D’après une histoire vraie

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Delphine, qui a publié Rien ne s’oppose à la nuit, est victime de son succès, dépassée par les événements au point d’en être fatiguée et déprimée. Au Salon du livre, elle s’entend refuser une signature à une lectrice. Quelques jours plus tard, elle rencontre une étrange femme chez une amie. Elle ne sait pas encore qu’à cause d’elle, sa vie va changer. Cette femme c’est L. Un écrivain nègre pour des célébrités. Delphine est fascinée par le personnage qui est son presque exact opposé, du moins au début. L. est une femme sophistiquée, toujours tirée à quatre épingles et au grand pouvoir de séduction. Dès le début, on est mal à l’aise avec cette personne très intrusive, qui veut tout savoir de la vie de Delphine, jusqu’aux choses les plus personnelles. On sent bien qu’il y a un truc qui cloche. Comme par hasard, L. se trouve souvent où est Delphine : en bas de chez elle, à Monoprix etc. Drôles de coïncidences. Puis Delphine s’aperçoit que physiquement L. se met à lui ressembler de plus en plus.
Un jour, L. demande à Delphine de l’héberger temporairement, le temps qu’elle retrouve un autre logement. Complètement sous l’emprise de cette femme, fascinée parce qu’elle est celle à qui elle aimerait ressembler, qu’elle a besoin qu’on la prenne en main sa dépression et sa solitude (ses enfants sont partis faire des études un peu loin, elle n’habite pas avec François, son compagnon), elle accepte.
Peu à peu L. vampirise l’auteur de Rien ne s’oppose à la nuit, au point de lui dicter la manière et les sujets sur lesquels elle doit écrire. Au point que justement, Delphine ne parvient plus à écrire une ligne, à ouvrir un fichier Word ou à répondre à ses mails. Et voilà que L. se fait passer pour elle, lui fait mentir à son éditrice, se rend à sa place à une rencontre lycéens, répond à son courrier…. « L. était une méduse légère et translucide, qui s’était déposée sur une partie de mon âme », raconte Delphine.  Et j’en ai largement assez dit.

J’avoue que je ne fais pas dans l’originalité avec cette lecture : on voit ce livre partout en cette rentrée littéraire. Mais j’avais adoré Les heures souterraines et No et Moi. Je n’ai pas lu Rien ne s’oppose à la nuit.  Donc voilà un De Vigan que je lis après des années après ses premiers romans. Et qui m’a laissé une impression ambivalente pendant toute ma lecture.

C’est très à la mode de brouiller les pistes en mettant un narrateur-écrivain qui porte le même nom que l’auteur du livre, de mêler fiction et réalité, et de jouer sur l‘effet de réel. Amélie Nothomb le fait souvent (cf le truculent Pétronille), ou encore Eric Reinhardt (L’amour et les forêts) pour ne citer qu’eux. Donc de mon point de vue, Delphine de Vigan n’a rien inventé. On note qu’elle met en exergue Misery et La part des ténèbres de Stephen King. Evidemment, on ne peut que penser à Misery au fur et à mesure qu’on avance dans le roman qui vire au fur et à mesure au thriller.
Mais le suspense est arrivé trop tard à mon goût, même si la fin est très réussie et c’est ce qui fait la force de ce livre. Je me suis souvent un peu ennuyée parce qu’il ne se passait rien, que ça tournait en rond avec l’emprise de L. sur Delphine, avant que l’action ne reprenne le dessus, façon boomrang.

Le personnage de L. est vraiment flippant, vraiment glauque. Et quand L. se met à ressembler  tellement physiquement à Delphine qu’elle peut prendre sa place lors d’une rencontre écrivain-lecteurs, et que personne n’y voit goutte, là j’ai vraiment commencé à douter de la crédibilité de la chose. Je ne peux pas vous dire pourquoi mais il y a une raison à cela qui a sa solution dans la fin du roman.

Saurez-vous un jour qui est L. ? C’est une bonne question ! Et de ce point de vue, le livre m’a plu par sa fin, qui est une pirouette très habile. En tout cas, faites attention à vous…

Quant à la dissertation sur « seule la littérature permet d’accéder à la vérité » mais « toute écriture de soi est un roman. Le récit est une illusion », ça n’a rien de très nouveau comme réflexion. Les (ex) étudiants en littérature connaissent Le récit est un piège de Louis Marin (1978), pour ne citer que lui.

Delphine de Vigan joue avec une réalité multiple qui attache l’attention émotionnelle du lecteur. Un roman habile mais dont certaines longueurs ont gâché mon plaisir.

