Le mur des silences – Arnaldur Indridason

Traduit par Eric Boury

Le mur des silences est le 4e volume de la série « Konrad » et le 3e que je lis. Comme chaque opus fait référence aux précédents, je vous conseille de les lire plutôt dans l’ordre. C’est ainsi que je me suis aperçu en cours de lecture que je n’avais pas lu La pierre du remords, le 3e volume. Cela n’empêche pas de comprendre l’histoire, même si une bonne partie fait référence aux Fantômes de Reykjavik, soit le 2e volume. Vous suivez ? En effet, le personnage de Konrad évolue, surtout son histoire familiale.

Je re-situe le personnage principal : Konrad est un policier en retraite. Son enfance a été douloureuse. Son père était un ignoble bonhomme. Il a découvert qu’il a été assassiné. Il a trempé dans des escroqueries, des histoires d’inceste et autres violences familiale, il battait sa femme, qui est partie avec la soeur de Konrad pour vivre ailleurs. Konrad est lui-même un personnage loin d’être parfait mais qui ne veut pas reproduire les schémas de son père. Il est aujourd’hui veuf, sa femme est décédée d’un cancer, ils étaient séparés. Hugo, son fils était très proche d’elle. Konrad le sait mais n’a jamais avoué une certaine chose à ses enfants : il a trompé son épouse pendant sa maladie. (Oui, Indridason a la main lourde, niveau malheur). Hugo l’apprend par la maîtresse de son père (du moins son ex-maitresse) et, dans cet opus, se brouille avec lui. Cela ne va pas permettre à Konrad de faire totalement le net dans son esprit. Surtout que ce qu’il va apprendre de nouveau sur son père est plutôt accablant.

L’histoire commence avec une maison qui semble hantée. Aucune femme ne s’est jamais sentie à l’aise dans celle-ci. Les familles se succèdent et n’y restent pas. Un jour, des travaux de modernisation mettent à jour un mur creux dans la cave. Je ne vous en dit pas plus pour ne pas trop spoiler l’histoire.

Le récit possède plusieurs fils narratifs qui vous promènent entre le passé et aujourd’hui. Des années où les Américains avaient encore une base en Islande et dont certains ont noué des liens avec les Islandais, se sont mariés et sont restés. Alcools de contrebande, clopes et sourires. Le tour est joué. Stan fait partie de ces Américains ayant épousé une Islandaise. Le mec le plus sympathique du monde aux yeux de ses amis. Elisa semble heureuse. Mais Benony, un ami de Stan remarque depuis quelques temps qu’elle a changé, son regard est différent, bien qu’elle soit toujours souriante. Benony aide Stan a combler un mur creux dans la cave de leur maison. Il avoue qu’il participe à quelques trafics et s’est laissé embarqué dans une histoire de cambriolage, avec Mikki et Tommi. Il y avait finalement pas grand chose à récupérer, quelques bijoux et des photos. Les photos ont disparu. Pourtant, elles vont attirer des ennuis à la bande.

C’est une histoire hyper-sombre dans laquelle nous plonge Indridason. Oui, je sais, c’est jamais très gai, mais là, c’est juste abominablement noir. Tant pour Konrad qui découvre que son père avait des tendances bien peu reluisantes, en plus de sa manie de vouloir escroquer des gens par le biais d’une entreprise de spiritisme. Le lecteur apprend au fur et à mesure la terrible histoire d’Elisa qui subit les pires violences de la part de son mari et qui doit faire éloigner leur fille unique des pattes de celui-ci. On replonge dans l’histoire de Nanna, la fille retrouvée noyée dans un lac (voir Les fantômes de Reykjavik) mise enceinte par un certain médecin et pas du tout inconnu du père de Konrad. Celui-ci remonte le fil, retourne en prison interroger un type qu’il a fait emprisonner dans les précédentes histoires. Ce type a des révélations à faire à Konrad sur l’histoire de son père, mais il ne parlera que si celui-ci lui apporte certaines pilules lui permettant de quitter ce monde sans douleur.

Autant je n’avais pas été embarquée par Les fantômes de Reykjavik, autant je me suis régalée avec Le mur des silences. Les personnages ne sont vraiment pas parfaits (sauf Elisa). Il y a un cadavre. Et une surprise ! J’ai cru deviner très tôt l’identité de ce cadavre mort 40 ans plus tôt. Mais, comme sans doute beaucoup de lecteurs, je me suis fait rouler dans la farine !

Indridason peint un beau portrait de femme en souffrance qui saura affronter son démon pour renaître de ses cendres. Il y a à ce titre une scène que j’ai trouvé excellente ! Malgré la noirceur de l’histoire dans son ensemble, elle l’illumine d’espoir. Benony est également un homme attachant.

Un bon volume, une histoire à rebondissements. J’attends dans savoir davantage sur l’identité du meurtrier du père de Konrad, dans le prochain volume, j’espère et de savoir également si celui-ci va pouvoir se réconcilier avec son fils. L’histoire de famille de ce héros totalement imparfait et d’autant plus humain, est le fil ténu de la série. J’aimerais juste qu’il soit davantage question de la société islandaise et de l’histoire de l’Islande, comme c’était le cas dans la série « Erlendur » que j’avais adoré (et qui me manque toujours ! )

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Vendetta – Les héritiers de la Brise de mer – Violette Lazard & Marion Galland

« Le bar a aujourd’hui disparu, mais sur les quelques photographies de l’époque, publiées dans les gazettes locales de la fin des années 1970, on distingue la devanture d’un café quelconque. (…) C’est là que tout a commencé, quai de la Marine, sur le Vieux Port de Bastia (…). Au départ la Brise de mer était un simple bar. »

Santucci, Seatelli, Guazelli, Costa, Mariani, Michelosi, Casanova. On ne sait pas trop pourquoi ces jeunes ont décidé de faire des affaires d’une drôle de manière en Corse. Un groupe éclectique. Il y a des fils et petit-fils de notaires, un étudiant en droit, des casiers vierges et des déjà-condamnations pour braquages. Pas des prolos. Plutôt la classe moyenne. C’est le moment où le tourisme devient florissant en Corse, avec les deux ferries qui font la navette entre l’Ile de beauté et le continent. Les boîtes de nuit, les casinos, les bars, sont déjà tenus par des gangsters, la bande de Louis Memmi, qui règne tranquillement sur le nord de l’île. Pas un problème pour la Brise de mer nouvellement formée : elle dézingue avec une facilité déconcertante le parrain de l’époque d’une balle tirée où il faut. L’âge d’or de la Brise de mer peut commencer.

Un « petit » casse à Genève dans la mythique banque UBS (Union des banques suisses) le 25 mars 1990 va mettre 120 millions de francs dans les caisses du gang, dont on n’a jamais retrouvé un centime, mais qui continuerait à faire tourner bien des entreprises en Corse, des casinos, le cercle de jeux de Wagram à Paris (celui-ci n’existe plus mais a bénéficié du blanchiment d’argent).

