le rappeler ?). C’est là que nous suivons l’inspecteur Fin Macleod, envoyé sur son île natale pour examiner un cadavre, celui d’un homme qui endossait le rôle du caïd lorsqu’ils étaient mômes… Mais ce n’est pas vraiment sur l’enquête policière que se concentrera ce flic, qui ne songe d’ailleurs qu’à quitter la police, mais sur son passé.  Il est l’un des rares hommes à avoir réussi à quitter cette île hors du temps, aux rites séculaires. Les retrouvailles avec les amis (ou ennemis) d’enfance fait ressurgir des fantômes et des secrets mais aussi la jalousie…

Non seulement ce roman est magistralement écrit, et distille un suspense savamment dosé par un aller-retour narratif entre présent et passé, mais parce qu’il est aussi très bien documenté (comme je l’ai déjà dit plus haut), il parvient à immerger totalement le lecteur et à le couper de son entourage : si vous avez besoin d’iode, il y a ici un remède :  vous irez avec Fin sur le rocher d’An Sgeir  participer à la chasse aux gugas… Attention, c’est dangereux, c’est un truc de mecs mais je l’ai fait ! 😉

On ne parvient pas à s’arracher de l’histoire une fois le livre en main car, en plus, les personnages sont attachants malgré leurs défauts et leurs secrets, profondément humains : celui qui est devenu le gros Artair (le meilleur copain d’enfance de Fin), Marsaili, l’amour d’enfance du héros, et tous les autres. Sans parler Fionnlagh, le fils de Marasaili qui noue un lien très fort avec Fin. Pourtant, derrière ce tableau sympathique, il y a un meurtre à résoudre… Là encore, Peter May parvient à se sortir magistralement de thèmes sensibles comme l’enfance maltraitée, le désespoir et la jalousie. Cela est évoqué avec intelligence et sans voyeurisme (j’ai un instant songé à La maison d’à côté de Lisa Gardner, qui traite du même sujet mais que j’avais détesté à cause de son côté obscène sans explications : ici rien de tout cela).

Publié dans Littérature écossaise | Tagué , , | 2 commentaires

Noirs tatouages

noirs_tatouages_09

Traduit par Philippe Bonnet et Arthur Greenspan

4e de couverture : « Cet été-là, il a plu comme rarement à Lake District et la tourbière a livré son secret : un cadavre sans âge, couvert de tatouages. Jane Gresham, spécialiste du poète William Wordsworth, pense aussitôt à une légende locale : Fletcher Christian, le chef des mutins du Bounty, a fui Pitcairn pour regagner clandestinement l’Angleterre. Et son vieil ami Wordsworth a transformé son récit en poème épique. Persuadée que le précieux manuscrit se trouve chez un descendant du poète, Jane enquête. Mais, comme dans toutes les chasses au trésor, les convoitises s’éveillent, et les cadavres s’accumulent. »

Très différent de la série des « Tony Hill », et surtout beaucoup moins noir, Val McDermid se lance ici dans une intrigue historico-littéraire qu’elle mène, à mon humble avis, avec brio. Parallèlement à cette énigme, elle évoque le problème des préjugés avec le personnage de Tenille, gamine des cités de Londres, 13 ans, intelligente et férue de poésie mais noire et fille naturelle d’un caïd. Tenille s’élève toute seule et trouve une aile protectrice chez sa voisine,  Jane, spécialiste du poète Wordsworth. Jane cumule elle-même deux jobs pour s’en sortir : les cours à temps partiel à l’université et serveuse dans un bar tenu par 2 amis homosexuels. De plus, elle vient de se faire plaquer par Jack, qui lui a préféré une acheteuse en arts bien peu scrupuleuse.

La découverte d’un cadavre tatoué, dans la tourbe de la région du Lake District, va bouleverser la vie de tous ces personnages. Jane file rejoindre son village natal, suivie en catimini par Tenille et bien d’autres. En tout cas les « vilains pas beaux » ne sont pas ceux que l’on croit (dommage que j’ai vite  deviné qu’il y en avait un un peu trop bien pour être honnête, mais l’essentiel n’est pas tout à fait là, même si l’on veut savoir qui accumule les cadavres!).

Je n’en dis pas plus.