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Magique aujourd’hui

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Nous sommes dans les années 2050. Tim est chercheur. Il travaille « sur les facultés d’adaptation en situations extrêmes », en particulier sur « le cas d’un Japonais qui vit depuis 2011 dans la zone interdite autour de Fukushima ».
Tim est un hyperconnecté. Le puissant Mouvement de Deconne-x-ion surveille les addictions et dès qu’il estime que vous dépassez les limites, hop, il vous envoie direct en cure de désintoxication déconnexion. Ces gens-là sont des obsessionnels : ils passent leur temps à « réduire eux-mêmes leur temps de connexion » et à « prôner un usage très limité des machines intelligentes ». L’ironie de l’histoire, c’est que ces mêmes personnes ont été les premières à faire la queue des décennies auparavant le jour de la sortie d’une tablette, d’un ordinateur, d’un smartphone dernier cri…
Tim vit avec Today, un androïde qui l’aide aussi bien dans son travail que dans sa vie quotidienne. Il y est très attaché et entretient avec lui une relation fusionnelle. Hors de question pour le le Mouvement de Deconne-x-ion ! Voilà Tim mis en cure d’office. Today se retrouve livré à lui-même, pour la première fois de son existence.

Le lecteur suit alternativement les aventures de Tim Bix, mis au « vert » chez Mme Hauvelle (qui ressemble à une tatie Danielle)  et celles de Today, enlevé par ex-cantatrice désabusée.

Les humains de ce récit sont bien peu sympathiques – mis à part Tim pour qui on se prend vite d’empathie et un couple de Néerlandais philantrope. Les deux femmes auxquelles sont confrontés Tim et Today sont pour le moins acariâtres, frustrées et elles ne font pas dans la dentelle.  Le jeune homme se débat comme un beau diable avec les travaux ingrats que lui assigne Mme Hauvelle. En particulier celui d’arracher du bambou.  Le bambou, la plante qui, par excellence cache bien son jeu : vous croyez en avoir fini avec elle, mais c’est une illusion. Le bambou c’est traître et sans fin. Tim s’en aperçoit rapidement. S’il réapprend aussi à profiter de la nature, à réfléchir sur lui-même, il ne peut cependant oublier son Today d’amour pour qui il se fait un sang d’encre, parce qu’il pense que lui-même se fait un sang d’encre ! Tous les moyens seront bons pour tenter de se connecter avec lui…

De son côté Today, désorienté par l’absence prolongée de Tim, sort de la maison. Pas de bol, il tombe sur Mirène, l’ex-cantatrice, dépressive et calculatrice, qui voudrait bien le faire travailler à sa place : il faut dire que le boulot actuel de cette femme est quelque peu frigorifiant et déprimant. Seulement, cette femme est tellement insupportable que la cohabitation avec Today tourne court. Un petit extrait de la manière dont elle lui parle :

« – Ben dis-donc ! Quelle sorte d’artiste es-tu, qui ne sait ni ranger ni jeter ?
– Que voulez-vous jeter ?
– Mais tout, petit abruti, tout ! Toute ma vie n’est qu’un déchet, une fumisterie monstrueuse. »

« Tu as déjà été amoureux peut-être ? D’une friteuse programmée ? »

J’ai adoré les scènes entre Mirène et Today, qui sont « tordantes ». Surtout quand le narrateur explique une chose (que n’a pas compris Mirène) qui a pour effet de déclencher une action de Today qui la rend dingue.

Vous l’aurez compris, on adore Today ! Il est gentil, serviable, perdu et a une patience d’ange. Mais… (hé!  hé! ne comptez pas sur moi pour vous raconter la fin, sachez juste que j’ai failli en louper mon arrêt de bus – l’addiction n’est pas forcément là où l’on s’imagine qu’elle est!…).

Un roman malicieux, bourré d’humour, qui amène la réflexion sur le monde connecté, de manière ludique, avec finesse, justesse et philosophie.
Un Mouvement de Deconne-x-ion, s’il devait exister, aurait du souci à se faire…
Entre le bambou et le grille-pain, allez savoir lequel cache le mieux son jeu !

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Septembre sous les étoiles

Un mois littérairement pétillant pour la fan de littérature irlandaise que je suis : en à peine quinze jours, j’ai assisté à deux rencontres littéraires.

L’adorable Robert McLiam Wilson nous a présenté l’incroyable Paul Lynch, dans une ambiance très convivale. Le duo nous a fait rire et captivés.

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Si vous n’avez pas encore lu La neige noire, le roman qui m’a scotchée en cette rentrée littéraire, je ne peux que vous inciter à le faire. La plume de Paul Lynch est vraiment magistrale (il me reste à lire son premier roman, ce qui ne saurait tarder!)