Le gang va infiltrer l’économie de l’île et pas que de l’île ! Robert Badinter aurait alerté sur la puissance de ce clan de malfrats. Si Al Capone est tombé, la Brise résiste, échappe à la justice, aux préfets, aux magistrats et même aux agents du fisc. Le blanchiment d’argent est leur domaine de prédilection. Richissime à l’aube des années 2000, la Brise disposerait à l’époque, d’un patrimoine entre 800 millions et 1 milliard de francs, 500 comptes bancaires mais seulement 3000 francs déclarés par mois. Contrairement au banditisme traditionnel, qui se cantonne aux machines à sous, à la drogue et la prostitution, la Brise a investi son butin dans l’économie traditionnelle. La mise en place d’un système mafieux, pas tout à fait à l’italienne (il n’y a pas de chef de gang). La Brise apporte son soutien aux entreprises locales qui ont des difficultés à obtenir des prêts bancaires. Elle sert de relais pour les subventions publiques (sic !), notamment les subventions européennes.

Les nouveaux seigneurs paradent en Porsche, leurs femmes font des emplettes dans les commerces de luxe (Chanel, Versace, Dior…). La grande vie ! Mais ils ont été certainement trop naïfs pour croire que ça pouvait durer. Jalousie, rivalité, trahison, haine entre gangs (notamment celle du Petit Bar qui règne sur la Corse du Sud et voit d’un très mauvais oeil la Brise de mer (lol, de vrais caricatures de crevures, que voulez-vous ). Les premiers assassinats entre crapules. Le début de la chute. Tous les fondateurs vont crever de balles dans le crâne et autres mitraillages dans le coeur. Le problème est que la crapule, ça se reproduit ! Soi-disant que les fondateurs de la Brise n’auraient pas voulu voir leurs enfants mener la même vie qu’eux. La blague ! Du genre faites ce que je dis et pas ce que je fais. La relève est déjà pourtant assuré, notamment avec Jacques Mariani (le plus âgé), que j’ai trouvé bête comme ses pieds, tellement que ça rend le récit cocasse. Même son père, Francis, disait que son fils est un âne. C’est pas faux. Néanmoins il a déjà écopé de plusieurs dizaines d’années de prison et risque actuellement 10 ans encore, pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes et délits. Le procès doit se tenir cette année.

Le deuxième principal larron est Christophe Guazzelli. A l’époque de l’âge d’or, il était un gamin doué pour le foot, gentil, intelligent. Grâce à son père, il entre à l’AC Nantes en vue d’ une carrière de footballeur professionnelle. Les autrices du livre suggèrent qu’il aurait pu virer autrement. Je n’en suis pas vraiment convaincue, vu les antécédents familiaux. Bref, l’assassinat de son père l’aurait complètement transformé. Le désir de vengeance aurait pris le dessus. Il devient assassin à son tour dans cette spirale infernale de la violence qui gangrène la Corse. Il est actuellement sous les barreaux, poursuivi pour double assassinat, association de malfaiteurs en vue de commettre des empoisonnement et corruption de la surveillante de prison (un cas pathologique celle-ci aussi, pas corse mais vivant dans un monde de fiction à force de lire des polars !🤦‍♀️😂).

J’ai bien aimé ce livre très documenté (les autrices sont journalistes ), il n’y a pas de fioritures, on enchaîne les faits et événements. Mais c’est justement ce qui fait la faiblesse du livre car il manque une analyse profonde même si on comprend et apprend beaucoup de choses. J’aurais vraiment voulu connaître l’élément déclencheur. On ne devient pas gangster du jour au lendemain ; certes il y avait un leader déjà pas propre sur lui, mais pourquoi les autres ont-ils suivis ? Et les enfants et maintenant petits-enfants, franchement, c’est à vomir. Je regrette un peu la quatrième de couverture de l’édition de poche qui fait dans le sensationnel alors que ce n’est pas un thriller ni une histoire romantique mais une réalité, une tragédie dont souffre la majorité des Corses, embringués dans une économie mafieuse, souvent sans le savoir. L’île est aujourd’hui plus que jamais gangrenée par la violence. On est loin de l’image paradisiaque des cartes postales. Une plongée dans le cauchemar.

Une lecture commune avec Camille Mondo, dont vous pouvez lire la chronique sur Instagram. On a décidé de lire ce livre ensemble suite aux récents événements survenus en Corse. Parce qu’il faut être au courant des guerres de gangs pour comprendre l’émergence des « natio » au pouvoir, dont certains partis ont largement fait copain-copain avec cette mafia, pendant que d’autres leur livrent la guerre mais dans le but commun de s’approprier le BTP et toutes les infrastructures où le blanchiment d’argent est facile. Un livre que je vous invite à lire.

 

 

 

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Retour de lectures

Quelques lectures de mars

Comme je replie mes bagages bientôt, voici un bref retour sur mes lectures de ces dernières semaines. Globalement du très bon !

Je n’ai pas disparu, je lis beaucoup mais je suis aussi très occupée et beaucoup en vadrouille, donc pas forcément derrière un écran !😉

Traduit par Patrick Reynal

J’ai retrouvé Sam Millar au salon du livre d’Abbeville, dédié à l’Irlande, cette année, et me suis fait dédicacé son dernier roman noir, publié aux éditions Metailié pour la première fois : Un tueur sur mesure ne fait pas partie de la série Karl Kane à laquelle on s’était habitué ces dernières années et j’avoue que c’était tant mieux ! On retrouve un Sam Millar au meilleur de sa forme : c’est comme toujours très noir, mais aussi très drôle, bien grinçant. On a l’impression d’être à la fois dans un dessin animé de Tex Avery, une parodie de polar noir américain (même si ça se passe à Belfast) et un comics avec des super costauds que rien ne fait reculer, même si là, ils sont plutôt malfaisants. Des pieds nickelés déguisés en loup le jour d’Halloween décident de cambrioler une banque de Belfast. Eux, ils sont plutôt couillons, pas très doués mais drôles (j’ai trouvé !). Le problème c’est qu’ils vont tomber sur des vrais méchants. Sam Millar n’a pas l’habitude de mâcher ses mots, les âmes chastes pourraient être choquées par certains mots et certaines scènes, mais moi je me suis beaucoup amusée ! J’ai même croisé les deux chats de l’auteur dans ce bouquin !🤗

Traduit par Eric Boury

Un petit retour à la littérature islandaise que j’affectionne beaucoup, pour découvrir Sjon, que je n’avais encore jamais lu. Blond comme les blés raconte une histoire de néo-nazisme. Comment un jeune garçon, Gunnar Kampen, après la Seconde Guerre mondiale, en arrive à fonder en 1958 un parti politique nationaliste et se consacrera à l’organisation internationale du mouvement néo-nazi. Ça fait froid dans le dos. J’ai bien bien aimé, même si j’ai trouvé que ça manquait un peu de « liant ». Il faut peut-être que je le relise une deuxième fois (il fait une centaine de pages)