Un très très bon moment passé en compagnie de personnages attachants. Et une très belle promenade dans la région humide, montagneuse et venteuse du Lake District, avec des habitants haut en couleurs, qui mangent de la tourte au boeuf et surtout une spécialité locale bien connue (n’est-ce pas??) : des crêpes saucisses… (ou, comme dirait Tenille, avec beaucoup de poésie, des « crêpes caca (…), des saucisses qui ressemblent à des crottes de chien »).

Un roman où il y a de quoi se régaler (:p)  et qui donne également envie d’en savoir un peu plus sur le poète romantique anglais William Wordsworth.

NB : Comique de lire sur mon édition de poche que le livre est traduit de l’américain ! Sacrilège !! Val McDermid est écossaise !

Publié dans Littérature écossaise | Tagué , , | 4 commentaires

Retour à Killybegs

41aJJ3BqoXL__SL500_AA300_

4e de couverture : « Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence.

Killybegs, le 24 décembre 2006
Tyrone Meehan »

Autant dire que je n’en suis pas sortie tout à fait indemne de ce roman. La fin de la fin (c’est-à-dire l’épilogue) m’a fait l’effet d’un coup de poing, parce que même si on pouvait se douter (un tout petit peu) de l’identité des assassins, le voir écrit et révélé, ça m’a effrayée.

Ce roman est l’histoire d’une désespérance, d’un secret, d’une solitude. Si Mon traitre adoptait le point de vue du Français trahi par son ami irlandais, ici Sorj Chalandon s’est glissé dans la peau du traitre irlandais, Tyrone Meehan.

Cet homme est né au début du siècle. Il a vu son père, un homme du Donegal,  perdre ce qui était sa guerre, celle contre les Britanniques : en 1921, l’Irlande est partagée en deux, suite à un compromis signé par Michaël Collins, membre de l’IRA. L’Irlande sombre alors dans la guerre civile, entre partisans de la partition de l’Irlande et ceux qui la refusent. L’Irlande unie, c’est fini, au grand désespoir de Patraig Mehan dont le cri de guerre restera « Eirinn go Brach ! » (« Irlande pour toujours! »).
A sa mort, chassée par la misère, la famille passe la frontière et va s’installer à Belfast, en Irlande du Nord chez un oncle. L’Irlande du Nord, territoire britannique est en guerre contre l’Allemagne nazie. L’Irlande « libre » est neutre. En Irlande du Nord, parce que l’Irlande n’est pas en guerre contre l’Allemagne, on caillasse alors les Irlandais, on peint sur leurs portes « dehors, les traitres papistes », et on brûle leurs maisons. « Chassé » de [son] village par la misère, banni de [son] quartier par l »ennemi », Tyrone, 16 ans, en vient rapidement à la conclusion « L’IRA, moi ». Son engagement est une évidence. Parce que « c’était un espoir, une promesse. C’était la chair de [son] père, sa vie entière, sa mémoire, sa légende. C’était sa douleur, sa défaite, l’armée vaincue de [son]pays ».

Alors, comment Tyrone en viendra-t-il à trahir les siens pendant plus de vingt ans? Telle est la question qu’on se pose pendant toute une partie de ce roman aux émotions fortes.  Pourquoi est-il passé à l’ennemi, à ceux qu’il détestait tant ? C’était un pari risqué de répondre à cette question quand le romancier lui-même fait partie des personnes trahies, même en passant par un personnage de fiction.
C’est pourtant un pari réussi et un tour de force. Sorj Chalandon donne à voir le cheminement de cet homme, sans le juger. Tyrone est un désespéré, celui qui porte en lui un lourd secret qu’aucun des deux camps ne connaît. Du moins le croit-il. C’est un homme seul. Un homme pris dans la spirale infernale de cette guerre civile qui ne disait pas son nom (on parlait et on parle toujours en Irlande et en Grande-Bretagne, très pudiquement des « troubles »!!). C’est aussi un homme qui doute de lui-même et de ses actes, celui qui se juge en permanence, un homme qui souffre et qui culpabilise : « Avant même d’être un traitre, je devenais encombrant. » 

La narration se fait sur un aller-retour entre le présent du narrateur, celui de Tyrone retourné à Killybegs en décembre 2006, après s’être dénoncé à l’IRA et son passé. Le lecteur est aspiré dans le tourbillon de l’histoire irlandaise et en particulier le bourbier nord-irlandais. Il passera quelques mois en prison avec le narrateur. Parce que ce livre est aussi une page de l’histoire de l’Irlande tout à fait instructive pour le lecteur francophone qui l’ignorerait. Non, les grèves de l’hygiène ce n’est pas de la fiction !!! Oui, Thatcher a laissé mourir les grévistes de la faim (voir d’ailleurs l’excellent film Hungry).