Et puis, samedi dernier, par une belle soirée de pleine lune (!!), avec, entre autres,  ma copine de Lettres d’irlande et d’ailleurs,  nous avons pu écouter une dame de plume et de caractère, et pas des moindres : Edna O’Brien ! Elle n’a rien perdu de son humour ni de sa verve !

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Elle était interviewée par une journaliste du Monde, dans le cadre du Festival des écrivains du monde. Mais en fait, dès qu’elle a commencé à parler, il n’y avait plus beaucoup de place pour les questions !

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Elle a eu une vie incroyable et aussi du courage ! Un destin hors norme dont on peut se rendre compte en lisant son autobiographie, Fille de la campagne.
(en complément, un très bel article d’un journaliste Libé, écrit en 2013, à l’occasion de la sortie du livre, ici).

En tout cas, on peut remercier le Centre culturel irlandais de Paris de nous faire vivre ces beaux moments !
C’est que je m’habitue bien à ces petits rendez-vous littéraires – en compagnie de fans de littérature irlandaise, de surcroît !
Alors quand on est bien gâté, évidemment, on se demande : « La prochaine fois, c’est quand ?? » 🙂
Je cherche désespérément un podcast sur le site de France Culture, radio qui était présente pour l’événement… (Snif !)

Un sacré beau mois de septembre !

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Les fugueurs de Glasgow

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 A travers les mots de Jean-René Dastugue

Ce n’est pas du côté des Hébrides extérieures que nous emmène cette fois Peter May, mais à travers un périple qui va de Glasgow à Londres. En 1965, Jack, le narrateur, décide de se faire la belle avec quatre autres potes en direction de la capitale anglaise. C’est la première fois que les adolescents qu’ils sont quittent leur Ecosse natale. Ils ont monté un groupe de rock et se disent qu’à Londres, ils ont peut-être des chances de se faire connaître. Nous sommes dans les Sixties rugissantes, ils reprennent de titres phares des stars de l’époque, en particulier les Beatles. Ils sont rapidement repérés par un type un peu louche, mais maintenant qu’ils sont à Londres, il est trop tard pour reculer.
On retrouve Jack cinquante ans plus tard. Grand-père de Ricky, un jeune diplômé brillant mais fainéant, qui, plutôt que de chercher du travail, passe ses journées devant sa console de jeux vidéos à tuer des gens pour de faux. Un choc de génération pour Jack qui a vécu la guerre. L’occasion faisant le larron, Jack, qui ne s’est jamais aussi senti vivant qu’en 1965, décide de refaire le périple Glasgow-Londres, avec ses amis de l’époque. Pour secouer son petit-fils, il lui annonce qu’il fait partie du voyage, faute de quoi, il dénoncera à ses parents ce qu’il fait sur le Net dès qu’ils ont les yeux tournés…

Le roman est en perpétuel mouvement avec un récit qui se déroule en 1965 et un autre qui se passe de nos jours, en 2015. On sait d’emblée que la fugue des ados à Londres en 1965 s’est terminée en tragédie mais on ne sait pas exactement pourquoi. L’intrigue de ce roman noir est d’ailleurs assez vite releguée à l’arrière plan au profit de l’ambiance psychédélique du Londres de 1965 très bien restituée (vous saurez entre autres tout sur les effets du LSD! ).
Peter May s’attache également à décrire la métamorphose de la Grande-Bretagne, en particulier à travers la ville de Leeds, qui a vu, dans les années 60, disparaître les maisons ouvrières au profit de la plus grande cité (expérimentale !) d’Europe, détruite depuis, pour les raisons qu’on imagine bien.
Un bon coup de griffe aussi à l’encontre de la volonté politique de démanteler, au nom du profit, les chemins de fer britanniques en fermant les lignes peu rentables. Jack a cet égard pose un regard quasi-prémonitoire sur le futur :

« L’espace d’un instant, j’eus la sensation d’assister à la fin de quelque chose. D’une époque, peut-être. Un tournant de l’histoire de notre pays. Les rêves d’une nation symbolisés par une gare abandonnée et des rails tordus. »

Avec Les fugueurs de Glasgow, c’est tout un pan de l’évolution d’un pays qui se déroule sous nos yeux, d’un point de vue culturel et social. J’ai vraiment aimé cet aspect du roman.
En 1965, grâce à la musique, « tous les vestiges de la guerre étaient  emportés sur son passage. Le rationnement, le service national (…), les vieux programmes guindés et ennuyeux du BBC Light Programme, les cheveux courts, les costumes cravates ».

