Le liseur

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4e de couverture : « A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l’un de leurs rites consiste à ce qu’il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : « Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j’aurais moins bien su camoufler que les autres ?  » « 

J’ai lu ce livre au moment même où sortait le film sur les écrans de cinéma. Volontairement j’ai décidé de ne pas voir le film, avant d’avoir lu le livre comme souvent.

Ce livre m’a littéralement soufflée. Tant par sa dimension philosophique que par son écriture. Pourtant rien n’était gagné d’avance : la 1ère partie m’a rendu méfiante car elle est entièrement consacrée à la rencontre amoureuse entre Michaël, adolescent de 15 ans et Hanna qui a plus du double de son âge. Je me disais : mais où veut me mener Bernhard Shlink ? Les 2 personnages occupent le devant de la scène à outrance jusqu’au moment où Hanna disparaît, du jour au lendemain. Stupeur de Michaël et du lecteur ! Qwwa ?? C’est quoi ça ? J’ai trouvé cette femme étrange et peu sympathique.

La 2e partie s’ouvre sur l’humiliation ressentie par le héros, sa souffrance et son interrogation. Il ira de surprise en surprise, comme le lecteur qui ignore comme lui le secret d’Hanna (personnellement je l’ai deviné assez vite). La stupeur devient totale quand il découvre que son amour s’était engagée… dans les SS lors d’un procès contre les criminels de guerre nazis !! Glurps ! On en reste sans voix.

Je ne veux pas en dévoiler davantage et surtout pas la fin, qui vous laisse les larmes au bord des yeux. A lire absolument si vous ne l’avez pas déjà fait. Un livre dont je vais me souvenir longtemps, d’autant plus que je l’ai lu peu de temps après avoir visité les camps d’Auschwitz et Birkenau. Expérience mémorable s’il en est.

Bernhard Schlink pose des questions qui dérangent sans y répondre, en laissant le lecteur à même de juger.

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Nos étoiles contraires

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Hazel Grace Lancaster 16 ans, a un cancer de la thyroïde, diagnostiqué stade 4 et métastasé sur ses poumons. Elle ne peut se déplacer qu’avec des bombonnes à oxygène dans un petit chariot et vit en permanence avec des tuyaux dans le nez. Parce qu’elle ne fréquente plus assidument d’établissement scolaire (elle suit des cours de littérature à l’université), ses deux meilleurs amis sont ses parents et le troisième est un écrivain qui ne connaît même pas son existence. La seule chose qu’elle suit assidument, parce que ses parents l’y obligent, c’est un groupe de soutien aux jeunes malades atteints comme elle de maladie grave. Elle y va en traînant les pieds parce qu’elle trouve ça crétin. Jusqu’au jour où s’y joint un gars à qui il manque une jambe, Augustus. Hazel est intriguée. Débute une amitié, qui ira forcément bien plus loin que ça et d’un livre qui ne peut pas laisser indifférent…
Hazel et Augustus lient amitié grâce aux livres. Hazel a un livre fétiche dans sa jeune vie : Une impériale affliction, écrit par un certain Van Houten, de la même famille que celle du cacao. Ce type n’a écrit que ce livre-là dans sa vie et la fin de son livre est inachevée. Ce qui tracasse Hazel, c’est de savoir ce qui est arrivé à Monsieur Tulipe et à la mère d’Anna. Augustus ne jure que par un roman en plusieurs volumes « où la moyenne [est] d’environ un cadavre par phrase ».

Anna est une sorte de double littéraire d’Hazel, du moins Hazel vit à travers elle. Anna connaît un destin tragique. Ce qui adviendra des autres après sa mort est une de ses préoccupations majeures. Raison pour laquelle connaître la suite du roman est presque aussi vital pour elle (pour ne pas dire plus), que le Phalanxifor qui combat son cancer. Elle entraîne Augustus dans sa passion et c’est le début d’un rocambolesque voyage à Amsterdam, apothéose du roman.

On ne peut pas dire qu’on rit beaucoup (contrairement à ce qu’annonce la couverture!), c’est tragique mais sans (trop) de pathos, il y a de l’humour, certes, mais c’est de l’humour cynique qui fait plus sourire que rire. Hazel a elle-même quelque chose d’agaçant parce qu’elle sait toujours tout et est souvent sarcastique. John Green démonte l’image du malade cancereux sans défauts. Les personnages ne se plaignent pas de leur maladie, mais leur attitude révèle leur souffrance et le regard des autres sur eux, qu’ils ne peuvent supporter. Le meilleur copain d’Augustus aveugle et borgne suite à son cancer, s’est fait largué par sa copine qui ne peut supporter de rester avec quelqu’un dont l’avenir est incertain. Cela donne une scène lieu à une scène de violence inouïe. Hazel pense être une grenade pour son entourage, celle qui détruira leur vie, ce qui lui est évidemment insupportable.

