Les fugueurs de Glasgow

003527678(1)

 A travers les mots de Jean-René Dastugue

Ce n’est pas du côté des Hébrides extérieures que nous emmène cette fois Peter May, mais à travers un périple qui va de Glasgow à Londres. En 1965, Jack, le narrateur, décide de se faire la belle avec quatre autres potes en direction de la capitale anglaise. C’est la première fois que les adolescents qu’ils sont quittent leur Ecosse natale. Ils ont monté un groupe de rock et se disent qu’à Londres, ils ont peut-être des chances de se faire connaître. Nous sommes dans les Sixties rugissantes, ils reprennent de titres phares des stars de l’époque, en particulier les Beatles. Ils sont rapidement repérés par un type un peu louche, mais maintenant qu’ils sont à Londres, il est trop tard pour reculer.
On retrouve Jack cinquante ans plus tard. Grand-père de Ricky, un jeune diplômé brillant mais fainéant, qui, plutôt que de chercher du travail, passe ses journées devant sa console de jeux vidéos à tuer des gens pour de faux. Un choc de génération pour Jack qui a vécu la guerre. L’occasion faisant le larron, Jack, qui ne s’est jamais aussi senti vivant qu’en 1965, décide de refaire le périple Glasgow-Londres, avec ses amis de l’époque. Pour secouer son petit-fils, il lui annonce qu’il fait partie du voyage, faute de quoi, il dénoncera à ses parents ce qu’il fait sur le Net dès qu’ils ont les yeux tournés…

Le roman est en perpétuel mouvement avec un récit qui se déroule en 1965 et un autre qui se passe de nos jours, en 2015. On sait d’emblée que la fugue des ados à Londres en 1965 s’est terminée en tragédie mais on ne sait pas exactement pourquoi. L’intrigue de ce roman noir est d’ailleurs assez vite releguée à l’arrière plan au profit de l’ambiance psychédélique du Londres de 1965 très bien restituée (vous saurez entre autres tout sur les effets du LSD! ).
Peter May s’attache également à décrire la métamorphose de la Grande-Bretagne, en particulier à travers la ville de Leeds, qui a vu, dans les années 60, disparaître les maisons ouvrières au profit de la plus grande cité (expérimentale !) d’Europe, détruite depuis, pour les raisons qu’on imagine bien.
Un bon coup de griffe aussi à l’encontre de la volonté politique de démanteler, au nom du profit, les chemins de fer britanniques en fermant les lignes peu rentables. Jack a cet égard pose un regard quasi-prémonitoire sur le futur :

« L’espace d’un instant, j’eus la sensation d’assister à la fin de quelque chose. D’une époque, peut-être. Un tournant de l’histoire de notre pays. Les rêves d’une nation symbolisés par une gare abandonnée et des rails tordus. »

Avec Les fugueurs de Glasgow, c’est tout un pan de l’évolution d’un pays qui se déroule sous nos yeux, d’un point de vue culturel et social. J’ai vraiment aimé cet aspect du roman.
En 1965, grâce à la musique, « tous les vestiges de la guerre étaient  emportés sur son passage. Le rationnement, le service national (…), les vieux programmes guindés et ennuyeux du BBC Light Programme, les cheveux courts, les costumes cravates ».

Peter May laisse aussi la parole aux victimes de la crise économique contemporaine et ça ne mâche pas ses mots : « Il y a des gens à Farsley qui ont travaillé toute leur vie jusqu’à ce que ces banquiers foutent en l’air l’économie. Des putains de flambeurs, voilà ce qu’ils sont. Et ce sont les travailleurs honnêtes qui vivent ici qui en paient le prix. (…). On est dans un des pays les plus riches du monde et il y a plus de trois millions et demi de gamins qui vivent dans la pauvreté. Un sur quatre. »

J’admire toujours autant l’aspect documentaire qu’il y a dans les polars de Peter May. On sent toujours le journaliste derrière l’écrivain. A tel point qu’on a parfois l’impression que le premier prend vraiment le dessus sur le second. En effet, il y a bien l’histoire de cette bande d’adolescent partis faire l’expérience de la vie à Londres, et de ce point de vue là, le livre a aussi l’allure d’un roman d’apprentissage, mais le problème c’est que l’intrigue fout le camp un peu trop loin et le lecteur l’oublie pour soudain la retrouver à la fin, pour la résolution de l’intrigue.
J’avoue que j’ai trouvé la fin un peu cousue de fil blanc. On est content pour Jack, tout de même, mais bon, c’est très « violon et trémolos » !
(oui, il y a une histoire d’amour qui court tout le long etc.). C’est un peu le côté guimauve un peu plus que d’habitude !