Peter May laisse aussi la parole aux victimes de la crise économique contemporaine et ça ne mâche pas ses mots : « Il y a des gens à Farsley qui ont travaillé toute leur vie jusqu’à ce que ces banquiers foutent en l’air l’économie. Des putains de flambeurs, voilà ce qu’ils sont. Et ce sont les travailleurs honnêtes qui vivent ici qui en paient le prix. (…). On est dans un des pays les plus riches du monde et il y a plus de trois millions et demi de gamins qui vivent dans la pauvreté. Un sur quatre. »

J’admire toujours autant l’aspect documentaire qu’il y a dans les polars de Peter May. On sent toujours le journaliste derrière l’écrivain. A tel point qu’on a parfois l’impression que le premier prend vraiment le dessus sur le second. En effet, il y a bien l’histoire de cette bande d’adolescent partis faire l’expérience de la vie à Londres, et de ce point de vue là, le livre a aussi l’allure d’un roman d’apprentissage, mais le problème c’est que l’intrigue fout le camp un peu trop loin et le lecteur l’oublie pour soudain la retrouver à la fin, pour la résolution de l’intrigue.
J’avoue que j’ai trouvé la fin un peu cousue de fil blanc. On est content pour Jack, tout de même, mais bon, c’est très « violon et trémolos » !
(oui, il y a une histoire d’amour qui court tout le long etc.). C’est un peu le côté guimauve un peu plus que d’habitude !

Un beau roman néanmoins sur l’amitié, les rêves adolescents déçus, la maturité, le choc des générations. Un roman autobiographique, à ce que je crois savoir.
A lire en écoutant les Beatles, par exemple.

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Juste avant l’Oubli

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4e de couverture : « Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C’est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement – il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l’île n’a d’autre habitant qu’un gardien taciturne ni d’autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter sur les « lieux du crime », l’oeuvre de l’écrivain mythique. Cet été-là, Emilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d’organiser les Journées d’études consacrées à l’auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l’occasion de convaincre Emilie de passer le restant de ses jours avec lui.
Mais sur l’île coupée du monde, rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu’il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s’immiscer dans l’intimité du couple. »

Je reproduis tel quel la quatrième de couverture, qui raconte entièrement l’histoire, parce qu’il n’y a rien à ajouter. A peine le livre ouvert, j’ai eu comme un mauvais pressentiment  en lisant la note de l’auteur :
« Idéalement, dans ce livre, les personnages parleraient un certain mélange de langues, incluant notamment de nombreux dialogues en anglais. Pour des raisons pratiques que le lecteur peut imaginer, l’intégralité de ce roman est malgré tout écrite en français – ceci à l’encontre de tout réalisme mais évitant les notes en bas de page avec traduction. »

En fait, lire « île perdue des Hébrides » et quelque chose qui a à voir avec un écrivain écossais (imaginaire) m’a fait jeter mon dévolu sur ce roman tombé sous mes yeux par hasard. Mais pas la peine d’écrire un million de pages ni un million de signes pour dire que ce roman est mortellement ennuyeux ! Sans doute, à force de vouloir forcer sur le réalisme, Alice Zeniter perd son lecteur en route. Que diriez-vous si on vous envoyait à un colloque sur un écrivain que vous ne connaissez pas, dont vous n’avez rien lu et où des chercheurs débattent de points de détail, d’interprétation de l’influence de sa vie personnelle sur son oeuvre ?
Ensuite, en guise de réalisme, chaque chapitre est introduit par une citation de l’écrivain imaginaire Galwin Donnell, que j’ai fini par ne plus lire, de même que les notes en bas de page, sur des articles ou revues qui n’existent pas.

Quant à l’intrigue, Franck l’amoureux éconduit un peu brutalement par Emilie avec qui il veut fonder une famille, laquelle lui rétorque qu’elle veut entamer une thèse et que ce n’est pas le moment…. ça fait un peu caricature. Alors, quand on apprend qu’Emilie a été attirée par Franck parce qu’il ressemble à s’y méprendre à l’écrivain objet de sa thèse quand il était jeune, ça détruit toute la tentative de réalisme élaborée par l’auteur ! Un peu too much, non ?

Donc voilà, si vous voulez vous évader en direction des Hébrides, avec un roman palpitant, ce n’est pas celui-ci qu’il vous faut ! Je me suis royalement ennuyée. Sans doute que l’idée était bonne, mais il manque un élément majeur : la distraction !
La mise en abyme de la figure de l’écrivain finit à la flotte !
S’inspirer d’une tentative de thèse pour en faire un roman n’est peut-être pas une bonne idée.

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A travers les champs bleus

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Voici le troisième ouvrage de Claire Keegan publié en France, l’an dernier. J’avais beaucoup aimé son premier recueil de nouvelles, L’antarctique etle court roman Les trois lumières. Mais A travers les champs bleus m’a subjuguée !