La violence, c’est aussi ([attention : spoilers! ] celle de la rencontre entre Hazel et son écrivain préféré qui en fait n’est qu’un ignoble personnage, ivrogne, « déception ambulante semi-professionnelle », comme il se décrit lui-même. Il se fiche pas mal de son lectorat. Là aussi, l’image de l’écrivain « nickel » en prend pour son grade ! La violence, c’est aussi celle des anonymes qui se disent des « friends » sur Facebook et qui se complaisent en atermoiements ou en éloges lors du décès d’Augustus alors qu’il aurait eu besoin d’eux avant et qu’ils ne se ont pas donnés la peine de se déplacer. Hazel, qui est la narratrice, remet Van Houten à sa place : pour elle, il n’est « qu’un autre de ces innombrables endeuillés qui ne le connaissaient pas, un autre de ces auteurs de posts qui se lamentaient trop tard sur son mur ».

Et puis, évidemment, bien évidemment, ce roman est aussi un roman d’amour entre Hazel et Augustus. J’ai craint le pire à Amsterdam avec la scène à la Maison d’Anne Frank : j’avoue que là, j’ai trouvé ça un peu « too much » (ceux qui ont lu le livre savent de quoi je parle) : j »ai eu très peur de la dimension bluette un peu trop cliché que prenait le livre. Mais on oublie assez vite cet épisode par la consistance de tout le reste. On n’est pas dans un roman à 2 centimes, écrit avec les pieds, pour ados en mal d’histoire à l’eau de rose. Le lecteur en prend pour son compte en ce qui concerne l’émotion.
John Green  traite d’un sujet difficile, celui de la maladie, mais sans tomber non plus dans les clichés du voyeurisme et de l’atermoiement. Mais il ne ménage pas non plus son lecteur. Je pense qu’on se souvient du livre longtemps après l’avoir refermé. Un roman qui ne peut pas laisser indifférent.

Je lis rarement un livre dont tout le monde parle au moment où tout le monde en parle. En général, les blockbusters,  ça me fait fuir. Mais là j’ai fait une exception sans vraiment savoir pourquoi, d’ailleurs, d’autant que les histoires de maladie ne sont pas mon sujet de prédilection a priori. Bonne pioche.

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Mentine t 2. : Cette fois, c’est internat !

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Illustré par Margaux Motin

4e de couverture : « Exclue. Cette sentence est tombée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J’allais avoir treize ans, j’étais déscolarisée, et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie ! »

Mentine est une surdouée mais n’en reste pas moins une gamine. Son obsession est de se fondre dans le moule de la « normalité », quitte à bouziller ses notes scolaires. Dans le Larzac, elle a dû confronter son intellect de surdouée et son caractère bien trempée à un paysan au caractère encore plus fort que le sien. Le résultat était positif, Mentine en est sortie grandie.

Pourtant dans ce tome 2, c’est repartie pour les bêtises en cascade. Mais pas des petites bêtises, des grosses, qui valent à Mentine l’exclusion de son établissement scolaire. Il faut dire que Mentine a les hormones en ébullition et ça ne l’aide pas. Elle se brouille et se bat comme une chiffonnière avec sa meilleure amie à cause d’un garçon. Le problème c’est que la copine est quelqu’un d' »influent » dans le bahut et elle parvient à liguer tous les « moutons » de son réseau contre notre surdouée déjà très mal : la sanction est tombée comme un couperet : Mentine est exclue du collège. Et même si elle s’excuse auprès de son ex-amie, rien n’y fait, celle-ci refuse de lui adresser la parole et la pourrit sur les réseaux sociaux. Mentine déprime vraiment. Ses parents décident de l’inscrire dans un institut suisse spécialisé pour les ados comme elle. Evidemment, elle voit rouge…

J’avais beaucoup aimé le tome 1 de cette histoire, le personnage de Mentine qui me rappelle tellement une vraie gamine en perdition exactement comme elle (à quelques détails près).

Dans ce second volume, je me suis laissée emporter par l’histoire et le regard de cette adolescente pas comme les autres sur le monde qui l’entoure. Mais, j’avoue d’emblée que si c’est une histoire sympathique, elle est peut-être un peu trop parfaite (oui, oui) dans le sens où Mentine intègre un établissement pour surdoués complètement idyllique, à la pédagogie fantaisiste et en ressort comme par miracle transformée et épanouie. Dans la réalité, ce genre d’établissement n’existe pas. Je suis très sceptique sur les écoles spécialisées pour « EIP » (Enfant Intellectuellement Précoce) qui sont pour beaucoup des écoles qui peuvent les ravager encore plus que dans le système traditionnel dit inadaptés à ces élèves-là. Mais même ceci est très discutable. Tout dépend des cas. Tout dépend de tellement de choses…
Bref, tout ça pour dire que j’ai bien aimé cette histoire entraînante qu’on a du mal à lâcher une fois le livre en mains mais que néanmoins elle n’est pas vraiment réaliste. Mais il est quand même bon de rêver !