Un beau roman néanmoins sur l’amitié, les rêves adolescents déçus, la maturité, le choc des générations. Un roman autobiographique, à ce que je crois savoir.
A lire en écoutant les Beatles, par exemple.

beatlesaffichecredit

Publié dans Littérature écossaise | Tagué , , | 2 commentaires

Juste avant l’Oubli

41+au6NDIFL

4e de couverture : « Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C’est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement – il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l’île n’a d’autre habitant qu’un gardien taciturne ni d’autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter sur les « lieux du crime », l’oeuvre de l’écrivain mythique. Cet été-là, Emilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d’organiser les Journées d’études consacrées à l’auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l’occasion de convaincre Emilie de passer le restant de ses jours avec lui.
Mais sur l’île coupée du monde, rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu’il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s’immiscer dans l’intimité du couple. »

Je reproduis tel quel la quatrième de couverture, qui raconte entièrement l’histoire, parce qu’il n’y a rien à ajouter. A peine le livre ouvert, j’ai eu comme un mauvais pressentiment  en lisant la note de l’auteur :
« Idéalement, dans ce livre, les personnages parleraient un certain mélange de langues, incluant notamment de nombreux dialogues en anglais. Pour des raisons pratiques que le lecteur peut imaginer, l’intégralité de ce roman est malgré tout écrite en français – ceci à l’encontre de tout réalisme mais évitant les notes en bas de page avec traduction. »

En fait, lire « île perdue des Hébrides » et quelque chose qui a à voir avec un écrivain écossais (imaginaire) m’a fait jeter mon dévolu sur ce roman tombé sous mes yeux par hasard. Mais pas la peine d’écrire un million de pages ni un million de signes pour dire que ce roman est mortellement ennuyeux ! Sans doute, à force de vouloir forcer sur le réalisme, Alice Zeniter perd son lecteur en route. Que diriez-vous si on vous envoyait à un colloque sur un écrivain que vous ne connaissez pas, dont vous n’avez rien lu et où des chercheurs débattent de points de détail, d’interprétation de l’influence de sa vie personnelle sur son oeuvre ?
Ensuite, en guise de réalisme, chaque chapitre est introduit par une citation de l’écrivain imaginaire Galwin Donnell, que j’ai fini par ne plus lire, de même que les notes en bas de page, sur des articles ou revues qui n’existent pas.

Quant à l’intrigue, Franck l’amoureux éconduit un peu brutalement par Emilie avec qui il veut fonder une famille, laquelle lui rétorque qu’elle veut entamer une thèse et que ce n’est pas le moment…. ça fait un peu caricature. Alors, quand on apprend qu’Emilie a été attirée par Franck parce qu’il ressemble à s’y méprendre à l’écrivain objet de sa thèse quand il était jeune, ça détruit toute la tentative de réalisme élaborée par l’auteur ! Un peu too much, non ?

Donc voilà, si vous voulez vous évader en direction des Hébrides, avec un roman palpitant, ce n’est pas celui-ci qu’il vous faut ! Je me suis royalement ennuyée. Sans doute que l’idée était bonne, mais il manque un élément majeur : la distraction !
La mise en abyme de la figure de l’écrivain finit à la flotte !
S’inspirer d’une tentative de thèse pour en faire un roman n’est peut-être pas une bonne idée.

Publié dans Littérature française | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

A travers les champs bleus

41p+jw-s3vL

Voici le troisième ouvrage de Claire Keegan publié en France, l’an dernier. J’avais beaucoup aimé son premier recueil de nouvelles, L’antarctique etle court roman Les trois lumières. Mais A travers les champs bleus m’a subjuguée !

Claire Keegan revient au genre de la nouvelle, dont les écrivains irlandais excellent et en ont fait un genre littéraire majeur dans l’île.

Il m’est difficile de parler avec une grande précision de ces huit nouvelles car j’ai lu ce recueil il y a quelques semaines et la multiplicité des histoires n’aide pas la mémoire, surtout quand on a pris peu de notes en cours de lecture, préférant se laisser emporter par l’ambiance !

Mais la nouvelle qui ferme le recueil,  « La nuit des sorbiers », reste ancrée dans ma mémoire et c’est la plus sublime de toutes pour moi. Les indices du texte font savoir au lecteur qu’elle se déroule à Inis Mor, la plus grande des îles d’Aran. Claire Keegan parle ici de la solitude de deux êtres, un homme qui vit avec une chèvre dans son lit et une femme presque sorcière qui emménage dans la maison d’à côté après un décès. Mais c’est surtout la superstition et le folklore qui embrasent cette nouvelle et nous plonge dans une ambiance à la limite du fantastique. Un court texte tiré d’après « L’eau du bain de pieds », conte de fées irlandais, plante le décor « psychologique : « Jadis à la campagne, dans toutes les maisons, les habitant se lavaient les pieds, comme ils le font maintenant, et une fois que l’on s’était lavé les pieds, il fallait toujours jeter l’eau dehors, car l’eau sale ne devait pas rester à l’intérieur de la maison durant la nuit. Les vieilles gens disaient toujours qu’un malheur risquait de s’abattre sur la maison si l’eau du bain de pieds restait à l’intérieur »… Et puis, il faut savoir qu’un sorbier a des pouvoirs magiques en Irlande (au même titre que l’aubépine, d’ailleurs), celui de l’enchantement.
Et c’est vraiment ce qu’il se passe : Claire Keegan endosse ici avec talent le rôle du conteur des veillées irlandaises et vous embarque dans un univers à part.