On ne saura jamais la vérité sur la raison de cette traitrise. La fiction émet une hypothèse sans en faire pour autant une obsession. Parce qu’en fin de compte, l’essentiel n’est pas tout à fait là. La narration est celle d’une souffrance.

Un livre que l’on peut lire sans avoir lu Mon traitre, même si avoir lu les deux, c’est mieux ! J’avais été émue par le premier roman autobiographique, j’ai été bouleversée par Retour à Killybegs. Un excellent livre où l’écrivain a banni colère et rancune vis-à-vis de son traître. Il lui laisse la parole. Une plume qui va à l’essentiel, à la fois acérée et pudique mais douloureuse.

Difficile d’écrire un billet sur un tel roman !

Publié dans Littérature française | Tagué , , | 2 commentaires

L’homme de la montagne

index

 Traduction : Françoise Adelstain

Nous sommes en 1979, en Caroline du Nord, plus précisément dans le Parc national de Golden Gate, dans une résidence superbement nommée « Cité de la splendeur matinale (!). Rachel a treize ans et sa soeur Patty en a onze. Leur père est le flamboyant inspecteur Torricelli, divorcé pour cause d’être aussi un flamboyant coureur de jupons. Néanmoins, il adore ses filles, qui, livrée à elles-mêmes (pour cause de mère dépressive), ont comme activités favorites les balades dans la montagne et regarder leurs séries TV préférées installées sur une couverture dans le jardin de leur voisin (tant pis si elles n’ont pas le son, l’image leur suffit, elles font elles-mêmes les dialogues !). C’est bien calme le Golden Gate National Park, un peu trop quand on a treize ans et onze ans. Mais voici qu’une série de meurtres va venir pimenter leur existence et leur réserver bien des surprises.

Ce roman s’est retrouvé de façon totalement inattendu dans ma Pile à lire suite à mes pérégrinations à Festival America 2014. C’est parce que j’ai entendu Joyce Maynard en parler dans un débat et qu’elle a su susciter ma curiosité quand elle a parlé de ce roman en disant que ses héroïnes sont des personnages forts. Et que c’était l’une des choses qui lui importaient le plus. Et puis, il y avait l’issue de l’intrigue (non révélée, évidemment) qui avait l’air d’être un peu hors du commun.
Eh bien je dois dire que je ne m’y suis pas trompée : moi qui ne lit pas si souvent que ça des romans américains, je n’ai pas lâché celui-ci.

C’est tout d’abord, pour nous, lecteurs français, une sacrée plongée dans l’Ouest américain, un vrai dépaysement, dans cette bourgade à l’ombre du mont Tamalpais – où rodent, en plus des coyotes, ce serial killer qui va terrifier la population pendant des mois et des mois.

C’est aussi une plongée dans les années 70-80, avec en écho la série Drôles de Dames (Farrah est d’ailleurs le surnom que donne l’inspecteur Torricelli à sa fille Rachel). Drôles de dames, c’est en effet ce que sont ces gamines qui jouent les enquêtrices pour aider leur père à trouver le coupable. Parce que, au fil du temps, l’inspecteur Torricelli va perdre de sa superbe face aux médias et à la population car il ne parvient pas à arrêter le meurtrier. Seulement, à 13 et 11 ans, on est inconscients du danger. Les deux gamines vont échafauder un plan, qui évidemment ne se passera pas du tout comme prévu. Mais l’une d’elle aura une idée aussi géniale que burlesque pour les sauver d’un face-à-face qui prend une allure inattendue (ne vous apprêtez pas à pleurer mais plutôt à rire et à trouver, qu’effectivement, ces deux gamines sont de drôles de dames !).
D’ailleurs, Patty faire remarquer à sa soeur qu’« on est tous des drôles de zèbres. Chez certaines personnes, on ne remarque pas leur bizarrerie, mais on en a tous une ».