Beaucoup plus de larmes que dans le premier, car Mentine est « la balafrée du cerveau », une dure à cuire devenue une hystérique et une pleurnicharde (merci les hormones !) Elle ne se reconnaît pas elle-même et elle repart à zéro : fini le faire-semblant d’être comme tout le monde : sa nouvelle école lui permet d’être elle-même et de rencontrer d’autres ados blessés par la vie à cause de leur différence, le regard des autres, leur jalousie, leur méchanceté etc.

Un bouquin sympa même si j’ai largement préféré le premier volume et joliment illustré par Margaux Motin : un beau vert menthe rafraichissant en couverture, à l’image du livre.

Merci à  Flammarion Jeunesse !

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Mentine t1 : Privée de réseau

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Illustration : Margaux Motin

Mentine Green, douze ans et sept mois, le QI d’Einstein, passe en classe de troisième avec une moyenne de… 9,5. Depuis ses cinq ans, âge auquel un psy s’est aperçu qu’elle savait lire, elle se trimbale l’étiquette :  IEP-  enfant intellectuellement précoce (et hypersensible). « Une grosse tête au coeur d’artichaut ». Elle adore faire enrager ses parents en s’obstinant à avoir de mauvaises notes. Pour elle, une manière de s’intégrer dans le monde impitoyable du collège où être trop bon, c’est pas cool.
Seulement, pour ses parents, cette fois-ci la coupe est pleine : 9,5 de moyenne pour une surdouée, c’est juste inadmissible ! Avec une tête de serial killer, son père lui annonce qu’il l’expédie pour l’été dans le Larzac, histoire de lui remettre les idées  en place.
Finie l’hyperconnexion avec les copines et les vacances branchouilles à Biarritz ! Dans le Larzac, pas de réseau, ou si peu. Et voilà Mentine en pension chez Raoul, ex-chef de file pacifiste de la révolte paysanne des années 70-80. Un caractère aussi bien trempé que celui de la gamine. Une alliance qui n’est pas gagnée d’avance et c’est le début des frasques de Mentine qui ne manque pas d’air…

Chacun va camper dans son rôle : Raoul dans celui du dur à cuire – qui avouera plus tard qu’il aurait bien renvoyé sa « livraison » en Colissimo à ses géniteurs ; Mentine dans celui de la gamine chiante à souhait. Un duo explosif au premier abord.

Un recadrage en règle se met en place, qui rabaisse le caquet de la surdouée, qui traîne son étiquette depuis son plus jeune âge, mais qui, finalement, ne cherche qu’à être considérée comme quelqu’un d’ordinaire.  Chose que les adultes ont du mal à comprendre : « Qui à douze ans et demi peut rêver de devenir économiste ? » se demande Mentine avec justesse.
Sa précocité intellectuelle est autant un avantage qu’un handicap, dans la société normée qui est la nôtre. Elle en fait la douloureuse expérience dans son coup de foudre pour Eric, le stagiaire de dix-sept ans qui aide Raoul : « J’avais envie de l’embrasser, ce garçon de dix-sept ans. De me jeter sur lui. Etais-je trop en avance ? Intellectuellement et sentimentalement ? Je n’en sais rien. Et puis, de toute façon, j’en avais marre de ces normes, de ces baromètres qui me classaient sans cesse dans des catégories. Trop. Pas assez. Merde ! »

La gamine, toute surdouée qu’elle est, va se passionner pour la vie rurale et se faire de nouveaux amis. Elle revoit ses préjugés, le travail à la ferme lui donne le sentiment d’être utile et ordinaire. La campagne va la faire grandir, parce qu’elle n’a que douze ans. Des vacances aux allures de sauvetage.

Un roman d’apprentissage très récréatif, bourré d’humour, qui questionne la normalité, les préjugés, la manie de vouloir mettre les gens dans des cases. Le comportement de Mentine peut paraître farfelu, peu crédible : un surdoué, dans l’imaginaire collectif,  c’est censé être hyper sérieux, hyper mûr etc. Eh bien non, pas forcément ! Quand on est surdoué, on réussit dans la vie. Eh bien non, pas forcément !
Un portrait de « surdouée » très vraisemblable.

Une lecture sympathique, avec un seul bémol : on devine un peu trop facilement l’issue de cet été dans le Larzac. Mais je me demande ce que réserve le tome suivant.