Quant à la nouvelle « La fille du forestier », elle parle de l’attachement (historique) de l’Irlandais à sa terre, de cet attachement jusqu’à l’égoïsme et la radinerie. Un mariage de tout sauf d’amour et une épouse malmenée qui finit par se venger grâce à son talent de conteuse et raconte ainsi sa vie  à peine déguisée par le truchement du conte aux voisins ! Et quand on connaît l’importance du « qu’en dira-t-on » en Irlande, on sait très bien que le vilain mari en sera blessé à vie.

Car oui, il est pas mal question d’amour malheureux, de secrets de famille qui remontent à la surface, de religieux malheureux….

Ces nouvelles sont sublimes mais tellement riches et complexes qu’il n’est pas facile d’en parler. Le mieux c’est de les lire.

Publié dans Littérature irlandaise | Tagué , , | Laisser un commentaire

Une illusion passagère

41hKN0jrFUL

4e de couverture : « Martin, haut fonctionnaire irlandais d’une cinquantaine d’années, rattaché à un ministère en bout de course, se retrouve, le temps d’un voyage officiel en Chine, seul dans sa luxueuse chambre d’hôtel. Accablé par une existence terne, entre son épouse et ses trois filles, il décide de s’offrir un massage durant son séjour. La jeune femme chinoise qui vient le masser ne parle pas sa langue et ne partage rien de sa vie : mère célibataire, elle peine à joindre les deux bouts, mais ce qu’elle lui procure est autrement précieux : le plaisir d’être touché, la sensation d’être désiré. Une complicité naît entre eux, que rompt la proposition de la jeune femme de monnayer ses charmes. Martin va-t-il céder à cette tentation ? L’écriture dense et acérée, mais aussi d’une grande sensibilité, de Dermot Bolger condense la vie d’un homme, ses convenances, ses incertitudes et son trouble l’espace d’une nuit. »

 Je continue sur ma lancée de la rentrée littéraire d’écrivains étrangers avec cet autre roman très court de l’illustre Dermot Bolger, tout aussi connu que Roddy Doyle en Irlande, dans un registre différent.

Martin, haut-fonctionnaire irlandais quinquagénaire accompagne dans son dernier souffle le gouvernement que la crise financière qui frappe l’île d’émeraude fera chuter. Epuisé moralement tant par son couple qui bat de l’aile que par son boulot ingrat, Martin en voyage officiel en Chine, décide de se faire masser. L’idée ne lui vient pas d’emblée mais après réflexion, de manière plus ou moins détournée par une employée chinoise qui lui force presque la main, en lui expliquant qu’elle va lui envoyer quelqu’un dans sa chambre, de manière discrète et professionnelle…. Notre homme se laisse piéger par l’idée tentante de se faire du bien… jusqu’à croire à la sincérité de sa masseuse…alors qu’il ne s’agit que d’une illusion passagère.

Martin est la personnification de la chute du pays. Le titre original du livre est d’ailleurs The Fall of Ireland. Un roman très court (une novella) mais au goût de vitriol. Dermot Bolger n’y va pas par quatre chemins :

« L’Irlande avait été ruinée par les banques et les investisseurs, par les partis politiques déterminés à se surpasser les uns les autres dans leur générosité vis-à-vis des électeurs qui avaient pris l’habitude d’attendre ce genre de largesses – tous emprisonnés dans une illusion vertigineuse qui ne pouvait que se terminer par une chute. »

Autement dit chacun en prend pour son grade ! Les Irlandais qui se sont plus à croire à l’illusion de moyens financiers qu’ils n’avaient pas, illusion que leur permettaient les banques qui prêtaient sans compter, elles-mêmes autorisées par les politiques. L’illusion d’un bon massage, mais quand ça s’arrête, ouille la réalité n’en est que plus douloureuse ! Un mensonge organisé qui a ruiné le pays.