Ensuite, c’est l’âge de 13 ans qu’explore sous toutes ses formes Joyce Maynard. Je ne me rappelle pas de comment j’étais à cet âge-là exactement mais j’ai trouvé que le personnage de Rachel était à la fois très gamine et très mature pour son âge. Du moins, elle évolue au fil des pages dans sa vie d’ado, n’hésitant pas à larguer manu militari son premier  boyfriend qui la prend pour un objet. On s’attache rapidement aux deux gamines au caractère bien trempé, dont on sent que dans la vie, elles ne se laisseront jamais marcher sur les pieds. C’est un trait de caractère qui m’a beaucoup plu, notamment dans sa dimension féministe.

Parce que c’est aussi ce qu’est ce roman aux multiples facettes : un polar qui tient en haleine et un roman d’apprentissage féminin et féministe.

Enfin, la fin n’est pas convenue. Si ce n’est pas tout à fait une happy end (il y aura des morts), c’est toutefois une fin comme je les aime :habile, inattendue, émouvante, mais sans pathos larmoyant. Autrement dit : la vie reprend ses droits.

Est publié en poche chez 10/18 également.

Publié dans Littérature américaine | Tagué , , | Laisser un commentaire

Le sort en est jeté

Electre_978-2-08-133002-3_9782081330023

Traduction : Marie Hermet

Septembre 2009, Joey, 16 ans et 8 jours,  fait sa rentrée à Stradbrook College, son nouveau lycée, après avoir été victime de harcèlement dans le précédent. C’est un adolescent fragilisé et pas très à l’aise dans ses baskets qui pénètre dans la classe, bien décidé à se fondre dans la masse, à devenir le plus invisible possible. Pourtant, il ne pourra éviter la rencontre avec le magnétique Shane O’Driscoll, nouvel élève qui arrive le même jour que lui. Et c’est aussi sans compter pour son attirance vers Aisling, la belle fille aux cheveux noirs presque bleus.

Joey a perdu son père quand il était encore bébé. Musicien perfectionniste, il cherchait le son qui le rendrait immortel. Mais il se tue dans un accident de voiture devant les ruines du Hellfire Club, où autrefois des joueurs débauchés se saoulaient de whisky de contrebande adouci au beurre fondu, en portant un toast à la santé du diable… Ce lieu traîne également une légende sulfureuse (que je ne vous raconterai pas mais qui vous fiche des frissons).
1932 : Thomas découvre le jazz . Pour le père O’Connor c’est la musique du diable parce que c’est une musique qui vole les âmes. A cette évocation, le médecin de Thomas éclate de rire et lui explique ce qu’est un changeling : une créature maléfique ni morte ni vivante que les mauvais esprits déposent dans un berceau, à la place d’un bébé…

Et puis il y a cette maison en ruine, que tout le monde pense inhabitée…

Nous sommes en Irlande, à Blackrock et ses environs, à quelques encablures de Dublin. Dans un contexte très contemporain et réaliste. Pourtant Dermot Bolger tricote un récit qui vous fera plonger, de manière vertigineuse dans un autre univers. Celui du fantastique mais néanmoins tout en semant le doute dans votre conscience de lecteur. En tout cas, tout au long de ce récit qui se partage entre les années 30 et 2009, de manière non chronologique, je me suis vraiment posé des questions et demandé comment l’écrivain allait arriver à retomber sur ses pieds.

Joey, Shane et Aisling ont comme point commun d’être fragilisé par la vie à un moment clé de leur existence. Ce sont également des êtres solitaires, timides et sauvages qui ont du mal à nouer des contacts avec les autres. Même chose pour Thomas. Leur histoire respective est dévoilée au fur et à mesure, de manière fragmentée. Elles résonnent comme des échos vertigineux, comme un sortilège dont on ne peut se défaire. C’est du moins ce qu’on essaie de leur faire croire.  Mais justement, qui est vraiment Thomas ? Qui est vraiment Shane ? Qui ment ? Qui tire les ficelles de la manipulation ? Qui sera assez fort pour s’en sortir et devenir libre ? « Parfois, il faut partir loin de chez soi pour découvrir qui l’on est vraiment. Il y a très longtemps, quelqu’un m’a dit qu’en chacun de nous se cachent plusieurs personnalités, des bonnes et des mauvaises, qui attendent l’occasion de se manifester. »

Un suspense intenable va vous mettre la tête à l’envers avant de vous la retourner à l’endroit. La solution se trouve dans les toutes dernières pages du roman, tout en laissant votre part d’imaginaire faire un choix.