Merci à Flammarion Jeunesse !

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Si j’étais un rêve…

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Lina et Nour sont toutes les deux élèves de seconde. Lina vit Sofia, en Bulgarie et Nour à Saint-Denis, dans le « 9-3 ». C’est parce que leur prof de français respectif ont décidé d’établir une correspondance postale entre les élèves de ces deux pays qu’elles vont se découvrir. A l’heure d’Internet c’est une chose totalement incongrue pour ces deux jeunes filles.
Au fil de la correspondance, les identités se révèlent, entre autres par le jeu des portraits chinois initié par Nour. Répondre à trois questions et en inventer trois autres.
Lina est fille de diplomate et va à l’école française de Sofia. La France ne lui est pas un pays inconnu car elle y a de la famille. Nour possède aussi une double culture : marocaine et française. Evidement leur correspondance les amène à évoquer leur quotidien dans leur pays respectif. Les jeunes filles se lient d’amitié au point de briser la règle de la correspondance postale quand l’une a besoin d’un soutien moral urgent ou que l’inquiétude ronge l’autre. C’est donc par moment le mail qui prend le relais, dans cette narration épistolaire.
Pourtant, quand il s’agit de se rencontrer, Nour devient soudain distante et blessante envers Lina… Une attitude qui désarçonne le lecteur autant que Lina. Un revers de situation qui intrigue. Une piste en particulier vient à l’esprit. Pourtant bien loin de la réalité ! A vous de lire si vous voulez savoir mais j’avoue que ça m’a vraiment surprise !

Lina est une jeune fille engagée et préoccupée par la situation politico-économique de la Bulgarie, par le racisme, la corruption, la montée de l’extrême droite. Elle prendra part une manifestation géante. Grâce à elle, on apprend pas mal de choses sur son pays, notamment sur le racisme envers les Tziganes et les Roms. Néanmoins, si le personnage est attachant, je l’ai trouvé trop sérieuse pour être totalement crédible pour ses quinze ans, à vrai dire. Même les propos blessants de Nour à son égard n’arrive pas à avoir le dessus. Elle est vraiment invicible et super costaud cette ado !

Nour, quant à elle, paraît plus fragile. La situation de la France, elle s’en fiche, davantage fascinée pour le Body Art et comment persuader ses parents de l’autoriser à se tatouer, se scarifier, se percer. Une obsession qui alerte Lina : elle y voit un mal-être chez son amie. L’autre passion de Nour c’est de faire des rimes et d’écouter Grand Corps Malade. Oui, encore une histoire de corps…

Les histoires d’amour et de garçons ne sont pas absentes de leur correspondance. Du moins chez Lina qui en pince pour Ilya.

Aux manifs en Bulgarie font échos les manifs homophobes en France. Mais Lina explique à Nour que « même si en France il y a des hystériques extrêmistes qui font du buzz en manifestant contre le mariage pour tous, c’est loin d’être aussi fermé qu’ici ».
Nour est surprise de la situation de la Bulgarie : « Tu sais, Lina, tu ne m’ennuies pas du tout avec la politique, même si ce n’est pas vraiment ma came. J’ignorais que la situation était si difficile dans ton pays : en France, les media ne s’intéressent qu’à ce qui fait du buzz : les guerres, le sexe, les scandales people (gros titres sur Internet hier), la sécurité et les jeunes des « quartiers ». Habitant à Saint-Denis, d’une certaine façon j’en fais partie. L’avantage d’être de l’autre côté du périph, c’est que tu fais éclater tous les préjugés. »

L’identité, l’intolérance, la corruption, les préjugés, le droit à la différence et le mensonge sont au coeur ce roman. Une écriture qui mêle le parler ado et la poésie des rimes de Nour. Un roman épistolaire, qui vire parfois à l’échange épistolaire version 2.0 où le texte s’émaille de smileys, il fallait y penser !

J’ai bien aimé ce livre qui révèle son originalité à la fin. MAIS en même temps un peu trop à la fin justement ! Et avec le portrait de Lina, jeune fille un peu trop sérieuse pour être totalement crédible à mon goût, c’est peut-être le reproche que je ferai à ce roman pour ados : j’ai bien peur que les gamins n’arrivent pas à accrocher jusqu’au bout à cette histoire d’amitié.
Passé l’effet de surprise, on a un peu aussi l’impression d’être passé à côté de l’essentiel pendant la lecture. C’est un roman savamment construit, où les indices disséminés dans la narration force le lecteur à repenser les propos de Nour à la fin. C’est à la fois la force et la faiblesse de ce livre.

Un grand merci aux Editions Flammarion pour cet envoi.