Claire Keegan revient au genre de la nouvelle, dont les écrivains irlandais excellent et en ont fait un genre littéraire majeur dans l’île.

Il m’est difficile de parler avec une grande précision de ces huit nouvelles car j’ai lu ce recueil il y a quelques semaines et la multiplicité des histoires n’aide pas la mémoire, surtout quand on a pris peu de notes en cours de lecture, préférant se laisser emporter par l’ambiance !

Mais la nouvelle qui ferme le recueil,  « La nuit des sorbiers », reste ancrée dans ma mémoire et c’est la plus sublime de toutes pour moi. Les indices du texte font savoir au lecteur qu’elle se déroule à Inis Mor, la plus grande des îles d’Aran. Claire Keegan parle ici de la solitude de deux êtres, un homme qui vit avec une chèvre dans son lit et une femme presque sorcière qui emménage dans la maison d’à côté après un décès. Mais c’est surtout la superstition et le folklore qui embrasent cette nouvelle et nous plonge dans une ambiance à la limite du fantastique. Un court texte tiré d’après « L’eau du bain de pieds », conte de fées irlandais, plante le décor « psychologique : « Jadis à la campagne, dans toutes les maisons, les habitant se lavaient les pieds, comme ils le font maintenant, et une fois que l’on s’était lavé les pieds, il fallait toujours jeter l’eau dehors, car l’eau sale ne devait pas rester à l’intérieur de la maison durant la nuit. Les vieilles gens disaient toujours qu’un malheur risquait de s’abattre sur la maison si l’eau du bain de pieds restait à l’intérieur »… Et puis, il faut savoir qu’un sorbier a des pouvoirs magiques en Irlande (au même titre que l’aubépine, d’ailleurs), celui de l’enchantement.
Et c’est vraiment ce qu’il se passe : Claire Keegan endosse ici avec talent le rôle du conteur des veillées irlandaises et vous embarque dans un univers à part.

Quant à la nouvelle « La fille du forestier », elle parle de l’attachement (historique) de l’Irlandais à sa terre, de cet attachement jusqu’à l’égoïsme et la radinerie. Un mariage de tout sauf d’amour et une épouse malmenée qui finit par se venger grâce à son talent de conteuse et raconte ainsi sa vie  à peine déguisée par le truchement du conte aux voisins ! Et quand on connaît l’importance du « qu’en dira-t-on » en Irlande, on sait très bien que le vilain mari en sera blessé à vie.

Car oui, il est pas mal question d’amour malheureux, de secrets de famille qui remontent à la surface, de religieux malheureux….

Ces nouvelles sont sublimes mais tellement riches et complexes qu’il n’est pas facile d’en parler. Le mieux c’est de les lire.

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Une illusion passagère

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4e de couverture : « Martin, haut fonctionnaire irlandais d’une cinquantaine d’années, rattaché à un ministère en bout de course, se retrouve, le temps d’un voyage officiel en Chine, seul dans sa luxueuse chambre d’hôtel. Accablé par une existence terne, entre son épouse et ses trois filles, il décide de s’offrir un massage durant son séjour. La jeune femme chinoise qui vient le masser ne parle pas sa langue et ne partage rien de sa vie : mère célibataire, elle peine à joindre les deux bouts, mais ce qu’elle lui procure est autrement précieux : le plaisir d’être touché, la sensation d’être désiré. Une complicité naît entre eux, que rompt la proposition de la jeune femme de monnayer ses charmes. Martin va-t-il céder à cette tentation ? L’écriture dense et acérée, mais aussi d’une grande sensibilité, de Dermot Bolger condense la vie d’un homme, ses convenances, ses incertitudes et son trouble l’espace d’une nuit. »

 Je continue sur ma lancée de la rentrée littéraire d’écrivains étrangers avec cet autre roman très court de l’illustre Dermot Bolger, tout aussi connu que Roddy Doyle en Irlande, dans un registre différent.

Martin, haut-fonctionnaire irlandais quinquagénaire accompagne dans son dernier souffle le gouvernement que la crise financière qui frappe l’île d’émeraude fera chuter. Epuisé moralement tant par son couple qui bat de l’aile que par son boulot ingrat, Martin en voyage officiel en Chine, décide de se faire masser. L’idée ne lui vient pas d’emblée mais après réflexion, de manière plus ou moins détournée par une employée chinoise qui lui force presque la main, en lui expliquant qu’elle va lui envoyer quelqu’un dans sa chambre, de manière discrète et professionnelle…. Notre homme se laisse piéger par l’idée tentante de se faire du bien… jusqu’à croire à la sincérité de sa masseuse…alors qu’il ne s’agit que d’une illusion passagère.