Il existe 2 mouvements anti-mafia en Corse,

Ce mois, j’ai fait des bonds en voyant les médias s’acharner à parler du meurtre d’un assassin de préfet massacré par un islamiste, en prison. (Quelle ironie !) Colonna n’est pas un héros c’est un criminel. Les médias s’acharnent à montrer 300 ou 400 connards décérébrés, lobotomisés, tout péter à Bastia et Ajaccio, défoncer des bâtiments au tractopelle. La population de la Corse fait un peu plus de 330 000 habitants ! La majorité silencieuse est laissée dans l’ombre et c’est vraiment dommage ! Ce livre, réalisé par le journaliste Jean-Michel Verne et publié l’an dernier, donne la parole à des élus, des citoyens qui se battent contre la mafia, le grand banditisme qui gangrène l’île. Ils racontent leurs démêlés divers, les pressions et les menaces qu’ils ont subis. L’enjeu futur de la Corse n’est pas des moindres, surtout depuis que les nationalistes ont pris le pouvoir en 2015. Donner l’autonomie c’est livrer la Corse à la mafia. Qui a créé la collectivité territoriale de Corse, a permis l’émergence de ces politicards en grande partie fachos, si ce n’est pas l’Etat ? Les témoignages, même s’ils ne m’ont pas tous convaincus, sont accablants. En 2019, un militant écologiste, Maxime Susini a été assassiné. Cela aurait déclenché une prise de conscience collective. Je voudrais qu’on s’intéresse à ceux qui ont conscience de la gravité de la situation dans laquelle en Corse, des conséquences des agissements des organisations criminelles et leurs connexions avec les milieux politiques et économiques insulaires. Le chômage endémique (et son pendant, la débrouille et le travail au noir), le laisser-aller de l’Etat qui ferme les yeux parce que ça l’arrange bien, très souvent. Et puis j’en ai marre du racisme ou de la xénophobie anti-corse (appelez ça comme vous voulez). Trop facile de dire « Les Corses nous font chier ». Ah ouais ? Sauf pour poser vos fesses sur les plages !!!😤 Bref, on insulte mes grands-parents maternels, une partie de ma famille et celui qui sort ça une fois devant moi ne s’en remet pas (LOL) ! Rien dans mon nom de famille n’indique une partie de mes origines, je suis un patchwork, contrairement à ces imbéciles dont les parents n’ont sûrement pas beaucoup voyagé !) Bref, après ça, je ne vais pas me faire des amis, mais je m’en fiche.😁 Je ne peux que vous conseiller cette lecture instructive. Un poke à Anne de Carbuccia, Marie-France Antona, Brigitte Peressini. J’ai le coeur tourneboulé par leurs témoignages. J’ai vu tout un tas de fous furieux bretons, basques mais surtout bretons ) s’assimiler à ce qui se passe en Corse. J’ai pas de mots.😂

Dans un tout autre registre, j’ai lu un roman québécois (en février ). Sauvagines se passe dans la forêt du Kamouraska. Raphaëlle est garde forestière et vit une partie de l’année totalement isolée dans une cabane, avec comme seule compagnie, la jeune chienne qu’elle vient d’adopter, Coyote. Son job est de traquer le braconnage, endémique dans cette partie du Québec. Son univers bascule le jour où son chien est pris par un piège. Elle décide de passer à l’attaque, de manière non légale. En même temps, elle découvre un carnet, un journal intime d’une inconnue de son âge alors qu’elle est hébergée par un vieil ami. Elle retrouve la trace de l’autre jeune femme. Ce roman est à la fois un roman écologique , un thriller et un roman d’apprentissage. C’est aussi un très bel objet livre, avec des dessins au fil des pages. Un glossaire (pas suffisant à mon goût) qui explicite des mots québécois. J’ai eu parfois des interrogations sur certains termes, mais ça fait partie du charme du livre ! Gabrielle Filteau-Chiba est aussi l’auteur d’Encabanée. Dans ces deux livres, il y a une part autobiographique. J’ai beaucoup apprécié ce livre qui dénonce les lois idiotes concernant la préservation des espèces au Québec, avec une belle histoire dans un coin perdu. Cela dit, j’ai trouvé quelques longueurs (vite oubliées).

Traduit par Christel Gaillard-Paris

Enfin, le dernier Lisa Harding, Tout ce qui brûle, refermé hier. Sonya, ancienne actrice, mère célibataire et alcoolique. (Yaya, comme l’appelle son fils, Tommy, Mister T.,) va me manquer ! Elle vivait en vase clos avec son petit garçon et Herbie le chien, (« ses garçons »). Le gamin, 4 ans, n’allait pas à l’école. Addict à l’alcool, sans argent, Sonya a des accès de violence quand elle est saoule, ce qu’elle regrette tout le temps. Sonya est une personnalité incandescente. Elle brûle de l’intérieur. A cause de ses blessures, de son enfance cabossée, d’avoir été oubliée après avoir connu la gloire sur scène, d’avoir été abandonnée par le père de son fils. Yaya brûle aussi de l’alcool qu’elle ingère, elle se met le feu et un jour on lui fait remarquer que Tommy aurait des tendances pyromanes. Yaya brûle d’amour pour lui, au point de l’étouffer. Un jour, le père de Sonya, qu’elle n’a pas vu depuis des lustres, déboule dans la baraque et la coinvainc de faire une cure de désintoxication.

J’ai adoré ce livre qui est l’histoire d’une vie en cendres puis d’une renaissance ! Sonya lutte contre elle-même. Du feu qui la consume, elle finira par atteindre le feu sacré ! Même un type envahissant ne pourra pas l’arrêter ! Un clin d’oeil au feu de Sonya avec cette belle couverture rouge avec une jeune femme au pull rouge également ! Lisa Harding nous plonge à merveille dans l’esprit tourmenté de cette jeune femme attachante. Un coup de coeur dont je vous conseille la lecture. Le 1er roman de Lisa Harding était également un coup de ❤ ! Décidément !

Finalement, ma chronique qui se voulait rapide, est longue… Bonne lecture !

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Ne dis rien – Partick Radden Keefe

Traduit par Claire-Marie Clévy

Je continue ma lancée de lectures sur l’Irlande du Nord avec un livre de « journalisme narratif », selon les termes de son auteur, l’Américain Patrick Radden Keefe. Celui-ci a mis 4 ans pour écrire ce petit pavé de plus de 500 pages en édition de poche qu’est Ne dis rien.

Décembre 1972. Jean McConville est kidnappée chez elle, sous les yeux de ses 10 enfants, dans le sordide quartier de Divid, où ont été relogés les catholiques expulsés des quartiers où ils vivaient jusque-là avec une majorité protestante. Qu’est devenue Jean, jeune veuve de 38 ans ?