J’ai vraiment aimé l’habileté de Dermot Bolger à amener la question de ce mensonge par l’idée du massage. Martin fait mal au coeur, on le trouve un peu bêta mais on ne lui en veut pas. On se laisse prendre au jeu et on s’interroge nous aussi sur la sincérité de la masseuse que l’écrivain met malgré tout en suspens. On a finalement un tout petit doute qui subsiste parce qu’elle lui dit qu’il est un homme gentil. Oui, mais la Chine qui dit ça à l’Irlande, la Chine, pays qui achète le reste de la planète et dont le voyage officiel de Martin est justement d’aller vendre son pays, ça fait réfléchir…

C’était ici mon troisième rendez-vous avec Dermot Bolger, découvert avec l’excellent Toute la famille sur la jetée du Paradis. Une chose est sûre : j’y reviendrai encore et toujours !
Et voilà  encore un chouchou irlandais qui gagne à être connu en France ! Je regrette que son roman n’ait pas été davantage sur le devant de la scène pendant cette rentrée littéraire. Parce que Dermot ne fait pas dans la qualité littéraire moyenne, il fait dans l’excellent !

 

 

 

Publié dans Littérature irlandaise | Tagué , , , | Laisser un commentaire

En cas de forte chaleur

41OQ-qr4hjL

4e de couverture : « Comme chaque matin depuis trente ans, Robert Riordan part acheter son journal. Mais en ce jour caniculaire de juillet 1976, Robert part et ne revient pas.
Dans leur maison londonienne, Gretta, sa femme, s’interroge : quelle mouche a bien pu le piquer ? Doit-elle prévenir les enfants ?
A peine réunis, ces derniers tentent de prendre la situation en main : les placards sont retournés, les tiroirs vidés, chaque pièce fouillée en quête d’indices.
Mais, alors que les mystères autour de leur père s’épaissit, les vieilles rancoeurs ressurgissent. L’aîné en a assez : pourquoi est-ce toujours à lui de prendre en charge sa famille ? Quant aux soeurs, jadis si proches, quel événement a brisé leur lien, si terrible que la cadette a décidé de mettre un océan entre elles ? Et Gretta, a-t-elle vraiment tou dit ? »

A priori, les histoires de famille en littérature, ce n’est pas trop mon truc. Mais quand c’est Maggie O’Farrell qui les écrits, je fais une exception.

A l’instar de la canicule de 1976, ça chauffe sec dans la famille Riordan depuis que le père a disparu. Règlements de compte et compagnie entre Francis Michael, Monica et Aoife, entre eux, envers leur mère, envers Claire l’Anglaise épousée par Francis Michael, envers Gretta, la mère de la tribu. Bref…
Maggie O’Farrell peint chacun des personnages avec finesse, tendresse, mais aussi férocité pour certains d’entre eux.
Pendant cette lecture, j’ai eu peu de sympathie pour Claire, Anglaise qui reproche tant à son mari (l’avoir empêché de passer sa licence). Mais si on plaint Michael Francis, on s’aperçoit aussi qu’il est un zeste agaçant par son manque de courage à fermer le clapet de sa femme une bonne fois pour toutes.
C’est sans doute Aoife le personnage le plus attachant de la famille : illettrée, cherchant à cacher aux yeux du monde cet handicap majeur, ce n’en est pas moins une jeune femme libre, têtue, et anti-conformiste – autant que son prénom purement irlandais dans un monde américano-anglais !
Quant à Gretta, bien sous tout rapport à première vue, bien pensante etc., elle cache un lourd secret dont la révélation va renverser la donne ! Quelque chose qu’elle a reproché à Monica elle-meme, son aînée à la famille recomposée (en miettes)…

Mais ce qui tient en haleine, c’est le personnage de Robert, le père qui a pris la fuite. C’est ce qui nous fait ne pas lâcher le roman avant la fin et nous embarquer en Irlande, dans le Connemara, avec toute la famille pour connaître le fin mot de l’histoire. Sur la fameuse plage de corail qui se trouve là-bas, les aigreurs s’apaisent, les vérités se font. Quitte à rencontrer une sorte de cousin du monstre du Loch Ness : « Aoife et la créature se dévisagent. On dirait une loutre, mais en plus gros, ou un phoque, mais avec des poils plus longs. Puis l’animal lève une patte griffue qu’il se passe une fois, deux fois du museau jusqu’au crâne. » Aoife « tente de chasser de ses pensées les histoires que racontait sa mère sur des esprits, des ondines, des marins conduits à la mort par des apparitions lors des nuits semblables à celle-ci. »