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Les affreusement sombres histoires de Sinistreville t 2. Les jumeaux traîne-malheur:

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Traduction : Anaïs Goacolou

Voici le deuxième volume de la vie de cette étrange cité sortie de l’imagination débordante de Christopher William Hill.

Je m’attendais à retrouver Hubert mais en fait il s’agit d’une histoire toute autre, indépendante de celle du premier tome.
Greta et Feliks Mortenberg sont jumeaux. Affligés depuis leur plus jeune âge du surnom de « Jumeaux Traîne-Malheur », abandonnés par leurs parents, ils vivent avec leur tante, Gisela et son perroquet Karloff, dans un quartier mal-famé de Sinistreville. Grâce à elle, ils ont échappé à la Maison de redressement pour enfants inadaptés. Gisela est une personne généreuse qui gâte ses neveux par mille gourmandises. Mais le jour de leur onzième anniversaire, l’argent se mit à manquer et tante Gisela décide de louer la chambre d’amis de son logement. Débarque un sinistre locataire, avec « une tête étonnamment ronde et [un] visage d’une pâleur de cire peu commune chez les créatures vivantes ».  Une tête de tueur, en déduisent les jumeaux. Il s’appelle d’ailleurs Morbide…

Le roman commence de manière trépidante. Dès les premières pages, on assiste à un coup de théâtre après avoir eu une peur innommable ! Christopher William Hill nous embarque dans le monde du cinéma, façon Sinistreville : le film d’horreur. Ou plutôt une forme de parodie de celui-ci. On rencontre personnages aux allures glauques : les acteurs qui tournent pour les films diffusés au Cinéma du Sang. Ca sent les canines vampiriques ! Le lecteur comme les jumeaux en ont pour leur grade de frayeur ! Des films qui aiguisent la curiosité. Et du cinéma à la littérature, il n’y a qu’un pas pour s’évader, surtout quand on a compris le plaisir de se faire peur…
Les jumeaux se rendent à la Librairie impériale de Sinistreville et rencontrent Olga Van Veenen, un écrivain en mal d’inspiration, après son dernier roman, La tête de mort qui riait. Une femme très avenante qui saura séduire Greta par ses romans, prendra les jumeaux sous son aile, leur offrant tout ce qu’ils n’ont jamais eu, grâce à sa fortune.

J’ai beaucoup aimé le début du roman, dont les coups de théâtre successifs surprennent vraiment. On finit (presque) par être convaincu de la bonté réelle d’Olga, même si Feliks ne cesse de douter de sa sincérité, même si, au détour d’une conversation, elle sème elle-même le doute : « L’apparence est presque toujours trompeuse. (…) Tenez, lisez n’importe lequel de mes livres. Les méchants commencent toujours par se montrer charmants. » On tourne les pages et Olga est toujours aussi prévenante, sauvant les jumeaux de mille dangers. Elle les gave de gourmandises. Je me suis même demandé à un moment si elle n’avait pas décidé de les manger une fois engraissés !! Et puis, ce qui devait arriver arrive….

Et le texte continue de courir, de rebondissement en rebondissement.  Mais trop ! On finit par quitter la trame narrative, lassé parce que ça part dans tous les sens. J’ai failli abandonner ma lecture.
C’est vraiment dommage ! J’ai été d’autant plus déçue que j’avais vraiment beaucoup aimé le premier volume qui m’avait fait sourire par son humour caustique. L’horreur devient réelle pour les personnages. La fausse gentille est une vraie méchante. Un peu trop de vrai-faux et de faux-vrai. De beaux méchants et de laids gentils, de faux et de vrais morts, de disparus et de revenants. La canine vampirique s’émousse et l’humour noir avec.

Je fais néanmoins confiance à Christopher William Hill pour un troisième tome aussi réussi que le premier !

Merci à Flammarion Jeunesse !

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Les affreusement sombres histoires de Sinistreville t. 1 : Hubert très très méchant

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 Traduction : Anaïs Goacolou

4e de couverture : « Hubert naquit un mardi, dans une famille respectable qui résidait dans un recoin obscur de Sinistreville. Ses parents, qui rêvaient d’élever un génie, accueillirent avec une allégresse non dissimulée la tête aux dimensions impressionnantes et le front haut du petit Hubert.
– Je ne serais pas surpris que votre garçon devienne l’habitant le plus intelligent de notre grande ville, annonça le docteur.
Ainsi commença son histoire…
Hubert ne tarda en effet pas à le montrer d’une manière tout à fait singulière…« 

Les parents d’Hubert ne peuvent pas se douter que la naissance de leur enfant va bouleverser durablement la vie de Sinistreville, où la devise est apparemment : « Fais aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse ». Tout un programme !