Un beau roman sur l’identité, les âmes errantes qui se cherchent. Un roman qui sonde les psychés adolescentes de manière incroyable mais aussi un sacré thriller à la fois fantastique et psychologique qui révèle l’étendue du talent de Dermot Bolger.
Un livre différent de ceux que j’ai lus de lui jusqu’à présent (mais on retrouve son goût pour le fantastique et le gothique, comme dans  Toute la famille sur la jetée du Paradis). Son premier roman « ado/jeune adulte » mais qui pour moi dépasse largement cette catégorie.

Avis aux amateurs de frissons et de littérature irlandaise : quel que soit votre âge, vous allez adorer ! Je le classe « coup de coeur 2015 ».

Merci à Flammarion Jeunesse.

Publié dans Littérature irlandaise, Littérature jeunesse | Tagué , , , | 2 commentaires

Toute la famille sur la jetée du Paradis

51luC+HGuTL

Traduit par Bernard Hoepffner avec la collaboration de Catherine Goffaux

4e de couverture : « Irlande, 1915. La famille Goold Verschoyle vit au rythme de l’aristocratie protestante irlandaise : le manoir familial qu’elle possède dans le comté de Donegal est le théâtre de jours heureux et paisibles. Mais l’Europe gronde et ne tardera pas à disperser les uns et les autres sur les routes du chaos. Montée des conflits sociaux et guerre fratricide en Irlande pour certains, idéologie communiste ou Espagne franquiste pour d’autres : tous devront affronter l’enfer de ce siècle dans l’espoir de retrouver le paradis perdu de leur enfance. En s’inspirant d’une histoire réelle, Dermot Bolger dresse le portrait d’hommes et de femmes unis par une mémoire commune : les souvenirs d’une époque disparue. Avec la virtuosité d’un grand conteur, il nous livre le récit d’une famille prise dans la tourmente de l’Histoire. »

Un roman envoûtant, un roman fascinant : ce sont les premiers mots qui me sont venus après l’avoir refermé. J’ai découvert Dermot Bolger, écrivain irlandais, par ce gros pavé de plus de 650 pages écrit serré. Quel régal !

Eva, Brendan, Maud, Thomas et Art sont les cinq enfants de la famille Goold Verschoyle qui vit à Manor House, grande propriété ancestrale. Les Goold Verschoyle sont protestants et cette maison représente la fortune amassée par leurs aïeux,  qui ont spolié les terres aux Irlandais de « souche », les catholiques. Seulement, cette famille, à commencer par « Père » et « Mère » ne sont pas comme tous les autres protestants d’Irlande : ils ont un complexe par rapport au passé. Ils cherchent donc à réhabiliter leur nom par la générosité et l’ouverture d’esprit. Tout de suite, on les aime, mais on les trouve aussi un peu naïfs…

Leurs meilleurs amis s’appellent les Ffrench (avec 2 F) et ils sont communistes. Mr French décide un jour d’aller faire un séjour en Union soviétique, vivre dans un kolkhose. Seulement voilà, il est perçu là-bas comme un capitaliste pété de fric (ce qu’il est, pour le fric). Victime de préjugés de la part des communistes russes, la vie qui lui sera faite sera tout sauf idyllique. Il rentrera dans le Donegal sans toutefois révéler la vérité. Ce qui est bien dommage, car son idéal communiste va déteindre sur l’aîné des garçons Goold Verschoyle, Art, mais aussi sur le petit dernier de la famille, Brendan, qui n’a d’yeux que pour son frère. Eva, quant à elle, paraît bien plus conventionnelle, même si elle est artiste dans l’âme et surtout grande rêveuse. Quant à Maud et Thomas, si le lecteur sait qu’ils existent, ils sont quasiment absents du roman, retenus en Afrique du Sud à cause de leur nom.

Les Goold Verschoyle ont tout pour être heureux : leur magnifique demeure mais surtout un environnement digne du Paradis avec la jetée sur la mer qui se trouve à Dunkineely, où il fait bon plonger dans les vagues. La forêt, qui entoure la propriété, qui est le meilleur des refuges pour artiste en herbe. Seulement, cette famille a un souci d’identité : en Irlande, parce que protestant et donc non irlandais de « souche » de par l’histoire du pays, ils sont considérés comme des étrangers et surtout des intrus par les catholiques qui sont pauvres. C’est donc, en quelque sorte pour se faire une place respectable dans la société irlandaise que Art et Brendan vont se convertir au communisme, suite aux éloges faites par Mr Ffrench. La redistribution des richesses et la solidarité envers les plus pauvres sera leur cheval de bataille. Un programme ambitieux et utopique ! Mais nos héros sont des romantiques jusqu’au bout des ongles et c’est ce qui va les détruire, surtout lorsqu’en plus l’Histoire s’en mêle pour les transformer en pantins…