1er janvier 1969, la jeune Dolorous Price rejoint la manif pour les droits civiques, avec sa soeur Marian. Elle est l’une des plus jeunes manifestantes, d’une beauté remarquable, un fort caractère et une tendance marquée pour l’irrévérence et le cynisme. Ce n’est pas un personnage de roman, mais bien une personne ayant réellement existée, dont nous allons suivre la trajectoire de vie hors normes : une vie dédiée à l’IRA Provisoire, pour ne pas dire sacrifiée à la « Cause » . Dolours, qui porte bien son prénom (« Douleur ») s’engage toute jeune dans les rangs de la nouvelle Irish Republic Army (la vieille IRA dite « officielle » a du plomb dans l’aile depuis que l’Irlande du Nord a été laissée aux Britanniques ; l’IRA renaît sous une nouvelle forme à la fin des années 1960 quand les catholiques républicains réclament des droits égaux à ceux des Protestants, les activistes de cette nouvelle IRA sont surnommés les « Provos »). Dolours pose la seule bombe qui va exploser à Londres, détruisant seulement la voiture de celui qui deviendra son avocat. Inculpée avec sa soeur cadette Marian, pour terrorisme, elles sont incarcérées dans une prison en Angleterre. Elles vont entamer une grève de la faim pour réclamer leur transfert en Irlande du Nord, ce qui leur sera refusé, du moins au début. Le gouvernement britannique ayant peur du scandale et des conséquences du décès de ces femmes devenues des figures emblématiques de l’IRA, décide de les obliger à manger. Il fait procéder au gavage des détenues !!😤🤬 Les scènes sont bien restituées et difficilement supportables. Cependant, elles ne lâchent rien, finissent par être transférées à Armanagh, en Irlande du Nord. L’auteur brosse un portrait détaillé de Dolours sur près de 50 ans. Sa trajectoire de vie est incroyable. Cependant, elle souffrira tout le temps des actes commis dans sa jeunesse. Sujette à dépression et alcoolisme, renoncement et rancunes, on ne peut pas l’envier, ça c’est clair.

Grâce à Patrick Radden Keefe, nous suivons le parcours de figures emblématiques de l’IRA. Les soeurs Price à qui il consacre une grande partie car il a pu les interroger, mais aussi Bendan Hugues, Bobby Sands, et un certain Gerry Adams….

Ah Gerry ! Le genre de mec charismatique qui a le don d’arriver à faire faire le sale boulot aux autres…. Le type très fort pour le blabla, le stratège aux mains propres, et on sait jusqu’où cela a pu aller aujourd’hui. Il fut l’un des instigateurs des Accords de Paix du Vendredi Saint de 1998, puis vice-premier ministre d’Irlande du Nord aux côtés de son pire ennemi du passé, l’effroyable Ian Paisley !! Il a créé le Sinn Féin pour accéder au pouvoir mais a nié tout le reste : son appartenance à l’IRA alors que c’est lui qui donnait les ordres), le rapport entre l’IRA et le Sinn Féin, qui pourtant ne dupe personne. Les disparitions de centaines de personnes, dont celle de Jean McConville, soupçonnée d’être une informatrice des Brits…

Le livre révèle en partie la clé de l’énigme McConville. C’est pas franchement glorieux. A un moment donné, je me suis demandée comment Patrick Radden Keefe pouvait encore être en vie avec toutes les révélations, après 4 ans d’enquête, qu’il fait dans son livre. Il vit aux États-unis, il est américain, mais, bon… Je me suis également posé des questions sur la mort de Dolours Price en 2013.

Ne dis rien soulève beaucoup de questions, suggère que la réalité n’est pas ce qui s’affiche au niveau du gouvernement nord-irlandais, que Belfast n’est pas une ville paisible, et qu’aujourd’hui elle est même encore plus ségrégationniste que par le passé. Il y a encore plus de murs séparant les deux communautés, il n’y a quasiment toujours pas d’écoles mixtes. On retrouve, grâce à certaines indications divulguées, des cadavres enterrés il y a 50, 40, 30, ou 10 ans. Même sur une plage qui a l’air la plus tranquille du monde. On sait aujourd’hui ce qu’est devenue Jean McConville.

Gerry Adams en prend pour son grade. L’IRA a déposé les armes, officiellement. Mais… Mais croyez-vous que l’IRA a disparu ? (Je ne parle pas des mafiosi de l’IRA dite « véritable  » dont on voyait des tags au début des années 2000). Je parle des Provos. Je ne vais même pas parler du Brexit…🤭 Pour ma part, je suis quasi-certaine qu’elle existe toujours. Pas forcément les mêmes personnes que celles des années 70 toujours en vie, (Gerry Adams a 75 ans ), mais… rien n’est si limpide en Irlande du Nord…

« A l’automne 2015, Teresa Villiers, la secrétaire d’Etat pour l’Irlande du Nord, publia un rapport sur les organisations paramilitaires établi par la police d’Irlande du Nord et les services secrets britanniques. « Tous les principaux groupes paramilitaires en opération à l’époque des Troubles existent encore », annonçait le document, précisant que cela incluait l’IRA Provisoire. Les Provos demeuraient actifs, bien que dans une capacité très réduite « , et disposaient encore d’un arsenal. Big Storey avait raison : ils étaient toujours là. Gerry Adams qualifia le rapport d' »absurde ».

Quand on sait que Gerry Adams a tout d’un mythomane, quel crédit peut-on accorder à sa parole ?

Un livre qui se lit un peu comme un thriller. On apprend pas mal de choses. J’aurais voulu en savoir davantage sur les groupes paramilitaires du camp adverse. En tout cas, l’auteur ne fait aucun cadeau aux gouvernements britanniques successifs et encore moins au leader du Sinn Féin, qui a cédé aujourd’hui sa place à une femme, mais cela ne veut pas dire grand chose quand on connaît un peu olus le personnage après cette lecture accaparante!

Quelques redites alourdissent un peu la lecture et donnent des longueurs inutiles. Cependant, c’est un livre que j’ai beaucoup aimé.

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Gens du Nord – Perrine Leblanc

Gens du Nord, voici un titre qui, en France, peut prêter à confusion. Je vous l’annonce tout de suite, la Québécoise Perrine Leblanc ne va pas nous parler des Chtis, ni même des Normands (l’étymologie de Normand signifie « Homme du Nord, c’est-à-dire les Vikings venus de Scandinavie) ! L’autrice nous emmène dans l’Irlande du Nord de 1991 en compagnie de deux journalistes, François Le Bars, de nationalité française et Anne Kelly, une Québécoise. François veut informer ses lecteurs au plus près de la réalité nord- irlandaise, et il a réussi à avoir des contacts avec les services secrets français et aussi des paramilitaires défenseurs de la décolonisation de l’Irlande du Nord (vous voyez tout de suite à qui je fais allusion !). De son côté, Anne est fascinée par la disparition d’un homme de lettres irlandais, Samuel Gallagher, qui avait des affinités avec l’Irish Republican Army. Ses accointances avec cette organisation paramilitaire lui aurait valu d’être abattu par une autre organisation paramilitaire du camp adverse, UVF, Union Volonteer Force, groupe protestant loyaliste, violemment opposé au républicanisme irlandais. On assiste en direct à sa mise à mort.

Mais rien n’est simple en Irlande du Nord en 1991. L’apparence est source de confusion. Tout est à peu près sens dessus dessous tout le temps. Les petits commerces peinards le jour peuvent se transformer en un clin d’oeil en pub non répertorié la nuit, bastion de militants indépendantistes. On n’est jamais certain non plus que « Machin » qui dit s’appeler « Machin » n’a pas en réalité une autre identité.