Martin est la personnification de la chute du pays. Le titre original du livre est d’ailleurs The Fall of Ireland. Un roman très court (une novella) mais au goût de vitriol. Dermot Bolger n’y va pas par quatre chemins :

« L’Irlande avait été ruinée par les banques et les investisseurs, par les partis politiques déterminés à se surpasser les uns les autres dans leur générosité vis-à-vis des électeurs qui avaient pris l’habitude d’attendre ce genre de largesses – tous emprisonnés dans une illusion vertigineuse qui ne pouvait que se terminer par une chute. »

Autement dit chacun en prend pour son grade ! Les Irlandais qui se sont plus à croire à l’illusion de moyens financiers qu’ils n’avaient pas, illusion que leur permettaient les banques qui prêtaient sans compter, elles-mêmes autorisées par les politiques. L’illusion d’un bon massage, mais quand ça s’arrête, ouille la réalité n’en est que plus douloureuse ! Un mensonge organisé qui a ruiné le pays.

J’ai vraiment aimé l’habileté de Dermot Bolger à amener la question de ce mensonge par l’idée du massage. Martin fait mal au coeur, on le trouve un peu bêta mais on ne lui en veut pas. On se laisse prendre au jeu et on s’interroge nous aussi sur la sincérité de la masseuse que l’écrivain met malgré tout en suspens. On a finalement un tout petit doute qui subsiste parce qu’elle lui dit qu’il est un homme gentil. Oui, mais la Chine qui dit ça à l’Irlande, la Chine, pays qui achète le reste de la planète et dont le voyage officiel de Martin est justement d’aller vendre son pays, ça fait réfléchir…

C’était ici mon troisième rendez-vous avec Dermot Bolger, découvert avec l’excellent Toute la famille sur la jetée du Paradis. Une chose est sûre : j’y reviendrai encore et toujours !
Et voilà  encore un chouchou irlandais qui gagne à être connu en France ! Je regrette que son roman n’ait pas été davantage sur le devant de la scène pendant cette rentrée littéraire. Parce que Dermot ne fait pas dans la qualité littéraire moyenne, il fait dans l’excellent !

 

 

 

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En cas de forte chaleur

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4e de couverture : « Comme chaque matin depuis trente ans, Robert Riordan part acheter son journal. Mais en ce jour caniculaire de juillet 1976, Robert part et ne revient pas.
Dans leur maison londonienne, Gretta, sa femme, s’interroge : quelle mouche a bien pu le piquer ? Doit-elle prévenir les enfants ?
A peine réunis, ces derniers tentent de prendre la situation en main : les placards sont retournés, les tiroirs vidés, chaque pièce fouillée en quête d’indices.
Mais, alors que les mystères autour de leur père s’épaissit, les vieilles rancoeurs ressurgissent. L’aîné en a assez : pourquoi est-ce toujours à lui de prendre en charge sa famille ? Quant aux soeurs, jadis si proches, quel événement a brisé leur lien, si terrible que la cadette a décidé de mettre un océan entre elles ? Et Gretta, a-t-elle vraiment tou dit ? »

A priori, les histoires de famille en littérature, ce n’est pas trop mon truc. Mais quand c’est Maggie O’Farrell qui les écrits, je fais une exception.

A l’instar de la canicule de 1976, ça chauffe sec dans la famille Riordan depuis que le père a disparu. Règlements de compte et compagnie entre Francis Michael, Monica et Aoife, entre eux, envers leur mère, envers Claire l’Anglaise épousée par Francis Michael, envers Gretta, la mère de la tribu. Bref…
Maggie O’Farrell peint chacun des personnages avec finesse, tendresse, mais aussi férocité pour certains d’entre eux.
Pendant cette lecture, j’ai eu peu de sympathie pour Claire, Anglaise qui reproche tant à son mari (l’avoir empêché de passer sa licence). Mais si on plaint Michael Francis, on s’aperçoit aussi qu’il est un zeste agaçant par son manque de courage à fermer le clapet de sa femme une bonne fois pour toutes.
C’est sans doute Aoife le personnage le plus attachant de la famille : illettrée, cherchant à cacher aux yeux du monde cet handicap majeur, ce n’en est pas moins une jeune femme libre, têtue, et anti-conformiste – autant que son prénom purement irlandais dans un monde américano-anglais !
Quant à Gretta, bien sous tout rapport à première vue, bien pensante etc., elle cache un lourd secret dont la révélation va renverser la donne ! Quelque chose qu’elle a reproché à Monica elle-meme, son aînée à la famille recomposée (en miettes)…