Le lecteur suit la vie de cette famille de 1915 à 1946 et va traverser avec eux l’Enfer de l’Histoire, en espérant retrouver le Paradis du début du livre !
Les personnages sont à la fois attachants et agaçants, surtout Art ! Il veut tellement arriver à son idéal sociétal qu’il oublie de penser par lui-même, bien trop endoctriné par le stalinisme qu’il a appris par son séjour en Union soviétique. On a même envie de lui coller des claques, parce que nous, lecteur, nous savons ce qui est arrivé à son petit frère Brendan (je ne peux le révéler sous peine de « spoiler » mais c’est vraiment terrible !). Il va se retrouver pieds et poings liés.
J’ai beaucoup plus apprécié le personnage d’Eva : aussi romantique que ses frères, mais dans un autre genre: c’est l’éternelle jeune fille, qui, même mariée et mère de famille, se retourne sans arrêt sur son enfance et son premier amour qu’elle a laissé filer… Mariée à Freddie Fitzerald (nom d’origine anglo-normande), un protestant caricatural, elle parviendra tout de même à se concocter un petit paradis, fragile comme une bulle de savon.

Ensuite, Eva est celle qui délivre les fantômes. Parce que oui, ce roman a un côté gothique ! Et ça ce fut une vraie bonne grosse surprise littéraire ! Les grandes demeures de Manor House et Glanmire House se transforment en ruines, au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Mais surtout, l’ancienne cave à vins transformé en chambre de Manor House est habité par un fantôme qui demande qu’on le délivre ! Dermot Bolger m’a soufflé par cette touche d’originalité !

Reste un style magistral, à la fois simple et poétique, qui vous fait voyager loin ! On ne s’ennuie pas un seul instant, les rebondissements vont bon train. Dermot Bolger règle son compte à toutes les doctrines et comportements extrêmes, que ce soient ceux de l’IRA, des fascistes ou des soviets – même si je l’ai trouvé dur avec l’IRA !!

Dermot Bolger a rejoint mon panthéon des meilleurs écrivains irlandais contemporains, avec Joseph O’Connor, Sebastian Barry, Nuala O’Faolain et Roddy Doyle !

Ce roman est tiré d’une histoire vraie…

Publié dans Littérature irlandaise | Tagué , | Un commentaire

Un jour

514Gynau3XL

4e de couverture : « 15 juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d’une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s’attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes où la splendeur d’aimer a fait chavrier le monde entier »


J’avais quelques réticences avec ce roman à la couverture et à la 4e de couverture un peu trop too much. Je n’ai pas vu le film d’ailleurs. Mais j’ai lu sur quelques blogs que c’était plus qu’une gentille bluette et qu’il y avait une étude de la société anglaise etc. Je me suis laissée convaincre par ce dernier argument. Je m’attendais un peu à un truc à la Jonathan Coe.

J’ai été un peu déçue parce que ce n’est pas vraiment le cas. Les deux personnages sont certes opposés par leur milieu social. Dexter est dans le rôle du beau gosse fils à papa, riche, qui parvient au sommet sans trop se fatiguer. Mais, comme il se doit dans son rôle de bourgeois de belle famille, il se drogue et il picole un max. Emma est d’un milieu modeste et trime pour s’en sortir. Elle gravit peu à peu les échelons de la société avec succès, pendant que son copain prend le chemin inverse. Voilà pour l’étude sociale du roman. Ca ne sort pas trop des clichés habituels.

Reste que ce roman est très bien écrit, se lit très facilement. Emma est un personnage émouvant, Dexter est à claquer.
Reste que la fin est surprenante et qu’on se dit : « Enfin quelque chose qui sort de l’ordinaire ! »
Reste qu’on passe quand même un bon moment avec ces deux-là parce qu’il y a pas mal d’humour dans le livre !

Donc, voilà : une bonne lecture de vacances même si mon avis sur la qualité de ce roman reste un peu mitigé et indécis…

Publié dans Littérature anglaise | Tagué , , | 2 commentaires