Perrine Leblanc nous plonge à merveille dans les eaux troubles de l’Irlande du Nord dans un roman très bien documenté (avec un petit glossaire en fin d’ouvrage, pour permettre de s’y retrouver si on ne connait rien à l’Irlande du Nord). Il y a un twist dans l’intrigue, qui nous laisse vraiment surpris, mais pour notre plus grand plaisir, au risque de nous rendre également un peu parano.🤭 {De tout façon, pour avoir marché dans les rues de Belfast en 2004 et 2007, je peux vous dire que tout prêt(ait) encore à la paranoïa, surtout quand on se balade avec un Irlandais du Sud qui se prend des réflexions aux allures potaches mais qui l’atteignent en plein coeur. Belfast ne m’attire pas pour y passer des vacances, même avec le musée du Titanic construit pour faire venir les touristes. Je n’y suis pas retournée.}

Étrangement, je me suis assez peu attachée aux deux personnages principaux, les journalistes qui vont devenir un peu plus que des amis (ce n’est, à mon avis, qu’un prétexte pour développer tout le reste), mais j’ai aimé évoluer dans cette ambiance mouvante, digne d’un roman d’espionnage.

On comprend aussi, dans les notes de l’autrice, ce qui la lie à l’Irlande du Nord. Eh oui, si vous l’ignorez, au XIXe siècle, les Irlandais les plus fortunés s’exilaient aux États-unis et les moins fortunés au Canada. Il suffit d’ailleurs de se promener sur les quais à Dublin pour tomber sur une réplique d’un bateau en direction du Canada.

C’est par hasard que je suis tombée sur la publication de ce roman pour la rentrée littéraire d’hiver. Et c’est une bien belle surprise. Perrine Leblanc a écrit deux autres romans : Kolia (2011) et Malabourg (2014, disponible en Folio).

Je vous reparlerai de littérature québécoise très bientôt, car j’ai terminé Sauvagines de Gabrielle Filteau-Chiba. Et je vous reparlerai également d’Irlande du Nord puisque je lis Ne dis rien de Patrick Radden Keefe et que Sam Millar, que j’ai rencontré pour la deuxième fois en France, au salon du livre d’Abbeville, m’a dédicacé Un tueur sur mesure. Il connaît Belfast mieux que quiconque puisqu’il y vit.

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Journal d’Irlande – Benoîte Groult

Je sais depuis longtemps que Benoîte Groult avait quelque chose à voir avec l’Irlande pour avoir lu 2 de ses romans, La touche étoile, en particulier . J’ignorais quel était exactement ce lien. J’ai compris quand a été publié en 2018, et après sa mort, Journal d’Irlande – Carnet de pêche et d’amour 1977-2003. Benoîte Groult et son mari Paul Guimard ont acheté une maison en 1977 en Irlande, après y être venus pendant plusieurs étés en camping camping-car. Pas n’importe où la maison, dans l’une des plus belles régions d’Irlande, le Sud-ouest , mais aussi l’une des plus touristiques : précisément, le comté de Kerry. Benoîte est férue de pêche. C’est pour cela qu’elle vient en Irlande chaque été pour quelques semaines, guère davantage, taquiner le bouquet (= crevette rose), la crevette (=crevette grise), le crabe vert, le touretau (=le crabe pas vert), le lieu, le maquereau…

Benoîte, dans ton journal, sérieux, tu n’arrêtes pas de brailler après la météo du Kerry, car il brouillasse, il bruimasse, il « drizzle ». J’ai envie de te dire que tu n’as choisi ni la bonne région ni la bonne saison pour assouvir ta passion de la pêche à pied. Tu as choisi la région la plus humide, en particulier ce petit bout perdu de Kerry à Bunavalla, près de Waterville. Forcément, dès qu’il pleut, on n’y voit plus ses pieds car ça fait du brouillard avec la mer. Je le sais, je l’ai vécu plusieurs fois, j’ai fait trempette dans la mer en plein brouillard, ça te réveille un mort et l’avantage c’est que personne ne te voit si au gré des vagues ton maillot de bain a décidé de vivre sa vie. 😄 C’est pas pour rien qu’il y a par là un paradis des surfers. C’est pas un coin pour la bronzette, tu vois.

Tu m’as pas mal fait rire, tu m’as pas mal agacée aussi avec ton caractère de cochon. J’ai souvent eu le sourcil en accent circonflexe, mais j’ai lu ton journal avec intérêt car cela m’intéresse toujours d’avoir un regard français sur un pays de coeur. On croise beaucoup de monde chez toi. Il manquait juste Pierre Perret, qui a une maison dans le Connemara. C’est mon presque voisin et c’est drôle de savoir que lui aussi adore l’Irlande.

Tu m’as filé plusieurs indigestions de bouquets et autres crabes. J’ai pensé à la surpêche. À l’épuisement de nos océans. Sans blague, tu es pire qu’un bateau de pêche industrielle quand tu t’y mets !😉 Mais, sur la fin de tes années irlandaises, tu remarques que l’industrie de la pêche commence à faire des ravages dans ton Paradis, avec cet élevage de saumons qui pollue, l’eau devient algo-mousseuse, un peu dégueu, quoi. Les crustacés se font plus rares, la pêche à pied plus compliquée.

J’avoue que c’est surtout la fin de ton journal, à partir des années 2000, qui a retenu mon intérêt. Les réflexions et l’humour noir, je sais pas, sont meilleurs. Tu évoques la canicule de 2003, qui a sévi en août, alors que tu viens récupérer tes dernières affaires avant le départ définitif. Quelle ironie ! Je l’ai vécueclà-bas, moi, cette canicule de cet été-là. Mémorable. Après 26 ans de pluie, tu écris : « Rien n’a changé dans le pré, mais l’été presque caniculaire, ici aussi, a transformé les jardins et donné un aspect normal aux arbres, fuchsias et autres verdures. On ne voit pas la souffrance des végétaux, cette année. L’Irlande va peut-être être la plus grande bénéficiaire du fameux réchauffement de la planète.«  C’était peut-être pour fêter le départ ? Si je te dis que l’été 2021 a été encore pire…

Globalement, ton journal m’a un peu ennuyée. Seule le dernier tiers a retenu mon attention. Peut-être que je l’ai trouvé trop personnel (en même temps, c’est un journal), j’étais presque gênée par instants, de voir débouler ton amant connu de ton mari, dès que ce dernier avait quitté les lieux. Trop intime sans doute. Et puis des pages entières ne mentionnant que la pluie et les kilogrammes de crustacés pêchés ont fini par me lasser. Moi qui cherche une maison en Irlande, un petit truc très simple sans faire la fine bouche, pour mes vieux jours, plus de 2 mois par an, je t’ai trouvée très gâtée et finalement très difficile.

Mais tu m’as fait rire. « Le drame de l’Irlande, c’est qu’elle me rend laide ! Visage et jambes débrunis, cheveux comme une empilage de toiles d’araignée, joue blafardes comme le ciel et l’ennui. Je me demande chaque matin où est la vérité : dans le miroir de ma salle de bains, où je suis a faire peur, ou dans celui de ma chambre, beaucoup plus flatteur ? »

« Très fortes rafales cette nuit. Je retousse. Ce climat me ronge les poumons : je ne guérirait qu’en France. »

« L’Irlande est un pays épuisant. Il faut être jeune ou fou, ou ivrogne, ou abruti, pour y survivre : ou mieux, les quatre à la fois! »

Enfin, pas du meilleur goût la couverture avec Mitterrand, pourtant très absent du journal, sauf 1 jour en 26 ans (heureusement). C’est un peu rebutant. C’est sans doute pourquoi j’ai traîné à lire ce livre malgré sa parution en poche.