Mais ce qui tient en haleine, c’est le personnage de Robert, le père qui a pris la fuite. C’est ce qui nous fait ne pas lâcher le roman avant la fin et nous embarquer en Irlande, dans le Connemara, avec toute la famille pour connaître le fin mot de l’histoire. Sur la fameuse plage de corail qui se trouve là-bas, les aigreurs s’apaisent, les vérités se font. Quitte à rencontrer une sorte de cousin du monstre du Loch Ness : « Aoife et la créature se dévisagent. On dirait une loutre, mais en plus gros, ou un phoque, mais avec des poils plus longs. Puis l’animal lève une patte griffue qu’il se passe une fois, deux fois du museau jusqu’au crâne. » Aoife « tente de chasser de ses pensées les histoires que racontait sa mère sur des esprits, des ondines, des marins conduits à la mort par des apparitions lors des nuits semblables à celle-ci. »

Cependant, Maggie O’Farrell ne jette pas la pierre à Gretta, du moins pas tout à fait. Elle explique la difficulté d’être Irlandais en Angleterre à l’époque où elle a émigré là-bas, s’imaginant que ses enfants ne pourraient pas comprendre,obsédée par cela : « Ses enfants s’imaginaient qu’ils avaient souffert parce qu’on les injuriaient à l’école, qu’on racontait toujours les mêmes blagues sur les Irlandais, que certains gosses du voisinage avaient interdiction de jouer avec de sales catholiques. Mais ils n’avaient aucune idée de ce que ça représentait d’être irlandais en Angleterre à l’époque, à quel point ils étaient détestés, raillés et méprisés (…). On vous crachait à la figure dans le bus en entendant votre accent, on refusait de vous servir dans les cafés, on vous chassait si vous essayiez de vous reposer sur un banc dans un parc ou bien on écrivait : « Les Irlandais ne sont pas acceptés » dans les vitrines des magasins. »

Je conclus en disant que j’ai bien aimé mais que la seule chose que je reproche, c’est peut-être la fin un peu trop lisse à mon goût et donne presque une impression de fin bâclée. On se laisse néanmoins emporter par cette lecture où les secrets de famille remontent à la surface au fur et à mesure.

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On the Brinks

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Extrait de la 4e de couverture : « De fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d’un thriller. A ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles. »

Je vous ai présenté Sam Millar il y a peu en vous disant que je venais de lire son autobiographie qui m’avait bouleversée. C’est peu dire tellement ce livre reste imprimé dans votre mémoire même plusieurs semaines après l’avoir refermé.

Sam est un ex-membre de l’IRA d’Irlande du Nord. Il a grandi à Belfast, dans Lancaster Street. Catholique, il n’est pas moins un mélange explosif, comme il le dit lui-même, avec tout l’humour qui le caractérise, puisque l’un de des grand-pères était tout bonnement protestant, Orangeman, de surcroît, jusqu’à… ce qu’il rencontre sa grand-mère ! Comme quoi, les histoires d’amour dépassent parfois les préjugés !

Sam commence à travailler dans un dépot de bois, où sont employés une douzaine de catholiques sur une centaine d’hommes… C’est tellement difficile, qu’il décide finalement d’aller à un jet de pierre de là, dans un… abattoir ! Autant dire que déjà le décor belfastien est bel et bien planté pour vous mettre dans l’ambiance. Mais ce sont les événements de Derry et le trop tristement célèbre Bloody Sunday qui seront le facteur déclencheur de l’engagement de Sam Millar dans les rangs de l’IRA.

De là, il atterrit rapidement à Long Kesh, la sinistre prison de Belfast.
Et là, autant vous avertir tout de suite : j’imagine que la plupart d’entre vous ont vu In the Name of the Father, Hunger, Bloody Sunday etc. On a tous en mémoire les atrocités commises par Margaret Thatcher. On connnaît tous la fin funeste du jeune député Bobby Sands. Mais lire ce qui se passait à l’intérieur de la prison de Long Kesh, en particulier le sort réservé aux Blanket Men, dont faisait partie Bobby Sands et Sam Millar, est, je crois, encore un degré plus fort dans l’émotion. Les Blanket Men ont été torturés, avec une perversité dont on n’a pas idée. Comment a-t-on pu laisser faire ça ? C’est la question lancinante qui me revenait sans cesse à l’esprit pendant la lecture. Même si on « savait » avant, en lisant ces mots, on se rend compte que c’est encore pire que ce qu’on imaginait. Un cauchemar est à côté un rêve agréable !