Cependant, Maggie O’Farrell ne jette pas la pierre à Gretta, du moins pas tout à fait. Elle explique la difficulté d’être Irlandais en Angleterre à l’époque où elle a émigré là-bas, s’imaginant que ses enfants ne pourraient pas comprendre,obsédée par cela : « Ses enfants s’imaginaient qu’ils avaient souffert parce qu’on les injuriaient à l’école, qu’on racontait toujours les mêmes blagues sur les Irlandais, que certains gosses du voisinage avaient interdiction de jouer avec de sales catholiques. Mais ils n’avaient aucune idée de ce que ça représentait d’être irlandais en Angleterre à l’époque, à quel point ils étaient détestés, raillés et méprisés (…). On vous crachait à la figure dans le bus en entendant votre accent, on refusait de vous servir dans les cafés, on vous chassait si vous essayiez de vous reposer sur un banc dans un parc ou bien on écrivait : « Les Irlandais ne sont pas acceptés » dans les vitrines des magasins. »

Je conclus en disant que j’ai bien aimé mais que la seule chose que je reproche, c’est peut-être la fin un peu trop lisse à mon goût et donne presque une impression de fin bâclée. On se laisse néanmoins emporter par cette lecture où les secrets de famille remontent à la surface au fur et à mesure.

Publié dans Littérature nord-irlandaise | Tagué , , | Laisser un commentaire

On the Brinks

51c8a6J11JL

Extrait de la 4e de couverture : « De fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d’un thriller. A ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles. »

Je vous ai présenté Sam Millar il y a peu en vous disant que je venais de lire son autobiographie qui m’avait bouleversée. C’est peu dire tellement ce livre reste imprimé dans votre mémoire même plusieurs semaines après l’avoir refermé.

Sam est un ex-membre de l’IRA d’Irlande du Nord. Il a grandi à Belfast, dans Lancaster Street. Catholique, il n’est pas moins un mélange explosif, comme il le dit lui-même, avec tout l’humour qui le caractérise, puisque l’un de des grand-pères était tout bonnement protestant, Orangeman, de surcroît, jusqu’à… ce qu’il rencontre sa grand-mère ! Comme quoi, les histoires d’amour dépassent parfois les préjugés !

Sam commence à travailler dans un dépot de bois, où sont employés une douzaine de catholiques sur une centaine d’hommes… C’est tellement difficile, qu’il décide finalement d’aller à un jet de pierre de là, dans un… abattoir ! Autant dire que déjà le décor belfastien est bel et bien planté pour vous mettre dans l’ambiance. Mais ce sont les événements de Derry et le trop tristement célèbre Bloody Sunday qui seront le facteur déclencheur de l’engagement de Sam Millar dans les rangs de l’IRA.

De là, il atterrit rapidement à Long Kesh, la sinistre prison de Belfast.
Et là, autant vous avertir tout de suite : j’imagine que la plupart d’entre vous ont vu In the Name of the Father, Hunger, Bloody Sunday etc. On a tous en mémoire les atrocités commises par Margaret Thatcher. On connnaît tous la fin funeste du jeune député Bobby Sands. Mais lire ce qui se passait à l’intérieur de la prison de Long Kesh, en particulier le sort réservé aux Blanket Men, dont faisait partie Bobby Sands et Sam Millar, est, je crois, encore un degré plus fort dans l’émotion. Les Blanket Men ont été torturés, avec une perversité dont on n’a pas idée. Comment a-t-on pu laisser faire ça ? C’est la question lancinante qui me revenait sans cesse à l’esprit pendant la lecture. Même si on « savait » avant, en lisant ces mots, on se rend compte que c’est encore pire que ce qu’on imaginait. Un cauchemar est à côté un rêve agréable !

Sam a été torturé pendant sept ans. A titre de témoignage d’un rescapé, ce livre est précieux et bouleversant. Cela va sans dire que mon estomac s’est noué plus d’une fois et que les larmes montent facilement aux yeux. Mais Sam pourtant, ne fait pas dans le pathos. Il a même, avec le recul, le sens de l’humour. Ainsi, constate-t-il : « Si nous avions Hulk, on écraserait les Beefs en une semaine. »  Les matons de la prison ont tous un surnom. Il y a, par exemple, la Verrue Humaine. Mais aussi le Fourgon Enchanté… (pour tenter de s’évader).

La colère, bien compréhensible, n’est pas absente du récit, envers les Beefs, envers Thatcher qui a laissé crever Bobby, mais aussi envers l’Eglise catholique irlandaise : « L’Eglise catholique, par le biais de ses prêtres les plus serviles, nous informa que « personne ne votera pour Bobby Sands ». C’était tout à fait réconfortant de savoir que le gouvernement britannique et l’Eglise catholique chiaient dans les mêmes pantalons. »

Sam résume très bien ce que l’on ressent, nous, lecteur, à son égard et à l’égard de ses camarades de galère : « Dans un profond silence, les souvenirs de toutes ces années me sont revenues où, battu et nu, j’attendais d’être conduit aux Blocs pour commencer mon parcours cauchemardesque. Tant de souffrances, tant de morts et de tortures. Comment avons-nous pu – nous les Blanket Men – survivre à tout ça ? ». C’est ce qu’il se demande lui-même et ce qu’on nous nous demandons en lisant ses lignes.