Hubert est un génie, très très doué, tellement doué qu’il intègre l’institut très sélect où son père a lui-même échoué quand il avait son âge. Seulement, dans cet institut, il ne fait pas bon être trop intelligent et encore moins être gentil. Ca fait de l’ombre aux méchants !
Pourtant, M. Lomm, le seul professeur – secrètement- humain de cette école, pense que « seuls Hubert et Isabella ser[o]nt sélectionnés pour passer l’examen du violon de Constantin (…) persuadé qu’eux seuls [o]nt une chance de se sortir du piège de l’examen », qui consiste en une série de questions d’une difficulté tellement machiavélique que la plupart des candidats ne parviennent pas à répondre à une seule question !
Et le professeur Lom a raison : Hubert décroche le score maximum. Ce qui déclenche non l’enthousiasme du directeur mais sa fureur et le début des malheurs d’Hubert et de sa famille. Des malheurs qui déclencheront une avalanche de meurtres par trop plein d’injustices : le Saigneur de Sinistreville se met à sévir !

Accrochez-vous à votre oreiller si vous lisez ce roman pour ados qui n’ont plus peur du noir parce que, je vous préviens : ça décoiffe !
L’univers dans lequel évolue Hubert est d’une injustice crasse. Les méchants sont vraiment de sales individus, des terroristes, qui écrasent tout ce qu’ils peuvent sans le moindre remord. Mais ce sont des faibles qui ne savent pas résister. Et qui, ça va sans dire, ne sont pas du tout intelligent.

Pourtant, ce roman réunit l’exploit d’être affreusement sinistre et follement drôle ! Inquiétant aussi. On se demande si Hubert n’a finalement pas perdu la boule à son tour pour être devenu aussi cruel que ses tortionnaires.
Néanmoins, on ne peut pas lui donner tort non plus dans cet univers où le mot « justice » semble être banni. Il va tenter de l’établir, la justice, à sa façon bien particulière et pour le moins expéditive !
Si par hasard vous croisez une usine à strudels abandonnée, méfiez-vous (moment particulièrement savoureux ce cette lecture !), faites aussi attention aux cordes de violon qui trainent…

Hubert devient vraiment très très méchant, semant la psychose à Sinistreville.  Hubert, la terreur géniale qui n’a pourtant que douze ans,  apprendra à ses dépends que la vengeance ne fait pas tout. Que l’amour rend aveugle et la jalousie aussi…

La fin du roman donne immédiatement envie de savoir ce qui va se passer dans le tome 2 (parution en juin) et ça promet son pesant de cacahuètes !

Un humour grinçant et décapant, à prendre au 150e degré, qui fait vraiment sourire.
Un petit pavé de 300 pages cruellement drôles. Un univers gothique allemand d’un écrivain britannique que je découvre.
Si ça vous dit de  visiter un jour Sinistreville, il y a un plan en début d’ouvrage. Attention de ne pas vous perdre !

Merci aux Editions Flammarion pour cet envoi décoiffant !

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Nom de code Komiko – T. 3 : Quartier sous haute surveillance

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A travers les mots de Marie Hermet

 Nous sommes à la fin de l’année scolaire : Lian, Matt, et Mingmei s’apprêtent à affronter les examens et à réfléchir à leur orientation. Lian se demande si finalement, elle est vraiment faite pour intégrer le prestigieux conservatoire de Hong Kong pour lequel elle a pourtant postulé. Elle se verrait plutôt dans le droit international avec une spécialisation sur la défense des droits de l’Homme. Mingmei, toujours aussi « girly », n’a que deux obsessions : le shopping et savoir ce que pense d’elle le beau Matt. Mais elle ignore que ses deux meilleurs amis oeuvrent dans l’ombre, sur une sorte de plateforme web ultra-secrète, contre la corruption et l’injustice qui gangrènent la société. Néanmoins, c’est traînée de force dans une séance de shopping interminable que Lian se retrouve nez à nez avec une camarade de classe en train de faire la manche. Lian va ainsi découvrir la vie difficile de Jade. Autant dire que la semaine de révision avant les examens va être perturbée par cette découverte et que les jeunes hackers vont aller de surprise en surprise.