Sam a été torturé pendant sept ans. A titre de témoignage d’un rescapé, ce livre est précieux et bouleversant. Cela va sans dire que mon estomac s’est noué plus d’une fois et que les larmes montent facilement aux yeux. Mais Sam pourtant, ne fait pas dans le pathos. Il a même, avec le recul, le sens de l’humour. Ainsi, constate-t-il : « Si nous avions Hulk, on écraserait les Beefs en une semaine. »  Les matons de la prison ont tous un surnom. Il y a, par exemple, la Verrue Humaine. Mais aussi le Fourgon Enchanté… (pour tenter de s’évader).

La colère, bien compréhensible, n’est pas absente du récit, envers les Beefs, envers Thatcher qui a laissé crever Bobby, mais aussi envers l’Eglise catholique irlandaise : « L’Eglise catholique, par le biais de ses prêtres les plus serviles, nous informa que « personne ne votera pour Bobby Sands ». C’était tout à fait réconfortant de savoir que le gouvernement britannique et l’Eglise catholique chiaient dans les mêmes pantalons. »

Sam résume très bien ce que l’on ressent, nous, lecteur, à son égard et à l’égard de ses camarades de galère : « Dans un profond silence, les souvenirs de toutes ces années me sont revenues où, battu et nu, j’attendais d’être conduit aux Blocs pour commencer mon parcours cauchemardesque. Tant de souffrances, tant de morts et de tortures. Comment avons-nous pu – nous les Blanket Men – survivre à tout ça ? ». C’est ce qu’il se demande lui-même et ce qu’on nous nous demandons en lisant ses lignes.

Sam finira par sortir de prison par la porte, après une tentative d’évasion. Le livre bascule alors dans une autre partie de sa vie, de l’autre côté de l’Atlantique, à New York. J’ai été un peu moins captivée par le récit mais sa vie là-bas a aussi été hors du commun. Je me suis juste demandé ce qui lui était passé par la tête (on a la réponse dans le livre) 1) d’aller braquer une banque ; 2) avec un pistolet en plastique. Le Sam de cette partie du livre m’a fait penser à un personnage de comics (et à New York, Sam avait ouvert une librairie dédiée entièrement aux comics « collector ») ! En plus, il réussit là le 5e plus gros casse perpétré aux USA, le tout sans une goutte de sang versé. Une histoire dingue qu’il paiera chèrement par de la prison, avant d’etre gracié par Bill Clinton. Il est aujourd’hui interdit de séjour sur le sol américain.
Comme dit Sam dans son livre, « Un fer à cheval dans le cul ? Non, toute une écurie ! »

Je classe ce livre parmi mes coup de coeur 2014. Bouleversant, poignant, avec toujours le sens de l’humour (noir) ! Une lecture qui ne s’oublie pas.

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Rouge est le sang

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Paul Goodman, jeune homme de Belfast au chômage, ne trouve, pour se sortir de cette situation, que d’aller travailler dans l’abattoir de la ville, grâce aux conseils de son meilleur pote, « Lucky » (le mal-surnommé). Il y découvre un univers surréaliste, peuplé de personnages violents, des monstres, dans tous les sens du terme, dirigés par le sinistre Shank : celui-ci y fait travailler ses deux filles : Violet la Violente, défigurée par un accident de voiture, dont le visage ressemble à un spot de discothèque et Geordie, infirme qui ne peut se déplacer qu’avec une démarche chaloupée agrémentée d’un bruit de ferraille.

Le roman s’ouvre sur une scène de torture et se poursuit avec le bizutage de Paul Goodman à l’abattoir. On pourrait refermer le livre, partir en courant. Pourtant, quelque chose vous aguiche, vous invite à poursuivre. Et il faut poursuivre pour découvrir une pépite, un polar comme vous n’en avez encore sans doute jamais lu. Un polar sans détective ni énigme à résoudre, très très noir, mais à la fois très drôle par moments, du polar à la sauce nord-irlandaise. Ici, pas de super-héros, mais des personnages rafistolés, déglingués, déjantés. Chacun à leur manière. Des meurtres. Et une histoire d’amour. Geordie, c’est un peu la petite soeur de Frankeinstein dans Belfast. Ambiance !

Un texte blindé d’argot, qui dit les choses sans s’encombrer de pudeur. Un bon suspense. On se régale. Et puis, avec Lucky, le champion du pub crawl, on apprend que « la seule chose meilleure qu’une bonne pinte de Guinness, c’est une bonne pinte de Guinness gratuite » ! Pardi !

C’était mon troisième rendez-vous avec Sam Millar. Un livre encore différent des deux lus précédemment. Un zeste d’autobiographie avec l’histoire du jeune belfastois qui va travailler à l’abattoir. Un sens de l’humour noir hors du commun.

Un très bon moment de lecture que je vous recommande !

 

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