Sam finira par sortir de prison par la porte, après une tentative d’évasion. Le livre bascule alors dans une autre partie de sa vie, de l’autre côté de l’Atlantique, à New York. J’ai été un peu moins captivée par le récit mais sa vie là-bas a aussi été hors du commun. Je me suis juste demandé ce qui lui était passé par la tête (on a la réponse dans le livre) 1) d’aller braquer une banque ; 2) avec un pistolet en plastique. Le Sam de cette partie du livre m’a fait penser à un personnage de comics (et à New York, Sam avait ouvert une librairie dédiée entièrement aux comics « collector ») ! En plus, il réussit là le 5e plus gros casse perpétré aux USA, le tout sans une goutte de sang versé. Une histoire dingue qu’il paiera chèrement par de la prison, avant d’etre gracié par Bill Clinton. Il est aujourd’hui interdit de séjour sur le sol américain.
Comme dit Sam dans son livre, « Un fer à cheval dans le cul ? Non, toute une écurie ! »

Je classe ce livre parmi mes coup de coeur 2014. Bouleversant, poignant, avec toujours le sens de l’humour (noir) ! Une lecture qui ne s’oublie pas.

Publié dans Littérature nord-irlandaise | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Rouge est le sang

41ezhqrzZhL

Paul Goodman, jeune homme de Belfast au chômage, ne trouve, pour se sortir de cette situation, que d’aller travailler dans l’abattoir de la ville, grâce aux conseils de son meilleur pote, « Lucky » (le mal-surnommé). Il y découvre un univers surréaliste, peuplé de personnages violents, des monstres, dans tous les sens du terme, dirigés par le sinistre Shank : celui-ci y fait travailler ses deux filles : Violet la Violente, défigurée par un accident de voiture, dont le visage ressemble à un spot de discothèque et Geordie, infirme qui ne peut se déplacer qu’avec une démarche chaloupée agrémentée d’un bruit de ferraille.

Le roman s’ouvre sur une scène de torture et se poursuit avec le bizutage de Paul Goodman à l’abattoir. On pourrait refermer le livre, partir en courant. Pourtant, quelque chose vous aguiche, vous invite à poursuivre. Et il faut poursuivre pour découvrir une pépite, un polar comme vous n’en avez encore sans doute jamais lu. Un polar sans détective ni énigme à résoudre, très très noir, mais à la fois très drôle par moments, du polar à la sauce nord-irlandaise. Ici, pas de super-héros, mais des personnages rafistolés, déglingués, déjantés. Chacun à leur manière. Des meurtres. Et une histoire d’amour. Geordie, c’est un peu la petite soeur de Frankeinstein dans Belfast. Ambiance !

Un texte blindé d’argot, qui dit les choses sans s’encombrer de pudeur. Un bon suspense. On se régale. Et puis, avec Lucky, le champion du pub crawl, on apprend que « la seule chose meilleure qu’une bonne pinte de Guinness, c’est une bonne pinte de Guinness gratuite » ! Pardi !

C’était mon troisième rendez-vous avec Sam Millar. Un livre encore différent des deux lus précédemment. Un zeste d’autobiographie avec l’histoire du jeune belfastois qui va travailler à l’abattoir. Un sens de l’humour noir hors du commun.

Un très bon moment de lecture que je vous recommande !

 

Publié dans Littérature nord-irlandaise | Tagué , , | Laisser un commentaire

3 femmes et un fantôme

61lg+kuduML

 Traduit par Marie Hermet

Mary, 12 ans, vit avec sa mère, Scarlett à Dublin. Ce jour-là, elle est triste : sa meilleure amie, qui est également sa voisine, vient de déménager pour aller habiter un peu plus loin dans la ville. Mais pour Mary c’est comme si elle était partie au bout du monde. Mary est également triste parce que sa grand-mère, Emer, est à l’hôpital depuis de longs mois. Un jour, elle rencontre dans la rue une femme qu’elle trouve étrangement vêtue, et qui de surcroît emploie un vocabulaire aussi désuet que ses vêtements. Intriguée, Mary finit par se lier d’amitié avec cette drôle de femme qui dit s’appeler Tansey. Lorsqu’elle fait part à Scarlett de sa rencontre, le sang de sa mère ne fait qu’un tour. Et pour cause…

Ceux qui me suivent régulièrement savent que j’ai un gros faible pour Roddy Doyle (et pour beaucoup d’autres écrivains irlandais, ce n’est pas un scoop !). Alors quand pendant la rentrée littéraire, mes yeux tombent par hasard sur un livre à la jolie couverture et dont personne ne parle, avec le nom de Roddy gravé dessus, je ne me pose pas de question, et je le lis !