Une lecture en demi-teinte, entre rire et agacement. C’est assez bizarre, comme impression ! En tout cas, apocalyptique pour n’importe quel néophyte qui croira que l’Irlande est un pays invivable, arriérée, débile. Sachez que c’est faux, Benoîe abuse !😂

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N’importe où sauf ici – Rob Doyle

Traduit par Alice Zeniter

Voici un livre qui vous propose un drôle de voyage. Mais je vais d’abord faire une remarque sur l’indication de la couverture : « Roman traduit de l’irlandais« . Je suis un peu désolée de lire que ce livre est traduit de l’irlandais !!🙄 Le titre original est Threshold. Jusqu’à preuve du contraire, c’est de l’anglais et pas du gaélique ! Terme qui signifie, « seuil, commencement ». La bévue est rectifiée dès qu’on ouvre le livre : « traduit de l’anglais (Irlande) par Alice Zeniter. Ouf ! Concernant la catégorie, c’est un roman et non une autobiographie. On tend à penser à une autofiction puisqu’on retrouve un narrateur nommé Rob et que certains éléments ne sont pas étrangers à la vie de l’auteur, comme un certain séjour à Zagreb, des séjours à Berlin (où l’auteur habite aujourd’hui) et la nationalité irlandaise. Mais finalement peu importe. Il s’agit d’une fiction et on ne va pas s’amuser à croire que tout ce que raconte le narrateur est vrai, vécu, disséquer le vrai du faux. On s’en fiche.

Pour le pitch, c’est l’histoire d’un mec (lol) qui veut écrire un livre et qui cherche l’inspiration quitte à franchir la frontière de la légalité. C’est quelqu’un qui n’est jamais bien où il est. Alors il n’arrête pas de voyager, d’aller sur les traces des hommes de lettres sur lesquels il voudrait écrire, ou qu’il voudrait imiter. Il fatigue un peu par son inconstance. On va faire deux sortes de voyage avec lui : le légal : passer les frontières, aller à Dublin, Paris, Berlin, Barcelone, Sicile… et un autre voyage plus particulier, sous psychotropes divers. Champignons hallucinogènes, tramadol, vallium, LSD et la DMT. Alcool, aussi. Ce qui ne veut pas dire que le narrateur est stone à longueur de pages mais il y a tout de même des expériences particulières dans lesquelles il vous entraîne qui ne sont pas piquées des hannetons ! Je pense que la visite du palais de Tokyo, lors de l’exposition de l’artiste Tino Sehgal est mémorable pour moi. Je ne sais pas si je pourrais retourner là-bas sans avoir un peu la trouille !! 😄

C’est un roman qui vous promène dans un underground littéraire. Tout un catalogue de personnalités apparaissent : Ciroran, Bataille, Bolano, Breton (un peu )… J’en oublie sûrement. C’est un livre bourré d’humour (noir), normal, c’est un auteur irlandais ! Mais aussi pétries de scènes hard (n’ayez pas peu de tomber dans quelques scènes pornos ou scatos ). Deux voix s’expriment. On comprend à la fin qui est cette deuxième voix qui apparaît en alternance. C’est un livre sur la folie aussi. On croise des gens bien à la masse !

Rob Doyle n’a pas peur de provoquer le lecteur. Il ne fait pas dans la nuance mais dans l’exagération. On n’est pas forcément d’accord avec ses propos mais j’avoue que j’ai globalement aimé ce roman, malgré quelques longueurs, surtout pour le dernier chapitre.

Je me suis promis de regarder d’un peu plus près la pelouse de Phoenix Park à Dublin.😂

Ce livre plaira aux amateurs de voyages particuliers.

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Les amours dispersées – Maylis Besserie

C’est bien connu en Irlande, « WB », autrement dit William Butler Yeats pour les néophytes, est LE poète, le roi, le plus grand, l’éternel poète de l’Irlande parmi les poètes irlandais. Enterré à Drumcliffe, petit village du mythique comté de Sligo blotti au pied du mont Ben Bulben, tous ceux qui l’admirent, les Irlandais comme les touristes, vont lui rendre hommage par centaines chaque année. On connaît la célèbre épitaphe au-dessus de son tombeau (qui a également donné son titre à un livre de Michel Déon, Cavalier, passe ton chemin !). W. B. Yeats est le poète de l’Irlande éternelle, celle des fées, des banshee, du petit peuple caché, de la reine Maeve, des enfants de Lir, d’Innisfree. C’est aussi l’homme farouchement attaché à l’indépendance de l’Irlande, celui qui deviendra sénateur pour défendre la cause. C’est aussi le fondateur de l’Abbey Theatre. Voilà, Yeats, c’est l’Irlande. Il résume à lui seul, son histoire, son folklore, sa mythologie, la formidable création artistique engagée qui a accompagné la lutte pour l’indépendance.

Mais W. B. Yeats, c’est aussi un amoureux non aimé en retour. Une blessure profonde qui finalement va être le terreau de sa fertilité créative et de la beauté de ses textes. La belle Maud Gonne se bat pour la cause irlandaise. Il sera à ses côtés. Toujours. De façon un peu dingue.

Pourtant qui aurait douté du contenu de son tombeau ? Maylis Besserie se plonge dans une drôle d’histoire véridique. WB est mort en 1939 à Roquebrune-Cap-Martin, dans le sud de la France. Il avait demandé à sa femme de l’enterrer en France puis que sa dépouille soit déposée en Irlande, au pied du mont Ben Bulben, dans le comté qu’il chérissait tant. Mais la guerre a contrarié un peu les projets et c’est seulement en 1948 que Yeats est rendu à l’Irlande, dans un incroyable imbroglio diplomatique découvert plus tard. Le scandale éclate en 2015 quand Daniel Paris, fils de diplomate, petit-fils de Paul Claudel (!) découvre le pot aux roses. Le corps du poète aurait fini dans la fosse commune et ce sont les restes éparpillés de plusieurs personnes qui auraient fait le voyage en Irlande dans le tombeau de Yeats. A ce moment-là, Madeleine, jeune femme de Roquebrune vient d’enterrer une voisine, ce qui la renvoie à une autre personne chère à son coeur, sa propre grand-mère. Dans une demi-somnolence, elle la voit s’extirper de son cercueil et virevolter. Jeanne, la survivante à la malédiction. « Les proches sont tombés comme des mouches, à la fleur de l’âge, comme s’ils n’étaient pas faits pour durer dans ce monde. La mère de Madeleine n’a pas échappé à la malédiction, elle les a quittés peu après sa naissance, rejoignant des oncles, des tantes, des jeunes du caveau.(….) Seule sa grand-mère, l’invincible Jeanne, a tenu bon. » Pourtant Jeanne a un secret. Madeleine, est à la fois intriguée par le mystère qu’elle vient d’entendre et en colère. Comment a-t-on pu manquer autant de respect aux familles et aux morts? Elle ne connaît rien à l’Irlande, ni à Yeats. Avec d’autres habitants, elle fonde l’association Les Dispersés pour enquêter sur cette affaire. Ce qu’elle ignore, c’est qu’elle va être en quelque sorte le medium entre les monde des morts et celui des vivants. Au moment même où dans le cimetière de Saint-Pancrace naissent Les Dispersés, « un oiseau, sans doute un faucon pèlerin, fait tournoyer ses ailes mouchetées dans l’air chargé de particules fines. Il survole le mur et se pose sur une stèle érigée en souvenir du passage du poète dans le cimetière. Ses serres recouvrent une licorne ailée, saisie au beau milieu de sa foulée aérienne, sous laquelle on lit : William Butler Yeats 1886-1939. Il la frappe de son bec comme pour interrompre la course folle de la créature dans les airs et pique la pierre jusqu’à la lézarder.