Après l’exploitation humaine dans toutes ses dimensions  (« Dans la nuit de Hong Kong ») et le trafic d’animaux pour produire de faux médicaments (« Le poison du tigre »), le groupe « 04/06 » est confronté à la spéculation immobilière qui met en péril un quartier populaire de Hong Kong, où les habitants sont sommés de quitter leur logement sous la menace, pas assez indemnisés pour être relogés dans des conditions décentes. Lian découvre un autre monde, juste à une encablure de chez elle : celui de la misère, où les gens vivent entassés à dix dans une pièce sans aucune intimité.
Les ados vont également affronter la langue de bois d’une jeune politicienne charismatique dont le parti dit pourtant vouloir défendre les petites gens. Mais tout est très compliqué à Hong Kong : mieux vaut se méfier. Les mafia locale n’est jamais très loin, jusque dans les conseillers en import-export. Les gens se suicident, c’est très étrange… D’ailleurs, spéculation immobilière et mafia vont ensemble… Alors, même si on a été une rebelle en culotte courte avant d’être politicienne (en ayant organisé une manif contre les menus de la catine), rien n’est simple, ni évident. Lian découvrira qu’entre ce qu’on voudrait faire et ce qu’on peut faire, il y a parfois un gouffre, presque insurmontable. Mais presque, seulement.

Toujours aussi divertissante et addictive cette série ! On a du mal à décrocher avant d’avoir terminé l’histoire. Les jeunes hackers sont aussi des gamins, ce qui donne quelques moments cocasses, surtout quelque fils à retordre à Lian, obligée d’inventer une histoire de rendez-vous galant rocambolesque à cause de son incorrigible copine-commère-obsédée, Mingmei,  avant de se prendre les pieds dans les fils de son histoire imaginaire, qui lui vaudra un drame, au milieu de son enquête très sérieuse sur l’injustice sociale dans une société chinoise corrompue. Le duo Mingmei, (ado jusqu’au bout de son nombril)-Lian (altruiste jusqu’à mettre sa vie en péril)  est comique. Elles sont comme chien et chat mais elles s’entendent aussi comme larrons en foire quand il faut se réconforter l’une l’autre.

Après avoir refermé ce tome 3 je suis allée voir s’il y avait un tome 4 chez Working Partners. Ben non ! La petite bande d’ados et les vadrouilles dans Hong Kong, c’est terminé. Ca va me manquer !

Cette série, dont le premier volume a été primé par le Prix des Mordus du Polar 204, a l’avantage de sensibiliser les jeunes lecteurs aux problèmes du monde contemporain. Les vampires existent, mais pas forcément comme on les imagine ! Les couvertures de la série sont magnifiques.
Alors, c’est avec un petit pincement au coeur que je referme ce dernier livre.
Je ne peux que vous inviter à commencer la lecture de cette série si ce n’est pas déjà fait !

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Nom de code Komiko – T.2 : Le poison du tigre

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A travers les mots de Marie Hermet

 Je vous entraîne de nouveau à Hong Kong, retrouver Lian et Matt, alias Komiko et Torch, les bloggeurs/hackers du groupe 04/06 qui poursuivent sans relâche ceux qui assombrissent le monde contemporain.

Le roman débute par une mauvaise nouvelle : l’assassinat de Crowbar, alias Eva dans la vie, le troisième « mousquetaire » du groupe de hackers, au moment même où Matt s’apprête à rejoindre sa patrie du hamburger. Le leitmotiv du récit sera de savoir pourquoi Eva a été assassinée par un type qui est un faux policier… Le départ du jeune Américain au « sourire dentifrice » est donc remis à plus tard. Nos deux amis se lancent dans une nouvelle enquête, pendant que Mingmeii s’extasie devant le dernier chanteur « industriel » de Cantopop à la mode, Jason Cho, au look bad-boy-tablettes-de-chocolat-cheveux-de-rêve.

Une nouvelle aventure au rythme trépidant, qui dévoile un peu plus les jeunes héros, à la personnalité complexe. Lian se trouve prise au piège de ses propres contradictions d’adolescente chinoise : impossible d’accepter moralement que Matt dorme sous le même toit qu’elle alors que pourtant il l’attire. Cela donne lieu à quelques scènes cocasses :

« Lian ferma les yeux une seconde et se frotta vigoureusement les paupières avant des les ouvrir. Rien n’avait changé : Matt était toujours là devant elle, assis à la table devant son bol. Il ne portait qu’un vieux tee-shirt des Colorado Rockies et un caleçon imprimé.
Lian se sentit rougir et détourna la tête. Elle entra dans la pièce en marchant en crabe et en rasant le mur opposé, comme si elle faisait le tour d’un champ de mines. »

Lian et Matt sont un peu comme chien et chat dans cette nouvelle aventure, d’autant que Lian est têtue voire bornée, imprudente et qu’elle cumule les bourdes au risque de mettre sa vie en péril un peu trop facilement. Ce qui n’arrange rien c’est que Matt se met par moment à bouder.

N’empêche, le cadavre d’une femme dont le taux de calcium est beaucoup trop élevé mettra leurs querelles d’adolescents en sourdine, surtout quand il est question du pouvoir de l’os de tigre ou plus précisément du commerce fait autour d’un pseudo-médicament de la médecine traditionnelle chinoise, interdit depuis le XXe siècle mais dont le marché noir est florissant. Mais, interroge Lian, est-ce que ce que vendent les grands laboratoires américains est parfaitement sain pour tout le monde ?

