Traduit par Max Stadler et Lucile Clauss
4e de couverture : « Mardi 31 janvier, 7 h 22. Il fait encore nuit à Ostergotland. Cet hiver est l’un des plus froids que l’on ait connus en Suède. Ce matin-là, Malin Fors et ses collègues de la criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, pendu à une branche d’arbre. Mais comment diable cet homme a-t-il atterri ici ? Meurtre ? Suicide ? Et d’où viennent ces étranges blessures qui recouvrent son corps ? D’indice en indice, de nouveaux personnages apparaissent : les trois frères d’une certaine Maria, suspectés de viol ; Joakim et Markus, deux adolescents pas très nets ; Valkyria et Rickard Skoglôf, deux marginaux adeptes de cultes vikings. Les policiers sont perplexes. Pour la première fois en France, le public est invité à faire la connaissance de la célèbre Malin Fors, qui compte déjà des millions de fans en Scandinavie. »
Que dire de plus si ce n’est que ce livre est tout simplement génial !
Le secret est bien gardé, jusqu’au bout. Et c’est du solide. Jusqu’au bout le lecteur, comme la commissaire Mal Fors et son acolyte Zakarias Martinsson (dit « Zeke ») doutent devant les différentes pistes qui s’offrent à eux : le meurtre de « Bengt le Ballon » est-il l’oeuvre de petites graines de racailles en puissance ne supportant pas les personnes obèses ? Mais voilà également que le meurtre ressemble absolument à un rite du solciste d’hiver des adeptes des Ases, dieux ancestraux vikings. Et la famille Murvall, marginale « brut de décoffrage » est-elle simplement coupable de port d’armes illégal et de braconnage ? Tout se tient et tout est possible.
Mons Kallentoft démonte les ficelles d’un meurtre certes, mais aussi sur les événements d’une vie qui font que l’on peut devenir complètement fou, jusqu’à devenir un meurtrier.
Ici l’écrivain suédois fait la part belle à l’enfance maltraitée et aux enfants abandonnés à eux-mêmes. Il pointe du doigt les vrais responsables du désastre qui en découle. Et c’est ce qui est génial chez Kallentoft : même les meurtriers ont une part d’humanité.
Un superbe roman sur l’intolérance également, dont chacun peut faire preuve à un moment ou un autre de sa vie, pour des raisons qui lui sont propres.
Mal Fors, devant le mode de vie des Murvall déclare : « Qu’on puisse vivre comme ça de nos jours en Suède […] complètement en dehors de toute normalité. C’est étrange. Complètement anachronique. »
Et Zeke de répondre : « Les allocations […]. C’est la faute à ses maudites allocations. Je parie que tout le clan bénéficie des allocations chômage et de l’aide sociale, et Dieu sait de quoi encore. Et les allocations familiales pour tout ce troupeau, ça doit se monter à une petite fortune chaque mois » Puis de réfléchir un peu plus : « Dans notre société, il y a plus de marginaux que l’on croit. Ce n’est pas si inhabituel. Rappelle-toi le groupe à Borlange, la secte Knutby, les adeptes de Sheike, la putain de moitié nord de ce pays. Bien sûr qu’il y en a aussi chez nous, et tant qu’ils ne troublent pas l’ordre public, personne ne s’y intéresse. Laisse-les vivre leur vie misérable en paix, les gens normaux aussi ne s’occupent que de leurs propres soucis. Les pauvres, les fous, les immigrés, les handicapés. Tout le monde se fiche d’eux. Sauf quand il s’agit de se prouver à quel point sa propre vie est normale. Et qui sommes-nous pour juger la vie des autres ? Peut-être sont-ils mêmes plus heureux que nous. »
Les personnages de ce roman, en particulier les deux héros’ sont très attachants (même si on a parfois envie de coller des claques à Zeke). Mal Fors aime toujours l’alcool (la tequila a sa préférence) et regarde sa fille devenir une jeune adolescente amoureuse (j’adore ses réactions de « maman-poule »). Une héroïne toujours aussi seule dans la vie, naviguant entre un journaliste un peu pourave et le père de sa fille.
Bref, on passe un superbe moment avec ce roman. Pour moi c’est une des séries policière de l’été à lire ABSOLUMENT !
Vous voilà prévenus !
Je l’ai dans ma pile à lire de lectures hivernales! Ton billet me donne même envie de le faire remonter un peu pour le lire plus rapidement! 🙂 Merci!
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Série dont je garde un excellent souvenir. J’espère encore que Mons Kallentoft nous écrive une suite. 🙂
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