Ce que j’admire chez Roddy Doyle, c’est la variété de ses livres, qui vont du roman « historique » (La légendre d’Henry Smart), au roman « social » (The Committments, The Van, The Snapper, La Femme qui se cognait dans les portes, Paula Spencer), ou au livre pour enfants dont celui-ci fait partie. Et c’est un roman très très mignon, de surcroit très distrayant, qui vous déconnecte de la réalité en un rien de temps pour rentrer dans un univers fantastique si vous avez su garder votre âme d’enfant.

On retrouve ici un fantôme tout ce qu’il y a de plus classique : une âme errante tourmentée mais pas du tout malfaisante, au contraire. Tansey est une maman morte trop tôt, alors que sa fille n’avait que trois ans. Une maman qui s’inquiète depuis tellement longtemps pour sa fille, à présent à l’article de la mort et qu’elle voudrait apaiser, pour elle-même retrouver la sérénité.

Roddy Doyle aborde ici le sujet délicat de la mort mais avec toujours une once d’humour. Si ce roman est émouvant il n’est pourtant pas triste. Quatre générations de femmes se retrouvent et passent un sacré bon moment ensemble, un moment que chacune d’elle gardera pour l’éternité.

J’ai vraiment passé un bon moment de détente et je ne serais pas surprise que ce roman soit adapté au théâtre car très « dialogué », avec des répliques qui font mouche, les tics verbaux très agaçants de Mary, qui n’arrête pas de dire « genre » :

– Vas y, dit Tansey, demande-moi ce que tu veux.
– Bon, dit Mary, alors, genre, pourquoi est-ce qu’il y a des fantômes ?
– Tu veux dire, pourquoi j’existe ?
– Oui, c’est ça.
– Ce n’est pas très poli, Mary, dit Scarlett.
– C’est très bien, dit Tansey. Ce n’est pas impoli du tout.
– Oh, tant mieux, alors, dit Scarlett, parce que moi aussi je voulais poser la question !
– Voilà, dit Tansey. Mais notez bien que je ne peux parler que pour moi.
– C’est mieux que rien,dit Mary.
– C’est bien vrai, dit Tansey, c’est bien vrai. Alors. Voilà. Les gens meurent. Mais parfois, souvent, en vérité, ils ne sont pas prêts à partir. Ils se font du souci à propos de certaines choses.

J’admire toujours la manière dont Roddy Doyle arrive à se mettre dans la peau des femmes.

Publié dans Littérature irlandaise, Littérature jeunesse | Tagué , , , | Laisser un commentaire

James Joyce – L’homme de Dublin

51h1ZAvvTxL

Il y a quelques temps, j’ai découvert cette BD consacrée à Joyce sur un blog, une BD dont on n’a pourtant pas beaucoup entendu parler.
Je redoutais un peu la mise en BD d’un écrivain : j’ai lu, il y a longtemps un BD consacrée à l’oeuvre de Proust, (je ne sais plus quel tome d’A la recherche du temps perdu) et c’était tout juste une cata ! S’agissant d’une biographie mise en image, je me disais que ça pouvait être aussi un tantinet casse-gueule aussi ! Eh bien, c’était une erreur car cette BD de plus de 200 pages est un vrai régal !!

Elle est très bien documentée sur la vie du fameux écrivain irlandais, qui en fait, s’il a écrit Dubliners, n’a quasiment pas vécu en Irlande de sa vie. Très jeune, il s’est exilé avec Nora (sa compagne) hors de l’Irlande pour voir du pays. Il a trainé surtout en Italie et en France, mais aussi en Suisse, où il est décédé). Je ne vais rien vous apprendre en vous disant que c’était un sacré bonhomme ! Imbu de lui-même, alcoolique, courant la gueuse, mais malgré tout un homme attachant et drôle à sa façon, un esprit torturé, désespéré de ne pas être reconnu (pétard, il en a vraiment bavé pour se faire publier !), un esprit préoccupé aussi par l’état de sa fille….

J’ai un vrai coup de coeur pour cette BD qui parvient à restituer un Joyce complexe, à la fois agaçant et attachant. On rit beaucoup, parfois jaune, parfois aux éclats. On s’émeut aussi. La fin, à ce propos, est particulièrement réussie.

Quelques images – de très mauvaise qualité parce que j’ai juste un souci d’appareil photo en ce moment…

1511780_10152095759164350_876261484_n

1601046_10152095759714350_2046441408_n

1532114_10152095759509350_393372502_n

1509131_10152110537804350_932729614_n

1012231_10152110537034350_1917436879_n

1535709_10152110536379350_214492802_n

1511191_10152110535604350_93923831_n

1511110_10152110535459350_825099567_n

1005928_10152110535299350_840501709_n

29582_10152095758464350_670501426_n

Les vignettes à la fois simples et détaillées, agréables à lire. J’ai aimé la manière dont sont dessinées les jambes de Joyce se promenant (oui, détail un peu incongru, mais ça rend bien le promeneur qu’il était). Et l’image de Joyce après sa mort, c’est carrément une extra-bonne idée !