Ce roman abolit la frontière entre la vie et la mort, entre le réel et le merveilleux, comme adorait le faire W. B. Yeats, adepte des sciences occultes. Maylis Besserie emporte avec beaucoup de talent le lecteur à travers un incroyable voyage entre la France et l’Irlande. L’Irlande envoûtante. Celle qui vous fait déclamer des vers au coin d’un verre de stout. Elle donne la parole à Yeats, incroyablement ressuscité sous nos yeux. On l’entend se raconter à travers des lignes d’une beauté poétique remarquable. La notion de temps est abolie, comme souvent en Irlande où le présent et le passé ne font qu’un.

« J’ai senti le parfum de son Irlande emporter mon âme au-delà de l’horizon, au-delà de la mer, la verser dans les lacs et les rivières du Sidh, au bord des îles merveilleuses battues par des vents désolés. J’étais apprenti poète, caché par le père, caché par le peintre, John, dont les toiles azur couvertes de satyres se couchaient sur mes rêves juvéniles. Quand l’auguste silhouette de six pieds de haut, la souveraine soufflée de boucles bronze, a frappé, j’ai ouvert.
Elle est entrée comme une ombre. Elle a glissé et s’est fichée dans mon oeil, entre mes paupières que la poussière a refermées. Comme l’eau dans le bois. Maud s’est insinuée, elixir divin : une goutte pour chacune de mes pensées. Lionne majestueuse, elle s’est enfoncée dans la maison, le visage fendu par la lumière froide de Londres. »

J’ai adoré suivre la petite troupe de Français des Dispersés qui mettent pour la première fois les pieds en Irlande, à Sligo et Dublin. Je les regardais faire d’un air amusé (genre : mais nan les gars, prenez le bus pour aller à Drumcliffe, pas le taxi ! 🙂 )Touchés par « la cocaïne des tourbières » pour reprendre l’expression de Hervé Jaouen, ils font un voyage qu’ils n’auraient jamais imaginé et qu’ils n’oublieront jamais. J’ai adoré revivre l’Histoire de l’Irlande à travers Yeats, dont l’esprit est parfaitement restitué.

Mon coeur va à ce livre, qui m’a tenue éveillée tard la nuit, bercée par cette prose merveilleuse. Une histoire extrêmement bien écrite, une écriture très travaillée qui ne laisse rien au hasard. Maylis Besserie, à l’instar de W. B. Yeats, invite à jeter un autre regard sur la mort.

C’est le deuxième volume d’une trilogie irlandaise, si j’ai bien compris, dont le premier volume (chroniqué ici même), Le tiers temps, est dédié à Samuel Beckett (Goncourt du Premier Roman). C’est l’un de mes coups de coeur 2021. Le troisième volume sera consacré à Bacon. J’ai un gros regret qui est de ne pas avoir pu assister à la rencontre au Centre culturel irlandais pour des problèmes très prosaïques. Peut-être pourrais-je me rattraper avec un enregistrement de l’entretien.

Je vous invite très chaudement à lire ce roman qui donne envie de (re)plonger dans la poésie de Yeats mais aussi de découvrir ses contes (récemment traduits en français) que j’ai en VO. Ils seront dans mon sac à dos cet été car je pars pour le comté de Sligo (c’était décidé avant de lire ce livre mais là j’y suis à 3 millions de pourcent !), visité très brièvement en 2004.

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Voyage en territoire inconnu – David Park

Traduit par Cécile Arnaud

Aujourd’hui, je vous emmène en balade du côté de l’Irlande du Nord, avec la découverte d’une nouvelle plume traduite en français. David Park nous embarque un jour de blizzard d’une densité exceptionnelle pour un Voyage en territoire inconnu. Intrigant, n’est-ce pas ?

Nous sommes à la vieille de Noël. Qui ne rêve pas d’un Noël blanc ? C’est ce qu’il se passe entre Belfast et l’Angleterre. Mais ce n’est pas vraiment un plaisir : une tempête de neige bloque tous les transports terrestres et aériens. Les avions sont cloués au sol. Tom et Lorna sont très inquiets pour leur fils Luke, étudiant resté coincé à Sunderland. Il est malade. Pas trente-six solutions. Tom va embarquer sa voiture sur un ferry pour récupérer son fils et le ramener à la maison. Un thermos, des sandwichs, de la musique et il se lance sur la route glissante.

Nous suivons le père de famille dans une Odyssée enneigée qui ne sera pas une longue ligne droite. Des rencontres fortuites et ce GPS le font changer de trajet, le retarde, le disperse. Un voyage en noir et blanc pour Tom, photographe professionnel habitué à immortaliser les moments inoubliables, à les mettre en scène. Lui-même a dans l’esprit un événement inoubliable. Mais dont il se serait bien passé, qu’il voudrait effacer de sa mémoire. Finalement, ce voyage va le confronter à ce qui l’étouffe depuis trop longtemps. Un exil intérieur jusqu’aux tréfonds des bleus de l’âme. Son trajet est celui d’une absence, d’un absent qui pourtant hante l’habitacle de la voiture et peuple ses nuits.

David Park distille des indices, tels des cristaux de neige, fait monter un suspense et une tension discrètement ténus qui ne nous lâche pas, sans se départir d’une plume douce qui étonne.

Une histoire de relation père-fils, de mots qui s’envolent comme des coups de poing, d’un drame qu’on a senti poindre mais pour lequel on a été dans l’incapacité de réagir à temps. D’un événement qu’on a tu. Une quête de rédemption qui éclaire d’un angle nouveau le voyage de Tom pour ramener un autre enfant à la maison, sain et sauf, cette fois.

J’ai adoré ce premier roman de David Park traduit en français et qui mérite à être davantage connu. L’auteur est multi- primé au Royaume-Uni et Roddy Doyle en est un fervent admirateur !

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Une arche de lumière – Dermot Bolger

Traduit par Marie-Hélène Dumas

Devinez où j’étais ces quinze derniers jours ? Très souvent entre le comté de Mayo, Dublin, le Wexford, l’Espagne, le Maroc, Londres et le Kenya avec… Eva.