Un deuxième volume aussi palpitant que le premier, avec en toile de fond une Chine oscillant entre tradition et modernité, le trafic animal, les médicaments frelatés et la tromperie des vendeurs de rêve (poudre de perlimpin-pimpin, chanteurs industriels « Photoshopés…). Les personnages sont toujours aussi attachants parce que loin d’être lisses et parfaits. Le tout est enrobé d’une bonne dose de technologie moderne.

Un page turner que j’ai eu du mal à lâcher, d’autant que le dépaysement chinois est réel grâce à  une bonne recherche documentaire sur Hong Kong et non pas une Chine de pacotille en toile de fond.

Un ensemble qui plaira sûrement aux jeunes lecteurs, mais pas seulement : moi ça m’a beaucoup plu !  Et même la couverture (encore une fois) !

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Nom de code Komiko T.1 : Dans la nuit de Hong Kong

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A travers les mots de Marie Hermet

Lian est une jeune chinoise vivant à Hong Kong. Elle a seize ans et mène une double vie : lycéenne le jour ; hacker activiste dès qu’elle n’est pas à l’école, au sein du groupe « 04/06 », qui communique via une sorte de forum ultra-secret où le mot d’ordre est de ne rien qui puisse vous identifier. Lian devient donc Komiko quand elle se connecte.

Lian est issue d’un milieu aisé et fille d’un homme d’affaires. Sa meilleure amie est une fashion victime dont le passe-temps favori est évidemment de faire du shopping – et de regarder les garçons. Le cadavre d’une jeune fille retrouvé sur une plage et l’arrivée au lycée d’un jeune Américain au « sourire dentifrice » , fils d’un puissant et connu groupe de prêt à porter, Harrison Company, va bouleverser la vie des deux lycéennes et amener Lian à risquer sa vie.

J’ai découvert l’existence de « Nom de Code : Komiko » en assistant au débat autour de la pré-sélection 2014 du Prix Les Mordus du Polar, organisé par les bibliothécaires de la Ville de Paris au Salon du livre de Paris cette même année.

Lian, la jeune héroïne mène une lutte contre la corruption qui gangrène son pays et menace la vie de sa propre famille. Elle découvre avec effroi que la fameuse ligne de T.shirts et de jeans so fashion auprès des ados, estampillé d’un « H » bien reconnaissable, est en fait un produit monstrueux : exploitation de la main d’oeuvre, non respect du droit du travail, impact sur la santé des ouvriers en raison produits utilisés sans respecter les normes, impact sur l’environnement, délocalisation du groupe américain en Chine où la main d’oeuvre est moins chère pour faire toujours plus de profit. Rien ne fait peur au PDG de la société.

« Un terme qui lui était familier revenait souvent : formaldéhyde ; elle savait qu’on l’utilisait pour embaumer les cadavres, mais pourquoi donc fallait-il qu’on en trouve aussi sur les jeans portés par les vivants ? (…) il servait à empêcher la moisissure de se former pendant le transport et le stockage. Les effets de la molécule étaient effrayants ; outre son potentiel cancérigène, elle provoquait à peu près tout, depuis les irritations des yeux jusqu’à des problèmes respiratoires qui pouvaient être mortels. »

Lian, alias Komiko n’est pas au bout de ses peines ni de ses surprises : derrière son écran et son pseudonyme, elle se croit à l’abri de tout et irepérable. Pourtant, malgré son habileté et son ingéniosité, elle aura bien des déconvenues. Les dangers d’internet est aussi un point fort de ce polar technologique. On n’en rate pas une miette et surtout il y a une belle surprise, un coup de théâtre inattendu qui bouscule les idées reçues.

Une lecture très divertissante, au suspense haletant, un page turner intelligent par les thèmes abordés. Une sensibilisation des jeunes au phénomène de la mondialisation et ses conséquences, aux dérives du capitalisme outrancier, aux dangers de la Toile et dans une certaine mesure, au délit de faciès.

Bref, j’ai adoré.

Quant à savoir qui est Naomi Paul : là aussi, il y a une subtilité puisqu’il s’agit de plusieurs personnes. Ecrire un polar à plusieurs mains n’est pas chose aisée, on peut donc souligner la performance et celle de la traduction (impossible de trouver qui a écrit quoi) !

Enfin, cela a son importance aussi – même si la couverture ne fait pas un livre, elle y contribue : illustration très sympa !

Les aventures de Lian ont de quoi séduire et elles continuent d’ailleurs dans deux autres volumes.

Prix des Mordus du Polar 2014

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