Bref, un coup de chapeau à Alfonso Zapico. Le livre se termine par une postface : le texte écrit par Valery Larbaud pour une conférence consacrée à Joyce en 1922, qui restitue le contexte littéraire de l’époque.

Avec ce livre, on apprend beaucoup en se divertissant. Je le classe parmi mes coups de coeur

Publié dans BD | Tagué , , | Laisser un commentaire

On Canaan’s Side

51tsEj-MU2L

Lilly est une vieille femme de 89 ans. Elle vient de perdre Bill, son petit-fils et pense mettre fin à ses jours. Mais avant cela, elle a décidé de vous raconter sa vie… Lilly vit à Washington mais elle est irlandaise. Elle a dû fuir son pays dans les années 20 parce qu’elle s’est amourachée de Tadg, le compagnon de tranchée de son frère Willie. Celui-ci, contrairement à Willie, est revenu vivant du bourbier picard de la Première Guerre mondiale. Comme il a besoin de travailler, il s’engage par hasard, sans trop savoir pourquoi, dans la milice des Black and Tans. Seulement voilà, l’IRA ne fait pas de cadeaux à ceux qu’ils considèrent comme des traitres. Lilly et Tadg s’embarquent donc pour New York pour échapper à leurs tueurs. Seulement, l’IRA a des ramifications aussi de l’autre côté de l’Atlantique. Et c’est le début d’une vie mouvementée et riche d’expériences pour Lilly, qui encaissera bien des tragédies …

Tout d’abord, il faut signaler que On Canaan’s Side (disponible en français chez Folio sous le titre Du côté de Canaan) est la suite du magnifique roman Un long long chemin. Il n’est pas forcément nécessaire de le lire mais ça aide à comprendre les allusions au début du roman et à comprendre qui est le père de Lilly, ainsi que l’époque compliquée dans laquelle ils vivent. C’est en fait le troisième roman que Sebastian Barry consacre à la famille Dunne, le premier étant Annie Dunne.

L’épopée de Lilly aux Etats-Unis est vraiment prenante. Sebastian Barry mène avec brio deux plumes ici : celle de la poésie et celle du thriller.
Ayant lu le livre en VO, ce qui m’a frappée, c’est que ce roman est peuplé d’oiseaux (je ne suis déjà pas très fortiche en ornithologie avec des noms de piafs en français, alors autant vous dire que je me suis heurtée à un problème de vocabulaire sérieux dans les noms anglais!). Il y a les oiseaux de la nature irlandaise et les oiseaux humains qui sifflent dans leur salle de bain, s’envolent, disparaissant du jour au lendemain. En particulier, les hommes qui entreront dans la vie de Lilly. Des oiseaux partout chez eux, ici ou ailleurs. Aux Etats-Unis, ou en Irlande ou en Italie, ou en Afrique. Une image du peuple américain intéressante…
Lilly, quant à elle, organise ses souvenirs un peu comme dans un feuilleton TV (elle dit d’ailleurs que ses souvenirs sont comme une sorte de télévision). Le lecteur est pris dans l’enchaînement de sa vie et de ses rebondissements successifs au rythme de l’Histoire. Un récit riche en surprises, où rien n’est fortuit et ce, jusqu’à la dernière page. Un conseil : prêtez une attention particulière à la description de Joe, le deuxième homme de la vie de Lilly, après Tadg… Sebastian Barry insuffle dans son héroïne tout le talent d’une conteuse de veillée irlandaise ! D’ailleurs, elle adore les histoires : « I like stories that other people will tell you, straight from the mouth – or the gob as we used to say in Ireland. Easy-going tales, off the cuff, humourous. Not heavy-hearted tales of history. »

On se prend d’empathie pour cette femme au coeur qui se brise comme une poupée de porcelaine. Une vieille femme de 89 ans au bord du vide mais à la vie bien remplie et qui ne se plaint pas. Malgré les malheurs qui l’ont frappée, elle ne s’est pas départie de son sens de l’humour. Elle résume sa rencontre avec l’homme de sa vie ainsi  : « It was my secret self meeting his secret self. They shock hands. They went at it. »  

Sebastian Barry rend ici encore un roman émouvant, très riche et prenant. Je n’ai qu’un mot : somptueux !

Je ne regrette pas de l’avoir traîné dans mon sac à dos depuis Dublin et je me dis que j’aurais dû le lire depuis longtemps…

Publié dans Littérature irlandaise | Tagué , , | Laisser un commentaire