Dans la famille Goold Verschoyle, je voudrais la fille cadette ! Mais oui, souvenez-vous de Toute la famille sur la jetée du Paradis dont je vous ai parlé en 2012 je crois. C’est avec cette incroyable fresque historique, sociale et familiale que j’ai fait la connaissance de Dermot Bolger, au fin fond du comté de Donegal. C’est avec plaisir tout à fait certain que j’ai retrouvé cette « suite » (même si Dermot Bolger se défend d’avoir écrit une suite et revendique plutôt un portrait de la fille cadette de la famille). N’empêche, on l’avait laissé mariér malgré son esprit libre, mère de 3 enfants, embringuée avec un certain Freddie Fitzgerald dont elle porte désormais le nom. Le bonhomme est à peu près tout le contraire d’Eva. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle est « rentrée dans le moule » de la société bien bien-pensante de l’époque en épousant cet aristocrate éculé. Les temps changent en Irlande, mais pas Freddie ! Nous la retrouvons en 1949, en train de faire ses valises à la quasi-veille de son demi-siècle. Les enfants sont élevés, adultes. Elle peut désormais tenir la promesse faite à sa mère celle du droit au bonheur. Ce quu ne veut pas dire délaisser ses enfants. Francis aura tant besoin d’elle ; Hazel est tellement « tout feu, tou flamme ». Mais remettons tout ça dans le contexte de l’époque : en Irlande, le divorce n’existe pas, une femme est mineure à vie, dépendante de son époux jusque pour avoir un passeport. Bon, c’était kif-kif en France… Eva quitte donc Freddie. Ce n’est pas si facile dans son esprit le moment venu, où elle le regarde dormir dans la même pièce qu’elle. Malgré leurs disputes, elle n’a pas de haine pour lui, juste de la colère, des reproches, mais aussi de l’affection, toujours. C’était juste pas le bon numéro, celui tiré par dépit amoureux. Lui, finit par se réveiller et n’est pas surpris de la voir le quitter. Il lui dit qu’il va s’atteler « à fermer [Glanmire House] correctement, sinon les Gitans entreront et emporteront tout » . Ce manoir transformé en maison de chasse est la seule chose qu’il reste à Freddie, le parent pauvre du clan Fitzgerald qui détient le gigantesque et somptueux Turlough Park. Il est alcoolique, il a un pied bot, il est dans le dénigrement de la société irlandaise qui change en ces années 50.

Nous allons suivre Eva jusqu’à l’an 2000. Une traversée du demi-siècle qu’il lui reste à vivre, comme femme libre, qui se cherche une place dans la société, qui s’interroge sur le rôle d’une femme délivré e des liens du mariage, qui interroge la notion de bonheur. Eva est une rêveuse qui souhaite réaliser ses rêves. Elle va comprendre que la réalité est parfois rude. Elle va se relever inlassablement de chaque coup dure, rebondir et repartir sur de nouvelles voies. Artiste peintre, elle veut libérer l’imagination des enfants grâce à la peinture dans cette société irlandaise corsetée. Puis elle se cherche dans l’écriture. Mais c’est difficile pour une femme à l’esprit aussi libre qu’elle de se faire accepter par les éditeurs. Finalement, elle va se créer un univers bien à elle, dans une caravane surnommée L’Arche de lumière par sa petite-fille. Elle va être un âme réconfortante pour les gens un peu paumé dans la vie, pour les âmes esseulées quelles qu’elles soient, humaine ou animale. Ceux qui ne savent pas trop comment se trouver, se sentir bien dans une société pas toujours simple. Un jour, elle rencontre un certain Donal, jeune chômeur d’une vingtaine d’années qui voudrait être écrivain… Devinez qui c’est ! 😉

Pour ceux qui l’ignorent, et c’est ce que rappelle Dermot Bolger dans la postface de l’ouvrage, c’est qu’il s’est inspiré d’une histoire vraie. Eva a été inspirée par Sheila. Toute la famille a existé. Les noms ont été changés pour tout un tas de raison, notamment le fait que c’est tout de même bien difficile de savoir qui est exactement quelqu’un (on ne sera jamais dans son esprit), tout comme il est difficile de se connaître complètement soi-même. Sheila a finalement été le mentor de Dermot Bolger, celle qui lui a donné la force de réussir dans son projet alors qu’il était ouvrier et chômeur. Bon, mais tout ça est la dimension supplémentaire du récit que l’on apprend à la fin.

J’ai mis 2 semaines à lire ce livre, à traverser un demi-siècle en compagnie d’Eva. Il se passe tellement de choses dans sa vie si riche, mais aussi très tragique. On ne s’ennuie pas, c’est incroyablement raconté, avec, par instants, un sens du suspense qui vous assomme ! On se prend, à l’instar d’Eva, quelques coups durs ! Ses sentiments sont ainsi parfaitement bien retranscrits, sans que l’on tombe dans le larmoyant, parce que, même quand elle est dans des moments d’abattement profond, il y a toujours une petite lumière au fond d’elle qui reprend le dessus et la vie reprend. C’était génial de vivre dans cette caravane trimbalée du Mayo au Wexford, jusqu’au dernier moment où cela fût possible. J’ai quitté à regret Johnny le chien, et tous les chats qu’elle a hébergés. En revanche, j’ai eu quelques surprises avec la traduction quand j’ai lu le mot « Gitan » à plusieurs reprises. J’ai eu le pressentiment que le mot employé n’était pas tout à fait exact. Je voyais poindre le mot « tinker » dans la version originale. Et bingo, c’était bien ce mot qu’a employé Dermot Bolger (donc pas le mot « gypsy » ou « travellers ». Il n’y a pas de Gitans en Irlande dans les années 50-60, encore moins au fin fond du Mayo. Il y a des retameurs, des ferrailleurs nomades qui vendent leurs services. Ils sont spécialistes du travail des métaux. Rafistolent les outils agricoles, fabriquent des boites de conserves… Ce sont des Irlandais, avec des bouilles qui vont avec, si je puis dire. J’ai lu (en diagonal) un livre sur le sujet, écrit des universitaires américains : Irish Travellers, the unsettled life, de Sharon Bohon Gmekch et George Gmelch, Indiana University Press, 2014, qui raconte entre autres, l’origine sémantique du mot « tinker« , liée aux métaux et l’évolution de leur vie. Ils ont été très discriminés quand ils ont commencé à chercher du travail en ville, dans les années 70 et c’est devenu un mot péjoratif. En tout cas, bien que la communauté des gens du voyage irlandais soit complexe, ce ne sont pas des Gitans – et pas des Roms non plus, même si de nos jours, vous pouvez croiser des Roms à Dublin.

Dermot Bolger a mis une dizaine d’années pour écrire ce roman envoûtant. Alors je lui pardonne quelques répétitions.

C’est un incroyable voyage dans le temps et l’histoire de l’Irlande que je vous invite à faire, sur les pas d’une femme hors normes très attachante. J’ai beaucoup aimé et je pense que c’est un livre dont on se souvient longtemps, comme Toute la famille sur la jetée du Paradis.

Vous pouvez visiter la maison mère du clan Fitzgerald : Turlough Park, qui devenu un musée national. Je pense qu’il a fusionné avec le terrain/manoir qu’Eva/Sheila a vendu à quelqu’un sur la même longueur d’ondes qu’elle. Il voulait en faire une réserve naturelle, un truc tendance bio etc. Je n’y suis jamais allée mais il paraît que c’est très bien.

(Il est tard, ma chronique a sans doute des coquilles et des maladresses mais je corrigerai plus tard..😉)

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